• 6,3 Ko

    Michel Audiard

    Michel Audiard - 179,4 Ko Né le 15 Mai 1920 dans le 14e arrondissement de Paris, Paul Michel Audiard n'a jamais connu son père, parti sans laisser d'adresse lors de la grossesse de sa mère. Cette dernière, originaire du Puy, le confie à son parrain. Incarnation du titi, l'adolescent partage son temps entre la lecture - notamment policière - et les églises - il aspire à devenir curé, mais réussi brillamment, en 1933, son certificat d'études pour satisfaire ceux qui se sont occupés de lui. Son emploi de livreur de journaux lui donne l'amour de la bicyclette, qui l'amène à fréquenter assidûment le Vélodrome d'hiver. Il y croise André Pousse - futur acteur audiardien - et participe, en 1938, aux Six jours de Paris.

     

    Rendu à la vie civile par l'Occupation allemande, il intègre en 1940 une école de soudeurs avant de devenir ouvrier dans une fabrique de verres optiques. S'ingéniant à éviter le Service du Travail Obligatoire, il est en 1942 porteur de journaux à Paris Soir. Engagé dans le régiment du Train, en 1944, après la Libération de Paris, il rentre chez lui une fois les hostilités achevées et décroche un emploi à L'Étoile du Soir. Il bidonne une série d'articles sur l'Asie qu'il rédige dans les bistrots parisiens et se fait renvoyer une fois l'imposture découverte. Marquée par son inventivité, France Roche l'engage à Ciné-Vie, une revue cinématographique dont elle est rédactrice en chef. Michel Audiard, France Roche et la rédaction de Ciné-Vie - 213,4 Ko

     

    Michel Audiard - 74,3 Ko Il faut dire que l'univers cinématographique ne lui est pas inconnu. Son futur beau-frère - il épouse Marie-Christine le 3 Mai 1947 - et producteur, Jean-Paul Guibert, y a fait ses classes, l'introduisant, pendant l'Occupation, notamment au près du réalisateur Gilles Grangier. Le réalisateur-producteur André Hunebelle le convainc de reprendre un scénario inachevé de Jean Halain, l'engageant pour sa société Productions Artistiques Cinématographiques. Ce sera Mission à Tanger (1949) dont le succès inattendu oblige le duo à concocter deux suites (Méfiez-vous des blondes - 1950, Massacre en dentelles - 1951) - qu'il adaptera aussi pour le Fleuve Noir.

     

    Après la naissance de François le 31 Janvier 1949, il débute une décennie boulimique. Il scénarise et dialogue l'ultime film de Louis Jouvet (une Histoire d'amour - G.Lefranc - 1951), fâché avec Henri Jeanson, offre à Bourvil son premier grand rôle (Garou-Garou, le passe-muraille - J.Boyer - 1951), connait son plus grand succès public (les Trois mousquetaires - A.Hunebelle - 1953), croise Henri Verneuil (l'Ennemi public n°1 - 1953) ou Gilles Grangier (Poisson d'Avril - 1954 - qui est la première production de son beau-frère). Celui-ci suggère le nom d'Audiard à Jean Gabin en quête d'un remplaçant à Prévert parti s'installer en Provence. Jean Gabin et Michel Audiard - 317,1 Ko

     

    Michel Audiard, Jean-Paul Belmondo et Jean Gabin - 40,3 Ko "Il m'a rétorqué : «Ah, c'est encore un de tes copains, ça va être du beau, vous me ferez des enfants dans le dos.» Pour appâter Gabin, j'ai alors dit à Michel : «Ecris-moi une scène un peu tendre.» Bien sûr, Jean s'est aperçu de la supercherie : le jour où je lui ai apporté le truc, il m'a demandé : «C'est ton ami ?» Je lui ai répondu : «Oui, c'est mon ami. On va pas faire des salades entre nous, lis ça.» Il l'a lu, et puis il m'a dit: «Dis donc, ce serait peut-être un cadeau, ton ami.» Jean a tout de suite décelé la grande qualité de Michel, et ils se sont très bien entendus. Inutile de dire que Michel, qui en avait un peu marre de travailler pour Hunebelle, était ravi de rencontrer Gabin."

     

    Avec Gas-oil (G.Grangier - 1955), il devient le dialoguiste attitré du Dabe, écrivant à 17 reprises (citons Maigret tend un piège - J.Delannoy - 1957, les Grandes familles - D.de la Patellière - 1958 - ou le Président - H.Verneuil - 1960) pour lui en 7 ans ! Ils se fâchent sur le tournage de Mélodie en sous-sol (H.Verneuil - 1963), Audiard, débordé, recopiant sans quasiment ne rien changé les dialogues d'Albert Simonin. En parallèle, il devient la cible à abattre de la Nouvelle Vague, Truffaut écrivant par exemple : "Les dialogues de Michel Audiard dépassent en vulgarité ce qu'on peut écrire de plus bas dans le genre."Bernard Blier et Michel Audiard - 258,3 Ko

     

    Michel Audiard et Annie Girardot - 193,5 Ko Las ! Le public continue à se rendre en masse voir les films dialogués par Audiard. Les années 60 le voient écrire pour Belmondo (Cent mille dollars au soleil - H.Verneuil - 1963, Tendre voyou - J.Becker - 1966, ...), Brialy (les Lions sont lâchés - H.Verneuil - 1961, Carambolages - M.Bluwal - 1963, ...), Ventura (Un Taxi pour Tobrouk - D.de la Patellière - 1961, les Tontons flingueurs - G.Lautner - 1963, ...) - sans compter les membres de la famille que sont Mireille Darc, Annie Girardot et Maurice Biraud avec chacun 9 films à leurs actifs ou Bernard Blier (19 apparitions !), accompagnant Lautner (8 films), Verneuil (6 films), Grangier (5 films), de la Patellière, Molinaro et Korber (2 films).

     

    En 1966, il annonce par voie de presse son intention de réaliser son premier film, mais doit patienter 2 ans pour y parvenir. Ne parvenant pas à monter avec Gabin - qu'il a retrouvé l'année précédente dans le Pacha (Lautner - 1967) - une adaptation de Mort à crédit de Louis Ferdinand Céline, il tourne l'iconoclaste Faut pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages (1968), dont le titre est paraphrasé par le Général De Gaulle lors des événements de Mai 68. Suivront 8 autres films aux noms extravagants (le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques - 1971 - ou Comment réussir quand on est con et pleurnichard - 1974), mais aux succès plus que relatifs. le flambeau se reprit 20 ans plus tard par Jacques, son fils cadet né le 30 Avril 1952. Michel Audiard - 199,3 Ko

     

    Michel Audiard et Lino Ventura - 22,4 Ko Au bord de la banqueroute, Audiard retourne à ce qui lui a apporté la fortune (et l'intérêt du fisc) : ses dialogues. Mais alors qu'il collabore à l'Incorrigible (D.de la Patellière - 1975), son fils aîné se tue dans un accident de voiture. Il ne s'en remettra pas. Même s'il écrit encore des comédies d'aventures policières (pour Belmondo - du Corps de mon ennemi aux Morfalous - H.Verneuil - 1976 - 1984 - ou Girardot - le diptyque Tendre poulet / On a volé la Cuisse de Jupiter - P.de Broca - 1978 - 1980), la publication de la Nuit, le jour et toutes les autres nuits, prix des Quatre Jurys 1979, ou le script de Garde à vue (C.Miller - 1981) - qui lui vaut son seul César - témoignent de sa douleur.
    "Je ne joue plus à rien depuis qu'une auto jaune a percuté une pile de pont sur l'autoroute du Sud et qu'un petit garçon est mort".

     

    Suivent Mortelle randonnée (C.Miller - 1982) - qui suit un détective, Michel Serrault qui a lui même perdu une fille, en quête d'une enfant décédée, Canicule (Y.Boisset - 1983) un polar étouffant avec Lee Marvin et On ne meurt que deux fois (J.Deray - 1985) ultimes maux cités aux Césars 1986. Il s'éteint le 28 Juillet 1985 à Dourdan (Essonne) des suites d'un cancer et repose, malgré sa perte de foi, dans le cimetière de Montrouge. Michel Serrault et Michel Audiard - 194,2 Ko



    Retour à la page principale des Tontons Flingueurs

    Les photos et les personnages des Tontons Flingueurs sont la propriété de Gaumont, Gaumont International, Corona Filmproduktion, Ultra Film, Sicilia Cinematografica, Alain Poiré et des divers participants à l'écriture, la réalisation et la production de ce film. Elles ont été trouvées lors de pérégrinations sur le net et leurs utilisations dans ces quelques pages n'ont aucun but lucratif. Bien au contraire, elles se veulent un réel hommage aux divers créateurs de cette admirable comédie. Si toutefois, les propriétaires de ces photos se sentaient lésés par l'emploi que j'en fais, qu'ils me le fassent savoir afin de les retirer rapidement.

     

     

    Vous pouvez accéder directement aux différentes rubriques concernants les Tontons Flingueurs en vous servant des liens situés au dessous de cette image

    Biographies des acteurs Biographies du trio à l'origine des Tontons Genèse Galerie Extraits Sites

    Retour à la rubrique cinéma

     

     

     

     

     

     

     

    Delicious Pin It

    votre commentaire
  • Montmartre de réalité et de fiction sous l’Occupation

     

    Le Paris occupé est un cadre romanesque de choix. L’époque se prête aux situations et équipées tragiques et/ou héroïques pour plusieurs écrivains, et aux aventures cocasses pour Marcel Aymé ou Roger Vailland (le verbe coucher est très présent dans Drôle de jeu). Balade autour de et à Montmartre vers 1940-1944, sur les pas de ces deux auteurs et de leurs personnages.

    JPEG - 33.4 ko
    À gauche, le 11 rue des Abbesses

    Dans Le Chemin des écoliers de Marcel Aymé, le gérant immobilier Michaud a son bureau quelque part rue de Maubeuge. Sur un ton très sarcastique, Aymé propose à travers ce roman une vision de la vie quotidienne sous l’Occupation où les petits intérêts prédominent.

    Dans La Traversée de Paris, nouvelle du même auteur tirée du recueil Le Vin de Paris, nous retrouvons les deux héros Martin et Grandgil [1] qui, au bout de leur périple, parviennent à Montmartre. Ils sont chargés par un commerçant du marché noir de porter, de nuit, un cochon de cent kilos au boucher Marchandot.
    Une alerte aérienne les pousse à se cacher dans l’appartement de Grandgil, avenue Trudaine. Là, une dispute éclate, Martin comprenant que Grandgil a simulé son comportement extravagant, le mettant constamment en danger. Martin effectuera seul la livraison à Marchandot.

    Depuis la rue Caulaincourt, Martin repart par le carrefour de la rue des Abbesses et de la rue de Ravignan puis la place Pigalle, avant d’être arrêté par la police et accusé du meurtre de Grandgil.

    Dans Drôle de jeu de Roger Vailland, après avoir dîné dans un restaurant du boulevard de Clichy, le héros Marat « sort » son chef Caracalla dans un bar de nuit dont l’ouverture est tolérée par la police, rue Pigalle.

    De son appartement (voir ci-dessous), Marat assiste avec Rodrigue à un bombardement allié sur Paris. Tous les habitants de la butte Montmartre (sauf eux) s’engouffrent dans la station de métro Abbesses pour se mettre à l’abri. C’est justement 11 rue des Abbesses que Roger Vailland se lance vraiment dans l’écriture du Grand jeu en mars 1944 (il situe son récit à la même époque).

     

     

     

    JPEG - 29.6 ko

     

     

    Son rôle dans la Résistance l’amène en effet à séjourner souvent dans la capitale, hôtel Goudeau (place Émile Goudeau) et rue des Abbesses. Lors d’une mission au domicile de Daniel Cordier, un agent de la Résistance, il découvre un exemplaire de Lucien Leuwen, se plonge dans sa lecture et se lance aussitôt dans l’écriture du Grand jeu. Le "grand jeu" est celui de la Résistance, et celui du passage du journalisme à la "vraie" littérature

    Dans Le Chemin des écoliers, le domicile de Michaud se trouve rue Berthe.

    Dans Drôle de jeu, Marat loue rue Lepic un appartement qui sert aussi de planque à des résistants de passage.

    Sa camarade Chloé habite non loin un appartement que Vailland situe avenue Junot mais qui se trouve, comme il le précise, en-dessous de Louis-Ferdinand Céline, c’est-à-dire 4 rue Girardon. Comme dans Le Grand jeu, Céline avait effectivement des voisins résistants à l’étage inférieur.

    JPEG - 28.7 ko
    Le passe-muraille surgit d’un mur, place Marcel Aymé

     

     

     

    Cette incursion de la réalité dans la fiction nous permet de signaler la présence sous l’Occupation de Marcel Aymé au 26 rue Norvins (maintenant 2 place Marcel Aymé).

    Il continue de publier pendant l’Occupation. Ce n’est pas son voisin et ami Céline qui va l’en dissuader ! La Belle image en 1941, Travelingue en 1942, Le Passe-muraille en 1943, et des feuilletons ou articles dans La Chronique de Paris, Je suis partout, La Gerbe. Toutefois, Aymé ne fait jamais la louange de l’occupant, de Vichy ou de l’antisémitisme
    Vous m’offrez de me payer plus cher que Je suis partout. Si vous lisiez les contes que je donne à J.s.p., vous y découvririez plein de choses révoltantes pour la conscience d’un Français, et vous vous doutez bien qu’elles me sont payées à prix d’or. Certains de nos amis m’ont fait savoir qu’on me règlerait mon compte comme vous savez à l’arrivée des Américains, ce qui fait que la morale est sauve (Marcel Aymé, lettre à Jean Paulhan, 1943).

    À la même époque, l’artiste Eugène Paul, ami d’Aymé et illustrateur de Céline, vit entre 1917 et sa mort en 1975 dans son atelier qui existe encore 2 impasse Girardon.

    Dernier membre du quatuor, l’acteur Robert Le Vigan demeurait 11 rue Simon Dereure, près de l’allée des Brouillards.

    Les amateurs de Marcel Aymé et de l’architecture des années vingt et trente peuvent se rendre au 9 rue du square Carpeaux. Au passage, ils remarqueront au croisement de la rue Lamarck et de la rue Damrémont la plaque qui orne le 53 rue Damrémont et signale la naissance d’André Malraux en 1901.
    Revenons à Marcel Aymé, qui occupe le 8e étage du 9 rue du square Carpeaux en 1930, dans un immeuble flambant neuf, puisqu’il a été construit en 1929.

    JPEG - 24.2 ko
    L’atelier de Gen Paul, impasse Girardon

     

     

    Petite bibliographie
    Drôle de jeu. Roger Vailland. Livre de poche n°640-641.
    Le Vin de Paris. Marcel Aymé. Folio n°1515.
    Le Chemin des écoliers. Livre de poche n°1621.
    Les Écrivains de Montmartre. Le promeneur des lettres. Association Lire et partir,
    Article Comment sauver Céline de Pierre Lepape dans Le Monde des livres, 11 mai 2001,
    Lettres d’une vie, Marcel Aymé, Les Belles Lettres/Archimbaud.

    JPEG - 30.9 ko
     
    9 rue du square Carpeaux

    [1] Immortalisés à l’écran par Bourvil et Jean Gabin.

     

     
    Delicious Pin It

    votre commentaire
  • HISTOIRE du ZOO de VINCENNES

    Parc zoologique de Vincennes

     

    Le parc zoologique de Paris, appelé couramment zoo de Vincennes est situé dans le 12e arrondissement de Paris, près du bois de Vincennes. Il dépend du Muséum national d'histoire naturelle et couvre une superficie de 14,5 hectares. Il comporte un rocher artificiel haut de 65 mètres, sur lequel on peut notamment apercevoir des mouflons.

    Le zoo est fermé pour travaux depuis fin 2008. Sa réouverture est annoncée pour 2014


    Le Parc Zoologique de Vincennes a été conçu par le géologue Paul Lemoine (Paris 28 mars 1878-15 mars 1940), directeur du Muséum national d'histoire naturelle de 1932 à 1936 en accord avec la ville de Paris. Celui-ci l'avait conçu dans son esprit bien avant sa nomination en tant que Directeur du Muséum en décembre 1931.
    Inauguré le 2 juin 1934 par le Président de la République, le zoo est construit sur le modèle innovant de celui de Hambourg par Charles Letrosne, architecte des bâtiments civils et des palais nationaux. Il fait suite au petit zoo temporaire aménagé dans le bois de Vincennes lors de l'Exposition coloniale de 1931 afin de faire découvrir au public parisien des animaux exotiques ainsi que les villages indigènes reconstitués que l'on qualifiera plus tard de zoos humains. Dès le lendemain, le zoo est envahi par une foule enthousiaste et impatiente de plus de cinquante mille personnes.

    Il fut construit selon le modèle architectural proposé par Carl Hagenbeck, un modèle révolutionnaire pour l'époque, qui visait à présenter les animaux sur des plateaux, dans des fossés et des enrochements sans que le public en soit séparé par des barreaux. Les loges intérieures de nombreux animaux pouvaient aussi être visitées par le public.

    Très vite, il connut un grand succès auprès des Parisiens, qui pouvaient y admirer une faune spectaculaire, dans un cadre plus « naturel » que dans les anciennes ménageries telles que celle du Jardin des plantes.

    Ses installations lui ont permis d'héberger de nombreux animaux, surtout des grands mammifères. Le zoo a obtenu de grands succès dans la reproduction de l'éléphant d'Asie, de la girafe du Niger et de l'okapi, tous trois menacés d'extinction dans la nature, ainsi que d'une multitude de félins, d'ours, d'antilopes et de cervidés. Il a également présenté des espèces très rares en captivité, telles le kouprey (un spécimen de 1936 à 1940, seul à avoir été élevé en Europe), l'éléphant de mer (un spécimen y a vécu une trentaine d'années), le rhinocéros indien et le panda géant (un mâle de cette espèce nommé Yen-Yen, offert dans le cadre des relations diplomatiques entre la Chine à la France, y a vécu de 1973 à 2000, ce qui représente une des plus longues durées de vie pour cette espèce en captivité).

    Entrée côté Porte Dorée.

    Toutefois, il n'a jamais présenté beaucoup d'espèces animales de petite taille, faute d'installations adaptées, et ce malgré la construction de quelques volières et l'ouverture d'une maison des lémuriens en 1986, où des groupes de lémuriens nocturnes, souvent rares, évoluaient dans une obscurité artificielle. Cette installation n'a jamais eu d'équivalent en France, et n'en a pas eu beaucoup ailleurs dans le monde.

    À partir des années 1980, les installations du zoo se sont fortement dégradées, de par le vieillissement des enclos et des rochers en béton armé (qui avaient été conçus pour une durée de 50 ans dans les années 1930), sans qu'il n'y ait eu de plan de rénovation d'ensemble. Si le Grand Rocher, figure emblématique, avait été rénové dans les années 1990, cela n'a pas été le cas de beaucoup d'autres installations, qui ont dû être fermées au public au début des années 2000, et certains animaux (éléphants, félins, rhinocéros, ours) ont dû être déplacés hors du zoo.


    La rénovation du zoo 

    Maçonneries dégradées des rochers artificiels.

    Faute d'entretien, les faux rochers en treillis métalliques enduits de béton se sont effrités et sont devenus dangereux. Le Grand Rocher, symbole du parc, qui domine le bois de Vincennes, a alors été fermé plusieurs années. Dès 1993, le Gouvernement dut débloquer des crédits en urgence pour sa rénovation. Le zoo de Vincennes a vu, ces dernières années, sa fréquentation fléchir (300 000 visiteurs en 2005, contre 600 000 en 2004, 800 000 en 2003, 1 000 000 en 1984, 1 500 000 en 1968).

    C'est à l'été 2004, au moment où le personnel du zoo manifeste ses inquiétudes quant à la dégradation croissante du zoo, que le maire de Vincennes Laurent Lafon, également conseiller régional d'Ile-de-France, lance un appel à la population pour sauver le zoo de son lent déclin. Cet appel permet de recueillir des milliers de signatures et d'attirer l'attention des ministres en charge du parc zoologique. En septembre 2004, le maire de Vincennes interpelle à nouveau les pouvoirs publics sur le devenir du parc dans une tribune publiée dans le quotidien Le Monde : l'idée de rénover le zoo est lancée2.

    Suite à cette alerte, 500 000 euros ont été consacrés aux travaux de première nécessité, sur les réseaux de gaz et d’électricité et sur le rocher des girafes.

    « La dégradation progressive de ses équipements, donc de son fonctionnement ont même conduit à envisager sa fermeture, temporaire ou définitive, ce qui a suscité une émotion légitime car cela signifierait la disparition d’une institution ancienne et d’un centre de recherche, d’information et de reproduction de renommée mondiale » souligne alors le député du Val-de-Marne, Patrick Beaudouin, lors d'une séance de questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale en décembre 20043.

    En 2005, le Gouvernement a consacré un million d’euros à l’accueil des animaux et du public et 1,2 million supplémentaire ont permis d’achever la volière aux lémuriens et d’accueillir de nouveaux pensionnaires. Cela a permis de lancer définitivement la rénovation du zoo de Vincennes. Le coût global des travaux, qui devraient débuter au premier trimestre 2007, est estimé entre 120 et 130 millions d'euros.


    Ce plan de rénovation doit répondre à la nécessité de faire du futur zoo « un établissement de référence mondiale », comme l’affirme Allain Bougrain-Dubourg, président du comité scientifique.

    Un partenariat public-privé a ensuite été décidé pour mener à bien le chantier de rénovation dans les meilleurs délais. Des acteurs privés assureront donc le financement et la réalisation du nouveau zoo, moyennant un loyer temporaire correspondant approximativement au surcroît de recettes généré par les entrées du parc rénové. L’appel à candidatures est intervenu à l'été 2005 ; le chantier pourrait être lancé avant la fin de 2006. Ce partenariat, limité à la gestion du chantier de rénovation, n’affecte ni le statut ni les missions des personnels et des chercheurs associés, non plus que la mission de service public du parc.

    Par ailleurs, le choix du projet du cabinet d'architecte TN+ a été arrêté en décembre 2005. Ce projet entend lier développement durable et respect de la condition animale, en présentant les animaux dans leurs biotopes. Pour le cabinet TN+, « le visiteur deviendra l'invité de l'animal qu'il rencontrera dans son univers reconstitué » (Le Monde du 7 décembre 2005). Le principe du nouveau zoo n'est plus de montrer le plus possible d'animaux mais de valoriser leur présentation. Ainsi, la faune asiatique, les tigres notamment, sera déplacée. Il en ira de même pour les ours, qui dépriment en captivité, et pour les éléphants, trop à l'étroit. En effet, il faut 5 hectares pour deux pachydermes.

    Le projet TN+ était trop cher, un nouvel appel d'offre a été lancé, auquel seul Bouygues a répondu.

    Le dimanche 30 novembre 2008, le zoo de Vincennes a été fermé pour travaux.

    Début 2010, il a été annoncé officiellement4 que la nouvelle présentation serait organisée en cinq biozones (SavaneSahel, Europe, Patagonie, Guyane, Madagascar) une sixième biozone Afrique équatoriale sera développée ultérieurement.

    Les travaux ont commencé début septembre 2011. Le 7 décembre 2011 Laurent Wauquiez, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, est venu poser la première pierre du nouveau zoo. Celui-ci devrait être terminé courant 2013 avec une ré-intégration des animaux de juin à novembre, pour une ouverture au public en mars 2014.

    Établi sur 14,5 hectares, le zoo de Vincennes (dit aussi parc zoologique de Paris) est fermé au public depuis novembre 2008. Les uns après les autres, les animaux ont quitté le site, le rhinocéros en premier dès 2004, et l’hippopotame partira bon dernier en septembre.

    Ce parc est aujourd’hui entre les mains des architectes des Bâtiments de France, mais ceux-ci ont eu la désagréable surprise de lire dans le bulletin officiel de la Ville de Paris un « vœu » de la commission consultative du Vieux paris, qui dit regretter « qu’aucune étude historique n’ait été conduite… afin d’en dégager la valeur patrimoniale », De plus la protection du zoo au titre des Monuments historiques est demandée.

    Pour Jean-Marc Blanchecotte, responsable des architectes des Bâtiments de France, le dossier est clair : « La survie d’un zoo à Paris est incompatible avec le classement du site. Fini l’enfermement ou les fosses Tout finira bien par s’arranger…

    Les visiteurs de 2014 ne reconnaîtront certainement pas le zoo de Vincennes tel qu’ils l’ont connu. Ils verront des aménagements du site « aux exigences actuelles d’accueil des animaux ». Ils découvriront six écosystèmes dont des paysages de l’Europe, ceux de la Guyane, ou ceux de la Patagonie par exemple.

    Normalement, les travaux seront lancés en 2011. Le zoo ouvrira ses portes fin 2014. Les enfants l’attendent impatiemment !

    André Balbo

    Sources : Le Parisien



    SOURCES : WIKIPEDIA. 


    LIEN RENOVATION : http://www.vincennes.fr/Galeries-photos/Renovation-du-zoo-de-Vincennes

    Delicious Pin It

    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires