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    Paris autrefois - parcs et jardins - Jardin des Plantes -

     

     

    LE JARDIN DES PLANTES

     

    (D'après Paris, 450 dessins inédits d'après nature, paru en 1890)

     

    Le Jardin des Plantes de Paris jouit également d'une popularité parisienne et d'une renommée européenne. Pour les Parisiens,C'est une belle promenade,

     

     remplie d'arbres, de plantes et d'animaux intéressants, redoutables ou rares. Pour l'étranger, c'est la plus belle collection dans laquelle le génie investigateur d'un grand peuple ait su réunir et embrasser les trois règnes de la nature. Au point de vue de nos institutions d'enseignement, le Jardin des Plantes n'est que le nom vulgaire donné à l'une des parties du Muséum d'histoire naturelle, qui tient dans l'ordre scientifique une place analogue à celle du Collège de France dans l'ordre des langues et de la philosophie.

     

     

     

     
    Les cages des animaux féroces 
    De même que le Collège de France, le Muséum, placé sous l'autorité du ministre de l'instruction publique, est administré par un directeur choisi pour cinq années parmi les trois candidats présentés au ministre par l'assemblée des professeurs. Ceux-ci sont au nombre de dix-neuf. Les professeurs titulaires sont assistés par vingt-quatre jeunes savants, qualifiés aides-naturalistes. La plupart des cours ont lieu dans l'enceinte du Muséum, les amphithéâtres ou dans les galeries. D'autres se tiennent au dehors, à l'École des mines, au domicile personnel des professeurs et même à la campagne.

     

    Les origines du Muséum sont lointaines et modestes. Ce n'était d'abord qu'un « Jardin royal des herbes médicinales » le Jardin du Roy, créé par Louis XIII à la sollicitation d'Hérouard, son premier médecin, et de Guy de La Brosse, son médecin ordinaire. 

     

     

    Lorsqu'il fut ouvert au public en 1650, il occupait environ 50 000 mètres carrés, au devant du bâtiment élevé le long de la rue du Faubourg-Saint -Victor, dans la partie qui s'appelle aujourd'hui rue Geoffroy-Saint-Hilaire. Il ne s'étendait pas en profondeur au delà de la moitié du jardin actuel. Le reste du terrain jusqu'au bord de la Seine était couvert par des chantiers de bois flotté.

     

      
    Successivement administré et embelli par les soins éclairés des successeurs d'Hérouard et de Guy de La Brosse, par Fagon, Tournefort, Antoine de Jussieu, Vaillant, etc., le Jardin du Roi prit une extension considérable et une importance nouvelle sous la direction de Buffon comme surintendant. On lui doit les belles allées de tilleuls plantées en 1740 et prolongées jusqu'au quai en 1783, la construction du grand amphithéâtre et du laboratoire de chimie.

     

     

     

      
    Il plaça le cabinet d'histoire naturelle sous la direction de Daubenton et confia l'exécution du jardin à André Thouin. La statue de cet homme illustre, sculptée

    le chaton du jour

    ..je passe.... 

    par Pajou, fut érigée de son vivant, en 1789, dans les galeries de l'établissement qu'il avait fait si grand et si prospère. Il fut remplacé par M. de la Billarderie, ensuite par Bernardin de Saint-Pierre. Sur un rapport de Lakanal, qui résumait tout un projet de règlement rédigé par les professeurs, la Convention, par décret du 10 juin 1793, érigea le Jardin du Roi en Muséum d'histoire naturelle. 

     

     

     

    L'Ours Blanc

     

     

     

     
    La ménagerie fut créée au mois de novembre suivant, par l'initiative de Geoffroy Saint-Hilaire, qui se fit remettre par la police les animaux de trois ménageries particulières qu'elle avait saisies on ne sait pourquoi ; on lui adjugea bientôt après les hôtes survivants des ménageries royales de Versailles et du Raincy.

     

     
     

     

    Donner la liste des professeurs qui se sont succédé depuis près d'un siècle dans les chaires du Muséum, ce serait dresser l'inventaire des gloires scientifiques de la France. Rappelons seulement les noms de Cuvier, Haüy, Geoffroy Saint-Hilaire, Vauquelin, Laugier, Lacépède, Lamarck, Jussieu, Portal, Thouin, etc.

     

     
    Monsieur Claude BUREAUX, Maitre Jardinier du JARDIN des PLANTES

     
     
    Le Jardin des Plantes, dans son état actuel, présente un développement de 30 hectares (300,000 mètres carrés), dont la surface plane est dominée, près de l'entrée de la rue de Buffon, par le monticule connu sous le nom de Labyrinthe. Au premier contour de la route en spirale qui conduit au sommet, à travers les arbres verts, on peut s'asseoir sur un banc circulaire qui embrasse le tronc du cèdre du Liban ; ce bel arbre, le premier de son espèce qu'on eût vu en France, fut planté à cette place en 1734 par Bernard de Jussieu ; il n'avait alors que quelques centimètres de hauteur ; on rencontre ensuite sur la gauche, dans le massif, la colonne de pierre élevée à la mémoire de Daubenton, le collaborateur de Buffon et le prédécesseur de Cuvier.

     

      
     

     

    Au sommet du Labyrinthe, s'élève le belvédère qui portait autrefois un gnomon, auquel s'appliquait la devise : Ho ras non numero nisi serenas. « Je ne compte que les heures sereines. » On jouissait autrefois, du haut du Labyrinthe, d'une vue vue assez étendue, qu'interceptent aujourd'hui des constructions nouvelles élevées sur les deux rives de la Seine ; on y est dominé par la haute coupole du Panthéon, qui coupe l'horizon à l'ouest. 

     

     

     
    Les marabouts 

     

     Animaux - Oiseaux - Le Marabout d'Afrique -

     

    Les bâtiments qui encadrent le périmètre du Jardin des Plantes ou qui s'y trouvent enclavés sont :   la galerie de zoologie, au fond du jardin, parallèlement à la rue Geoffroy-Saint-Hilaire, faisant face à la Seine ; elle a 120 mètres de longueur et se compose de deux étages divisés en salles peuplées de plus de 6,000 mammifères et de 22,000 oiseaux, tous empaillés ; 2° au sud-est, parallèlement à la rue de Buffon, le vaste bâtiment qui mesure 170 mètres de longueur sur 15 de profondeur et 12 de hauteur ;
    la partie centrale, comprise entre deux portiques, contient les collections de minéralogie fondées par Haüy ;
    l'aile droite la bibliothèque ;
    l'aile gauche les collections de géologie et de botanique ;
    la bibliothèque du Muséum renferme 80,000 volumes et un grand nombre de manuscrits ; la bibliothèque de Charles Bonaparte, prince de Canino, acquise par l'État, forme un fonds à part. Un des fonds les plus curieux de la bibliothèque est la collection des dessins d'histoire naturelle sur vélin, commencée par Robert pour Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, et continuée jusqu'à nos jours par les plus habiles artistes ; elle forme sept volumes in-folio.  

     

     

     

     

      Le long de la rue Cuvier on rencontre successivement, après les bâtiments consacrés à divers services d'administration, d'abord le grand amphithéâtre qui renferme deux laboratoires de chimie, un laboratoire de physique et la salle des cours ; ensuite la maison de Cuvier, appuyée contre la grande galerie d'anatomie comparée, dont le bâtiment, flanqué de deux ailes, contient les squelettes de toutes les espèces d'animaux vertébrés, poissons compris. On voit au rez-de-chaussée les espèces disparues, les diornis, oiseaux gigantesques de la Nouvelle-Zélande, le squelette entier d'un paleotherium et d'un anoplotherium provenant des carrières à plâtre de Vitry-sur-Seine ; un ichtyosaure de l'époque jurassique, etc...  

     

     

     

    Les mouflons  

     

     

     

     

     

    La cour renferme le squelette, bien délabré et réparé comme une vieille maison à force de pièces et de poignées de plâtre, du cachalot à grosse tête. Suivent, toujours dans la même direction, en marchant vers la Seine, le palais des tortues et des crocodiles, couchés dans l'herbe, immobiles et rugueux ; on les prendrait pour des troncs d'arbres ou de grosses branches desséchées ; les plus dangereux sont renfermés dans des baignoires ; puis le palais des reptiles, où les redoutables pythons et les boas constrictors végètent souffreteux dans leurs couvertures de malades. L'École des poiriers remplit l'espace entre ce dernier bâtiment et le quai, près de l'Entrepôt des vins.   Le jardin, planté par Buffon, est divisé en trois séries longitudinales de carrés, séparés entre eux par deux allées de tilleuls, et de la partie ouest en admirable allée de marronniers. L'intervalle entre cette allée de marronniers et les bâtiments échelonnés le long de la rue Cuvier est dessiné en jardins anglais, aux allées sinueuses, qui enveloppent pittoresquement les nombreuses divisions de la ménagerie : animaux féroces, lions, tigres, panthères, hyènes, ours, jaguars, réunis dans une série de loges grillées, ou séparés en petits parcs à l'usage des chacals, des renards, des sangliers, etc.

     

     
     

     

     

     

     

     

    La fosse aux ours  

     

    Les chiens ont leur chenil ; une grande rotonde, semblable à un cirque, abrite les éléphants, les chameaux, les girafes, les rhinocéros, les buffles, les hippopotames, etc. Les ours ont leurs fosses, entourées de parapets, toujours garnis de spectateurs qui les excitent à grimper à l'arbre central, et qui se racontent la légende du vétéran tombé dans la fosse et dévoré par l'ours Martin. Les otaries ou lions de mer ont leur bassin d'eau profonde ; des oiseaux aquatiques ne sont pas moins soignés ;
    les oiseaux de proie menaçants, les antilopes aux grands yeux timides, les zèbres indomptables ont leur public...    
      
    Nouveau né....
    LOUANGO.....bébé chou...
      
    Mais les favoris de la foule sont les singes, pour qui l'on a construit en 1836 un palais à jour soutenu par des colonnettes de fer ; la foule y stationne en permanence ; mais il n'est pas prudent de s'y hasarder sans précaution. C'est que le public des singes n'appartient pas, en général, aux classes les plus recommandables de la société.
      
    La gratuité est évidemment une pratique très démocratique ; elle a cependant ses inconvénients ; et il n'est que trop visible que le Jardin des Plantes, d'ailleurs fort éloigné des quartiers riches qui se développent de plus en plus vers l'extrême ouest, sert de rendez-vous et de galeries aux rôdeurs à l'affût d'une proie, comme aussi aux simples mendiants, et à ces troupes déguenillées qui arrivent chaque jour des régions de l'est et du sud-est pour grossir les équipes de balayeurs que la Ville emploie de nuit au nettoiement de la capitale. Une autre circonstance a détourné du Jardin des Plantes le courant des classes riches ou simplement aisées, c'est la création à l'autre bout de Paris du Jardin d'acclimatation.  

     

     

     

     

     

    Le dromadaire  

     

    Les serres du Jardin des Plantes, l'école de botanique et de culture, les jardins des semis, le jardin de naturalisation, demeurent cependant sans rivaux. Quelques mesures de surveillance exercées contre les vagabonds, qui s'emparent, lorsqu'il leur plaît, des parties les plus fréquentées et les rendent inaccessibles aux honnêtes gens, suffiraient à rendre au Jardin des Plantes la physionomie décente qui le caractérisait autrefois, lorsqu'il était la promenade favorite et, pour ainsi dire, le rendez-vous des familles de la bourgeoisie parisienne.  

     

     

     

     

     
    L'entrée des serres

     

        

     

    La grande grille d'entrée du Jardin des Plantes, la plus connue des promeneurs,ouvre sur le quai, au centre d'une place demi-circulaire, où aboutit le pont d'Austerlitz, commencé en 1802 en même temps que le pont des Arts, ouvert à la circulation en 1806 et baptisé par la victoire. La place circulaire fut ordonnée pour compléter le pont et reçut le nom du général Valhubert, tué à la bataille d'Austerlitz.   Le pont, qui met en communication cette partie de la rive gauche avec le quartier de la Bastille et le faubourg Saint-Antoine, fut élargi et reconstruit en maçonnerie de 1854 à 1856. Il mesure aujourd'hui 18 mètres de largeur, composé d'une chaussée de 11 mètres et de deux trottoirs de 2,50. La circulation y est plus active qu'en aucun point de Paris ; on n'évalue pas à moins de 40,000 le nombre des personnes qui traversent quotidiennement le pont d'Austerlitz.

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     Juliette Gréco en concert en 2007 à Paris.

     

     

      

    Il y a du monde au bar du Lutetia. L’heure est au brouhaha scintillant sous le plafond bas et les lumières tamisées. Les notes du piano se mêlent au chahut des serveurs secouant leurs shakers et au bavardage des habitués et clients occasionnels venus humer l’ambiance vantée par un tour-opérateur. Il n’y a plus d’après…Juliette Gréco le chantait, il y a déjà cinquante ans, sur des paroles de Guy Béart.

    Mais elle revient toujours ici, à Saint-Germain-des-Prés, attablée au cœur du monde dont elle fut la « muse » qui, par sa seule présence, fit briller les lettres et l’intelligence, les arts et l’insouciance.

      

    Juliette Gréco demeure portée par cet « heureux caractère » qui fut en tout temps son refuge, lui permit de mener « vingt-cinq vies » et lui ôta toujours toute peur de mourir. Elle est souriante, même si, comme elle le confie, elle serait bien mieux dans sa maison picarde entourée de nature, où les faisans trouvent refuge à l’heure de la chasse, peut-être dans ce fauteuil où un chat qui n’en fait qu’à sa tête vient la rejoindre sans troubler son goût de solitude. Mais il faut travailler !

    La grande dame ne manque pas d’actualités : un livre de mémoires et un disque, réussi, dédié aux ponts, en attendant des concerts. Les ponts d’abord  (1). Treize chansons et tout un symbole, le passage des mots au-dessus de l’eau, la traversée de la Seine à la scène…

    « L’idée a germé en pleine conversation avec mon producteur Jean-Philippe Allard, qui pensait à un disque sur Paris. Mais j’étais de mauvais poil, j’ai eu le dernier mot », dit-elle. Toujours, elle chanta les plumes de son temps, parce que « seul le présent et le futur m’intéressent »,dit-elle : Sartre, d’abord, dont elle égara deux textes – Si les poux râlent, je râle comme un pou !–, Léo Ferré et sa Jolie Môme, Gainsbourg qui lui offrit sa Javanaise, Étienne Roda-Gil « qui me manque tant »…

      

    Aujourd’hui, ses auteurs s’appellent Marie Nimier, sa « petite Marie »,François Morel, Marc Lavoine ou Amélie Nothomb, qui offre un inattendu Pont Juliette lu par Guillaume Gallienne. Elle chante aussi le classique Sous les ponts de Paris en duo avec Melody Gardot, « drôle et exquise, sa preuve d’amour m’a fait un bien fou. On se sent moins nul »,avoue-t-elle.

     

      

      

    En noir des pieds à la tête

    Le livre, lui, s’appelle Je suis faite comme ça (2), emprunt à Je suis comme je suis, la chanson de Prévert à qui elle fit changer quelques vers. « Mes talons sont trop hauts/Ma taille trop cambrée/Mes seins beaucoup trop durs/Et mes yeux trop cernés »,sont devenus pour elle : « Mes lèvres sont trop rouges/mes dents trop bien rangées/Mon teint beaucoup trop clair/Mes cheveux trop foncés »,plus conforme à ce qu’elle était à 22 ans et qu’elle demeure.

      

    Toujours, elle porte la peau blanche, celle des mains et du visage. Le reste est en noir des pieds à la tête : un ensemble élégant, et deux lignes d’amour entourant son regard brillant. Elle déguste un cocktail à la couleur flamboyante, « sans alcool ! J’en reprendrai lorsque je le déciderai ! »Elle prononce ce dernier mot avec la même détermination qui la fit un jour cesser de fumer, par refus de se sentir dépendante de quoi ou de qui que ce soit.

    Juliette Gréco connut la bourgeoisie provinciale des années 1930, le Front populaire, la Résistance, l’humiliation. Et la Libération, l’insouciance puis l’abomination en découvrant les rescapés des camps de la mort. Parmi eux, sa mère et sa sœur Charlotte, qu’elle accueille en mai 1945, ici même, au Lutetia, « dans le grand hall juste à côté ».Enfin les engagements, la défense des libertés.

      

    Le livre revient encore sur ses grandes heures, Saint-Germain, Hollywood et Belphégor « tourné dans des conditions dissipées et drôles ».

    Il raconte encore ses amitiés, « amours debout »– avec Anne-Marie Cazalis, Boris Vian ou Françoise Sagan –, ses liaisons – avec Darryl Zanuck –, ses mariages, sa fille. Il exprime surtout l’absence de goût pour le passé qu’on ressasse. « J’ai une passoire effrayante dans la tête. Du coup, je fais du ménage là-dedans ». Paradoxe ?

      

    « L’enfant est imprévisible, et ce qu’il m’en reste l’est totalement, y compris pour moi. Je ne sais jamais où je vais m’amener »,répond-elle.

     

      

      

    Prime enfance à Bordeaux

    « Je suis si petite »…Les mémoires de Juliette s’ouvrent avec cette phrase au présent qui renvoie à la prime enfance à Bordeaux chez ses grands-parents. Elle fut une fillette silencieuse, « muette »,insiste-t-elle, et « mystique ». « Si l’enfance est comme la mienne violente et douloureuse, ça conditionne l’adulte que je suis devenue, qui peut rester des jours sans parler. »Son grand-père est architecte, « bel homme protecteur, tendre et aimant »qui se substitue au père.

      

    Il meurt subitement. « Je suis encore fâchée lorsque j’y pense, je ne comprends pas »,commente-t-elle. De son vrai père, policier d’origine corse qu’elle connaît à peine, elle ne retient que des vacances remplies de déboires : lors d’une sortie en voiture sur un chemin qui mène à la mer, elle est éjectée du véhicule, « il m’a perdue tranquillement, je suis allée dans le fossé »,dit-elle.

      

    Plus tard, elle manque de se noyer, s’affole. Un baigneur la sauve. « Mon père, en costume et cravate, m’explique n’avoir pas voulu abîmer ses chaussures neuves. »

    Sa mère, plus présente, n’offre pas plus d’amour : « Elle a fait le choix de partir seule, sans ses filles. »Juliette en souffre : « Je l’excède »,« je suis la cadette non désirée »,écrit-elle. Mais aussi : « Elle me fascinait ».Car la femme incapable d’être mère assume une modernité d’un autre monde. Amie du critique Élie Faure, elle écrit un livre d’esthétique, s’engage parmi les premières dans la Résistance.

      

    Après la mort de leur grand-père, Juliette et Charlotte se retrouvent chez elle, à Paris puis, avec la guerre, dans le Périgord.

    Un jour, lors d’une sortie à vélo, Juliette chute : « Le frein aperforé ma veine fémorale. J’ai mis mon doigt dans la plaie et suis rentrée chez moi, où je me suis évanouie. Dans le vague, j’ai entendu ma mère m’accuser de comédie. »Juliette compense comme elle peut.

      

    À 14 ans, scolarisée à Bergerac, elle s’ouvre au théâtre grâce à son professeur de littérature, la future comédienne Hélène Duc, qui lui donne de belles tirades à apprendre… Mais la vie bascule. En septembre 1943, sa mère est arrêtée.

      

    Charlotte, 19 ans, et Juliette, 16 ans, se rendent à Paris et sont à leur tour attrapées, menottées, séparées, interrogées. Juliette riposte à un policier qui la gifle. Elle est tabassée, laissée sans connaissance, puis conduite à la prison de Fresnes. Elle y connaît « le dégoût et la révolte ».

     

    Elle chante en pleine rue

    Libérée, la voilà seule. Elle se rend chez Hélène Duc, qui loge dans une pension à Saint-Sulpice. Un hôtel particulier où résida jadis Olympe de Gouges. Ce havre sera un lieu d’apprentissage de la vie. Elle chante en pleine rue, goûte la liberté, saisit le bon fil de l’existence. Hélène Duc reçoit ses amis du théâtre de l’Odéon. Une nouvelle famille pour la jeune fille.

      

     

     

     

     

    La comédienne Yvette Etiévant lui prête un manteau et une robe pour se présenter au concours d’entrée du Conservatoire. Elle est recalée, mais l’avis de la sociétaire Béatrice Dussane est plein d’encouragement : « Chiot de trois mois, à suivre ».

    Elle suit à la place les cours de Solange Sicard. Et débute en figurante dans le Soulier de satin, à la Comédie-Française. Heureuse, elle a d’autres difficultés : ses sandales en raphia se transforment en éponges à la première pluie. Alice Sapritch, autre amie d’Hélène, lui remet une paire presque neuve qu’elle garnit de journaux pour les porter.

     

     

      

     

      

    Elle compte aussi sur l’affection de Bernard Quentin, étudiant aux Beaux-Arts, qui lui donne des vêtements déjà portés, une chemise, un chandail et un costume d’homme de couleur marron. Ce sera son uniforme pour arpenter Saint-Germain-des-Prés, ses cafés, le Flore notamment.

      

    On y croise Prévert et Picasso, Merleau-Ponty, Sartre et Beauvoir. « À l’époque, je regarde et j’écoute »,se souvient-elle. Toute à son bonheur d’apprendre, elle se remplit « par l’ouïe, la lecture, tous les pores de la peau ».Merleau-Ponty, en particulier, « avait la générosité, l’attention et l’écoute. Et si j’avais une question brûlante, c’est à lui que je la posais ».

     

     

     
     
     

    Le Tabou 

    33 rue Dauphine - Paris

    Au départ, c’était un petit bar ouvert toute la nuit. Après la dernière guerre mondiale, le jazz fait une entrée fracassante dans la capitale. Les propriétaires du Tabou décident, alors, d’investir la grande cave qui se trouve au-dessous du bar, d’y installer un Pick-up et de rester ouvert après minuit. Très vite le pick-up sera remplacé par des groupes de jazz, dont les plus emblématiques du lieu furent Boris Vian et ses frères « les Grrr » et aussi Juliette Greco et Cazalis. Les artistes d’après guerre commencèrent à affluer, Yves Montant et Simone Signoret ainsi que Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, serge Gainsbourg... Le Tabou devient l’endroit à la mode, où la jeunesse existentialiste Parisienne (au grand désespoir de Jean-Paul Sartre qui trouvait sa philosophie détournée) vient boire et danser sous les voûtes sans âges. Tohu-bohu dans le voisinage de la rue Dauphine, voyant tous les soirs une jeunesse bruyante venir gâcher leurs douces nuits, les voisins râlent et font des pétitions contre le Tabou. Ils finirent par obtenir la fermeture à minuit. Mais la folie du Tabou continua, mais elle n’était qu’un feu de paille. Les habitués finirent par se lasser de ces soirées. Et ils déménagèrent au « Club Saint Germain.

    Parole de Boris : Très vite, le Tabou est devenu un centre de folie organisée. Disons-le tout de suite, aucun des clubs qui suivirent n’a pu recréer cette atmosphère incroyable ! Et le tabou lui-même, hélas, ne la conserva pas très longtemps, c’était d’ailleurs impossible. Aujourd’hui à la place du bar sur lequel se trouvait le Tabou vous trouverez le « café Laurent ».

     

     

    Boris Vian

      

    Le trac, bien installé

    « Je dois beaucoup à beaucoup de monde, j’ai eu la chance de tomber sur des hommes et des femmes qui, en plus d’être des génies, ce que j’ignorais, étaient des êtres humains »,conclut-elle.

      

    Sa sœur et sa mère sont rentrées du camp de Holleischen, où Charlotte faillit mourir. Juliette tombe dans ses bras. Sa mère, elle, la regarde à peine lors des retrouvailles au Lutetia. Juliette abandonne toute idée d’être aimée d’elle. Libre, joyeuse et mélancolique comme son époque, elle attire déjà la curiosité, ouvrant bientôt le « Tabou », un club de jazz où Paris se bouscule.

    Enfin elle chante, sans avoir appris, pour justifier une notoriété vite acquise. La magie est là d’emblée. Comme le trac… Pour ses 85 ans au Châtelet (3), elle aura le même, « bien installé ».Son public viendra découvrir les nouvelles chansons et réentendre « le choc et l’amour du début » :

      

     

     

     

    « J’appartiens à ces gens-là et j’en suis fière. Je suis de moins en moins bête, ce qui me permet de réaliser de façon de plus en plus aiguë le miracle qu’est notre métier. On entre sur scène, les gens se taisent, applaudissent, vous écoutent. C’est invraisemblable. »

      

      

    (1) Ça se traverse et c’est beau, Deutsche Grammophon/Universal, en vente le 23 janvier.

    (2) Je suis faite comme ça, Éd. Flammarion, 350 pages, 21,90 €.

    (3) Du 6 au 8 février. Rens. : 01.40.28.28.40

    Le 5 février sur Arte : à 20 h 40 « Juliette Gréco l’insoumise ». À 21 h 50, concert Olympia 2004.

     

     

     

     

    JEAN-YVES DANA 

     

     

      

      

    Il n'est pas un instant de la carrière de Gréco qui n'évoque le Paris brillant de l'après-guerre, quand Sartre et Camus se croisaient au Café de Flore, quand idées et poésie emplissaient les pages de la NRF et les cabarets de la rue Dauphine. Trouvera-t-on encore des Prévert, des Queneau, des Lafforgue, pour alimenter le répertoire d'une nouvelle petite chanteuse ?

    C'est dans le sud de la France, à Montpellier, que naît Juliette Gréco le 7 février 1927. Son père, corse, est policier sur la Côte d'Azur, et elle ne le verra pas souvent. Juliette et sa soeur aînée Charlotte sont élevées à Bordeaux par leurs grands-parents maternels. Enfant solitaire, Juliette passe sa scolarité dans un sévère établissement religieux.

     

     

      

      

    Gestapo

    Lorsque leur mère vient les rejoindre en 1933, elles partent toutes les trois s'installer à Paris. Juliette s'adonne alors à la danse avec passion et entre à l'opéra de Paris.

      

    En 1939, la seconde Guerre mondiale éclate. La famille retourne dans le sud-ouest du pays, en Dordogne. La mère de Juliette devient membre actif de la résistance; elle est arrêtée par la Gestapo en 1943. Juliette et Charlotte remontent sur Paris, et sont également emprisonnées très vite. Charlotte et sa mère sont alors envoyées en déportation à laquelle Juliette échappe en raison de son jeune âge. 

      

    Libérée, elle se retrouve seule et sans argent dans Paris, ville où elle ne connaît personne. Son professeur de français, la comédienne Hélène Duc, l'héberge. Juliette découvre alors le théâtre et l'art dramatique. Elle prend quelques cours et décroche quelques petits rôles de figuration à la Comédie française, prestigieuse institution.

      

    Dans un Paris encore en guerre, elle traîne sur la Rive gauche de la Seine, dans le Quartier Latin et à Saint-Germain-des-Prés où elle découvre une vie intellectuelle et artistique qui prendra toute son ampleur après-guerre. Elle découvre également la vie politique à travers les Jeunesses communistes qu'elle fréquente quelque temps. 

    En 1945, sa mère et sa soeur sont libérées. Ensemble, elles retournent quelque temps en Dordogne. Mais après l'engagement de leur mère dans la marine nationale, Juliette et Charlotte reviennent très vite dans la capitale. Immédiatement, Juliette Gréco replonge dans la vie de bohème qu'elle avait découvert quelques mois plus tôt. Poètes, musiciens, écrivains, peintres, tous les artistes se donnent rendez-vous autour de l'église Saint-Germain-des-Prés dans les cafés, les clubs de jazz ou les cabarets.

      

      

    On discute, on échange des idées, on vit en bande, c'est toute une jeunesse qui s'exprime et s'épanouit après cinq années de guerre. Elle habite à l'hôtel et vit de petits boulots. Mais, elle rencontre de prestigieux artistes et intellectuels qui l'accueillent très vite dans leur cercle.

    Du philosophe Jean-Paul Sartre à l'écrivain Albert Camus en passant par les jazzmen et auteurs américains très présents dans l'intense activité culturelle de Saint-Germain-des-Prés, tous remarquent cette jeune femme au tempérament révolté, grave et un brin insolent. Grâce aux innombrables rencontres qui remplissent son existence à ce moment-là, elle décroche quelques rôles au théâtre et travaille sur une émission de radio consacrée à la poésie. 

     

      

    Juliette et Philippe LEMAIRE son premier époux

      

      

    Bohême

    En 1947, ouvre un nouveau club rue Dauphine, le Tabou. Cet endroit reste un des symboles de Saint-Germain-des-Prés. S'y croisent toute la faune et la bohême du quartier, dont des artistes tels que Boris Vian, Jean Cocteau ou le trompettiste américain Miles Davis.

      

    Juliette Gréco devient un des piliers du lieu. On la voit en couverture de quelques magazines et, cultivant un esprit rebelle et épris de liberté, elle devient désormais une personnalité indispensable de la vie parisienne d'après-guerre. 

    Convaincue par quelques amis, dont Anne-Marie Cazalis, elle va se lancer dans la chanson en 1949 lors de la réouverture du Bœuf sur le Toit, autre lieu consacré à la musique et à la poésie. Sans plus attendre, de nombreux écrivains et poètes lui écrivent des textes. Dès ses débuts, Juliette Gréco possède donc un répertoire très riche. Raymond Queneau ("Si tu t'imagines"), Jules Lafforgue ("L'Eternel féminin"), Jacques Prévert ("Les feuilles mortes"), elle a à sa disposition certains des plus beaux textes de la poésie française de l'époque.

     

     

      

      

    Les musiques sont souvent composées par Joseph Kosma. Face à des publics de choix, elle impose immédiatement un style à la fois léger et intense, sensuel et grave. Toujours en 1949, Jean Cocteau lui offre un rôle dans le film "Orphée". 

    Malgré un succès immédiat, Juliette Gréco n'est pas encore très connue du grand public. Son style reste très intellectuel et littéraire et demeure fort éloigné du répertoire éminemment populaire d'une vedette comme Edith Piaf. 

      

      

    En 1951, elle enregistre son tout premier disque au nom révélateur,

    "Je suis comme je suis". Signée Prévert/Kosma, cette chanson est un des emblèmes de son travail. Avant de monter sur les scènes françaises, on la voit au Brésil et au Etats-Unis en 1952 où elle remporte un franc succès dans la Revue "April in Paris".

      

    Peu après, une longue tournée française la lance auprès du grand public vite séduit par cette personnalité mystérieuse et un peu nouvelle dans le paysage musical de l'époque. La consécration a lieu sur la scène de l'Olympia en 1954. Cette année-là, la SACEM (Société des Auteurs-Compositeurs) lui décerne son Grand prix pour le titre "Je hais les dimanches" signé Florence Véran et Charles Aznavour.

      

    Juliette et Laurence Marie, sa fille.

      

    Enfin, elle rencontre son futur époux, le comédien Philippe Lemaire, sur le tournage du film de Jean-Pierre Melville "Quand tu liras cette lettre". Mais après la naissance de leur fille Laurence-Marie, ils divorceront en 1956.

      

    Liberté

    Théâtre, cinéma, chanson, Juliette Gréco est partout et ses activités se multiplient. Elle repart à New-York et ses interprétations des plus grands auteurs français enthousiasment les américains. Hollywood la courtise, et elle tourne avec Henri King, John Huston et Orson Welles.

      

      

    Le puissant producteur Darryl Zanuck devient son compagnon, mais les ambitions de l'américain ne s'accordent guère longtemps avec le besoin de liberté de la jeune française.

    A son retour en France, Juliette Gréco rencontre Serge Gainsbourg un jeune musicien dont le talent est en train de renouveller la chanson française. Il lui écrit des chansons et de 59 à 63, elle enregistre une dizaine de ses titres dont "La Javanaise" en 63.

    Après une intense activité cinématographique durant les années 50, Juliette Gréco se consacre plus à la chanson durant les années 60. En 1960, elle crée "Il n'y a plus d'après" de Guy Béart, puis en 1961, c'est "Jolie Môme" de Léo Ferré. La même année, elle remonte sur une scène parisienne à Bobino, puis en 1962, elle retrouve l'Olympia. 

      

      

    En 1965, sa notoriété grimpe en flèche grâce a son rôle dans la série télévisée "Belphégor". Cependant, en dépit d'une carrière brillante, Juliette Gréco attente à ses jours. Peu de temps après, en septembre 65, elle épouse le comédien Michel Piccoli.

    En 1966, elle partage la scène du TNP (Théâtre National de Paris) avec Georges Brassens pour lequel elle a une grand admiration. Déjà dans les années 50, elle avait interprété sa célèbre "Chanson pour l'Auvergnat". En 1967, elle reprend "La chanson des vieux amants" signée d'un autre monument de la chanson francophone, Jacques Brel.

     

      

    Cette année-là, elle chante devant 60.000 personnes à Berlin. Les tournées internationales s'enchaînent et les publics du monde entier apprécient la chanteuse française pour la force, la beauté et l'élégance de ses récitals. Devant un rideau rouge, Juliette Gréco apparaît sur scène dans une robe noire faisant ressortir la pâleur de son visage et l'intensité de ses expressions. 

    En 1968, elle inaugure la formule des concerts de 18 heures 30 du Théâtre de la Ville à Paris. Elle y chante une de ses plus célèbres chansons, "Déshabillez-moi", titre dans lequel la chanteuse joue sur l'aspect sensuel et mystérieux de son personnage. 

    Au début des années 70, Juliette Gréco quitte son label Philips pour intégrer Barclay. Mais avant de signer chez Polygram dans les années 90, elle changera encore plusieurs fois de label. Cette instabilité illustre peut-être une certaine perte de vitesse de sa carrière dans les années 70.

     

     

     

      

    Elle est cependant de retour au Théâtre de la Ville en 1975, avant de sortir un album en 76. A ce moment-là, la plupart des titres qu'elle crée sont signés Gérard Jouannest pour la musique, qui, après avoir beaucoup travaillé avec Jacques Brel, devient son pianiste et arrangeur privilégié. Elle continue de chanter les poètes dont Pierre Seghers ("Les voyous", 1975), ou Henri Gougaud ("Le Merle blanc", 1975), mais reste fidèle à ses auteurs favoris dont Gainsbourg ("Le 6ème sens", 1970) et Brel ("J'arrive", 1970).

     

      

    Michel Piccoli l'épouse en 1966. Ils se séparent en 1977. <em>SIPA/DALMAS/SIPA</em>

    Juliette et Michel Piccoli

      

      

    Politique

    Forte d'une conscience politique qui la rend sensible à la lutte contre toute forme d'oppression, Juliette Gréco utilise son répertoire et sa notoriété pour réagir quand elle en a l'occasion.

      

    C'est le cas lors d'un récital à Santiago du Chili sous le régime du Général Pinochet. Seule sur scène face à un parterre de militaires, elle n'hésite pas à se lancer dans un répertoire clairement anti-militariste. L'échec est total, mais Juliette Gréco reste très fière de cet acte de résistance dans un pays ou la contestation est alors violemment réprimée. 

      

      

    On retrouve Juliette Gréco en 1982 lorsqu'elle fait paraître son autobiographie, "Jujube". Puis en octobre 1983, c'est à l'Espace Cardin qu'elle fait son grand retour sur une scène parisienne, retour qui s'accompagne d'un nouvel album "Gréco 83". On y découvre des textes de l'écrivain Georges Coulonges, du poète Pierre Seghers, de Jean Ferrat, de Claude Lemesle ou de Boris Vian. La plupart des musiques sont signées Gérard Jouannest. 

    Juliette Gréco continue de voyager et de chanter dans une dizaine de pays par an. En 1988, elle participe à une manifestation musicale consacrée à la culture méditerranéenne au Café de la Danse à Paris. 

      

    En 1989, elle épouse Gérard Jouannest, son compagnon, compositeur, pianiste et arrangeur de longue date.

    Avec les années 90, Juliette Gréco est beaucoup plus présente sur la scène musicale française. Du 8 au 20 janvier 1991, elle remonte sur la scène de l'Olympia après sept ans d'absence en France.

      

    En avril, elle est l'invitée du festival du Printemps de Bourges, mais après quatre chansons, elle est prise d'un malaise qui l'oblige à cesser son spectacle. Les billets sont alors reconduits pour l'année suivante où un hommage lui est alors rendu le 27 avril. 

    En 1993, sort un nouvel album éponyme sur lequel la chanteuse s'est entourée de l'auteur Etienne Roda-Gil, de Julien Clerc, et des Brésiliens Caetano Veloso et Joao Bosco. Fidèle au passé, Juliette Gréco est aussi très tournée vers la jeunesse.

      

    Les nouveaux auteurs et interprètes l'intéressent beaucoup et elle est toujours prête à les écouter, voire à travailler avec eux. De la même façon, son public touche autant les gens de sa génération que les plus jeunes. Son répertoire universel ne subit pas les modes mais les survole avec élégance.

      

    Mystère

    Du 12 au 24 octobre, Juliette Gréco retrouve donc son public à l'Olympia avant d'entamer une tournée à travers le pays mais aussi au Japon où elle s'envole au printemps 94. Amoureuse du Japon, la chanteuse y retourne très régulièrement. 

    En juin 1997, toujours curieuse de nouvelles expériences, elle est invitée au Festival de la photographie de Arles dans le sud de la France. En plein mistral et sur fond de photos projetées au fond du Théâtre antique, Juliette Gréco donne un récital inoubliable et qui met l'accent sur un répertoire engagé. 

    Nouvel album pour Juliette à l'automne 98 avec "Un jour d'été et quelques nuits". Les textes sont tous signés de Jean-Claude Carrière et mis en musique par Gérard Jouannest. La chanteuse est l'invitée d'honneur du Festival de musique vivante de Montauban en mai 99 avant de faire un retour sur une scène parisienne, au Théâtre de l'Europe du 25 au 30 mai. 

    A la fin de l'été, Juliette Gréco est décorée des Insignes d'Officier de l'Ordre national du Mérite par la ministre de la culture, Catherine Trautmann. En septembre, elle participe à la Fête de l'Humanité (le journal du parti communiste) puis quelques jours plus tard, elle donne deux récitals triomphaux à New York, invitée par l'Alliance française. 

    En 2000, la chanteuse continue de donner des récitals en France, en Allemagne et en Suisse. En janvier 2001, elle chante à Lisbonne et en mai en Norvège. Mais fin mai, Juliette Gréco fait un malaise cardiaque à Montpellier, dans le sud de la France, où elle donne un récital. Elle se rétablit cependant rapidement et entreprend une tournée canadienne au cours de l'été 2001.

    2003 : "Aimez-vous les uns les autres..."

      

    Novembre 2003 : "Aimez-vous les uns les autres, ou bien disparaissez" chante Juliette sur son nouvel album. Fidèle, elle reprend Serge Gainsbourg ("Un peu moins que tout à l'heure", que Gréco avait déjà enregistré en 1971), Jean-Claude Carrière (auteur de l'album "Un jour d'été et quelques nuits" en 1998), Aragon ("la Rose et le réséda" mis en musique par Bernard Lavilliers).

      

      

      

      

    Aventureuse, toujours avec le même flair pour les textes et les compositions de qualité, elle interprète un titre écrit pour elle par Gérard Manset, "Je jouais sur un banc"; Art Mengo signe la musique de "Pour vous aimer", écrit par deux écrivains, Marie Nimier et Jean Rouaud (prix Goncourt 1990) ; les nouveaux venus de la chanson française se taillent la part du lion : Christophe Miossec signe trois textes mis en musique par Gérard Jouannest et Benjamin Biolay lui offre cinq titres, dont trois composés avec Gérard Jouannest.

      

      

    Sans faiblir, elle reprend le chemin de la scène, en France d’abord, au Casino de Paris en novembre 2003, puis à l’Olympia en février 2004, à Bordeaux, Amiens etc. La tournée passe aussi par la Belgique, le Japon où elle est toujours extrêmement bien accueillie. Elle revient au Casino de Paris du 16 au 18 novembre 2004. Le double CD/DVD "Olympia 2004" qui sort à la fin de l’année prouve l’énergie et l’humour de la jeune dame de 77 ans.

      

      

    2006 : "Le Temps d'une chanson"

    Trois ans après le disque "Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez...", disque qui convoquait de grandes auteurs compositeurs français actuels, sort en décembre 2006 un nouvel opus de Juliette Greco intitulé "Le temps d'une chanson". En fait, il s'agit d'un disque qui rassemble des titres  que la grande dame célébrée à travers le monde entier, aime chanter mais qui n'ont pas été écrits particulièrement pour elle. 

      

      

      

    De "Utile" interprétée par Julien Clerc et écrite par le parolier Etienne Roda-Gil à "Né quelque part" de Maxime Le Forestier, en passant par des classiques comme "Syracuse" ou "Avec le temps", Juliette Greco voyage au gré de ses envies dans le paysage de la chanson. La réalisation a été confiée à Gil Goldstein. Quelques arrangements sont aussi signés Gérard Jouannest, l'accompagnateur pianiste de toujours. De grands noms du jazz américains viennent aussi apporter leur contribution : le saxophoniste Joe Lovano, le trompettiste Wallace Roney, et le saxophoniste Michael Brecker. De grandes pointures pour l'album d'une grande interprète. 

     


     

     

    Sartre avait écrit : "Gréco a des millions dans la voix, des millions de poèmes (...)". Effectivement, rarement un chanteur aura interprété un aussi grand nombre de textes prestigieux. Figure de proue d'une vie intellectuelle intense et brillante dans le Paris d'après-guerre, elle a chanté la langue française dans le monde entier. Le mystère de son regard ceint de noir et sa voix chaude et sobre séduisent toujours un très large auditoire.

     

    SOURCES : article 

    http://www.greatsong.net/BIOGRAPHIE-JULIETTE-GRECO,1424.html

     

     

     

     

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    3 commentaires
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     Les bobos
     

    Quelques prénoms de bobos pour le fun:

     

    Aristide - Auguste - Augustin - Alphonse - Octave - Clovis - Nine - Eglantine - Jules - Diego - Pablo - Luna(e) - Ernest - Barnabé - Balthazar - Léon - Emile - Honoré - Lucrèce - Ambroise - Ambroisine - Apolline - Aliénor - Alix - Robinson - Romarin - Perle - Cerise - Eugène - Lancelot - Basile - Capucine - Marco - Lorenzo - Corentin - Lhassa - Lazuli - Gustave - Colombe - Blanche - Gaspard - Gaston - Manon - Louis(e) - Victor - Oscar - Nathan - Nestor - Léonard - Arthur - Anatole - Achille - Lou - Hypolite - Félix - Hector - Ferdinand - Ursuline - Cornelius - Harmonie - Léopold - Lucien - Marcel...

    Thérebentine....

      

      

    Ayons une pensée émue pour les enfants "pipeule": Scout Larue, Apple, Paris, Térébenthine, Lux Divina, Shiloh Nouvel, Coco (Cox), Maddox, Knox Léon, Suri, Peaches Honeyblossom, Prince Michael II alias "Blanket", Fifi Trixibelle, Little Pixie, Heavenly Hiraani Tiger Lily, Pilot Inspector, Marquise, Audio Science, Diezel, Moon Unit, Cosima Violet, Seven, Poppy Honey, Daisy Boo, Petal Blossom Rainbow, Bear blu Jarecki...

    Bientôt "Vélib" ?

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le bobo déteste les modes, il veut innover, se démarquer mais de façon chic.
     
    A force de ne pas suivre les modes , il se retrouve en plein dedans, mais chez le bobo, une mode s'appelle "tendance" et les tendances s'appellent "Antoine et Lili", "Zadig et Voltaire"...
     
     

    Repas BOBO  

      
    pas question d'en accueillir dans son loft.
      
      
    Le bobo veut bien sauver le monde mais seulement depuis sa Smart. Le bobo aime parler avec le populo du coin tellement "authentique" mais attention, le bobo aura vite besoin de se ressourcer à l'Ile de Ré, à Marrakech ou bien dans un "concept store" à Berlin recommandé par Canal-Plus dans l'édition "spéciale bobo", c'est à dire tous les jours... Eh oui, c'est un travail de jouer le Noël Mamère du quartier, à l'atypique branquignol.
     
     
     
      
      
      
    Le bobo a besoin d'authenticité à 2 balles, il rêve de s'installer dans des quartiers d'où les gens rêvent de partir.
      
    Le bobo veut vivre parmi les "vrais" gens , veut faire "peuple" avec ses yaourts bio à la con. Mais rarement en banlieue, ça ne fait pas partie de sa "culture".
      
    Au final, l'immobilier flambe dans ces quartiers tellement "vrais" et le bobo finit par se retrouver avec des bobos, bien blancs et bien bourgeois qui s'extasient sur Obama mais n'en comptent aucun dans leur immeuble car le bobo veut un lieu qui lui ressemble et comme ce qui lui ressemble est hors de prix, le bobo finit à White-Boboland. En effet, le bobo pratique une ségrégation chic, ça ne dit pas son nom, c'est tabou mais c'est la réalité.
      
    Le bobo veut bien vivre parmi le peuple mais pas avec...

    Le bobo fait semblant de "diversité".
     
     
     
      
      
      
    l'arabe qui cache la forêt (ex: Rachida, Fadela, Rama, Mouloud... Au passage, médailles d'or de l'incompétence et de la vulgarité!) - il est pour, mais refuse de l'appliquer dans son petit environnement sécurisé tout en hurlant au racisme chez le voisin...

    « C’est plein de Noirs ici, c’est ça la gauche, les Arabes et les Noirs » Guy Bedos - BFMTV à la Bastille - 6/5/12

    Partager avec eux de la "musique du monde" avec un mini Bouddha qui a un encens dans le cul version West-coast bullshit, il adore!
      
    MAIS pas question de les ramener chez soi, pas de mariage mixte,
    pas de colocs...
      
    Avec un bobo, l'air de rien c'est chacun chez soi.
      
    On fait la fête avec Mouloud, on fume des "pèts" ensemble mais pas de Mouloud chez Tata Berthe à l'Ile de Ré. (Z'imaginez la gueule de Tata Berthe ?)
     
    Mouloud est prié de coller à sa caricature de Mouloud sinon le bobo, bah, y comprend plus rien!
      
      
      
     
    Même à l'étranger ces glands restent méprisants, restant entre eux, exactement comme à Paris, persuadés d'être "cool" alors qu'ils reproduisent une ségrégation soft. Sont pas méchants, seulement incroyablement snobs, étroits d'esprit derrière le masque vicieux (vertueux) de l'ouverture.
     
      
    Le bobo est autant ouvert sur le monde que mon chien
    sur son trou du cul.
      
      
     
     
      
      
    Les seuls conflits de voisinage se limiteront à savoir s'il vaut mieux voter pour DSK (tellement à gauche) Les Verts (tellement cons) Mélenchon (fasciné par Chavez, Castro, la grande démocratie chinoise) si attaché à la liberté de la presse ou Besancenot (fasciné par Trotsky, créateur de l'Armée rouge! voir également: Goulag, Politburo, Tchéka... Bref, la totale éclate).
     
     

     
      
      
    L'ignorance ne gêne pas le bobo pourvu que la bien-pensance soit de son côté, car un bobo "pense bien". Le bobo n'hésite pas à comparer la droite au pétainisme tout en ignorant (lire Simon Epstein) que la gauche fût en 1è ligne sous Pétain...
    Le bobo se convainc de sa gauchitude branchouille tiers-mondiste révolutionnaire en s'abonnant à Télérama, Libé, Technikart, Le Nouvel Obs, Rue89, Les Inrocks, Mediapart, Arrêt sur images...
      
      
      
     
      
      
      
    Le bobo aime la musique nombriliste comme lui, ex: l'enfonceur de portes ouvertes Saez, le charismatique vendeur de shampooing Biolay, la fille de banlieue révolutionnaire Zazie, le ténor Delerm, la militante de "bourgeoisie sans frontières" Camille ou le bobo version "campagne énergique"
      
    Jean-Louis Murat ou alors la version "jme lave pas, chui écolo" genre Manu Chao ou encore Charlotte Gainsbourg, le laideron aphone multi-millionaire qui, vous comprenez, prend des "risques"...
      
     

     
      
      
      
    Et les acteurs pseudo-révoltés: l
      
    e robinet d'eau tiède Marc Lavoine ou le robinet d'eau très très tiède Patrick Bruel, le grand résistant en cigare Pierre Arditi, supertics-man Vincent Lindon, la pétasse chic Emmanuelle Béart, l'actrice engagée du 16è Juliette Binoche, le "Che" du dimanche Vincent Cassel, le nain prognathe Romain Duris, Louis Garrel profession: "fils de", la trés démunie, équilibrée et
    désopilante Valéria Bruni-Tedeschi...
     
    dont la soeur chante en muet, voix inaudible
     
     
      
      
      
     
      
        
    Le bobo aime les émissions de Frédéric Lopez qui emmènent des bobos à l'autre bout du monde jouer aux aventuriers bidons avec leur carte Gold dans une poche et le téléphone satellite dans l'autre pour se tenir au courant de l'affaire Polanski et du dernier dîner en ville avec Beigbeder avec leur oreillette blue-tooth ("bloutouss".)
      
    Il va s'extasier sur ces personnes qui vivent avec 3 fois rien et rêvera secrètement à sa suite réservée dans un 4 étoiles de La Paz ou de Santiago où il se prélassera dans un jacuzzi en racontant ses "exploits de la journée" à ses amis restés à Bastille.
      
      
      
     
      
      
      
      
    Le bobo trouve aussi trés sympa de "s'acheter" un enfant noir ou asiat' (c'est vrai qu'il n'y a pas de malheureux en France) ça le déculpabilise, c'est sa rédemption, et en plus c'est tendance. Car le bobo se sent coupable au fond, coupable de claquer autant de fric dans des conneries alors que:
      
    "tu vois, le monde, ben, il est injuste et franchement c'est pas cool, tu vois ?"
     
     

      
      
    Le bobo aime bien chier sur la religion, se marrer devant Les guignols de l'info qui feront sniffer un rail de coke au Pape ou Groland qui nous explique "avec humour" que Dieudonné, bah, il a pas si tort...Mais bizarrement il trouvera "fasciste" une quelconque critique de l'Islam.
     
      
      
    Mieux : c’est résolument tendance.
      
      
    Tant pis pour les droits de l'homme et surtout de la femme.
      
    Non, tout ça pour le bobo c'est cool:
      
    "il faut comprendre".
     
    (sous-entendant par là même qu'ils sont stupides mais qu'il faut être tolérant.
      
    Au fait, combien de démocraties musulmanes?
      
    combien de prix Nobel musulmans?)
     
      
    Soyons clair, est-ce que le bobo recommanderait jamais à sa fille de s'installer au Yémen ? Bien sûr que non!

     

     

     

    Photo sources article :

    Arsenic et petites culottes

    - http://arsenicetpetitesculottes.com/2011/05/19/qui-sont-ces-bobos-qui-nous-emmerdent/

     

     

    Notons que le bobo a une certaine attirance pour les quartiers
    (19, 20è, Montreuil, Saint-Ouen...) où l'intolérance est la norme.
      
    Aaaah le racisme, en parler à longueur de journées et ne le percevoir qu'un jour sur deux entre 2 chroniques de subversion téléphonée, de la si bien placée pour donner des leçons de morale, Sophia Aram.

     

     


     

      

    Le bobo ne s'embarrasse pas d'histoire, pour lui, la France est une dictature et elle a l'obligation de se brader.

      

    Car, vous comprenez, la France doit vivre en repentance 24/24h.

      

    Pour le bobo, toutes les cultures se valent. (Exit l'égalité homme-femme, le droit de vote, de conduire, de se déplacer librement, de caricaturer...) Je les laisse donc à cette formule de Lévi-Strauss:

      

    "Si toutes les valeurs se valent, alors le cannibalisme est juste une question de goût."

     


     

      
      
    Tant pis, si tous les pays ont eu leurs lots de guerres, d'exactions, de pillages... non, vraiment il n'y a que la France qui doit battre sa coulpe en permanence:
     
     

     

    Même le chat qui miaule trop fort... est un FACHO 

     

    " Les élites , surtout quand elles sont de gauche, cultivent le mépris du peuple.
      
    Elles peuvent soutenir tous les peuples, excepté le peuple français.
      
    Elles ne le connaissent plus et elles ont renié son mythe unificateur"
     
     

     

    http://arsenicetpetitesculottes.com/2011/05/19/qui-sont-ces-bobos-qui-nous-emmerdent/
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
      
    Brunch BOBO

     

    Gilbert Melki dans "Les Inrocks" dans un petit numéro de haine de soi dont les bobos ont le secret:
     

      
    Essayez de remplacer "Français" par "Algériens" ou "Sénégalais" et écoutez notre police de la pensée hurler à la haine des autres.

     

    Passons sur le fait que de grands acteurs vous expliqueront qu'il faut s'effacer devant son rôle. Non, pour Gilbert, il faut donner sa "vision des faits."
      
    Alors, on a droit au gargarisme journalier du bobo qui ne peut passer une journée sans fustiger le racisme et la colonisation (silence sera fait sur la colonisation arabe qui a juste expulsé d'Algérie la famille de l'acteur, mais de ceci il ne sera pas question) et pour conclure, un petit étron sur son pays, parait-il, ça facilite la digestion et le fameux "vivre ensemble."

     

     

     


    Tant pis si la France a, par exemple, colonisé le Maroc 40 ans et si les arabes colonisent ce même pays (et tout le Maghreb) depuis... 1400 ans!

     

     

     

    Tant pis s'il fut un temps où un non musulman devait changer de trottoir à la simple vue d'un musulman.

     

     

     

     

     

     

    Tant pis si l'Espagne a, un jour, décidé de se débarrasser de cette colonisation si merveilleuse qui n'a durée que... 6 siècles.

     

    Des apports essentiels de culture Bisounours dont il est absolument tabou de parler rue Oberkampf...

     


     

    Tant pis si l'étymologie du mot "Esclave" vient des Slaves des Balkans et donc de victimes blanches. Seule l’Europe continue d’être accusée d’avoir pratiqué l’esclavagisme dans le passé.

     


    Jamais nos acteurs militants ( accompagnés de leurs greluches humanistes bien pensantes) tels Benoît Magimel ou Jamel Debbouze ne consacreront un film ou reportage aux études de Malek Chebel:
      
    "L'esclavage en terre d'Islam a duré 3 fois plus longtemps (15 siècles) et touché 2 fois plus de personnes (22 millions)" que la traite trans-atlantique.

     



      
    Voir ce reportage:
     

     


    Tant pis si Mein Kampf est un best-seller dans les pays musulmans.
    Au métro Voltaire, on feint de l'ignorer...

     

     

     

    Tant pis si à Dubai (ce qui se fait de plus moderne ds le monde musulman)
    une salle de gym fait le plein avec une publicité se référant à Auschwitz...

     

    Je n'ai pas entendu Patrick Bruel, Vincent Lindon ou Marc Lavoine faire une "Tournée des Enfoirés" pour dénoncer ce scandale.
     
    L'aveuglement toujours...

     

     

     

    Je m'amuse de voir des bobos de Canal-Plus aller enquêter ds les mosquées

     

    Je n'ai pas entendu de protestations au métro St Sébastien Froissart...

     


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    Ce qu'il y a de bien cool quand on est bobo c'est qu'on peut balancer ce qu'on veut:

     

    6/5/12

      

    Mais, mais attention car la police de la pensée et des odeurs veille et notre soi-disant grande gueule s'exécute sur-le-champ et efface son tweet:

     

     

     

     

     

    1 humour contrôlé, 1 police qui veille, la lâcheté pour pti dej...Vraiment pas pour moi!
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    Le bobo adoooore cacher sous le tapis les africains qui pensent différemment, qui en ont juste marre de se faire prendre en otage par cette idéologie bien pensante:


     

    Où sont les plaintes de ces fameuses "associations antiracistes" contre Malika ?

     

     

     

     

    Boualem Sansal dans Le Nouvel Obs: "La frontière entre islamisme et nazisme est mince"

     

    Dans l’Express: "L’islam est devenu une loi terrifiante, qui n’édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents." A t-il été trainé en justice par la LICRA ?

     

    Et ici, le même Sansal au Jerusalem's International writers festival: "Arrêtez de pleurer"

     

    Ne comptez pas sur Mediapart pour relayer ses propos...

     

     

     

    Est ce que le bobo vous expliquera pourquoi les juifs ont été expulsés en masse
     
     
    (à 100 % d'Algérie et de Libye) de ces terres enchanteresses ?

     

    Pourquoi les chrétiens sont "nettoyés" ?
     
    Pourquoi les berbères sont une quantité négligeable de ces terres
    d'ouverture et de tolérance qui fascinent le bobo ?

     

     

     

    Pourquoi la famille du plus célèbre berbère, Zidane, malgré leur fortune, préfère vivre en France et en Espagne? n'est pas une question qui intéresse nos bobos...
     
    On notera que Zidane a épousé Véronique et a nommé ses enfants Enzo, Luca, Théo...
    Intégration réussie (malgré des prénoms à la con et un QI de nouille, mais bon on ne va pas trop en demander à un footballeur)
     
      
    Les Algériens le célèbrent et continuent à mépriser (euphémisme) les Berbères. Cherchez l'erreur et trouvez la réponse à la question en même temps...mais chuuuut les conclusions dérangeraient nos bobos et leurs petits protégés des banlieues, si ouverts, si tolérants, si articulés...
     
     
    Zidane n'a pas eu besoin d'être diplômé en physique quantique pour comprendre que la France n'est pas cette terre fascisante décrite à longueur d'articles par Mediapart, Rue89, Les Inrocks ou Libé.
     
    Ou comment donner raison à la thèse sur les prénoms et l'intégration en se cachant derrière une icône sans que les bobos ne bronchent. Imparable.
     

     

     

     

    BHL et son aimée... dans leur palais au Maroc


    Témoignage chez Rue89: (pas exactement un site d'extrême droite)

     

     


    Dans Les Inrocks (bible des antiracistes): Atiq Rahimi " le monde arabo-musulman n'a pas bougé depuis le XVIIIe siècle (...) ils en sont restés là, sur leurs chameaux. Pendant ce temps, le monde occidental inventait la locomotive, ou plutôt le train de l'histoire. Bref, vivait à une autre vitesse."

     

    Aucun appel au lynchage.
     
    Maintenant imaginez la révolution dans le 12è si Eric Zemmour disait la moitié de ça...

     


    Quand l’intellectuel palestinien Saqr Abou Fakhr explique dans Courrier International (grande revue Lepéniste comme chacun sait) que "la civilisation arabe s’est éteinte avec la chute de Bagdad en 1258, à la suite de laquelle les arabes cessèrent de créer et d’innover"
    Aucune protestation au métro Richard-Lenoir...
      
      
      
     


     

      

      

    Le Soleil, journal sénégalais: 

     

    "L'opinion africaine dite intellectuelle s'est mobilisée contre le discours de Dakar du président Nicolas Sarkozy considéré comme étant raciste, méprisant et humiliant. Et pourtant il ne faisait que nous rappeler , sans doute d'une manière brutale et maladroite, qu'il était temps que nous sortions de la préhistoire pour entrer dans l'histoire contemporaine d'un monde qui est fait d'imagination, de techniques, de sciences, au lieu de nous complaire dans la médiocrité actuelle de nos choix."

     

    Silence au métro Charonne...

     

     

     

    Quand Audrey Pulvar, qui se révèle antiraciste uniquement lorsqu'il est question des noirs, parle de "race noire" http://twitgoo.com/2cng5w Silence total chez nos bien-pensants.

     

     

     

    Quand elle explique en 4è de couverture de son roman, que les antilles ne sont pas la France: http://twitgoo.com/2cngir Avez vous entendu une quelconque "association" hurler ?

     

     

      

    Attention, quand l'ordre et la morale du bobo ne sont pas respectés, il s'énerve...

     

     

     

    Mediapart ne consacrera pas une ligne au racisme dans le monde arabe

    Je m'esclaffe quand un Camerounais donne des leçons de réalisme. Et Belleville se tait...

     

     
    Bizarrement, ce n'est pas repris ds le 11è...

     


    Quand Jeannette Bougrab explique qu'il n'y a pas d'"islamisme modéré" .
      
     
     
    Silence chez nos bobos de Montreuil...

     


    Quand Malika Sorel explique que "le racisme est devenu un concept à géométrie variable" Aucun bobo à Chemin Vert ne se lance ds le débat, hypnotisé par la tyrannie du métissage...

     


    "Le métissage, quel qu’il soit (humain, culturel, musical, etc.) suppose un consentement. Dès lors qu’il obéit à une préconisation idéologique, une sorte de diktat moral, il n’est plus qu’une imposture parmi d’autres. Les parents d’Obama, un Noir et une Blanche, ne se sont pas dit : «on va fabriquer un merveilleux petit métis». Ils s’aimaient tout simplement."

     


    " Ceux qui militent dans des associations de défense des droits de l’Homme exercent souvent des métiers – fonctionnaires, médecins, avocats – qui sont loin d’être complètement ‘ouverts’. Ils sont protégés de la concurrence étrangère "

     


    Que le MRAP ou SOS racisme aient la défense de l'opprimé à géométrie variable
    ne gêne pas le bobo du Marais...

     

     

     


    Tant pis si: "dans de nombreux cas les enseignants d’Histoire ont du mal à aborder le fait religieux, la Shoah, le Proche-Orient."

     

     

     


    Le bobo s'extasie devant la "culture" banlieue et, bizarrement, "oublie" de faire la révolution

    (du dimanche), de battre le pavé (du 11è), de sonner le tocsin (de la mosquée de Belleville)

     

    de sortir du maquis

    ( de Saint Germain des Près) quand ça l'arrange:

     

    "Après tout, Rome ne s’est pas défaite en un jour. Saluons donc le pas dans la bonne direction que constitue la suppression de l’épreuve de culture générale, « la moins utile » selon la direction de Sciences Po. La gauche pensante, qui s’était bruyamment offusquée que le Président de la République s’interroge sur l’utilité d’étudier "La Princesse de Clèves" pour officier dans une administration, n’a pas jugé bon de monter au créneau."

    Pour le fun: Les leçons de géo-po d'Alpha Blondy.
     
    L'anti-France à géométrie variable...

     


    Et enfin pour finir LE monsieur antiracisme à la petite semaine: Thuram ou le racisme légalisé

    Voilà où nous mène cette idéologie de la défense des tyrannies sous couvert d'humanisme basé sur une inculture, une bêtise, un aveuglement sans pareil...

     

     

     

    Je me moquais de ce prétendu "Printemps arabe" dès le départ et j'avais bien raison.
     
    L'Hiver islamique est là et bien là et ce n'est pas la faute des méchants blancs ou des méchants martiens. La démocratie ne se décrète pas Place de la Bastille en chantant Zaz avec un drapeau turc...

     


     

    Il n'existe pas de pays parfaits et nous n'avons aucunes leçons à recevoir de ces ultra-privilégiés qui voyagent en 1ère et qui sont les idiots utiles de l'islamisme le plus radical.

     

     

     

    Lire: La tentation obscurantiste de Caroline Fourest
     
    (grande figure de l'extrême droite comme chacun sait)
      
      


     
     
      
      
    Pour la maternelle le bobo inscrira éventuellement Nine ou Gaspard à l'école du coin mais observez-les bien pour la suite. La plupart de ces enfants continueront à être bercés de pensées "révolutionnaires" à la sauce "Che" mais dans les meilleurs établissements parisiens où la "mixité sociale" ne sera qu'un leurre...
    Leurs parents votent à gauche uniquement pour se donner bonne conscience.
      
      
      
      
     
      
      
      
      
    Un bobo (bourgeois-bohème) n'a de bohème que ses fringues dépareillées hors de prix qui lui donnent un air de "gens relax", car il ne viendrait pas à l'idée de ce bourgeois rigide soi-disant tiers-mondiste que l'argent flambé chez Antoine et Lili pourrait nourrir une famille d'Afghans pendant un mois. Il dit se préoccuper de leur sort, pourtant certains dorment dans la rue à 10 min de chez lui.
      
      
      
     
      
      
      
    Le bobo préfère "avoir l'air" d'un clochard chic dans sa mini Cooper, le Mac Book sous le bras, en route pour siroter un Kir en terrasse en lisant Libé. Le bobo est méprisant, ouvert sur son nombril, un rebelle du dimanche, un aventurier sapé Agnès B, convaincu de sa supériorité intellectuelle. Ben oui, vs comprenez il est de "gôôôche".
      
      
      
     

     

    Notre Indiana Jones à la petite semaine, le laptop dernier cri sous le bras ira éventuellement en vacances dans un pays pauvre se convaincre qu'il faut "changer le système"
     
    et appelle également à tuer des blancs )
     
    Mais problème: le bobo veut bien changer le monde mais pas trop vite tout de même...
     
      
    Car le "système", cette société de consommation, de paraître, les fringues Marithé "made in bangladesh", Trekkings au Népal, Club Med, chacun pour soi, l'Airbus
      
    (petit pollueur comme chacun sait) qui l'emmène en vacances à Rio, Marrakech, Miami, Londres, Berlin, Tibet, Dakar, NYC...
      
    n'oublie pas de se faire des "lignes".....

     

      
    Pas sûr qu'il y renonce demain...
      
      
      
     
      
      
      
    -"Il faut sauver le monde" nous dit-il avec sa coupe de "pouilleux tendance",
     
     
     
    Ah oui quand ? Comment ? Tu offres de ton temps, de ton argent à Emmaüs, l'Armée du salut,
    la Croix-Rouge ?
    Tu as déposé un dossier d'accueil de réfugiés à la mairie ?
     
     
    -"Heuuuuu"

     

     

     

    Le bobo est un con.

     

     

     

    -----------------

     


    J'aime quand les bobos assument ENFIN qu'ils sont de droite:
     
     
     


    Aucune contradiction dans l'esprit du bobo...

     

    Une autre histoire quand ils sont cachés derrière leur isoloir...
     
     


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    John Lennon, le 1er bobo!
     

    le 1er à avoir proclamé "PEACE" en treillis.

    mais anti militariste comme tous les bobos...

     

     

     

    ---------

     

     

     

     
    C'est la philosophie qui ne nous laisse pas libre de voir ce que nous voyons, ce n'est pas seulement une opinion dominante, c'est une perception obligatoire, une fin de non percevoir adressée à toutes les réalités, à tous les évènements qui pourraient attiser les craintes, faire le jeu du FN, désespérer les banlieues, les meilleures intentions au service du mensonge"
    - Alain Finkielkraut

    ---------

    Attention FOU RIRE:

    L’orientation des filles de banlieue :
     
    coiffeuse, esthéticienne ou chanteuse de R’n’B ? (extrait)

    Par Marlène Schiappa
     
     
     
     
      
      
    « Qu’est-ce que tu feras quand tu seras grande ?
    Fée, princesse, maîtresse d’école ? »
    Les stéréotypes sexuels vont bon train quand il s’agit d’envisager
    la future carrière de jeunes filles.
     
     
    Mais en banlieue, ça donne plutôt ça :
    « Qu’est-ce que tu feras quand tu seras grande ?
    Coiffeuse, vendeuse de vêtements ou esthéticienne ? »
    Comme aucune étude précise n’a été faite sur le sujet,
     le Business Bondy Blog
      
    (On ne rigole pas) est allé directement à la rencontre d’enseignants, de lycéennes et d’anciennes élèves de banlieue pour avoir leur avis sur le sujet : débat animé au programme. ..
    (Et prénoms-destins à la con)

    Karine, grande métisse de 16 ans et élève de seconde, veut devenir
    « Chanteuse de R’n’B. Mais si je n’y arrive pas, je ferai du mannequinat ! »
    « Elle a même fait le casting de la “Nouvelle Star”, hein ! »
    confirme son ami, plus petit qu’elle, mais fier comme un coq, pendu à son bras.
    « Ma mère espère que je change d’avis et que je prenne un métier normal,
    comme coiffeuse par exemple », soupire Karine.
      
      
    « Ma grande sœur a fait un bac pro secrétariat, elle est standardiste depuis dix ans.
    Moi je veux pas m’humilier avec un poste comme ça, mal payé et exploité »,
    affirme Shirel, une amie de Karine.
    "J’aimerais monter ma propre boîte et travailler pour moi seule.
     
    Un salon de beauté par exemple ou un magasin de vêtements, je ne sais pas encore. »
    Dhina, elle, est en 1re L mais elle a déjà une ambition précise :
      
    " Je voudrais devenir ingénieur informatique. Quand je dis ça, on se moque de moi"
     
      
    (Bah, pourquoi???Mouaahahaha)
     
     
     

    ---------

    Lu dans "Vie de merde":

    Aujourd'hui, je surprends une collègue en train de jouer aux Sims sur son ordi.
     
    Je m'installe à côté d'elle pour la regarder jouer.
     
    Ses deux personnages s'appellent Kimberly et Steven.
    Je lui demande :
     
    "T'as fait exprès de leur donner des prénoms de merde ?"
     
    C'était les prénoms de ses enfants. VDM.


    ---------

    La gentrification commence lorsque des gens relativement aisés (re)découvrent un quartier offrant des avantages nouveaux et décident d'y migrer.

      

    L'embourgeoisement se traduit par la rénovation des bâtiments et l'accroissement des valeurs immobilières. L'embourgeoisement se traduit aussi par une pression plus forte des nouveaux habitants sur les pouvoirs publics, pour qu'ils améliorent le quartier (encore moins de bruit, encore plus de protection et d'équipements, destructions de logements massifs au profit d'un habitat de type pavillonnaire, etc.). 

      

    L'enjeu de la réussite scolaire des enfants est devenu central pour une couche sociale dans son désir de reproduction, et c'est notamment la qualité de l'école qui constitue le tropisme autour duquel la société s'organise.

      

    Les pauvres ne peuvent plus suivre en termes de loyer et doivent chercher ailleurs, dans des zones moins chères, donc offrant moins d'avantages (zones excentrées ou mal desservies par les réseaux) et plus d'inconvénients (bruit, pollution, délinquance, climat...).

      

    Si cela leur est difficile (par manque d'offre ailleurs, par exemple), ils réagiront, eux aussi, pour pouvoir rester sur place, et réclameront des logements sociaux, un contrôle des loyers, etc. Éric Maurin dans Le Ghetto français analyse l'embourgeoisement comme une forme de ségrégation..

      

    Le processus de développement et d'expansion urbaine procède souvent par "l'expulsion" des "plus faibles économiquement" vers des zones moins demandées.

     

    Ce phénomène engendre potentiellement des problèmes sociaux, surtout s'il se produit rapidement.

     

    Les pouvoirs publics sont sollicités pour réduire l'impact du processus, en maintenant un certain degré de mixité sociale.

     

      

      

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Gentrification http://
    www.donzelot.org/
    -----------

     

     

      

    "Paris est une ville désormais inaccessible à ceux qui n'ont que leur salaire pour vivre "

    " Le Monde 27.09.10. "

      

    Une petite recette BIO pour faire digérer tout celà...

     

    En vrac dans une casserole puis dans le mixer:

     

    Trois petites pommes de terre
    un bouillon poule/herbe de provence - jardin bio
    une demi-courgette bio
    un navet bio
    deux brins de roquette bio
    un mini poignée de petits pois bio
    trois petits bouts de parmesan bio
    le tout saupoudré de curry bio

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    L'esprit du lieu

     

    Peu de quartiers de Paris ont un passé aussi riche que Saint Germain des Prés, où l’Histoire et la création se sont donné rendez-vous.

    Ce mélange appartient au génie de la France.

    Un peu d'histoire...

    Saint-Germain-des-Prés est depuis toujours un quartier au charme particulier dont le mystère ne cesse d’étonner et inspirer de nombreux auteurs. 

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    Tout a commencé lorsqu’en 542, l’armée de Childebert, fils de Clovis, assiège les Wisigoths à Saragosse.

     

     

    HISTOIRE de SAINT GERMAIN des PRES.....

     

    L’abbaye de Saint-Germain-des-Prés.

    En 558 Childebert, fils de Clovis, fonde l’abbaye Sainte-Croix-et-Saint-Vincent sur un monticule insubmersible le long de la route de Dreux, au milieu des prés. Elle est consacrée par l’évêque de Paris Saint-Germain qui y sera enterré et dont elle prendra le nom au VIIIe s. L’abbaye, à sa fondation nécropole des Mérovingiens, connaît un apogée au début du IXe s. époque où elle abrite plus de 120 moines avec une activité de copie de manuscrits très importante, avant d’être pillée par les normands en 885. L’église est reconstruite aux XIe et XIIe s. et les bâtiments du monastère, pour l’essentiel, au XIIIe par Pierre de Montreuil, à l’abri d’une nouvelle enceinte entourée d’un fossé.

    HISTOIRE de SAINT GERMAIN des PRES.....

    1609

    Très richement dotée dès sa fondation, l’abbaye, autonome par rapport à l’évêque et au roi, possède ou contrôle plusieurs milliers d’hectares sur la rive gauche – jusqu’au village d’Issy - mais aussi dans toute l’Ile-de-France, elle détient par ailleurs le droit de pêche, très lucratif semble-t-il, dans la Seine en aval de Paris.

     

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    C’est à cette période que l’on peut situer la naissance du quartier

    de Saint-Germain-des-Prés qui se développe autour de l’abbaye construite par Childebert sur les conseils de l’évêque Germain afin d’abriter les trésors et notamment la tunique de Saint-Vincent, obtenus de la reddition des barbares.

      

     

     Le bourg Saint-Germain-des-Prés

    Dès le XIe s. et sans doute avant, un bourg se constitue au sud de l’abbaye ; sa limite

    (le clos de Laas) se situe à l’est rue Hautefeuille. A la fin du XIIe s., le clos de Laas s’urbanise entre les deux rues qui relient l’abbaye à la ville

    (Saint-André-des-Arts et de l’Ecole-de-Médecine).

     

    En 1210, l’enceinte de Philippe-Auguste coupe en deux le domaine de l’abbaye. La partie est, les paroisses Saint-André-des-Arts et Saint-Côme est intégrée dans la ville, le bourg se limite alors à la paroisse Saint-Sulpice créée vers 1180, la chapelle Saint-Pierre (ou Saint-Père) étant jugée trop petite ou trop excentrée.

     

    Cette église, entourée d’un monastère, s’impose rapidement comme la plus riche de France et est rebaptisée Saint-Germain-des-Prés à la mort de l’évêque Germain. 

     



    Le faubourg se développe petit à petit pour devenir dès le XVIIème le foyer du monde littéraire et dramatique.

     

     

    Déjà les artistes prennent pour habitude de se réunir dans les nombreux cafés qui fleurissent dans le quartier, tel le Procope qui ouvre ses portes en 1689 à la foire Saint-Germain.

     

     

     

     

    Café d’artistes et d’intellectuels, il était fréquenté au xviiie siècle par VoltaireDiderot et d’Alembert.

    Centre actif durant la Révolution française, il reste longtemps un lieu de rencontre d’écrivains et d’intellectuels (Musset,VerlaineAnatole France), d’hommes politiques (Gambetta) et du « Tout-Paris ».



    C’est ainsi que Saint-Germain-des-Prés se présente comme un lieu de cohabitation singulière entre clergé et artistes, dérogeant par là à toutes les convenances de l’époque. 

     

      

    Mais la Révolution de 1789 sonne le glas de l’existence de la puissante abbaye bénédictine qui est détruite successivement par une explosion puis par un incendie.

     

     

    Bicorne de Bonaparte au PROCOPE 

     

     

    Pourtant la destruction de l’abbaye ne signe pas l’arrêt de mort du quartier dans lequel la vie intellectuelle et artistique s’épanouit au XIXème siècle.

     

    Il apparaît, dès cette époque, que les intellectuels nourrissent un attachement particulier pour ce lieu.

      

     

    HISTOIRE de SAINT GERMAIN des PRES.....

    Place Saint Germain des Prés en 1867

     

     

    C’est ainsi que nombre d’ artistes s’installent, qu’il s’agisse de peintres comme Delacroix , Ingres ou Manet, d’écrivains tels que Racine, Balzac ou Georges Sand mais aussi d’acteurs comme Mounet-Sully.

     

     

    Le quartier devient un véritable lieu de rencontres où artistes et intellectuels se plaisent à se retrouver pour de grandes discussions animées tant sur l’actualité que sur la culture. 

      

     

    Au cours du XXème siècle, le quartier de Saint-Germain-des-Prés reste synonyme de vie littéraire et artistique et de nombreux cafés créent leur propre cercle ou même leur prix littéraire.

     

     

    Le café des Deux Magots fonde le prix de Saint-Germain-des-Prés dont le premier lauréat est Raymond Queneau pour Le Chiendent.

     

     

     

    L’importance des cafés s’accroît et Léon-Paul Fargue, dans Le piéton de Paris, qualifie ainsi les trois grands cafés de Saint-Germain (Le Flore, Les Deux Magots et la brasserie Lipp) de " véritables institutions aussi célèbres que des institutions d’Etat "... 

    Brasserie Lipp

      

    Pendant la seconde guerre mondiale et alors que restrictions et couvre-feu sont à l’ordre du jour, les cafés de Saint-Germain-des-Prés sont les derniers endroits de rencontre et d’échange de la capitale occupée.

      

      

      

    Chaque jour Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir arrivent dès l’aube dans l’un des trois grands cafés afin de s’installer aux meilleures places près du poêle. 

     

      

    A la libération, le théâtre d’avant-garde prend son essor. Au Théâtre de Babylone sont ainsi présentées En attendant Godot de Samuel Beckett en 1953 mais aussi Amédée ou comment s’en débarrasser de Ionesco. En 1956, La machine à écrire de Cocteau est jouée au Théâtre de l’Odéon et en 1960, Rhinocéros au Théâtre Récamier. 

     

     

     

      

    Cependant, les mondes de la scène et de l’écriture ne sont pas les seuls à être attirés par Saint-Germain-des-Prés.

    Ainsi peintres et photographes sont nombreux à s’installer dans le quartier : en 1937, Picasso termine Guernica dans son atelier rue des Grands Augustins où son ami Man Ray lui rend régulièrement visite. 

     

      

    Le monde de la chanson n’est pas en reste non plus : Léo Ferré se produit à la Fontaine des Quatre Saisons et nombreux sont les auteurs compositeurs interprètes qui évoluent dans le quartier. Georges Brassens, Jacques Brel, Charles Trénet, Guy Béart, Charles Aznavour et Serge Gainsbourg sont des habitués de Saint-Germain-des-Prés lorsqu’ils n’y habitent pas. 

     

     

     

      

    Tout ce petit monde aime se retrouver le jour dans les grands cafés, la nuit dans les caves tel que le Bar Vert ou le Tabou qui firent tant scandale à l’époque. Dans ces caves à musique, les artistes noctambules écoutent le jazz Nouvelle Orléans et le Be Bop qui sont introduits au Club Saint-Germain ou au Blue Note par Sidney Bechet, Miles Davis ou Duke Ellington.

      

      

    Juliette Gréco et Anne-Marie Cazalis y sont les reines de la nuit et lancent le courant existentialiste.

      

     

     

     

     

    En effet, la jeunesse de Saint-Germain, en se déclarant existentialiste, détourne de son sens la philosophie de Jean-Paul Sartre.

     

    Cette interprétation erronée de la philosophie sartrienne ennuie considérablement son auteur qui regrette que celle-ci ne soit présentée comme un phénomène de mode scandaleuse.

     

     

     

     André Kertész - La salle du restaurant Chartier, Quartier Latin, Paris, 1934.:

    Le Chartier du Quartier Latin en 1934
    Par André Kertész

     



    L’histoire du quartier de Saint-Germain-des-Prés est une illustration du lien particulier qui unit ce quartier et la vie culturelle et artistique de notre pays et de sa capitale.

     

    C’est pourquoi il semble essentiel, afin de sauvegarder notre patrimoine culturel, de préserver l’esprit de ce lieu magique...

     

     

     

     

     

     

      

      

     

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    La destruction de l'ancien atelier de Renoir,

    le 23 mai 1918

    rue Saint-Georges

    PAR BERNARD VASSOR

    Les ravages de "La grosse Bertha"

    ATELIER RENOIR grosse berta 09 sepia.jpg
    Curieusement, seul l'immeuble où se trouvait 35 rue Saint Georges, le célèbre atelier de Renoir fut atteint.
    .......
    Ce jour là, les allemands envoyèrent un maximum d'obus sur Paris. C'est avec ce gigantesque canon de marine surnommé Bertha, lançait des obus qui après être monté à 35000 mètres et parcouru en 183 secondes une distance de 150 kilomètres, tombait à la vitesse de 700 mètres à la seconde.
    Les obus étaient marqués de la couronne impériale. Le corps avait un diamètre de 21 centimètres et 50 centimètres de longueur, surmonté d'une fausse ogive en tôle, coiffe conique servant de coupe-vent, la longueur totale était de 1 mètre. Le corps de l'obus présentait deux ceintures de cuivre, et entre celles-ci2 séries de rayures destinées à guider la progression dans l'âme du canon.
      
    L'épaisseur était de 7 centimètres à la base et 5 centimètres près du bouchon qui servait à rendre hermétiquement close la chambre à explosif sur laquelle se vissait l'ogive pointue. L'intérieur renfermait 10 kilos de poudre jaune, très tassée dans deux chambres séparées par un diaphragme à évent.
    Il ne semble pas que l'ogive ait explosé.
      
    Seul l'ancien atelier de Renoir fut entièrement dévasté, l'explosion aurait pu provoquer l'effondrement et l'incendie de l'immeuble heureusement il n'en fut rien .

    adolphe thiers-rastignac,san martin,georges rivière,bertha, Carnets Cormon

    Je dois ce document à l'amabilité du service documentation de la fondation Taylor, extrait des carnet que Fernand Cormon rédigea pendant la guerre de 14-18. Les victimes furent au nombre de 18 mort et une centaine de blésss ce jour là dans tout Paris.

    Un autre obus tomba ce jour là sur l'immeuble du 15 boulevard Montmartre qui était surmonté d'un bèlvédère, le réduisant en poussière.
    Ironie de l'histoire, c'est sur l'immeuble qui avait été occupé par le premier historien de l'impressionniste Théodore Duret Pendant le siège et la Commune de Paris !
    !.............
    Dans cet atelier, Auguste Renoir y vivait avec son frère. Il prenait ses repas dans la petite crémerie juste en face.
      
    C'est là qu'il rencontra une jeune fille qui allait devenir sa femme. C'est bien sûr dans cet atelier qu'il réalisa le célèbre "Atelier de la rue Saint-Georges" ________ATELIER RUE SAINT GEORGES RENOIR hauteur.jpg
    Cet immeuble fut la propriété du général San Martin, et celui mitoyen ( le 37 actuel ) avait été acheté par madame Dosne pour son gigolo Adolphe Thiers-Rastignac qui allait épouser sa fille et devenir son gendre.
      
      
    D'après le témoignage de Georges Rivière, le père Tanguy montait quelques fois les cinq étages avec sa "pacotille" sur le dos, pour proposer des fournitures diverses à Renoir, bien qu'il ne fut pas son fournisseur attitré qui était Mullard 8 rue Pigalle.
     
     
     
     
     
     
    SOURCES /
    article Ecrit par BERNARD  VASSOR
     
     
     
     
     
     
     
     
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