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    La légende du fantôme des Tuileries

     

     

    L’histoire du palais des Tuileries est liée à une légende, celle du petit homme rouge des Tuileries.

    Nous sommes en 1564, Catherine de Médicis, Reine de France, se lance dans un projet pharaonique: transformer les fabriques de tuiles du bord de la Seine en demeure royale.

    Après la construction de son palais, celle-ci vint y vivre ; mais aussitôt, elle prit ce séjour en horreur et le quitta pour toujours.

    Elle déclara qu’un fantôme, aux apparitions prophétiques, rodait dans le palais et qu’il lui avait prédit qu’elle mourrait près de Saint-Germain. le spectre diabolique des tuileries portait comme uniforme … un costume rouge couleur sang !

     

     

    Cette légende du fantôme des Tuileries vient en réalité de Jean dit l’Ecorcheur, un boucher désosseur, qui vécut au temps de Catherine de Médicis et qui travaillait dans l’abattoir à proximité du palais. Celui-ci aurait été égorgé par un certain Neuville, sur demande de Catherine de Médicis au motif qu’il connaissait plusieurs secrets de la couronne.

      

    Au moment de mourir, il aurait promis à Neuville qu’il reviendrait d’entre les morts. Il ne tarda pas à tenir sa promesse … alors que Neuville s’en retournait pour rendre compte de l’accomplissement de sa mission à la Reine, il sentit derrière lui comme une présence. Il se retourna et découvrit, avec horreur, Jean qui se tenait là, debout, baignant dans son sang.

    Le fantôme aurait prévenu l’astrologue de Catherine de Médicis du danger imminent qui la guettait : “La construction des Tuileries la mènera à sa perte, elle va mourir”. Le petit homme rouge hanta les nuits de la Reine jusqu’à sa mort, le 5 janvier 1589 à Blois.

     

     

    homme-rouge-tuileries

     

    A partir de cet instant et au fil des siècles, le fantôme des Tuileries devint la terreur du palais des Tuileries en annonçant toujours un drame à celui à qui il apparaissait.

    Ainsi, en juillet 1792, il apparaît à la Reine Marie-Antoinette, peu de temps avant la chute de la Monarchie. La légende dit que Marie-Antoinette aurait même demandé au Comte de Saint-Germain, magicien de l’époque, de la protéger du fantôme des Tuileries. Les formules magiques n’y feront rien, le fantôme l’accompagnera jusqu’à sa condamnation à mort en 1793.

     

    legende-petit-homme-rouge-tuileries

     

    Plus tard, en 1815, c’est à Napoléon Ier qu’il apparaît, quelques semaines avant la bataille de Waterloo. Enfin, il apparut en 1824 à Louis XVIII et à son frère le comte d’Artois, quelques jours avant la mort du premier.

      

    Les prophéties du petit homme rouge étaient implacables.

    Le dernier chapitre de cette légende se passe le 23 mai 1871… en plein insurrection des communards à Paris.

     

    Le Palais des Tuileries fut alors incendié pendant trois jours consécutifs. Le feu détruisit la totalité du bâtiment.

      

    La silhouette du petit homme rouge fut observée par plusieurs témoins avant de disparaître à jamais dans les flammes.

     

     

     

     

    Sources

    http://www.pariszigzag.fr/histoire-insolite-paris/fantome-des-tuileries

     

     

     

     

     

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    EUGENE ATGET 1890

    La vie d'Eugène Atget
    par Guillaume Le Gall

     

    Atget et le théâtre

    Issu d'une famille modeste (son père était carrossier), Jean Eugène Auguste Atget est né à Libourne le 12 février 1857.
      
    Après avoir été élevé par ses grands-parents à Bordeaux, il s'engage comme marin sur des bateaux de commerce. Il s'installe en 1878 à Paris dans l'espoir devenir acteur au Conservatoire national de musique et d'art dramatique.
      
    Après un premier échec, il entre en 1879 dans la classe d'Edmond Got, célèbre comédien à la Comédie-Française.
     
    Mais, très vite, ses obligations militaires l’empêchent de mener à bien ses études et, en 1881, il se fait définitivement exclure du cours. Il engage alors une carrière d'acteur ambulant jusqu’en 1887, date à laquelle une affection à la gorge l'oblige à abandonner le théâtre.
      
    Un an après ses déboires, Atget se consacre simultanément à la peinture et à la photographie. Il choisit finalement de commencer une carrière de photographe professionnel en 1890.
     
     
    En marge de son nouveau métier, Atget continue de s’intéresser au théâtre. Il se déclare en effet lui-même “artiste dramatique” jusqu’en 1912, date à laquelle il prend le titre d’“auteur-éditeur d’un recueil photographique du vieux Paris”.
      
      
    Enfin, de 1904 à 1913, parallèlement à son activité de photographe, il donne des conférences sur le théâtre dans les universités populaires, à la Maison du peuple, à la Coopérative socialiste et à l’École des hautes études en sciences sociales.
      
    Du théâtre, Atget garda un goût prononcé qu’il traduisit sur ses photographies par de constantes analogies entre les deux activités. Sa carrière théâtrale fut donc courte, mais prolongée, en quelque sorte, sous des formes diverses.
     
     
     

     

    Les débuts de la photographie (1890- 1910)

    Eugène Atget commence la photographie dans la Somme aux alentours de l'année 1888.
      
    Dès 1890, il revient à Paris où il s'installe comme photographe professionnel voulant, d'après l'inscription sur sa porte (au 5, rue de la Pitié), produire des “Documents pour artistes”.
      
    Une annonce à caractère commercial datée du mois de février 1892 décrit son travail en ces termes :
      
    “Paysages, animaux, fleurs, monuments, documents, premiers plans pour artistes, reproductions de tableaux, déplacements. Collection n'étant pas dans le commerce.”
     

     
     
     
    Eugène Atget
     
     
     
     
    Dès 1897, à une époque où la sauvegarde du vieux Paris devient une cause défendue par un nombre croissant d’historiens et gens de lettres, Atget commence à photographier les quartiers anciens de la capitale.
      
    Il entreprend aussi de décrire la vie quotidienne de ces quartiers et, en particulier, de représenter les petits métiers condamnés par le nouveau développement du commerce des grands magasins.
     
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Un pique-nique en famille à la porte d'Arcueil. Juin 1899
     
     
    Habitué à produire des premiers plans qu'il exécute pour les artistes peintres et dessinateurs, Atget s'attarde à partir de 1901 sur des détails décoratifs de l'architecture ancienne, tels les heurtoirs de portes, des pièces forgées ou encore des éléments sculpturaux qu'il regroupera dans une série intitulée Art dans le vieux Paris.
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Escalier. Hôtel de Bauffrémont, 87 rue de Grenelle 1901
     
     
    Après quelques succès commerciaux (il commence à vendre aux institutions publiques dès 1898), Atget va développer son travail sur les cours, les escaliers, les églises et les hôtels particuliers, bref, tout ce qui à ses yeux présente un intérêt artistique et historique dans Paris.
      
    Le photographe élargit aussi son champ d’investigation aux environs de Paris comme Versailles, Sceaux, Saint-Cloud et la banlieue proche.
     
     
     

      

      

    La maturité (1910- 1927)

    À partir de l'année 1910, Atget envisage son travail d'une manière plus construite et afin de donner un sens général à son œuvre déjà bien avancée.
      
    Dans ce but, il commence à regrouper des séries ou sous-séries sous la forme d'albums de confection artisanale (L'Art dans le vieux Paris, Intérieurs parisiens, La Voiture à Paris, Métiers, boutiques et étalages de Paris, Enseignes et vieilles boutiques de Paris, Zoniers, Fortifications). En pratique, ces albums lui permettaient de présenter son travail à ses clients.
     
     
     
     
     
    Eugène Atget 1910
    Intérieur de M. R., artiste dramatique, rue Vavin
    (Il s'agit en fait du propre intérieur d'Atget qui donne un titre faux pour brouiller les pistes.)
     
     
    Ceux-ci choisissaient des épreuves que le photographe remplaçait au fur et à mesure des ventes. Au-delà de l'aspect fonctionnel, Atget espérait éditer ces albums comme les primitifs de la photographie l'avaient déjà fait avant lui. Atget se définissait d'ailleurs lui-même comme un “auteur-éditeur d'un recueil photographique du vieux Paris”. Ses projets d'édition ne verront jamais le jour, mais L'Art dans le vieux Paris est, à ce titre, un exemple accompli en matière de mise en page.
     

     
     
     
     
    Eugène Atget
     
    Petit intérieur d'un artiste dramatique : M. R., rue Vavin
    (Il s'agit en fait du propre intérieur d'Atget, 17bis rue Campagne-Première, qui donne un titre faux pour brouiller les pistes.) 1910
     
     
    Quand la guerre éclate en 1914, Atget ne prend presque plus de photographies et consacre son temps à l'organisation et au classement de son œuvre. En 1920, se voyant vieillir, il s'inquiète du sort de son immense production (plus de huit mille clichés à la fin de sa vie) et engage une démarche auprès de Paul Léon, directeur des Beaux-Arts en lui proposant l'achat de sa collection sur L'Art dans le vieux Paris et Le Paris pittoresque (2 621 négatifs). Il écrit :
     
    “Marchant vers l'âge, c'est-à-dire vers 70 ans, n'ayant après moi ni héritier, ni successeur, je suis inquiet et tourmenté sur l'avenir de cette belle collection de clichés qui peut tomber dans des mains n'en connaissant pas la valeur et finalement disparaître, sans profits pour personne.”
     
    Durant la dernière période de sa vie, Atget photographie peu, mais développe avec ses séries des parcs et des vitrines un style tout à fait original.
     
     

     

     

    Intérieur du Photographe

     

    SOURCES - superbe blog

    http://expositions.bnf.fr/atget/arret/02.htm

     

    D.R.

    http://oeil.eklablog.fr/eugene-atget-portrait-i-la-vie-a46989331#

     

     

     

     

     

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    Qui est Eugène Atget (1857-1927) ?
    par Jean-Marie Baldner

    Atget, une biographie impossible ?

      
      
    On connaît très peu de choses de la vie d’Eugène Atget.
      
    Il est né à Libourne le 12 février 1857.
      
    Certaines sources laissent penser qu’il a été marin.
      
    En 1879, il entre au Conservatoire national de musique et de déclamation, tout en faisant parallèlement son service militaire.
      
    En 1882 il devient directeur d’un hebdomadaire humoristique Le Flâneur.
      
    Il joue dans diverses pièces de théâtre.
      
    Au bout de quelques années il abandonne le théâtre, mais continue à s’y intéresser, comme le montrent les photographies de sa bibliothèque et les conférences sur le théâtre qu’il donne jusqu’en 1913.
     
     
     
      
    Quelques citations permettent d’approcher Eugène Atget, mais nous connaissons aussi un peu ses conditions de vie à travers plusieurs photographies dans lesquelles il montre son appartement sous des titres divers, le présentant alternativement comme l’intérieur d’un artiste dramatique, d’un ouvrier, d’un collectionneur.
     
     

    Il débute la photographie en 1888 et, vers 1890, commence à réaliser en autodidacte des documents photographiques pour les artistes.
      
    Il photographie d’abord des paysages et des végétaux.
     
      
    Dans une annonce en 1892, il décrit ainsi son travail :
      
    "Paysages, animaux, fleurs, monuments, documents, premiers plans pour artistes, reproductions de tableaux, déplacements. Collection n'étant pas dans le commerce."
     
     
     
     
    Puis vers 1897-1898, à l’époque où est créée la Commission du Vieux Paris, il entreprend de photographier systématiquement les quartiers anciens de Paris appelés à disparaître ainsi que les petits métiers condamnés par l’essor des grands magasins.
     
     Intérieur Rue de Vaugirard, Eugene Atget, 1910
     Intérieur Rue de Vaugirard, Eugene Atget, 1910
      
      
      
    À partir de 1901 il réalise des gros plans d’éléments décoratifs (détails de fer forgés sur les façades, heurtoirs de portes, balustrades d’escaliers…).
     
     
     
      
    Il vend ses photographies à différentes institutions publiques comme le musée Carnavalet, la Bibliothèque historique de la ville de Paris, la Commission municipale du vieux Paris…
      
    Eugène Atget - Hôtel du Marquis de Lagrange, 1901  From Paris Eugène Atget - SO BEAUTIFUL
     
     
      
      
      
    Il photographie aussi les parcs et les monuments, les rues pittoresques de différents lieux de banlieue autour de Paris et de quelques villes françaises.
     
    À partir de 1910, il regroupe les séries en sous-séries et en albums pour présenter ses photographies et, en 1920, dans une lettre à Paul Léon, estime que sa collection documentaire couvre tout le vieux Paris.
      
    À la fin de sa vie, il réalise des photographies de parcs et de vitrines avec des reflets qui le rendront célèbre auprès des surréalistes.
      
      
    Man Ray publie anonymement trois de ses photographies dans le numéro 7 de La Révolution surréaliste en 1926.
      
    À sa mort en 1927, Bérénice Abbott achète photographies, albums, répertoire et négatifs qu’elle prête pour des expositions et des livres. En 1968, elle vend sa collection au Museum of Modern Art de New York.
     
     
     
     
    Eugène Atget conçoit sa collection en séries :
     

    - Paysages et documents. La série est divisée en plusieurs sous-séries : Vues et plantes, Animaux, Animaux de ferme, Rouen, Documents.
     

    - Vieille France. La série comporte des vues prises dans différentes villes de France.
     

    - Costumes et Arts religieux. La série est constituée de reproduction de gravures, extraites notamment du fonds Gaignères.
     

    - Paris pittoresque. La série réalisée à partir de 1898, est interrompue est reprise vers 1910.
     

    - L’art dans le Vieux Paris. La série, commencée en 1898, et terminée en 1927, à la mort du photographe, comprend aussi bien des églises, des façades, des porches, des portes, des cours et des escaliers que des éléments décoratifs.
     

    - Environs. La série est commencée en 1901.
      
    À partir de 1902 Atget suit les traces de Corot et photographie les lieux traversés par le peintre. À partir de 1922, il se concentre sur le nord et l’est de Paris.

    - La Topographie du Vieux Paris. Dans cette série réalisée entre 1906 et 1915, Atget photographie les rues du vieux Paris systématiquement arrondissement par arrondissement.
     

    - Intérieurs parisiens.
     

    - Plusieurs séries traitent majoritairement des parcs et jardins : Les Tuileries, Sceaux, Saint-Cloud, Versailles, Les parcs parisiens.
     
     
     
     
      
      
    À partir de ces séries, Atget confectionne des albums destinés à la vente.
      
      
    Interieur de Mme D., petite rentiere, boulevard du Port Royal 1911
    Interieur de Mme D., petite rentiere, boulevard du Port Royal 1911
      
    Ces albums sont constitués de feuilles de papier pliées puis brochées, comportant des fentes taillées en biais dans lesquelles Eugène Atget glisse des tirages de 22 x 18 cm.
     
     
    La collection du département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France comprend "plus de 4 000 épreuves positives réparties en :
    - 6 albums thématiques constitués et titrés par Atget lui-même (360 images) :
      
     

    - 3 albums thématiques constitués par le département des Estampes et de la Photographie (268 images) :
      
      
      
    (et une partie de sa banlieue), classées globalement par arrondissement et par quartier (env. 3 200 épreuves)".
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Enseigne de l'Homme de la Roche de Lyon, 2 rue des Petits-Champs 1908

      

      

    La technique

    La technique archaïque d'Eugène Atget est l'une des caractéristiques de son œuvre.
      
    Le photographe en effet se servait d'une chambre noire en bois de format 18 x 24 pourvue d'un objectif rectilinéaire qui ne se distinguait pas beaucoup des appareils utilisés quelques décennies plus tôt.
      
      
    Cela est d'autant plus étonnant que, dès les années 1900, il était tout à fait envisageable d'acquérir un matériel plus sophistiqué, léger et maniable.
     
    Le poids de son matériel, la longueur des temps de pose nécessaire à l'enregistrement obligeaient le photographe à travailler avec un pied, ce qui déterminait directement son mode de prise de vue.
      
      
    Techniquement, il lui était impossible de faire des instantanés, c'est-à-dire des photographies prises sur le vif du sujet.
      
    Les négatifs qu'il plaçait au dos de sa chambre noire étaient en verre, donc lourds et fragiles. Malgré tous ces inconvénients, Atget obtenait des négatifs d'une très grande qualité.
     
    À partir de ses négatifs en verre, Atget réalisait des tirages sur du papier albuminé. Il obtenait ses épreuves par contact direct à l'aide de châssis-presses qu'il exposait à la lumière naturelle.
      
    Une fois l'exposition terminée, il révélait ses épreuves et virait ses tirages à l'or.
      
    Ce procédé avait la particularité de donner aux épreuves des tons très chauds. Vers la fin de sa vie, Atget a utilisé des papiers à l'“arrow-root” (papiers salés à l'amidon) ainsi que des papiers au gélatino-chlorure d'argent.
     
     
     
     

     
    Eugène Atget
     
    Au Tambour, 63 quai de la Tournelle

    Le système des séries

    Immense, l'œuvre d'Atget n'est pas une simple succession de photographies prises les unes après les autres. Son travail est organisé et structuré par un système de séries, de sous-séries et groupes mis à jour par Maria Morris Hambourg. C
      
    ette organisation procède directement du classement qu'Atget avait choisi pour ses albums dits de “références” tels Référence n° 2, Saint-Cloud ou encore Vieux Paris, Référence n° 8.
     
    Les photographies d'Atget sont classées selon des numéros gravés sur les négatifs et parfois inscrits au dos des épreuves.
      
      
    Les séries regroupent Art dans le vieux Paris, Art dans les environs, Paysages et documents, Paris pittoresque, la Topographie ; les sous-séries, Les Intérieurs, les Parcs parisiens, Sceaux, Saint-Cloud, les Tuileries, Versailles, les Costumes et art religieux ; les groupes, Vieille France, Les Voitures et La Zone.
     
      
      
    À l'intérieur de cette distribution viennent s'ajouter les albums construits sur un projet d'édition et dans lesquels prédomine une cohérence thématique. Ce classement est donc basé sur une distinction de sujets et non, comme d'autres photographes ont pu le faire, sur une distinction de dates ou encore de lieux.
      
    Ce système parfois un peu complexe permet cependant de comprendre la manière dont Atget envisageait son travail comme un projet global.
     
     
     

    Eugène Atget
    Boutique Empire, 21 rue du Faubourg-Saint-Honoré 1902
     

     

    La tradition de l'inventaire des monuments historiques

    L'œuvre d'Atget consacrée au vieux Paris participe directement d'une tradition de l'inventaire des monuments héritée de la Révolution française.
      
    Après les nombreux actes de vandalisme dirigés contre les monuments qui évoquaient l'Ancien Régime, les révolutionnaires se sont en effet préoccupés d'un passé qu'il fallait se réapproprier pour asseoir le nouveau pouvoir.
     
    De la création le 13 octobre 1790 d'une Commission des monuments jusqu'au décret conservateur du 3 brumaire an II (24 octobre 1793), des dispositions furent mises en place pour sauver ce qui restait du patrimoine national.
      
    Cependant, si la transmission du patrimoine de l'Antiquité s'intégrait naturellement au sein d'une identité révolutionnaire qui se réclamait de la démocratie athénienne, les monuments des “siècles obscurs” du Moyen Âge posaient davantage de problèmes.
     
     
    Seules quelques initiatives isolées attribuaient aux monuments de cette période une valeur historique et artistique.
      
    Ainsi, par exemple, en publiant un recueil de gravures représentant des monuments dignes de protection, Aubin Louis Millin entendait “enlever à la faux destructrice du temps” une partie des biens confisqués à l'Église.
      
      
    Il faudra attendre la nomination par Guizot d'un inspecteur des Monuments historiques en 1830 puis la création de la première Commission des Monuments historiques en 1837 pour apercevoir les premiers signes d'une institutionnalisation visant à la protection des monuments historiques en France.
     


     

     

     

    sources

    D.R.

    http://oeil.eklablog.fr/eugene-atget-

    portrait-ii-le-travail-a46990421#

      

      

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Palais Royal Charles Marville 1850

     

    Photographier l'architecture
    par Guillaume Le Gall

     

    Photographie et architecture

    La photographie primitive trouva dans l'architecture un sujet statique idéal qui lui permettait d'effectuer des temps de pose illimités. À cela, il faut ajouter l'intérêt croissant de la société du second Empire pour l'inventaire systématique des monuments anciens, de style gothique en particulier.
    Au surplus, dès 1851, le critique Francis Wey insiste sur la valeur documentaire de la photographie et sur ses qualités à représenter l'architecture :
     
    “Une médiocre épreuve héliographique du portail de Chartres ou de Bourges sera toujours préférable, et comme fini, et comme relief, et comme précision, à la gravure la plus accomplie. Dans toutes sortes de sujets, la reproduction plastique est tout, et la photographie en est la perfection idéale. Telle est même la puissance presque fantastique du procédé, qu'il permet à l'examinateur d'un dessin d'architecture de l'explorer comme la nature même, et d'y faire des découvertes inaperçues sur le terrain.”
     
    Ces capacités que l'on attribuait à la photographie engagèrent la même année la Commission des Monuments historiques à commander à cinq photographes (Baldus, Le Secq, Le Gray, Bayard et Mestral) une mission héliographique en vue de constituer l'inventaire des richesses monumentales de chaque grande région de France. Mais les résultats, pourtant très satisfaisants, de cette mission ne furent jamais publiés. Forts de cette expérience, certains photographes constitueront de leur propre initiative des albums dans l'espoir de les publier.

     

    Édouard Baldus (1813-1882)
    "Vue des deux ailes et des squares. Place Napoléon III", tome I
     
    1856-1857
    Album "Réunion des Tuileries au Louvre. 1852-1857". Recueil de photographies publié par ordre de S. Exc. Mr Achille Fould ministre d'État et la Maison de l'empereur
    Demi-reliure en maroquin vert. Titre au dos décoré du chiffre couronné de Napoléon III
    Don du ministère d'État, 22 juin 1860 ;
     
    © Bibliothèque nationale de France, Réserve des livres rares, département des Estampes et de la Photographie.Ve-79-Fol. à Ve-79c-Fol. Rés.
     

     

      Henri Lesecq (1818-1882)

    Saint-Loup de Naud
     
    1851

    Une approche monumentale : l'exemple de Le Secq

    Jean Louis Henri Le Secq Destournelles (1818-1882) publia la majeure partie de ses clichés pris des cathédrales de Chartres, de Strasbourg et de Reims sous la forme d'albums photographiques. Le Secq décompose l'édifice en parties autonomes qui se suffisent à elles-mêmes. La compréhension de l'édifice se réalise donc par l'accumulation de ces parties.
      
    C'est avec un souci archéologique qu'il reconstitue un ensemble monumental.
    Henri de Lacretelle, commentant le travail de Le Secq, écrit : “Il a rapporté pierre à pierre les cathédrales de Strasbourg et de Reims […].
     
     
    Nous sommes montés, grâce à lui, sur tous les clochers ; nous nous sommes suspendus à toutes les corniches. Ce que nous n'aurions jamais découvert avec nos yeux, il l'a vu pour nous, en posant son appareil sur toutes les hauteurs.” L'album, considéré comme une totalité, avait suscité un tel enthousiasme que Lacretelle n'hésita pas à déclarer que Le Secq, reconstituant Reims et Strasbourg, avait “fait son monument”.
     
     
     
     
    1904 - Eugène Atget
    Saint-Gervais-Saint-Protais
     
     
     
     
    Le monumental se retrouve aussi dans la dimension que les photographes donnaient à leurs épreuves, comme si la monumentalité était proportionnelle à la dimension de l'épreuve photographique. Les photographes de cette époque, les primitifs, se plaçaient dans une tradition de la représentation du monument qui se résumait souvent à faire le “portrait” d'édifices sans appréhender l'espace interne de l'enveloppe architecturale.
     

    L'approche d'Atget

    Pour l'église Saint-Gervais-Saint-Protais, Atget envisage l'étude du monument à l'intérieur et au cœur de celui-ci.
      
    À ce titre, il n'évoque l'extérieur de l'église que par la maquette de la façade.
     
    La lente progression des détails des miséricordes vers les vues plus larges du chœur et des collatéraux introduit une approche spatiale de l'architecture accompagnée d'une analyse volumétrique.
     
     
    Quand Atget photographie l'intérieur de l'église Saint-Séverin, il utilise les rangées de chaises dans les collatéraux pour appuyer le mouvement et l'enchaînement des espaces.
     
    Un éclairage subtil des structures architectoniques, la continuité des arcs vers une percée lumineuse qui feint d'éliminer le mur de l'église sont autant d'éléments qui laissent apparaître une juste appréhension de
    l'architecture gothique.
     
    De la même église, Atget photographie les arcs-boutants à l'extérieur.
     
    Par une fine analyse des structures, il créé une équivalence entre les arcs-boutants, la perspective et l'élévation du collatéral.
     
    Les arcs-boutants qui, par leur fonction, renvoient à l'espace interne de l'église trouvent ici une force évocatrice et métaphorique.

    C'est donc avec une certaine compréhension du volume qu'Atget photographie ces monuments.
     
    En cela, il réussit ce que les photographes du XIXe siècle, trop occupés à inventorier le patrimoine monumental, n'avaient pas intégré :
    l'espace interne de l'architecture.
     

     
     
    sources
     
     
    sources
    D.R.
     
    http://oeil.eklablog.fr/jean-eugene-atget-1857-1927-
    c17984358#!/eugene-atget-portrait-iii-l-
    architecture-et-monuments-a46990891
     
     
     
     
     
     
     
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    EUGENE ATGET.... ( PORTRAIT IV ) .. LA RUE à PARIS

     

     

    Eugène Atget
    Rue Zacharie, en septembre 1899

     

     

    La rue
    par Guillaume Le Gall


    Les transformations d'Haussmann

    Pressée par la révolution de 1848, l'œuvre du préfet Haussmann accomplit avec force les transformations de Paris commencées sous la Restauration.
     
     
    Le pouvoir en place voulait éviter de nouveau tout soulèvement populaire. Pour ce faire, il fut décidé de désengorger le centre de Paris, pour faciliter la circulation mais aussi pour assainir certains quartiers insalubres.
      
    Ainsi, les grandes percées des boulevards participaient de l'organisation générale du nouvel urbanisme parisien.
     
     
     
     
    Rue Mouffetard 1899
     
     
    L'embellissement de Paris passa aussi par l'élévation de monuments. Posés au bout des grandes perspectives ouvertes par les voies de communication nécessaires au développement industriel et moderne dont Napoléon III voulait doter la capitale, les monuments du second Empire vont créer une rupture d'échelle avec le vieux Paris.
      
    Sans saisir les liens consubstantiels entre les monuments et leur environnement, l'administration haussmannienne négligera jusqu'au mépris le tissu urbain mineur.
      
    C'est ce que l'architecte viennois Camillo Sitte qualifia en 1889 de “maladie moderne du dégagement”.
     
     
    Eugène Atget
    17, rue Séguier. Maison du théologien Jacques de Sainte-Beuve
     
     
    À cette critique que Haussmann rencontra maintes et maintes fois, il rétorquait dans ses Mémoires : “Citez-moi un ancien monument digne d'intérêt, un édifice précieux pour l'art que mon administration ait détruit ou dont elle se soit occupée sinon pour le dégager et le mettre en aussi belle perspective que possible.”
     

    L'activité de la rue

    Atget ne photographie jamais les transformations haussmanniennes.
     
     
    Ceci à tel point que l'on peut supposer une démarche consciente et volontaire. Dans tous ses travaux, il évite soigneusement les traces de ces transformations et préfère rendre compte de l’une des conséquences du processus de l'haussmannisation de la ville : la distinction entre un nouveau et un vieux Paris.
     
     
     
      
    Eugène Atget
    Place Saint-Médard, rue Mouffetard 1899
     
     
     
    Le photographe s'intéresse donc à l'ancienne ville et aux activités qui s'y déroulent. Ces activités nombreuses sont, pour Atget, l'image d'un Paris qui persiste, et non pas une simple évocation nostalgique. Bien plus, ce vieux Paris, son mode d'organisation sociale, ses rites et ses usages présentent une véritable alternative à la modernité haussmannienne et à ses mutations.
     
     
     
    Eugène Atget
    Un coin rue Monge 1899
     
    Pour lui, les personnages qui animent ces rues façonnent l'espace urbain et sont, littéralement, la ville. Car les activités des petits métiers, des commerces de rue ou des étalages ne sont pas contraintes par les nouvelles dispositions de l'urbanisme haussmannien.
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Montmartre, Maison de musette, rue du Mont-Cenis
     
     
    Ainsi, sur les photographies d'Atget, la profusion des marchandises portées à même le corps des marchands confère à la vieille ville une morphologie dynamique et vivante. Les étalages qui débordent sur les trottoirs, brouillant les limites entre l'espace privé et l'espace public, renvoient, eux, à l'organisation spatiale propre à la ville pré-haussmannienne.

     
    Eugène Atget
    Marchand de glaces, boulevard Saint-Michel 1899
     

    Deux villes, deux théâtres

    Atget photographie Paris en prenant le soin que jamais l’œuvre haussmannienne, pourtant largement achevée, n'investisse ses images. Il y avait donc pour Atget “deux villes” dans une même et une seule ville. Aussi, il est commode d'y distinguer deux théâtres et deux décors urbains. Loin des attractions de la vie moderne qui se déroulent sur les grands boulevards, Atget pose le décor de son théâtre urbain en photographiant les rues vides du vieux Paris.
    Eugène Atget
    Sainte-Pélagie en août 1898, démolie en mai 1899. Dans le fond, l'hôpital de la Pitié 1898
     
     
    Quand il photographie l'activité des Parisiens, ceux-ci sont pris dans leur environnement immédiat que constitue le tissu urbain de la ville. Alors que d’un côté, “les façades haussmanniennes, construites isolément les unes des autres, doivent être comprises en un tout, en la seule page qu’elles dressent dans le déroulement du décor qu’elles trouent parfois” (Gustav Kahn), de l’autre côté, Atget photographie la scène d’un théâtre urbain qui renvoie au pittoresque du vieux Paris.
     
     
       
    Eugène Atget
    Rue Villedo 1907
     
    Mais la notion de pittoresque est délicate et recouvre plusieurs sens, parfois contradictoires. Traditionnellement, le pittoresque est une catégorie esthétique [la vision pittoresque, “c'est la capacité de voir avec l'œil d'un peintre” (Reynolds)]. Mais, au XIXe siècle, la notion s'élargit et s'étend aux domaines de la ville et de l'urbanisme. La perception pittoresque devient cette capacité à faire resurgir la ville ancienne en partie disparue. De son côté, par un travail méticuleux sur les formes constitutives d'un passé, Atget évite toute nostalgie pittoresque généralement associée au vieux Paris.
     
     
    Eugène Atget
    Rue de la Montagne-Sainte-Geneviève 1899
    SOURCES

    http://expositions.bnf.fr/atget/arret/06.htm

     

     

     

     

    Eugène Atget
    Vieille maison, coin rue de l'Abbaye et Cardinale 1900

     

     

     

     
     

    Coin de la rue de l'échaudé - rue de Seine - PARIS SAINT GERMAIN DES PRES

     

    Le Paris d'Atget

    sources son BLOG :

    http://www.jeanpierrecrochet.fr/index.php/2009/01/13/2002-atget?cos=1

    "Le Paris d’Atget n’est plus pour beaucoup parmi nous qu’un souvenir d’une délicatesse déjà mystérieuse. Il vaut tous les livres écrits sur ce sujet. Il permettra, sans doute, d’en écrire d’autres."
    Pierre Mac Orlan, Atget photographe de Paris, Henri Jonquières éditeur, 1930


    En se concentrant sur la « zone », cette ère géographique comprise entre les fortifications et la banlieue, Atget fait le portrait d’une population inscrite dans un environnement marginal et spécifique. Plus encore, il photographie un lieu de tension, entre ville et campagne, où une partie de l’histoire de la formation de Paris s’est écrite.


    Atget, une rétrospective


    Les terrains vagues Jacques Réda
    "Appuyé dans cette attitude pensive à mon guidon, je me propose de créer l'Union pour la Préservation des Terrains Vagues. L'U.P.T.V […] Une moitié ou moins de ces espaces devrait être laissée à l'abandon. Avec le danger que représentent ces tas de planches et de plâtre, et l'insalubrité de ces épandages d'immondices et d'eaux sales ? Faîtes à tout hasard piquer vos enfants contre le tétanos, la typhoïde, ils ne s'enhardiront jamais trop. D'ailleurs on aura soin de ne pas abattre les palissades, en tôles et madriers capables de résister cent ans. Car quelque agrément qu'on éprouve quand on y rôde, le terrain vague se déploie d'abord, entre ces interstices, comme un plan de méditation."
    Les ruines de Paris, Paris, Poésie Gallimard, 1993, p. 45-46.





    Eugène Atget Chiffonniers. Porte d'Asnières, Cité Valmy (17e arrondissement) Tirage entre 1913 et 1915 d'après négatif de 1913 Photographie positive sur papier albuminé, d'après négatif sur verre au gélatino-bromure. Épreuve : 17,3 x 21,1 cm. Support : 39,4 x 27,5 cm© Bibliothèque nationale de France, Estampes Oa 173c réserve, microfilm : G045827. Mentions manuscrites au dos : numéro de négatif, et sur le support : titre et date de négatif : 1913





    Eugène Atget Repasseur Tirage de 1899 ou 1900 d'après négatif de 1899 Photographie positive sur papier albuminé, d'après négatif sur verre au gélatino-bromure. Épreuve : 21,5 x 17,2 cm© Bibliothèque nationale de France, Estampes Oa 615 t.1, microfilm : G067169. Mentions manuscrites au dos : titre d'une autre main et numéro de négatif en partie effacé. Épreuve très pâlie





    Eugène Atget Élargissement de la rue du Petit-Pont. Vue prise de la rue Galande, février 1908 Tirage entre 1908 et 1927 d'après négatif de 1908 Photographie positive sur papier albuminé, d'après négatif sur verre au gélatino-bromure. Épreuve : 16,7 x 21,5 cm Numéro de négatif coupé dans l'épreuve en bas à gauche© Bibliothèque nationale de France, Estampes Eo 109b boîte 15, microfilm : H042607, T040644. Mentions manuscrites au dos : titre et numéro de négatif






    Chiffonniers Bd Masséna : Porte d'Ivry [13ème arr]. N ° Atget : 342. 1912. Photographie positive sur papier albuminé d'après négatif sur verre au gélatinobromure ; 17,3 x 21,6 cm (épr.) ; 39,4 x 27,5 cm (sup.. [Cote : BNF - Est. Oa 173c rés.

     

     
    Eugène Atget
    Rue de l'Abbaye Paris 6è
     
     

     

     
    Eugène Atget
    Coin rue de l'Ave-Maria
     
     
    Eugène Atget
    Rue Saint-Jacques, coin Saint-Séverin 1899
     
     
     
    Eugène Atget
    Palais-Royal, passage du Perron. Mai 1906
     
     
    Eugène Atget
    Passage Hulot, 41 rue Montpensier, juin 1906
     
     
     
    Eugène Atget
    Passage Beaujolais, 47 Montpensier, mai 1906
     
     
     
    Eugène Atget
    Boutique, 26 rue Sainte-Foy 1903
     
    Eugène Atget
    Rue Saint-Julien-le-Pauvre 1899
     
     
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Cul-de-sac Fiacre, 81 rue Saint-Martin (4e arrondissement)
    1911
     
     
    Eugène Atget
    Impasse de la Salembière, 1898
     
     
     
    Eugène Atget
    Cour, 22 rue Quincampoix 1912
     
     
     
    Eugène Atget
    Impasse du Bœuf, rue Valette, 1898-1899
     
     
     
    Eugène Atget
    Puit (sic), cour, ancien couvent des Minimes de Chaillot,
    9 rue Beethoven à Passy 1901
     
     
     
    Eugène Atget
    Vieille ferme, 262 rue Saint Jacques, 1903
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Passy : rue Berton 1900
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Le passage des eaux à Passy 1900
     
     
    Eugène Atget
    Rue Brisemiche 1899
     
    sources
    photographies
     
       
     
     
     
     

     

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    EUGENE ATGET.... ( PORTRAIT V )... LES HABITANTS... les ZONIERS..

     

    Eugène Atget 1912
    Zoniers. Porte d'Italie (13e arrondissement)

     

    Les fortifs et la zone

    No man's land inconstructible, la zone est un anneau de 300 mètres de large qui entoure Paris au-delà des fortifications de Thiers laissées à l'abandon.
     

    C'est dans cette zone que se regroupent les chiffonniers pour y vivre et trier leur butin.
    Eugène Atget, photographe infatigable de Paris, est un des rares photographes à s'être intéressé à la zone au tournant du XXème siècle.

    Les habitants
    par Guillaume Le Gall


    Petits métiers et habitants

    Sur la scène de ce théâtre urbain, Atget photographie l'activité du commerce de la rue (petits métiers, boutiques, étalages, etc.).

    La série des petits métiers d’Atget, commencée en 1897, s’inscrit dans une longue tradition iconographique qui s’affirme comme un genre, et à l’intérieur duquel nous distinguons deux types de productions différentes. L’une est d’origine populaire (la production des graveurs de la rue Saint-Jacques par exemple), l’autre relève davantage des grandes suites d’auteurs
    (Abraham Bosse, Bouchardon, etc.).
     
     
     
       
    Eugène Atget 1912
    Zoniers. Porte d'Italie (13e arrondissement)
     
     
    Certaines photographies de petits métiers d’Atget présentent des analogies formelles et structurelles avec ces dernières. Seulement, le photographe ne se contente pas de réinterpréter cette tradition,
    il réussit à inventer un nouveau style documentaire.
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
     
    Zoniers. Poterne des Peupliers (13e arrondissement)
     
     
     
     
     
     
     
      
      
      
    Chez Atget, en effet, le petit métier ne se réduit pas au seul motif pittoresque que le folklore du XIXe siècle avait mis à la mode, mais intègre celui-ci dans son environnement proche.
     
     
     
     
     
     
      
    Eugène Atget
    Zoniers. Poterne des Peupliers (13e arrondissement) 1912
     
    Après avoir photographié les petits métiers, Atget s'intéresse aux étalages, aux boutiques et aux marchés. Ces activités présentent pour lui des aspects qui participent à la morphologie générale du vieux Paris. Ainsi, les marchandises exposées sortent du cadre strict de la boutique, débordent sur les trottoirs.
     
     
     
     
      
      
    Eugène Atget
     
    Zoniers. Porte d'Italie (13e arrondissement)
     
     
      
      
    Les kiosques, notamment, deviennent chez Atget des formes anthropomorphiques qui rappellent les marchands ambulants photographiés quelques années plus tôt, et s'opposent au nouveau développement du commerce que sont les grands magasins de la ville haussmannienne.
     
     

    Zoniers et populations marginales

    Le vieux Paris n'est pas seulement une nouvelle catégorie de l'histoire urbaine inventée par des personnalités attachées au souvenir d'un passé, il est l'une des conséquences majeures de l'haussmannisation. Les grands travaux de rénovation urbaine ont fait apparaître, par contraste, le vieux tissu urbain comme une trace de l'ancienne ville.
      
    Dans une certaine mesure, Atget rend compte de ce processus.
      
    Mais le photographe ne s'arrête pas à la seule description de la ville comme artefact, il élargit son champ d'intérêt à la population marginalisée par les transformations urbaines. Ainsi, les habitants de la zone, périphérie du centre haussmannien, constituent pour lui un sujet qu'il va traiter sous la forme d'un album
    Les Zoniers.
     
     
     
     
     
      
      
    Eugène Atget
    Porte d'Ivry, 18 et 20 impasse Masséna, sur les fortifications (13e arrondissement), 1913
     
     
    Propriété de l'armée, cette zone était non aedificandi, c'est-à-dire qu'aucune habitation fixe ne devait s'y construire.
      
    Dans cet album, Atget fait le portrait d'une population démunie qui vit sur une zone située entre les fortifications et la banlieue. Il dresse une typologie des constructions éphémères et, souvent, photographie les zoniers dans leur environnement immédiat.
     
     

     
      
      
    Eugène Atget
    Marchande de mouron 1899
     
     
    Le propos d'Atget est assez clair. Alors que le centre de Paris se modernise et offre un certain confort, les marges de la ville sont habitées par une population laborieuse. Atget fait le constat de cette configuration urbaine et invente une nouvelle approche documentaire en photographie.
      
    C'est en partie pour son nouveau style documentaire que de nombreux photographes des années vingt vont le tenir pour le précurseur de la photographie moderne.
     

     
     
     
     
     
     
      
    Eugène Atget
     
    Zoniers. Poterne des Peupliers
      
    (13e arrondissement)
     
     
     
     
     
     
     
     
      
    Eugène Atget
    Zoniers. Porte de Choisy
    (13e arrondissement)
     
     
     
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Chiffonniers. Boulevard Masséna
    (13e arrondissement)
     
     
     
     
     
     
     
      
    Eugène Atget
    Zoniers. Porte d'Ivry
    (13e arrondissement)
     
     
     
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Chiffonnier. Cité Trébert, porte d'Asnières (17e arrondissement)
     
     
     
     
     
     
     
    Eugène Atget
    Intérieur d'un chiffonnier. Boulevard Masséna (13e arrondissement)
     
     
     
     
     
     
     
    SOURCES
     
     
     sources D.R.
    blog - l'oeil
    http://oeil.eklablog.fr/eugene-atget-portrait-v-
    les-habitants-les-zoniers-a46991955#
     
     
     
     
     

     

     

     

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  • EUGENE ATGET ... ( VI ) PARIS Vè et VIè arrondissement

     

     

    Eugène Atget : cour du Dragon

    Cour du Dragon, vers 1900
    quartier Saint-Germain-des-Prés, Paris VIè

     

     

    Belle composition dynamique servie par des perspectives et courbes harmonieuses,
    contrariées par le chaos des voitures à bras du premier plan.
    On remarque sur la gauche l'enseigne de l'atelier de ferronnerie "Aux Fabriques St
    Germain Maison Anglade, ancienne maison Julien". Des lits en fer s'entassent sur la
    droite. Il est intéressant de souligner que Man Ray a acquis une variante de cette image. 

    Très belle épreuve qui a conservé ses tonalités d'origine.

    La cour du Dragon fut connue sous cette dénomination avant que la rue y prît part ; mais elle ne servait pas encore de passage au beau milieu du règne de Louis XIV.

    C'était alors l'ancienne Académie, dite bientôt l'académie Royale, sous la direction de Longpré et de Bernardy. Elle comptait autant de pensionnaires que la nouvelle, ouverte rue des Canettes.

     

    L'une et l'autre suivaient à l'envi les traditions de la première institution de ce genre, fondée par Pluvinel, sous la régence de Marie de Médicis.

     

    Les jeunes gens y apprenaient surtout ce dont un gentilhomme se passe le plus difficilement l'équitation, les armes, les mathématiques et la danse.

    En cette cour du Dragon, rue du Sépulcre, demeurait vers l'année 1770 Mlle Dubois, de la Comédie-Française, chez laquelle M. de Sarral avait ses grandes entrées, dans le même temps que Dorat ses petites.

     

    Eugène Atget : Cour de Rohan 2

    Cour de Rohan, 1915
    quartier de la Monnaie, Paris VIè

    Cette image met en valeur la richesse du décor floral qui donne à ce lieu secret une
    atmosphère doucereuse, malgré des façades modestes.
    Belle épreuve aux tonalités bien conservées

     

    L'hôtel de Rohan a été construit en 1705 par l'architecte Delamair pour le comte du fils du prince et de la princesse de Soubise, d'abord évêque de Strasbourg avant d'être nommé cardinal de Rohan.

     

    L'hôtel a accueilli quatre cardinaux de Rohan. Napoléon Ier en fit le siège de l'Imprimerie impériale et du dépôt des Archives nationales. L'hôtel de Rohan abrite aujourd'hui une partie des archives nationales. A voir Le bâtiment en lui-même Les Chevaux du soleil sculptés par Robert Le Lorrain. Le cabinet des Singes.

     

    A faire Visiter ce superbe hôtel particulier A proximité Le musée Picasso

    L'hôtel de Soubise

    Eugène Atget : Cour de Rohan

    Cour de Rohan, 1915
    quartier de la Monnaie, Paris VIè

     

    Remarquons sur la gauche au premier étage le couple à la fenêtre ainsi que les cages à
    oiseaux.


    Epreuve aux tonalités homogènes. Fente de 2 cm dans la partie supérieure gauche de
    l'épreuve. Petit fente et pli dans la partie supérieure droite. Traces de punaise dans la
    partiie intérieure droite

     

    Eugène Atget : rue de la Huchette

    Rue Xavier Privas vue depuis le croisement avec

    la rue de la Huchette, vers 1900
    quartier de la Sorbonne, Paris Vè

     

    Le renfoncement sur la droite avec les vitrines en biais et le balcon existent toujours. Les
    affiches collées sur le pignon de l'hôtel de Vannes vantent les bains de mer àFouras et
    aux Sables d'Olonne. Les commerces en vis à vis sont des débits de boissons...

    « Son appellation vient d'une enseigne attestée à la fin du XIIIe siècle : la Huchette d'or. Célèbre dès la fin du Moyen Âge pour ses auberges, et au XVIIe siècle pour ses rôtisseurs et ses cabarets, elle était aussi malfamée, et ses coupeurs de bourses renommés. Les maisons anciennes y sont nombreuses.

    Au no 14, à l'angle de la rue du Chat qui pêche, un médaillon plaqué sur la façade est orné d'un Y, rébus pour « lie-grègues », lacets de fixation entre culottes et hauts-de-chausse. La rue a retrouvé son activité bourdonnante du Moyen Âge avec l'implantation de nombreux restaurants méditerranéens ou exotiques


     

    Eugène Atget : Le château Rouge

    Le Château Rouge, rue Galande, 1899
    quartier de la Sorbonne, Paris Vè

     

    Il est intéressant de rappeller la réputation de traquenard du Château Rouge, où gueux et
    alcooliques se retrouvaient au XIXè siècle. Au dessus du porche "Ancienne Maison
    Cadoux", "vins, cafés, bières...".

    .

    LE CHATEAU ROUGE RUE GALANDE

    Par Bernard Vassor
    medium_Château_rouge_rue_galande_tondeur_010_sepia.jpg
    medium_CHATEAU_ROUGE_RUE_GALANDe_11.jpg
    Son nom, le Château Rouge, lui vient de la
    façade peinte en rouge "sang-de-boeuf 3

    57 rue Galande*

    Certains historiographes prétendent que ce fut la demeure

    de Gabrielle d'Estrée, la favorite d'Henri IV ????

    Sur les gravures du XIX° siècle, nous voyons que le prédécesseur

    de Pierre Trolliet, était un nommé Cadiou.

    Le Château-Rouge était le tapis-franc le plus infâme du quartier de la place Maubert. entre l'allée d'un hôtel louche et la porte d'un "assommoir" s'ouvrait un long couloir étroit. L'entrée du cabaret, était une vaste et close chambrée, de sordides buveurs attablés, hommes en blouses et filles crottées, abrutis par l'alcool. L'arrière -boutique était réservée aux riches souteneurs en vestes de velours et casquettes à pont.

     

    Le raide, la verte et le gros-rouge étaient les seules boissons consommées dans ce lieu. C’était un asile de nuit pour vagabonds qui moyennant quelques centimes, étaient admis à « dormir à la corde», c’est-à-dire assis sur un banc, la tête appuyée contre une corde qu’on lâchait à deux heures du matin. Les pauvres bougres étaient alors jetés à la rue par le patron armé d’un nerf de bœuf, aidé dans sa triste besogne par des garçons qu’il a recruté parmi des lutteurs.

     

     

    Eugène Atget : Saint séverin

    Saint Séverin, vers 1900
    quartier de la Sorbonne, Paris Vè

     

     

     

    Eugène Atget : impasse des Boeufs

     

     

    Impasse des boeufs, rue Valette, 1898
    quartier de la Sorbonne, Paris Vè

    Dans cette image où les façades délabrées s'imbriquent en trompe l'oeil, on aperçoit sur la
    droite une échope de cordonnier

    "Ressemelage hommes dames,

    talons hommes dames" et
    une enseigne peinte de fabrique d'appareils

    photographiques "Ancienne maison Misoir".
    Fente de 1 cm en haut à gauche de l'image.

     

    Eugène Atget : Saint Julien Le Pauvre

     

    Saint-Julien-le-Pauvre, 1898
    quartier de la Sorbonne, Paris Vè

    Jolie vue dans laquelle le vieil homme assis devant l'entrée

    permet d'établir une échelle.

     

    D'abord modeste chapelle d'un hospice élevé au carrefour de deux grandes voies romaines partant de Lutèce, elle fut détruite lors de

    l'invasion des Normands en 886. En ruine, Henri Ier en fit ensuite don à l'évêque de Paris vers 1030. L'église actuelle ne fut ensuite

    commencée que vers 1170 et terminée vers 1240, ce qui en fait l'une des plus anciennes de Paris.

    En 1655, elle est cédée à l’Hôtel-Dieu de Paris.

    Durant la Révolution française elle est déclarée bien national et devient grenier à sel en 1790. Elle retrouve sa vocation religieuse en 1826 et est consacrée au rite byzantin en 1886.

    Une iconostase réalisée en 1900 sépare le chœur de la nef.

     

    Une dalle de l'ancienne voie romaine de Lutèce à Orléans

    se trouve en bas et à droite de la façade

     

    Eugène Atget : Saint Julien le Pauvre

    Saint-Julien-le-Pauvre, 1898
    quartier de la Sorbonne, Paris Vè

    Remarquons au premier plan sur la droite la femme près du puits et les vestiges de
    colonnes ouvragées dans les restes du ramparts.

     

    Eugène Atget : Saint Julien le Pauvre

    Saint-Julien-le-Pauvre, 1898
    quartier de la Sorbonne, Paris Vè


    Remarquons au fond de la cour, un réduit contenant

    bombonnes de vin, tonneaux et
    divers objets.

     

    Eugène Atget : Rue laplace et MOntagne Sainte Geneviève

     

    Angle de la rue Laplace et de la rue de la Montagne-Sainte-
    Geneviève, 1898

    quartier de la Sorbonne, Paris Vè


    Cette prise de vue vers l'église Saint-Etienne-du-Mont met en valeur le premier plan, où
    l'on aperçoit une exceptionnelle enseigne "Lecture" en forme de livre ouvert.
    A l'angle des rues, se trouve l'épicerie "F. Morlé" surmontée d'une enseigne "Ancienne maison
    Audois, fruits et primeurs, salaisons d'Auvergne, Chocolat Vinay".
    Sur la devanture de droite, la presse parisienne côtoie des bêches et des balles pour enfants.

     

     

    Eugène Atget : auberge du Cheval Banc

     


    Auberge du Cheval Blanc, 4 rue André Mazet, 1908
    quartier de la Monnaie, Paris VIè

     

    L'Auberge du Cheval Blanc est un ancien relais de Poste, d'où partaient, sous le règne de
    Louis XIV, les diligences pour Orléans.

    Remarquons les rideaux du rez-de-chaussée, qui
    contrastent avec la façade décrépie de l'édifice.

     

     

    Image

    Paris
    Cour de l'Auberge du Cheval Blanc, rue Mazet


    Un magnifique coupe-gorge à la Louis XIII !

     

    Eugène Atget : Auberge du Cheval Blanc

    Auberge du Cheval Blanc, 4 rue André Mazet, 1908
    quartier de la Monnaie, Paris VIè

     

    L'Auberge du Cheval Blanc est un ancien relais de Poste, d'où partaient, sous le règne de
    Louis XIV, les diligences pour Orléans.

    Déchirures sur le bord supérieur et le côté gauche, ainsi que deux traces de
    manipulations. Pli à l'angle inférieur droit.

     

    Eugène Atget : Rue Saint André des Arts

    27 rue Saint-André-des-Arts, depuis la rue Gît-le-Coeur. 1899
    quartier de la Monnaie, Paris VIè

     

    Au n° 27 rue Saint-André-des-Arts, se trouve le bel Hôtel Duchesne (dit également
    Maison des Trois Chapelets) dont l'actuelle façade ornée d'un élégant balcon date de
    1748. Au rez-de-chaussée de l'hôtel particulier se trouvent, sur la gauche, une boutique
    "d'éclairage" et "transformation de lampes en tout genre" et, sur la droite, la "Boucherie
    St André des Arts L. Duval".

     

    L'hôtel abrite également la "Clinique des Yeux du Dr
    Landolt" ainsi que l'établissement "M. Gabriel, Peinture Vitrerie".
    Remarquons au premier la réclame du marchand de vin

    de la rue Gît-le-Coeur "[...]des vins sans eaux".

     

    Image

    Rue de Buci PARIS 6è

     

    Cette voie fut ouverte au XIIIe siècle. Elle prit le nom de Buci dès 1352 en l'honneur de Simon de Buci, premier Président au Parlement de Paris en 1341 qui acheta en 1350 la porte Saint-Germain sur laquelle donnait cette rue.

    Elle fut également appelée :

    « rue qui tend du Pilori à la Porte de Buci »,

    car un pilori existait à côté de l'Abbaye de Saint-Germain-des-Prés en vertu d'une charte accordée par Philippe-le-Hardi à cette abbaye.

     

    À l'angle de la rue de Buci et de la rue Dauphine, chez le traiteur Nicolas Landelle, de 1729 à 1739, se réunissait la célèbre goguette du Caveau, première du nom. La salle basse où elle se réunissait donna son nom à la société. Il se perpétuera jusqu'en 1939, à travers quatre sociétés successives différentes.

     

    • Le Café de Buci, situé à l'angle des rues de Buci, Mazarine et Dauphine, classé aux monuments historiques
    • Le Molière, situé au 12 rue de Buci est classé monument historique. En effet, à quelque mètres se tenait le jeu de paume de la Croix Blanche,de plus, ce fut le lieu où Jean-Baptiste Poquelin pris son célèbre pseudonyme, Molière.

     

     

     

    lien intéressant

     

    http://www.eugene-atget.com/atget-3-decembre-

    2011-yvesdimaria.pdf

     

    http://www.eugene-atget.com/pages/f

    iches/chateau-rouge.html

     

     

     

     

     

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    Paris autrefois - Petits métiers de rue -

    Paris, 1898/1900. Raccommodeur de faïence, (Atget, Eugène) 

     

     

    Paris, 1898/1900. Rémouleur, (Atget, Eugène) 

     

     

     

    Livreur de BLE

     

     

     Paris, 1898/1900. Rémouleur, (Atget, Eugène)

     

    Cireur de chaussures - Atget Paris

     

     

    Paris, 1898/1900. Relayeur ou roulier, (Atget, Eugène)

     

     

     

     Paris. 1898/1900. Tailleur de pierre, (Atget, Eugène)

     

     

     

    Paris. 1898/1900. Tailleur de pierre, (Atget, Eugène)

     

     

     

     Paris. 1898/1900. Terrassiers, (Atget, Eugène) 

     

     

     Paris. 1898/1900. Terrassiers, (Atget, Eugène)

     

     

     

     Paris, 1898/1900. Rémouleur, (Atget, Eugène)

     

     

     

     Paris, 1898/1900. Rémouleur, (Atget, Eugène)

     

     

     

     Terrassiers, travaux de l'exposition universelle
    de 1900, (Atget, Eugène). Paris

     

     

    Eugène Atget

     

     



    Hôtel d'Albret, 31 rue des Francs-Bpourgeois, 1903

    © Victoria and Albert Museum

     

     

     



    Lampshade seller / Marchand d'abat-jour, rue Lepic, 1900
    © Bibliothèque national de France

     

     

     



    Rue des Chantres, 4th arr., 1923
    © Photothèque des Musées de la Ville de Paris

     

    LIVREUR de PANIERS

     

    « Marchand de panier »1899/1900, SZARKOWSKI John et MORRIS HAMBOURG Maria ed. Atget ,Volume IV, Modern Times, London, Gordon Fraser,1995.

     

    dscn9908

     

    « Marchand de panier de fil de fer »1899/1900, SZARKOWSKI John et MORRIS HAMBOURG Maria ed. Atget ,Volume IV, Modern Times, London, Gordon Fraser,1995.

     

    dscn9909

     

    « Marchand abat-jours» 1899/1900, SZARKOWSKI John et MORRIS HAMBOURG Maria ed. Atget Volume IV, Modern Times, London, Gordon Fraser,1995.

     

    dscn9917


     

    « Rémouleur»1899/1900, SZARKOWSKI John et MORRIS HAMBOURG Maria ed. Atget, Volume IV, Modern Times, London, Gordon Fraser,1995

    dscn9920

     

    « Porteuse de pain»1899/1900, SZARKOWSKI John et MORRIS HAMBOURG Maria ed. Atget, Volume IV, Modern Times, London, Gordon Fraser,1995.

     

    dscn9921

    « Mitron»1899/1900, SZARKOWSKI John et MORRIS HAMBOURG Maria ed. Atget, Volume IV, Modern Times, London, Gordon Fraser,1995.


     

    dscn9922

     

    « Untitled, [ Window Washer]»1899/1900, SZARKOWSKI John et MORRIS HAMBOURG Maria ed. Atget, Volume IV, Modern Times, London, Gordon Fraser,1995.

     

    dscn9923

     

    « Untitled,[Ragpicker]»1899/1900, SZARKOWSKI John et MORRIS HAMBOURG Maria ed. Atget, Volume IV, Modern Times, London, Gordon Fraser,1995.

     

     

     

     

    Mouleur 1899

     

     

     

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    Un lupanar, synonyme de maison close, est un établissement offrant le service de prostituées.

    Plus discret que son synonyme populaire « bordel », le terme

    « lupanar » est plutôt utilisé par les Européens francophones.

     

      

      

    Étymologie

     

    Le mot « lupanar », emprunté directement au latin (première attestation en français en 1532, est dérivé du latin « lupa », « louve », dont le sens de « courtisane, prostituée » est attesté avant même celui de « femelle du loup 

      

    Les prostituées de la Rome antique étaient appelées « lupas », « louves », possiblement parce qu'elles criaient la nuit pour appeler leurs clients, ou plutôt en référence à la « louve évocatrice de la bestialité sexuelle » :

      

    la voracité de la louve contrairement à celle du mâle, principalement orale, « se manifeste également sur le plan sexuel : lorsqu'elle dévore, c'est avec l'autre bouche au cours d'accouplement aussi divers que stériles».

     

    • bordel, bordeau (vieux) : du francique (gaulois) borda, cabane de planche ; étymologie populaire : mot venu dit-on du Moyen Âge lorsque Saint Louis cachait des « femmes de petite vertu » (surnommées les bordelières) au bord de la Seine dans des maisons appelées bordeaux (bord d'eau)[6]
    • maison de passe
    • maison de tolérance (réponse célèbre de Paul Claudel à Jules Renard :
    • « — Mais la tolérance ? — Il y a des maisons pour ça ! »)
    • maison close
    • maison publique
    • maison de plaisir(s)
    • maison de joie
    • maison de rendez-vous, différente de la maison close : lieu ouvert dans lequel la prostituée se met au service d’une patronne, avec qui elle partage son gain ou exerce pour son propre compte
    • claque
    • boxon
    • bateau de fleur (Chine)
    • bouic
    • foutoir
    • maison d'abattage
    • bobinard
    •  
    •  
    • bordel militaire de campagne, jargon militaire français abrégé en BMC
    • pouf, en argot militaire plus particulièrement établissement se situant à l'intérieur des casernements de la légion étrangère.
    •  
    • Le mot vient de l'argot allemand puff de même signification

      

      

      

    En Grèce

    Article détaillé : Prostitution en Grèce antique.

    Les maisons de prostitution (ou maisons closes) sont nées à Athènes. Solon

    (l'un des Sept Sages de la Grèce 640 - 558 av. J.-C.) les inaugure sous le nom de dicterions, bordels étatiques tenus par les pornobosceions, surveillés par des fonctionnaires et jouissant du privilège d'inviolabilité, d'abord établis dans les ports pour une clientèle de marins.

      

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    À Rome

    Des esclaves féminines sont destinées aux soldats. Les maisons de prostitution se trouvent à proximité des casernes, des remparts. Le relâchement des mœurs sous l'Empire favorisa l'extension de la prostitution. De tous côtés, des lupanars (lupanaria) ouvrent leurs portes. Ils sont signalés par des bougies allumées pendant les heures d'ouverture.

    Les filles de joie portent des vêtements jaunes, le jaune étant la couleur de la honte et de la folie, mais leurs chaussures étaient d'un rouge vif.

    Après Domitien, les filles se regroupent dans des maisons : les lupanars.

      

    Afficher l'image d'origine  

    À Pompéi

    On a retrouvé les ruines d'un lupanar de dix chambres à Pompéi, dans la région VII des fouilles. C'est le seul destiné à cette activité, en sachant que les étages des tavernes remplissaient aussi souvent la fonction de lupanar. Près de l'entrée du rez-de-chaussée était peint, près d'un figuier, un Priape à deux phallus, dont il tenait chacun dans une de ses mains.

     

     lupanar

    En FRANCE

    Au Moyen Âge et à l'époque moderne

    Après avoir décrété la prohibition de la prostitution, Louis IX fait machine arrière et proclame la tolérance.

     

    Des établissements se spécialisent dans le commerce charnel (de la maison d'abattage à la maison de luxe).

    Afficher l'image d'origine  

    Alors que leurs volets sont clos, ils sont signalés par une lanterne rouge que vient allumer la sous-maîtresse de la maison pendant les heures d'ouverture. Les prostituées n'avaient le droit d'en sortir que certains jours de la semaine, accompagnées par ces sous-maîtresses.

    Pendant la régence de Philippe d'Orléans et durant le règne de Louis XV, les maisons closes connaissent un éclat particulier.

     

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    L'âge d'or

    Mais l'âge d'or des maisons closes se situe sous la IIIe République, comme en témoigne le Guide rose, qui les recensait chaque année : l'édition 1936, vendue sous le manteau, fait état de 700 adresses avec de nombreux commentaires

      

    Cet âge d'or concerne également la prostitution coloniale, le Sphinx d'Alger étant à cette époque « la plus grande maison de tolérance

    d'Afrique du Nord ».

      

     

     

    L'État, et notamment le fisc profitait de ce commerce en prélevant 50 à 60 pour cent sur les bénéfices.

     

    Tout au long du XIXe siècle, les préfets délivrent des « certificats de tolérance » aux tenancières de ces maisons

    (les mères maquerelles, les hommes n'ayant pas le droit d'être patron de ce type d'établissements), les maisons closes prennent alors le nom de « maison de tolérance ».

      

    Les maisons, signalées par un numéro ou un éclairage rappelant la lanterne rouge médiévale, sont souvent des immeubles spéciaux, aux fenêtres à verre dépoli.

    Les maisons furent fermées le 13 avril 1946, à la suite de la loi Marthe Richard.

     

      

      

      

      Afficher l'image d'origine

    Fresques de lupanars de Pompéi.
    Le mot « lupanar », emprunté directement au latin , est dérivé du latin « lupa », « louve », dont le sens de « courtisane, prostituée » est attesté avant même celui de « femelle du loup ». Les prostituées de la Rome antique étaient appelées « lupas », « louves », possiblement parce qu'elles criaient la nuit pour appeler leurs clients, ou plutôt en référence à la « louve évocatrice de la bestialité sexuelle » : la voracité de la louve contrairement à celle du mâle, principalement orale, « se manifeste également sur le plan sexuel : lorsqu'elle dévore, c'est avec l'autre bouche au cours d'accouplement aussi divers que stériles ».

    Les placeurs

    Les placeurs (ou placeuses) s'occupaient du recrutement des maisons closes. Ils parcouraient les petites pensions de province et les hôpitaux (notamment le service des maladies vénériennes) et charmaient des femmes en leur promettant une bonne place et de l'argent.

      

    Les femmes ainsi "placées" dans des pensions parisiennes ou de grandes villes (Rouen, Bordeaux, Reims, etc.), les placeurs recevaient un dû assez conséquent (cinquante francs) au début du XXe siècle.

      

    D'autres femmes y entraient par besoin (notamment les filles mères) ou parce que ne sachant rien faire d'autre.

      

    En effet, à cette époque peu de femmes pouvaient occuper un réel emploi contrairement aux hommes.

      

    Les filles mères étaient de surcroît le plus souvent rejetées de la société.

      

    Afficher l'image d'origine  

    Le règlement

    Chaque maison avait son règlement intérieur.

    Les clients payaient 5 francs 25 en 1929. Sur cette somme 2 francs étaient destinés à la maison et 2 francs 50 à la femme.

    On payait 25 centimes pour la serviette.

    Les femmes devaient aussi payer les frais de la maison (nourriture, blanchisserie, etc.) à raison de 30 francs par jour, ainsi que la visite du médecin.

      

      Afficher l'image d'origine

    L'aspect sanitaire est pris en compte (peur des maladies vénériennes) comme le précise l'article 29 du Règlement des maisons closes :

      

    « Toute fille reconnue malade y sera immédiatement séquestrée pour être conduite à l'hospice le plus tôt possible afin d'être soumise aux traitements qu'exigera sa maladie ».

     

     

    Les femmes travaillaient tous les jours.

    Elles dormaient le plus souvent dans un établi ou dans le grenier.

      

      

      

      

    Le One-Two-Two et le Sphinx

    Dès 1939, les maisons closes connaissent la pénurie de clients.

      

    Pour attirer la population masculine et aisée, une nouvelle sorte de maisons fait son apparition :

      

    le One-Two-Two, cabaret bordel, où de grands noms se croisent,

    tels que Colette, Marlène Dietrich, Jean Gabin, Sacha Guitry et d'autres.

      

    La maison est composée de dix salons, vingt-deux chambres, et abrite une soixantaine de pensionnaires.

     

     

    Le One-Two-Two s'essoufflant, Le Sphinx fait son

    apparition boulevard Edgar-Quinet à Paris.

      

    Cette maison est même protégée par le

    ministre de l'Intérieur de l'époque Albert Sarraut.

      

    On peut y rencontrer Mistinguett et Marlène Dietrich.

      

      

    En 1941, pendant l'Occupation, L'Étoile de Kléber ouvre ses portes.

    Édith Piaf y vient chanter à partir de 1943.

      

    Ce cabaret-bordel est un des lieux favoris de la Gestapo et des officiers supérieurs de la Wehrmacht.

      

      

      

    Liste de quelques adresses parisiennes

    (Source])

    • 29 rue Joubert, 9e :
    •  
    • Elisa et la Farcy, la tenancière de la maison close ; elle finit châtelaine du Chesnoy et bienfaitrice de la ville de Montargis. Lautrec la fréquente (maison ouverte avant 1857).
    •  
    • Le Chabanais : 12, rue Chabanais (2e arr.)
    •  
    • Le One-two-two : 122, rue de Provence (8e arr.)
    •  
    • Le Sphinx, 31, boulevard Edgar-Quinet (14e arr.)
    •  
    •  
    • L’Étoile de Kléber : 4, rue Paul-Valéry (16e arr.)
    •  
    • Le Panier Fleuri : 22, rue Bayard (8e arr.),
    • adresse actuelle de la station de radio RTL
    •  
    •  
    • Aux Belles Poules (ou Le 32) : 32-34, rue Blondel (2e arr.).
    •  
    • Au 32, la maison close « Aux Belles poules » s'ornait de mosaïques qui sont aujourd’hui classées (mais invisibles).
    •  
    • Au n°16, se tenait un établissement concurrent « Au Moulin » aux courbes et au décor floral art nouveau.
    •  
    • L’activité de la rue survécut à la fermeture des bordels en 1946, et fut pendant 60 ans le fleuron de la prostitution de rue.

      

     
     

      

      

    Ailleurs qu’à Paris

    • L'Étoile bleue : 15, rue du Champ-de-Mars à Tours,
    •  
    • peut se visiter, fresques érotiques, mosaïques
    •  
    • (actuellement siège de la Jeune Chambre économique).

    Beaucoup de ces immeubles ont été conservés,

    mais présentent des façades très neutres.

    •  
    • Le Terminus : 16 rue de la Charrière à Challons sur Marne.
     

     

     

     

     

    Marthe Richard, qui mena la campagne pour la fermeture des bordels en 1946.

     

    Se présentant comme une héroïne de la Résistance, elle fut démasquée plus tard comme un imposteur — en fait une ancienne prostituée et collaboratrice qui avait fourni des femmes aux Nazis.

      

    Afficher l'image d'origine  

      

    Loi Marthe Richard

    En 1946, la loi Marthe Richard impose la fermeture

    de toutes les maisons closes.

      

      

      

    En Belgique

    En Belgique, les lupanars sont officiellement interdits, mais en pratique ils sont tolérés. Ces établissements appelés « privés » attirent aussi les prostituées et les clients français, chassés par la répression qui s'est durcie en France après 2003. Ils se multiplient particulièrement dans la zone frontalière avec la France[19]. Il en existe aussi à Bruxelles, Anvers, Charleroi.

      

      

      

    En Suisse

    Ces établissements existent en Suisse et sont appelés « salons érotiques ». Leur existence est légale depuis que le délit de proxénétisme a été rayé du Code pénal suisse en 1992.

      

    Ils sont pour une bonne partie implantés dans des appartements ou des locaux commerciaux. Leur taille et le nombre de prestataire sont très variés, allant de deux chambres à une dizaine de chambres, avec un nombre de prestataires allant de deux jusqu'à une cinquantaine.

    Les méthodes de fonctionnement sont variées, mais en général le client se présente à la porte, et une fois entré, choisit une ou des filles avec lesquelles il consomme la passe dans une chambre pour une durée de dix minutes à une ou plusieurs heures.

    Le prix de la passe dépend tant des prestations offertes (fellation naturelle ou complète, sodomie, etc.) que de la durée.

      

      

    Certains salons érotiques proposent des jacuzzis, d'autres des salles spécialisées dans le sado-masochisme. Ces prestations font l'objet de suppléments de prix. Les prestataires des salons érotiques ne sont pas des employées, mais des indépendantes travaillant en tant que profession libérale dans le cadre d'un contrat (écrit ou tacite) de prestations de service.

      

    Elles encaissent le prix de la passe du client et rétrocèdent une somme définie au salon. Ces rétrocessions peuvent être calculées de différentes manières, les plus courantes étant un prix payé à la journée de travail, ou au pourcentage du prix encaissé (dans ce cas les taux usuels vont de 30 à 50 %).

      

    Des cantons ont édicté des règlements spécifiques concernant ces établissements.

      

    Dans certains, les prestataires doivent être enregistrées auprès de la police, dans d'autres l'exploitant de l'établissement, s'il est locataire, doit fournir une preuve que le propriétaire de l'immeuble accepte que les locaux loués le soient dans le but de l'exploitation d'un salon érotique.

    Ces établissements ont pignon sur rue, et la publicité pour ceux-ci est acceptée par de nombreux médias (presse, affichage, radio, etc.). Certains quotidiens tirent par ailleurs de la prostitution de fortes recettes publicitaires.

    En Allemagne

    Sous le nom de Eros-Center (en), des établissements contrôlés par l'État sont actuellement parmi les plus grands de ce genre en Europe.

      

      

      

    Littérature et art

    Les écrits sur la maisons closes devinrent importants pendant cet « âge d'or » du XIXe siècle.

      

    On peut citer notamment Guy de Maupassant avec La Maison Tellier et

    L’Ami Patience ;

    J.K. Huysmans et Marthe, histoire d’une fille ;

    Gustave Flaubert et L'Éducation sentimentale, etc.

      

    Les peintres ne sont pas en reste :

    Constantin Guys célébré par Baudelaire dans

    Le Peintre de la vie moderne ;

    Edgar Degas et La Fête de la patronne ou encore La Fille assise ;

    Toulouse-Lautrec et Femme tirant sur son bas ou Le Divan ;

    Van Gogh et Le Lupanar d'Arles, etc.

      

      

      

      

    Au cinéma et à la télévision

     

    sources WIKIPEDIA

     

     

    Bonjour,

    Vous pouvez me laisser un

    commentaire, un message,

    cher visiteur.. ...

    vous qui venez à pas de velours lire mes articles sur Paname..

     

    ces ARTICLES de la vie "PARISIENNE LEGERE"

    dirons-nous

    sont simplement des articles Historiques,

    en aucune manière, un commentaire lubrique, grossier,

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    La pudeur leur va si bien quand elles en ont, si bien

    quand elles n’en ont plus, que je ne conçois

    guère de femmes qui ne désirent pas en avoir

      

    (Paul MORAND).

    article écrit par Nadine
         ----------------------------------

     

     

    Le XIXè siècle en France voit monarchie et république se succéder avec leur cortège de turbulences et d’abominations.

      

    C’est le siècle de la pudibonderie et de notre Code civil ou Code Napoléon.

    Alors que la noblesse et le clergé s’affaiblissent, la bourgeoise s’affirme et stimule l’avancée industrielle du siècle.Les mentalités évoluent et la science progresse dans tous les domaines.
     
    Les lois "Ferry" de 1881 et 1882 rendent l'école laïque,
    obligatoire et gratuite.
     
    La France étend son influence sur la planète.
      
    Elle annexe la Nouvelle-Calédonie en 1853, où seront déportées les premières femmes en 1872 et les dernières en 1897.
     
    Toutefois leur départ volontaire est « encouragé » puisqu’aux termes de la loi de 1854,
     
     
    "les femmes condamnées aux travaux forcés ne sont pas astreintes à la transportation".
     
     
     
    Ce siècle se révèle être d’une profonde instabilité politique. Le progrès économique n’aura pas entraîné dans son sillage le progrès social et si de nouvelles classes sociales fascinent, d’autres sont discréditées.
      
    Les « filles de noces » en sont.
     
    La bourgeoisie rayonne et, hypocrisie morale oblige, une réglementation de 1804 attribue une existence légale aux maisons closes.
     
    Il faut comprendre que les prostituées tant décriées intéressent fortement ces messieurs de la bourgeoisie.
     
    Dans l’aristocratie, ou ce qu’il en reste, ce sont les pères qui invitent leurs fils à se rendre auprès de courtisanes pour affirmer leur virilité.

     

    Les maisons de luxe réputées, qui reçoivent entre autres les hommes politiques, considèrent fort bien leurs pensionnaires qui doivent avant tout rester élégantes et distinguées. Ces dernières ne sont pas subordonnées à une cadence,

    c’est-à-dire tenues à un nombre élevé de passes.

     

     

    A l’inverse, existent les « maisons d’abattage », où les conditions de travail sont bien souvent sordides.
     

    Les pensionnaires peuvent être amenées à effectuer 100 passes par jour.

      

    Ces derniers établissements fonctionnent sous l’autorité des municipalités.

     

    Flaubert (1821-1880), fils de famille bourgeoise, décrit fort bien cette situation à travers ses analyses psychologiques, entre autres dans « Madame Bovary » et « L’éducation sentimentale ».
     
    L’article 2 de la loi de 1829 interdit de pratiquer cette activité hors de lieux clos, mais les prostituées résistent fort bien à cette restriction.

    Néanmoins en cas de désobéissance, des punitions administratives sont élaborées et la prison ou l’infirmerie-prison sont le passage obligé pour de très nombreuses prostituées clandestines.

    Dès 1833, un nouveau courant de pensée est animé par Claire Démar. 
     
     
     
     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

      

      

    Son « Appel au peuple sur l’affranchissement de la femme » dénonce une prostitution légale de la femme à travers l’institution du mariage.

    L’opinion publique scandalisée réagit vivement et elle est aussitôt taxée d’immoralisme. A peine la trentaine abordée, elle se suicide d'une balle dans la tête la même année.

     

     

    Nonobstant, des pétitions en faveur du rétablissement du divorce circulent.

    A deux reprises les députés votent en faveur de la loi qui est néanmoins rejetée par la Chambre des pairs.

     
      
      
      
      
    Ce XIXè siècle jette un double regard sur la prostitution :
    «admiration/répulsion », l’éternelle dualité.
     
     
    D’une part, il y a la peur exacerbée du péché et de l’enfer; de l’autre le plaisir de la chair qui reste irrésistible.

      

      

    La société est alors très influencée par la religion, et parallèlement la science a découvert que la nature pouvait aussi détruire.

      

    Or la femme véhicule la syphilis.

     
      
    A Paris, les malades affluent à l’hôpital de Lourcine, qui sert également d’asile aux enfants dont les parents meurent du choléra.
     
      
    L’établissement prendra le nom d’hôpital Broca vers la fin du siècle et une annexe sera construite et réservée à la gynécologie.
     
     
     
    Décédé de syphilis en 1893, Maupassant laissera à la postérité quelques ouvrages réservés à la condition des prostituées qu'il célèbre... "Boule de Suif", "Mademoiselle Fifi", et… "la maison Tellier" dont je vous propose de parcourir un court passage que je perçois d’une délicatesse raffinée, presque émouvante.
     
     
     

    "Madame" dans la maison Tellier

     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

     
      
    «On allait chaque soir, vers onze heure, comme au café, simplement.
    Ils s’y retrouvaient, à six ou huit, toujours les mêmes, non pas des noceurs, mais des hommes honorables, des commerçants, des jeunes gens de la ville ; et l’on prenait sa chartreuse en lutinant quelque peu les filles, ou bien on causait sérieusement avec Madame, que tout le monde respectait.
    Puis, on rentrait se coucher avant minuit.
      
      
      
    Les jeunes gens quelquefois restaient.
     
      
      
    La maison était familiale, toute petite, peinte en jaune, à l’encoignure d’une rue derrière l’église Saint Etienne ; et, par les fenêtres, on percevait le bassin plein de navires qu’on déchargeait, le grand marais salant appelé La Retenue, et, derrière, la côte de la Vierge avec sa vieille chapelle toute grise.
      
      
    Madame, issue d’une bonne famille de paysans du département de l’Eure, avait accepté cette profession absolument comme elle serait devenue modiste ou lingère.
      
      
    Le préjugé du déshonneur attaché à la prostitution, si violent et si vivace dans les villes, n’existe pas dans la campagne normande.
     
    Le paysan dit : « c’est un bon métier », et il envoie son enfant tenir un harem de filles comme il l’enverrait diriger un pensionnat de demoiselles.
    …/…
     

    C’étaient de braves gens qui se firent aimer tout de suite par leur personnel et des voisins. Monsieur mourut d’un coup de sang deux ans plus tard.

    Sa nouvelle profession l’entretenant dans la mollesse et l’immobilité, il était devenu très gros, et la santé l’avait étouffé ».

     

    Néanmoins il m’apparaît utile de mettre un bémol sur cette description presque idyllique dans la mesure où les prostituées qui évoluaient en « maisons de tolérance », telle la maison Tellier, vivaient sous la dépendance de la tenancière de l’établissement.

      

      

    Cette dernière conservait leurs papiers et argent mais surtout contrôlait leurs sorties qui restaient rares.

    Un code vestimentaire est toujours présent.

      
      
    Quand bien même ce XIXè siècle n’impose plus de couleurs aux prostituées, il n’empêche que le choix du jaune, tant dans les peintures réservées aux pièces des bordels que dans la couleur des textiles, fait toujours autorité.
      
      
      
      
    Le port d’une ceinture dorée par les prostituées aussi.
      
      
    Il leur est seulement interdit de porter des couleurs trop voyantes et en cas d’infraction, elles risquent l’incarcération.
     
     
    Néanmoins, il est de bon ton qu’elles aient la tête et les épaules couvertes de manière à attirer le moins possible les regards.
      
    Le port du châle semble tout indiqué.

      

      

    En évoquant la prostitution dans « Paris, ses organes, ses fonctions et sa vie jusqu’en 1870 », Maxime Du Camp ne fait-il pas état de

      

    « …Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée... »

     

    Le port du châle par des gourgandines pose un problème de tolérance dans cette société qui en a fait un accessoire vestimentaire porté par la plupart des "honnêtes femmes".
     
    C’est aussi un produit de luxe, symbole de la bourgeoisie, et il est porté hiver comme été.
     
     
     
     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

    Les prostituées demeurent sous la surveillance de la police et des médecins qui les soumettent à une visite médicale hebdomadaire.

    Cependant de très nombreuses « filles de noces » opèrent dans la clandestinité et échappent de ce fait à ces mesures. Souvent elles ne sont qu’occasionnelles, telle Nana de Zola.

     

    Sous couvert de conserver leurs autorisations d’exploitation administratives, des signes distinctifs doivent permettre aux établissements d’être reconnus : lanterne sur la façade, vitres opaques ou persiennes verrouillées et porte d’entrée surplombée d’un numéro aux dimensions extravagantes.

      

     

    En fait c’était surtout la hauteur des chiffres qui pouvait atteindre 60 cm, qui déterminait l’activité exercée à l’intérieur de l’immeuble, un peu comme une affiche publicitaire.
     
     
     
    Le Code civil voit le jour, et établit des statistiques. Les prostituées déclarées ou clandestines n’y échappent pas et des fichiers descriptifs sont constitués.

     

    A Paris, la prostitution se répand partout et les règles vestimentaires ne font plus autorité.

    La prostitution "française" s'étend extra-muros. Dès 1831, la France institue des quartiers de prostitution à Alger mais également dans ses autres colonies africaines.

     

    Honoré de Balzac, éternel amoureux et observateur de femmes s’il en est, qualifie ce style brouillé qui ne permet plus vraiment de déterminer l’activité sociale ou morale dès le premier regard, de « macédoine sociale ».
     
     
    L’auteur de la Comédie humaine, traduit fort bien son émotion à travers ses nombreux romans et notamment dans « La fille aux yeux d’Or », où la malheureuse Paquita Valdes est vendue par sa mère aux fins de prostitution ; pratique courante au XIXè siècle.
     
     
     
    A travers Eponine dans les Misérables, mais également "Notre-Dame de Paris" ou "Marion Delorme", célèbre courtisane du XVIIè siècle portée au théâtre, son ami Victor Hugo pointe du doigt l’hypocrisie démesurée de la bourgeoisie tout en attribuant une certaine morale à bien des prostituées.

     nine (Les Misérables - Victor Hugo)

      

      

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

     

     

    "Marion Delorme" - Pièce de Victor Hugo

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle

     

    Dans l’Europe industrielle de ce siècle, les ouvriers sont très mal payés et leurs conditions de travail, pénibles voire atroces.

    La condition des ouvrières, surtout célibataires avec enfant(s) est encore pire, car leur salaire est moindre que celui des hommes.

    La vie misérable des familles pousse de nombreuses femmes à la prostitution occasionnelle qui leur confère quelques revenus d’appoint pour palier à la faim et/ou à l’éducation des enfants.

    La misère est parfois telle que ce sont les parents qui poussent leurs enfants à se prostituer.

     

    Sous menace de licenciement ou de maltraitance, le "droit de cuissage" est rétabli par quelques patrons voyous, chefs d'ateliers mais aussi fils de patrons voyous, et pour bien des jeunes femmes, il est plus rentable de se prostituer que d’aller travailler.

    L’impunité est assurée pour ces gougnafiers, dans la mesure où les femmes n’osent ou ne peuvent réagir.

     

    Comble de l’hypocrisie, apparaît une distinction entre prostituées.

    D’une part, il y a la « bonne prostituée », qui se consacre à cette activité parce qu’elle est dans la misère et qu’elle n’a pas d’autre ressource pour se nourrir ou pour nourrir ses enfants.

    Et d’autre part, il y a la « mauvaise prostituée », celle qui opère par « vocation », qu’elle soit courtisane ou fille de joie dans un bordel.

     

    Julie LEBOEUF (1838-1886), célèbre courtisane parisienne et artiste de théâtre mieux connue sous le nom de Marguerite Bellanger, « Saumuroise de petite vertu, artiste au talent limité et à la rouerie certaine » déclareront certains, deviendra dans les années 1860 la maîtresse de Napoléon III.

    Le caricaturiste Paul Hadol en a fait une chatte dans sa série de caricatures sur la « Ménagerie impériale ».

     

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle


     

    Il est toutefois cocasse de lire qu’elle avait dû obtenir une autorisation de la préfecture de Paris pour pouvoir porter un costume d’homme.

      Le XXè siècle jette l’Europe et le monde dans une tourmente infernale.Guerres, affrontements idéologiques, crises financières et économiques ponctuent la marche du siècle et les morts se comptent dorénavant par million.
     
    La science et la médecine font des avancées considérables, assistées en ce sens par les performances remarquables de la technologie.
     
     
    Début XXè s à Paris - French cancan
     
     
     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle
     
     
    La flambée de la prostitution pendant la première guerre mondiale amène les autorités à prendre des mesures fermes.
     

    Les prostituées déclarées sont « mises en carte ». Aujourd’hui on utiliserait le mot « fichées ».

    Au début du siècle, arrivée ou déménagement dans une ville doit être déclaré au commissariat.
    Il est interdit aux prostituées d’habiter à proximité des églises ou des établissements scolaires et elles ne peuvent plus circuler sur la voie publique après le coucher du soleil.
    Elles n’ont pas le droit de se rendre au théâtre ou au concert.

    Il faut préciser que ces mesures ne font pas l’objet d’une réglementation nationale.

    Elles sont prises à la discrétion des municipalités et laissées à l’arbitraire des services de police, ce qui explique que la pratique de la prostitution est rendue plus ou moins facile et accessible d’une ville à une autre.

    Il n’empêche que les prostituées sont nombreuses à négliger les règles imposées, et dans bien des endroits, la police perd rapidement leur trace.

    Le racolage est interdit, mais cependant indispensable à l’exercice de la profession.
    Ceci a pour conséquence de maintenir les prostituées à la merci des services de police.
     
    Selon un principe puéril « ce qu’on ne voit pas, on ne sait pas », la société se satisfait donc d’une prostitution encadrée et réglementée.
     
    Considérant ces pratiques non opposables à la loi naturelle et aux textes sacrés, l’Eglise catholique ne les condamne pas. On peut regretter qu’elle les ait toutefois légitimées.
    L’autorité de l’Eglise fait force de loi jusqu’au XVIIIè siècle, et même en ce début de XXè siècle, oser contester cette « vérité » fait figure d’impiété.

     

    Un courant abolitionniste a émergé et en 1926 Marcelle LEGRAND FALCO fonde l’« Union Temporaire contre la Prostitution Réglementée et la Traite des Femmes », qui va exiger des enquêtes sur les abus et sévices commis par des soldats sur les femmes employées dans les « bordels militaires de campagnes » (BMC), et qui étaient recrutées dans les colonies d’Afrique du Nord.
     

    Le mouvement abolitionniste obtient des succès et sa lutte aboutit à des accords internationaux en 1904, 1910, 1921 et 1933 suivis de mesures prises par la Société des Nations en 1927 et 1932.

     

    Conformément aux progressions acquises, la législation évolue favorablement après la seconde guerre mondiale.

    En 1946, est votée en France la loi Marthe Richard, du nom d’une prostituée (1889-1982) ; loi qui s’attaque aux formes sournoises de proxénétisme et qui aboutit à l’interdiction de l’exploitation de maisons closes. 

      

     

    Marthe Richard

     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle  iellement cette loi ne mit pas fin à l’existence des maisons closes,

    pas pluu'elle n’entrava leur développement.  

     

     

     

     

     

    Marthe Richard, qui mena la campagne pour la fermeture des bordels en 1946.

     

    Se présentant comme une héroïne de la Résistance, elle fut démasquée plus tard comme un imposteur — en fait une ancienne prostituée et collaboratrice qui avait fourni des femmes aux Nazis.

     

    lien

     

    © Musée de l'Érotisme, Paris • Paris pour les pervers 

     

     

    La Déclaration des Droits de l’Homme
      
    intervient 2 ans plus tard sous l’égide des Nations Unies et le 2 décembre 1949 est signée la « Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui ».
     
     
    La France, pays des Droits de l’Homme, ne ratifie qu’en 1960 cette convention, cependant qu’aucune mesure d’interdiction de la prostitution ne l’accompagne.
    Curieusement, la loi sur le racolage passif est abrogée suite aux manifestations de 1975.
     
    Si le proxénétisme est interdit, la prostitution reste l’enjeu de nombreuses manifestations féministes qui dénoncent d’autres formes d’aliénation, notamment à travers les « échanges économico-sexuels ».

    A l’instar des Pays-Bas, plus modérément de la Belgique, et sous le principe très honorable de santé publique, l’idée de la réouverture de lieux destinés à la prostitution est régulièrement évoquée en France vers la fin du XXè siècle.
      
      
    Bernard Kouchner et Françoise de Panafieu s’en font les porte-paroles officiels.
     
     
     

     
     
    Parallèlement, plusieurs associations militent alors en France pour que les prostituées obtiennent la reconnaissance sociale et professionnelle de leur activité, et puissent à ce titre bénéficier de l’accès aux soins.
     
    Elles dénoncent les dangers du concept « prohibitionniste » en cours notamment en Suède et s’y opposent fermement tout en prenant acte du souhait de certaines prostituées de se regrouper en syndicat afin d’obtenir un statut.
     
    Néanmoins, conservateurs, parlementaires de Gauche et un nombre considérable d’associations féministes, souhaitent d’abord pénaliser les clients, et les amendements proposés vont en ce sens.
     
    Le monde politique est influencé par l’économie et le commerce de la prostitution qui ne concerne plus uniquement la femme.
      
    Les différents courants de parlementaires, français et européens, n’entendent pas se charger d’une réglementation ferme et incontournable à l'encontre des nouvelles formes d’exploitation sexuelle en expansion, mais préfèrent continuer à nourrir des ambiguïtés inavouables.

     

    Il faut noter que les 15, 16 et 17 octobre 2005, eut lieu à Bruxelles (Belgique) une « Conférence Européenne des Prostituées », qui a débouché sur la rédaction d’un manifeste et d’une déclaration des Droits des travailleurs du sexe.
     
    Il n’est toutefois pas permis de prêter aux élu(e)s et parlementaires une volonté ferme de mise en place de protections ou de réformes allant dans ce sens, dans la mesure où plusieurs pays européens, tels l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et l’Espagne entre autres, accepteraient l’ouverture de supermarchés du sexe sur leur territoire ;
      
    « sympathiques surfaces » où des femmes,
    toutes volontaires nous assure-t-on,
    seraient alors louées à l’instar de matériels ou machines.
     
     
     
     La prostitution de la femme du XIXè au XXI è siècle
     
     
     
     
    Prostitution légale et encadrée par des lois, maisons closes légale et encadrée par des lois  Prostitution légale et encadrée par des lois, mais les maisons closes sont illégales  Prostitution (échange d'argent pour des relations sexuelles) légale, mais pas réglementée, les activités organisées (maisons closes ou proxénétisme) sont illégales  Prostitution illégale-les prostituées sont punies par la loi  Les clients sont punis par la loi, mais pas les prostituées 

     

    Si vous n’avez déjà eu l’occasion de le faire, je vous invite à regarder le documentaire du cinéaste Patrick JEAN «La domination masculine »,
    sorti en novembre 2009.
      
    L’auteur déclarait alors :
     
    - «Je veux que les spectateurs se disputent en sortant de la salle.
      
    Peut-on croire qu'au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du patriarcat : les femmes à la cuisine et les hommes au pouvoir ?
      
    Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un " compagnon dominant ? " 
      
     

    Dégageant cependant des budgets et des gains considérables, les très nombreuses associations de lutte contre le proxénétisme et la prostitution, les multiples productions cinématographiques traitant de la prostitution de la femme et de l’enfant, les campagnes publicitaires ou d’information, les animations en tous lieux et places de conférences, et l’extraordinaire abondance d’articles de presse ne semblent toujours pas contrarier ni contrer le puissant lobby pro-proxénétisme qui, sans la moindre retenue avance un argument d’une imbécilité et d’une perversité incommensurables, à savoir :

     

    - « Peut-on priver les personnes handicapées d’une vie sexuelle que seules les prostituées seraient susceptibles de leur servir ».
     
     
    Pour comprendre, il faut sans doute savoir que les lobbies du sexe constituent des puissances financières colossales cotées en bourse, et que par conséquent, ils ont les moyens de leur prétention.
     

    Lors d‘un récent débat public, un homme paraplégique avait répondu à cet argument irrecevable :

     

    - « Quel que soit mon handicap, je n’humilierai jamais une femme pour mon plaisir ».

     

    Que n'ai-je été sidérée d'entendre des élu(e)s « Verts » proposer une mesure de protection pour les prostituées; à savoir un centre contrôlé par les inspecteurs du Travail et de l’Hygiène, plutôt que le Bois de Vincennes.

    Cette réflexion dénote d’une sérieuse méconnaissance du dossier, mais aussi de l'ignorance de mesures semblables totalement inefficaces souvent prises par le passé, de la cruelle réalité du présent…et du nombre réel d’inspecteurs du Travail et de l’Hygiène encore sur le terrain en France.


    Même si en France on se satisfait d'une avancée timide de la législation dans le domaine parfois très controversé de la criminalité et délinquance sexuelles, on peut néanmoins vivement regretter l’interprétation fallacieuse qui en est trop souvent faite, que ce soit à l’échelle juridique ou morale, afin de dégager les puissants de ce monde de leurs responsabilités.
      
    Comme vous sans doute, je constate amèrement que nos Institutions se font trop souvent la complice passive de pratiques crapuleuses inavouables et intolérables.

    Nous sommes face à une image parfaitement abstraite de l'être humain qui est imposée à une société formatée.

     

    Tandis que le CDH belge (parti humaniste) a lancé une campagne contre la prostitution s’opposant fermement à la création d’Eros Center; le 13 avril 2011 en France, une énième mission d’information parlementaire de l’Assemblée Nationale sur la prostitution, qui précise en outre « qu’il ne s’agit pas d’emprisonner la majorité des clients » a rendu un rapport qui « devrait » déboucher sur une loi en 2012. Vœu pieu ? Oxymore ?
      
    Le «Lobby européen des Femmes » vient de lancer une campagne pour éradiquer la prostitution en Europe.
     

    Céline FREMAULT, députée bruxelloise et présidente des femmes du CDH, déclare :

     

    - «Le CDH veut réaffirmer que le corps n’est pas une marchandise et que la prostitution n’est pas un métier comme un autre. Nous considérons qu’elle constitue une atteinte à la dignité humaine et que c’est aussi une violence de genre. » 

      

     

    Pourtant il semble bien qu’une fois encore les sites pornographiques et autres escort-girls ne seront pas inquiétés.
      
    C’est la seule prostitution de rue qui est ciblée.
     
     
    sources
     
    http://www.come4news.com/la-prostitution-de-la-
    femme-du-xixe-au-xxi-e-siecle-809438
     
     
     
     
     
     
     
     
     
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    La prostitution hier et aujourd'hui
    évolution des modes, des comportements et des jugements

     

    Page Web réalisée à partir des travaux de Catherine Benoit et Wendy Nijs

     

     

     

    Introduction


    Une forme du langage populaire dit que la prostitution est le plus vieux métier du monde. Cela sous-entendrait qu'il est inutile de lutter contre la prostitution, puisqu'elle est considérée comme un métier au même titre qu'un autre.

     

    Et il est vrai que ce serait difficile aussi, étant donné qu'elle est profondément ancrée dans nos mentalités, nos moeurs

     

    Depuis le début des temps, la prostitution a toujours existé.

     

    Cependant, au cours des siècles, si le processus a changé, elle en a gardé toujours le même principe :

    des hommes ont été et sont prêts à payer le prix pour obtenir des services sexuels, féminins ou masculins.

     

     

    Afficher l'image d'origine 

    De nos jours, la prostitution peut se définir comme étant "la vente de gestes sexuels, par une prostituée à un client sexuel, contre de la monnaie, des aliments ou des avantages sociaux "


    Ici nous parlerons essentiellement de la prostituée, en nous centrant sur le moyen âge et nous essaierons d'établir un parallèle avec la législation ou l'attitude actuelle.

     

    I. Survol historique

     

    Préhistoire et Antiquité


    Dans les sociétés primitives, on pratiquait l'hospitalité sexuelle, c'est-à-dire qu'il était fréquent d'offrir sa femme ou sa fille à l'hôte que l'on accueillait.

     

    Bien vite, l'hospitalité sexuelle s'est transformée en prostitution sacrée.

     

    Dans l'Antiquité, les femmes se rendaient au temple une fois dans leur vie, dans le but d'offrir leur corps à une personne pauvre.

     

     

    Ceci étant basé sur le principe de sacrifice, " l'offrande allait aux divinités ".

     

    Progressivement, la prostitution devient un phénomène social.

     

    On parlera dès lors de prostitution profane. C'est également la création des premières maisons closes. Les bénéfices de celles-ci allaient à l'Etat. Les prostituées répondaient aux classes de la société.

     

    Au sommet de l'échelle par exemple se trouvaient les courtisanes ou hétaïres qui étaient fréquentées par les gens au pouvoir. Certaines ont exercé une certaine influence comme Aspasie, compagne de Périclès.

     

     

     

    L'Empire byzantin sous Justinien et Théodora

     

    De 527 à 565, c'est l'empereur Justinien 1er qui règne avec son épouse Théodora sur l'empire byzantin. Celle-ci, issue d'un milieu populaire - son père était montreur d'ours dans un cirque - avait été actrice et hétaïre.

    Ce métier avait constitué un obstacle à son mariage et certains la considéraient comme une débauchée. C'est peut-être cela qui sensibilisa le couple à la problématique, même si l'hétaïre - nous l'avons vu - avait un autre statut social que la simple prostituée.


    Justinien stipula donc que tous les proxénètes seraient punis s'ils étaient trouvés coupables de pratiquer ce métier.

     

    Il ferma les bordels et Théodora mit sur pied le premier centre de réadaptation sociale. Malgré ses efforts, le programme fut un échec et le centre fut obligé de fermer ces portes.

     

    Aujourd'hui, juridiquement est proxénète, celui qui aide, assiste ou protège la prostitution d'autrui ou en tire profit.

    En Belgique, le proxénétisme est interdit par la loi.

     

     

     

     

    Les Hébreux

     

    De leur côté, les Hébreux de la Bible instituent un monothéisme qui, par nature, interdit les rites spécifiques aux différents dieux, notamment la prostitution sacrée.

     

    La prostitution ordinaire est interdite aux femmes et aux hommes du peuple hébreu (Dt 23,18-19),

    mais autorisée pour les étrangères. ( non juives )

    -Talmud -

    En fait, cette interdiction fonctionne grâce à un tour de passe-passe, car n’est pas appelée « prostituée » la femme que son père prête contre de l’argent, mais seulement la femme qui est sous l’autorité d’un homme et qui, sans son approbation, vend ou donne ses charmes.

    C’est le détournement du bien d’un chef de famille qui est interdit, pas le commerce sexuel.

    La Bible montre de fait que les hommes ont facilement recours aux prostituées (Genèse 38,15), alors que les livres de sagesse répètent à qui mieux mieux le conseil d’éviter celles qui vous prendront dans leurs filets pour vous dépouiller de tous vos biens.

     

    Les recommandations sont du domaine de la prudence, non du respect des personnes, et la prostituée est un personnage bien présent dans le monde de la Bible.

     

    Ils connaissaient aussi la prostitution sacrée. Ainsi, le roi Josias, vers -630 « ordonna de retirer du sanctuaire de Yahvé tous les objets de culte qui avaient été faits pour Baal, pour Ashéra et pour toute l’armée du ciel. Il démolit la demeure des prostituées sacrées, qui était dans le temple de Yahvé  . La présence de prostituées sacrées dans la Genèse XXXVIII avec l’histoire de Tamar et le Deutéronone XXIII :18 laisse deviner la présence de telles pratiquesLes prostitués masculins apparaissent avoir été à l’origine ceux qui, par malformation naturelle ou par accident, ne pouvaient pas davantage assurer la continuité de l’espèce ; eux aussi trouvaient ainsi, au service de la déesse, une place dans la société.
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    Les Hébreux de la Bible :
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    Ils instituent un monothéisme qui, par nature, interdit les rites spécifiques aux différents dieux, notamment la prostitution sacrée. La prostitution ordinaire est interdite aux femmes du peuple hébreu, mais autorisée pour les étrangères. En fait, cette interdiction fonctionne grâce à un tour de passe-passe, car n’est pas appelée « prostituée » la femme que son père prête contre de l’argent, mais seulement la femme qui est sous l’autorité d’un homme et qui, sans son approbation, vend ou donne ses charmes. C’est le détournement du bien d’un chef de famille qui est interdit, pas le commerce sexuel, et, au Moyen-Orient, un père peut monnayer les services de sa fille dès que celle-ci a trois ans. La Bible montre de fait que les hommes ont facilement recours aux prostituées (Genèse 38,15), alors que les livres de sagesse répètent à qui mieux mieux le conseil d’éviter celles qui vous prendront dans leurs filets pour vous dépouiller de tous vos biens. Les recommandations sont du domaine de la prudence, non du respect des personnes, et la prostituée est un personnage bien présent dans le monde de la Bible. 

     

     

    Christianisme ancien

     

    Le Jésus des Évangiles a une attitude très personnelle avec les prostituées qu’il traite amicalement et qu’il donne en exemple de foi :

     

     

     

    « En vérité je vous le dis, les publicains et les prostituées arrivent avant vous au royaume de Dieu » (Matthieu 21,31). La prostituée est coupable d’une grave faute morale, mais elle peut être sauvée par la foi.

     

    Par la suite, la tradition chrétienne considère la prostitution comme un moindre mal.

     

    Les Pères de l'Église en témoignent, d'Augustin d'Hippone au IVe siècle qui estime qu’elle est naturelle et permet de protéger les femmes honorables et les jeunes filles du désir des hommes, jusqu'à Thomas d'Aquin au XIIIe siècle, qui juge qu’elle est nécessaire à la société comme les toilettes à une maison : cela sent mauvais, mais sans elle(s),

     

    c’est partout dans la maison que cela sentirait mauvais.

     

     

     

    La prostitution est d’ailleurs tellement naturelle que, pour plusieurs théologiens,

     

    il est préférable qu’une femme y pousse son mari plutôt que de consentir à certains rapports sexuels considérés, eux, comme de graves péchés.

     

    Dans le domaine familial, l’usage oriental d’offrir les esclaves de la maison aux hôtes de passage est un gage d’hospitalité.

     

     

     

    Le début du moyen âge occidental

     

    Les nombreuses tribus germaniques pensaient que la prostitution représentait une malédiction à combattre. Théodoric fut le premier à user de violence dans ce domaine : les proxénètes étaient jugés sévèrement.

     

    Cependant, ce n'est qu'avec le " code Alaric " que la persécution des prostituées a débuté véritablement. Ce code prévoyait que les femmes étaient aussi coupables que les proxénètes et qu'elles étaient justifiables du fouet.

     

     

    Aujourd'hui, on considère la prostitution comme un délit. On interdit et exerce une répression contre les personnes qui s'y livrent, l'organisent et l'exploitent. Personnes prostituées et proxénètes sont considérés comme délinquants et passibles de poursuites.

    http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20101202.BIB6021/les-putains-respectees.html

     

     

    L'essor des villes

     

    La concentration urbaine, avec notamment beaucoup de jeunes célibataires, apprentis ou manoeuvriers, risquait de provoquer de nombreux troubles sociaux.

    C'est ce qui va encourager l'Eglise à se montrer tolérante.

     

    Fichier:Gerard David 010.jpg 

    Si la prostitution permet de canaliser la violence, de protéger les honnêtes femmes, de soutenir un mariage stable, alors autant la supporter, voire même l'organiser.

     

    Elle a donc édicté des règles (âge, statut social, provenance des prostituées) et soutenu les notables qui voulaient appliquer les réglementations.

     

    Si la prostituée est méprisée, elle est pardonnée même si son péché est considéré comme plus grave que celui de l'homme.

     

    Aujourd'hui, les prostituées sont perçues comme des délinquantes et on prévoit des mesures de réinsertion pour les prostituées

     

    La ville n'est pas le seul lieu favorable au développement des amours vénales. La prostitution rurale est florissante.

     

    Les femmes vont de village en village tout en s'adaptant aux itinéraires des foires et des marchés.

     

    Dans les granges, les hommes entretenaient parfois une prostituée pendant quelques jours, quelques semaines.

     

    Néanmoins, c'est dans le milieu urbain que la prostitution s'épanouit, où - après l'Eglise - , ce sont les municipalités qui vont exercer le contrôle.

    Les villes possédaient des lupanars, que l'on appelle également dans le langage populaire, bordels.

     

    Ils avaient été construits avec les deniers publics et leur taille dépendait de l'importance de la ville, sa population mais aussi les travailleurs qui y venaient temporairement. Généralement, un tenancier ou une ancienne - l'abbesse - avait la gestion de ces lupanars.

     

    Celui-ci était chargé de recruter les filles et de veiller à ce qu'elles respectent certaines règles. Les filles payaient le logement et le couvert, voire un pourcentage sur les passes.

    Les lupanars ne sont pas toujours des maisons closes.

     

     

    Les prostituées ont pour rôle de racoler dans les lieux publics pour ramener les hommes au lupanar et les faire consommer avant de gagner les chambres. "La cuisine est pour le tenancier presque aussi profitable que la literie " .

     

    Mais parfois aussi elles sont cloîtrées, sauf pour aller à la messe !

     


    En fait, la condition des prostituées est variable. Certains règlements municipaux se montrent très sévères à l'égard du tenancier qui est violent; d'autres, par contre, lui accordent quasi les pleins pouvoirs sur "ses filles".

     

     

     

    Il existe en plus de ces lupanars publics, des bains ou étuves qui sont des centres de prostitution. Tous les bains sont pourvus de petites chambres équipées de chaufferie. Les propriétaires de ces étuves sont des hauts personnages qui n'ignorent rien de ce qui se passe dans l'établissement. Les bains sont également des lieux de rencontre et des lieux de maquerellage.

    Les prostituées qui y travaillent sont mieux considérées que celles de bordels publics.
    Les autorités tentent d'y maintenir des règles sanitaires, morales, vestimentaires.

     

     

    http://www.come4news.com/images/users/6288/Etuves%20publiques%20MA.jpg 

    Evolution du 11e au 15e siècle

     

    Dès la première croisade, soit de 1096 à 1099, les prostituées ont suivi les troupes. Toutefois, pendant la huitième croisade menée par Saint-Louis, l'Etat dut payer un salaire à environ 13000 prostituées afin d'encourager les troupes à continuer la guerre sainte.


    Aujourd'hui, ce type de pratique n'existe plus et est officiellement interdit pour des raisons d'hygiène. On se souvient de la chanson de Jacques Brel "au suivant" évoquant précisément ces anciens" bordels de campagne"

     

    Pendant l'époque où Louis IX régna, soit de 1226 à 1270, la politique face à la prostitution fut changeante, passant de la prohibition à la tolérance. Il menaça d'expulsion toute personne faisant de la prostitution, occasionnellement ou comme métier. Alors commença une dure répression, et la prostitution clandestine remplaça les maisons de débauches ouvertes à tous.

     

      

     

    Mais les plaintes fut nombreuses et sa politique se trouva devant l'échec : il était impossible de mettre fin à un phénomène si répandu. Il décida donc de concentrer la prostitution dans certains quartiers, à l'écart des maisons de bonne famille.

    Il ouvrit aussi les portes d'un centre de réadaptation.

     


    Aujourd'hui, il existe toujours des quartiers où la prostitution est plus ou moins tolérée par la police et des maisons de réadaptation, de réinsertion pour les prostituées (système en vigueur en France depuis 1946, date de fermeture des maisons closes).

     

    Le grand théologien médieval , Saint-Thomas d'Aquin, a commencé par insinuer que l'on devait se montrer tolérant envers la prostitution, puis il alla plus loin, en mentionnant qu'il était permis d'accepter les fruits de ce commerce. D'ailleurs les étuves appartenaient parfois à des monastères ou des évêchés.

     

    Aujourd'hui, cela a bien changé : l'Eglise est contre la prostitution.
    Par ailleurs, certains pensent que se prostituer, c'est vendre son corps et que cela constitue une atteinte aux droits fondamentaux de l'être humain.

    D'autres sont plus tolérants et invoquent le droit qu'a chacun de posséder son corps.

     

     

    Pour vérifier que les réglements soient bien appliqués, certaines villes, comme Venise par exemple, assignaient des vêtements particuliers aux putains afin qu'on les reconnaisse et que l'on puisse sévir si jamais elles n'obéissaient pas.

     

    Il était aussi important pour les dames de la bonne société qu'on ne puisse les confondre avec ces filles de mauvaise vie, d'où l'obligation du port d'un signe distinctif, comme un ruban jaune autour du cou.

     

    Aujourd'hui, la prostituée a droit de porter le tenue vestimentaire qui lui plaît, à condition de ne pas attenter à la pudeur sur la voie publique.
    On peut toutefois dire que c'est souvent "la tenue de travail" qui trahit la prostituée.

     

     

     

    Qui sont les prostituées au moyen âge ?


    Peu ont choisi ce métier par goût.

     

    La plupart y sont acculées par la misère ou bien ou été soumises à un viol, et déshonorées, ne peuvent plus espérer vivre une existence de femme honnête, mariée et mère de famille.

     


    Elles commencent généralement de manière occsionnelle, pour faire plaisir à un compagnon. Elles peuvent entrer dans une étuve comme domestique, "hôtesse" en sorte lorsqu'elles sont encore jeunes et jolies pour finir, avant 30 ans, dans un bordel où le client est moins regardant sur le physique.

     

    Certaines encore travaillerontdans des bordels privés.
    Lorsque leur âge interdit de vivre encore de leurs charmes, soit elles ont une promotion et deviennent abbesses, soit elles entrent dans une insitution religieuse spécialisée.

     

    Que l'on pense au Vertbois de Liège, institué pour les incurables et "pour les filles repenties"

     

     

    II. Les causes de la prostitution de nos jours

     

    Bien souvent, les personnes rentrent dans le milieu de la prostitution afin de survivre et non par projet de vie.


    La prostitution peut être occasionnelle comme, par exemple, celles qui se prostituent pour avoir de l'argent fin du mois. (voir aussi)

     

    Il existe différents facteurs qui peuvent faire en sorte qu'une personne entre dans le milieu de la prostitution :

     


    -la rencontre de quelqu'un qui connaît le milieu, comme par exemple une mère, une amie.
    -la rencontre d'un proxénète qui peut se dissimuler derrière une relation amoureuse.
    -les offres d'emplois déguisées (clubs et salons de massage, internet,...)

     

    Les causes de la prostitution sont multiples


    - Facteurs sociaux et psychologiques


    La violence familiale, les sentiments de rejet, d'abandon, d'injustice, vécus dans l'enfance.
    Les abus sexuels : ces viols ou incestes donnent naissance à une dévalorisation de soi, une culpabilité, ce qui peut engendrer la marchandisation de son corps.


    - Facteurs économiques


    La pauvreté est souvent à l'origine de l'utilisation de son corps. Dans ce cas-ci , nous pouvons parler de prostitution choisie pour un but lucratif.
    Elle peut être due au manque de qualification, à un éclatement de la famille, un manque de revenus, des dettes, etc


    - Toxicomanie


    Le fait de consommer de la drogue implique une dépense d'argent parfois très conséquente. Certaines consomment de la drogue pour surmonter les conditions de travail. Par contre, d'autres femmes se prostituent pour se procurer de la drogue.


    -
    L'appât du gain


    Le fait de se prostituer est un moyen " facile " de se procurer de l'argent. La société d'ailleurs nous incite à consommer.

    La publicité suscite toujours le désir de plus de biens.


    - Les réseaux internationaux.


    De plus en plus de femmes prostituées proviennent des pays de l'Europe de l'Est; elles sont généralement dépourvues de titre de séjour et donc très dépendantes de leurs souteneurs.

      

     

    Conclusion


    Comme on a pu le constater, malgré les interdictions de toutes sortes, la prostitution a traversé les époques, jusqu'à devenir aujourd'hui encore plus difficile à enrayer, avec notamment l'ouverture des frontières aux pays de l'Est.

     

    On se trouve alors en face d'un véritable trafic d'êtres humains.


    Dans l'histoire, on a vu que si certains se sont, bien sûr, enrichis sur le dos de la pauvre putain, d'autres ont essayé de créer un minimum de règles pour protéger ses droits, tandis que certains ont aussi fait des efforts pour améliorer son sort en instituant des programmes pour les réhabiliter .

     

    On constate toutefois une tendance récente à légaliser la prostitution "libre", à l'assimiler à un métier comme un autre, ouvrant les droits à la sécurité sociale.

    Cette position est fort discutée par les associations qui travaillent avec les prostituées.

     

    Il est évident qu'il reste difficile d'être absolument sûr que la prostituée l'est de son plein gré et que ses gains lui restent en pleine propriété.

     

     

     

     

     

    III. Bibliographie
    Adresses internet
    http://www.lecavalierbleu.com/idees_recues/extrait_pdf/prostitution.pdf
    http://rad2000.free.fr/glosdps39..htm
    http://l'histoire%20de%20la%20prostitution%20au%Moyen%20Age.htm
    http: // pages . infinit. Net / jade 20 / biblio /prostitu.htm
    Date de consultation des sites : le 13.05.2002
    Livres
    Claudine Legardinier, La prostitution, Edition Les essentiels Milan, France, 1996
    Jacques Rossiaud, La prostitution médiévale, Edition Nouvelles Bibliothèque Scientifique Flammarion, France, 1988
    Articles
    Lamotte Philippe, extrait du Vif l'express , n°2553, hebdomadaire, 09.06.2000
    Jean Verdon, "les bordels, des maisons on ne peut mieux tolérées", Historia thématique, Un Moyen-Age inattendu, mai-juin 2000
    La Libre, "légaliser la prostitution ou pénaliser le client ?", p.10, 26 novembre 2001
    Jacques Rossiaud, entretien sur "comment on faisait l'amour au moyen âge", dans Les collections de l'Histoire, l'amour et la sexualité, H.S.N°5, mai-juin 1999.

     

    SOURCES

    Thérèse Jamin, Historienne à la retraite (de l'ESAS/HELMo), qui a lancé le site en 2001 et Florence Loriaux, titulaire actuelle des cours d'Histoire sociale et politique et d'Eléments de sciences politiques à l'ESAS, collaboratrice au CARHOP et à l'ISCO (formation permanente du MOC). http://dev.hemes.be/esas/mapage/euxaussi/marginal/evolprost.html

     

     

     

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     Les maisons closes sont liées à l'histoire de Paris, entre Belle Epoque et premières décennies du XXe siècle.

     

     

    Lieux incontournables des nuits parisiennes, chambres des premières initiations comme salons qu'il convenait de fréquenter, où les clients les plus blasés venaient en quête de ce qui pourrait encore les surprendre, théâtres de tous les fantasmes et palais irréels accueillant leurs visiteurs dans un univers où tout semblait n'être que luxe, calme et volupté, les maisons closes ou de tolérance,

      

    ou encore bordels et lupanars jalonnent une topographie du désir parisien: d'arrondissement en arrondissement, de boulevards en rues discrètes, ces lieux témoignent d'une créativité sans bornes dans l'art de mettre en scène les désirs et les plaisirs,

    les corps des femmes et le regard des hommes, l'exacerbation des sens dans un monde de couleurs, de touchers et de senteurs.

     

     


    Entrouvrir ces portes m'a permis de réveiller un monde oublié de sourires et de fous rires, de frou-frou, de soie et de velours, de bulles de champagne et de regards croisés, une incroyable scène où se déroulaient les chassés-croisés des filles et des clients, sous l'oeil de la chorégraphe et surveillante-en-chef des lieux.

      

    Somptueux décors, panoplie d'accessoires répondant à tous les fantasmes, tout contribuait à déplacer les frontières entre rêve et réalité, entre licite et interdit, entre le statut social et les rôles imaginaires.

     

     http://www.officiel-galeries-musees.com/galerie-au-bonheur-du-jour-nicole-canet/exposition/decors-de-bordels-entre-intimite-et-exuberance

     

     

     En France, les maisons closes ont été impitoyablement fermées en 1946. Hormis quelques photos, quelques traces dans la littérature, rien n'a survécu de ces temples de l'Amour.

     

    Il faut faire preuve de beaucoup d'imagination pour essayer d'en retrouver l'ambiance.

      

      

     

     1. Le Chabanais

    La maison, installée 12, rue du Chabanais, près du Palais-Royal, était célèbre pour l'invraisemblable décor exotique de ses chambres.

     

    Ainsi, à l’Exposition Internationale de 1900, un prix fut décerné à sa

    « Chambre japonaise ».

     

    On y rencontrait également la Chambre Hindoue, et la Direc­toire, la Médiévale et la Napoléon III, la Chambre Mauresque « qui appelle le viol » ou encore la chambre Louis XVI, décorée de médaillons imités de Boucher...

     

      

    2. Le One Two Two

    Située au 122, rue de Provence, cette célèbre maison close attirait les amoureux des voyages avec une chambre transformée en intérieur de wagon-lit. Les banquettes de ce wagon étonnamment bien reconstitué étaient recouvertes de dentelles blanches oü trônait « une superbe Vénus noire ».

     

     http://www.actuphoto.com/12207-nicole-canet-maisons-closes-bordels-de-femmes-bordels-d-hommes-1860-1946.html

      

      

     aux belles poules 32 rue blondel paris:  

    3. Aux Belles Poules

    Au n° 32, rue Blondel.

     

    Afficher l'image d'origine

    La décoration intérieure fut lune des plus spectaculaires de Paris.

     

    Des mosaïques de faïence rouge rendaient hommage à la beauté féminine... en l’associant parfois à celle des gallinacés.

     

     

    aux belles poules 32 rue blondel paris:

    Au-dessus des portes, de belles Odalisques, forcément alanguies, voisinaient avec des compositions mythologiques mettant en scène des jeunes femmes dénudées au fessier rebondi.

     

     

    aux belles poules 32 rue blondel paris:

    Une femme rousse, un bandeau dans les cheveux, un sein dénudé, dissimulait son visage derrière un éventail...

     

     

     4. Le Sphynx

    Situé au 31, avenue Edgar Quinet, cet établissement accueillit le gratin intellectuel et politique de l'entre-deux-guerres.

     

     

     

    La « décoration égyptienne » des lieux était renommée.

     

    La statue d'un pharaon, aux jambes largement écartées, attendait la clientèle.

     

     

     

     5. Rue des Moulins

    Lune des toiles mondialement connues du peintre Toulouse-Lautrec, visible au musée Toulouse-Lautrec d'Albi, représente Mireille, une jolie pensionnaire rousse, en déshabillé vaporeux.

     

     

    Elle attend la clientèle dans une pose alanguie.

     

    La toile permet d’apprécier le décor de colonnades et de miroirs.

     

     

     

     6. Le Moulin Galant, rue de Fourcy

    Lécrivain Jean-Paul Clébert raconte :

    « II existait dans le quartier Saint-Paul, rue de Fourcy je crois, le plus étonnant des lieux publics, un bordel pour clochards.

     

    Ce foutoir maintenant disparu, sinon de la mémoire des usagers, et dont on de-Ane mais regrette l'atmosphère, était composé de deux pièces :

     

    le Sénat, où le tarif était uniformément de dix francs et la Chambre des députés oü il variait selon l’humeur et la qualité autour de quinze. »

     

     

     

     7. L'Abbaye, rue Saint-Sulpice

    C’était un bordel destiné à une clientèle d’ecclésiastiques. Alphonse Boudard l'a décrit en détail. « Les chambres s’aménagèrent sur la base de ce qui allait se dérouler. La salle de tortures, avec une croix de Saint-And ré... le crucifix aurait été par trop sacrilège... diverses tenailles, crochets et chaînes, un gibet pour les amateurs de corde au cou puisqu'il paraît quà un certain moment la petidaison provoque une érection...

      

    Passons à la chambre de Satan... avant-goût de l'enfer.

      

    Le patient y était reçu par des diablesses qui ne lui laissait aucun répit.

     

    On malmenait là aussi, mais en plus avec le sentiment de la damnation...

     

    Une des pièces s'appelait la sacristie... ça allait de soi.

     

    Un confessionnal était à part dans le recoin d'une chambre tapissée de rouge.

     

    Un endroit souvent demandé où les rôles s'inversaient parfois...

    Cela donnait lieu à des surprises... la nana était à poil ou en soutane selon le désir du client... »

     

     

     

     8. Le 29, rue du Thermomètre

    Lendroit, situé dans une rue détruite par le percement du boulevard Haussmann, était cher à Louis Aragon. 11 raconte :

     

    « Le lit de milieu, large et bas, meuble presque entièrement la pièce [...] La porte s'ouvre, et vêtue seulement de ses bas, celle que j'ai choisie, s'avance, minaudière [...] elle rit patte qu'elle voit qu'elle me plaît.

     

    Viens petit que je te lave. Je n'ai que de l'eau froide, tu m'excuses ?

    c'est comme ça ici.

     

    Charme des doigts impurs purifiant mon sexe, elle a des seins petits et gais, et déjà sa bouche se fait familière. »

     

     

     

     9. Madame Denis, rue du Papillon

    Lécrivain Maurice Dekobra y a décrit une visite.

     

    Dans un sous-sol évo­quant un harem de Beyrouth

     

    « onze femmes sans voiles, couchées pêle-mêle en des poses alanguies, attendent au bord d'un étang lumineux l'aurore aux doigts de rose.

    Les danses s'ébauchent.

     

    Les corps se meuvent... »

     

    Les jeunes filles chantent quelques couplets vaguement grecs.

     

    « Ça nous rajeunit de cinq mille cinq cents ans ! »,

    souffle Mme Denise.

     

    http://facebookrencontre.blogs.nouvelobs.com/archive/2012/08/03/10

    -maisons-closes-parisiennes-auxdecors-etranges.html

     

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    10. Chez Christine, rue Navarin

    On en voit encore la façade « médiévale »,

    c’était une boîte SM.

     

    « Rien n’y manque », pouvait-on lire dans le Guide des maisons d'amour et des musées secrets en 1935.

     

    « Collier de fer, menottes, chevalet, chaînes et même gibet.

     

    Ici l'imagination peut rê'/er aux sombres tragédies de l'inquisition.

    L'amateur, sans grand mal, se donne l'illusion d'être victime... ou bourreau. »

     

     

     

    JEAN JACQUES ROUSSEAU, un fervent adepte de la

    FESSEE ! 

     

    Les fesses étant des zones érogènes, il n’est pas très étonnant que certains veuillent utiliser la sensibilité particulière de cette région du corps pour élargir leurs possibilités de satisfaction sexuelle.

      

    Mais pourquoi le faire avec violence ?

     15

      

      Lui qui s’affole quand un jupon le frôle, qui n’a pas oublié le trouble étrange que lui a procuré la fessée de Mlle Lambercier, les jolies femmes rencontrées pendant ses errances, lui qui a avoué des pulsions sexuelles incontrôlables, "Maman" ne le trouble pas, n’apaise pas ses désirs, il la chérit. Il évoque la pureté de leurs étreintes.

     

     

    Jean Jacques Rousseau peut peut-être fournir une explication :

      

    il rapporte dans ses« Confessions » le trouble sexuel qu’avaient engendré chez lui les fessées qu’il reçut à l’âge de 8 ans de la main de Mademoiselle Lambercier, une femme de 30 ans, ce qui avait provoqué sa jouissance et aurait conditionné, dit-il, son masochisme et sa difficile relation aux femmes.

      

    Afficher l'image d'origine

     

    On pourrait donc se demander si les adeptes de la fessée, voire du sado-masochisme ne sont pas, comme J.J. Rousseau, restés accrochés à leurs premières expériences enfantines ?

      

    Freud écrivait à ce sujet en 1905 « depuis les confessions de J.J. Rousseau, il est connu de tous les éducateurs que la douloureuse stimulation de la peau des fesses est une des racines érotisantes de l’objet passif de la cruauté (masochisme) ».

     

    Jean Feixas décrit une large utilisation érotique de la fessée au XVIIIe siècle, la flagellation étant tout particulièrement recherchée par les usagers des maisons closes de l’époque, peut-être émules de Sade : aristocrates, ecclésiastiques ou manants y étaient nombreux à se soumettre à ces pratiques.

      

    Les « années folles » semblent aussi avoir été celles d’une grande attraction pour la fessée érotique, comme en témoigne la très riche iconographie que l’on peut trouver sur cette époque.

     

     

    http://www.canesegas.com/canne.erotisme/sources.credits.html

     

     

    Bonjour,

    Vous pouvez me laisser un

    commentaire, un message,

    cher visiteur.. ...

    vous qui venez à pas de velours lire mes articles sur Paname..

     

    ces ARTICLES de la vie "PARISIENNE LEGERE"

    dirons-nous

    sont simplement des articles Historiques,

    en aucune manière, un commentaire lubrique, grossier,

    ne doit être écrit sur ce blog.

    Merci

     

     

      

     

     

     

     

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  • Derrière les façades honnêtes, quel secret, quelle histoire ?

    Les filles

     

     

    "Les femmes du 122 n'auraient jamais mis les pieds rue de Lappe, au Panier Fleuri ou rue de Fourcy, et l'inverse était vrai, celles du Panier Fleuri n'auraient pas aimé travailler au One. Entre la femme d'abattage et la femme sélecte, il y avait une énorme différence. On aurait pu offrir à la première trois fois ce qu'elle gagnait rue de Lappe, elle ne serait jamais venue rue de Provence. La conversation, les poses ce n'était pas son truc, ça l'aurait emmerdée. Elle, ce qu'elle voulait, c'était : Hop ! envoyez-moi un client après l'autre.

    Tandis qu'au One Two Two qu'on monte ou qu'on ne monte pas, on se devait d'être aimable et de ne jamais montrer d'impatience.

    Comparé à la rue de Fourcy, où c'était toc, toc toc, on aurait dit le jour et la nuit. Dans les salons du One, on nous payait pour bavarder, un peu comme des geishas. Les passes avaient lieu surtout l'après-midi. Les gens bien arrivaient dans la soirée et n'avaient pas qu'une seule idée en tête. J'accueillais des hommes d'une classe extraordinaire. Je ne pourrais énumérer le nombre de comtes, ducs, rois, artistes célèbres, hommes politiques, avocats ou médecins que j'ai vus entrer au One. Et ils n'y venaient pas uniquement pour batifoler ou forniquer, mais souvent pour s'y retrouver, comme dans un club.

    [...]

    Tout y était aussi plus facile et plus sûr sur le plan de l'hygiène. Des filles ravissantes en robe du soir, des soubrettes qui étaient de pures merveilles, des femmes de chambre qui faisaient la couverture, des lavabos et des draps impeccables, avec dans le cabinet de toilette des petites bouteilles munies d'un écriteau : "Messieurs, voulez-vous avoir l'obligeance de vous désinfecter."

    Quand un client redescendait, il était toujours accueilli avec politesse :

    - Est-ce que vous avez été satisfait d'Arlette, monsieur ?

    Pas un bonhomme à qui on ne demandait s'il avait été content. Quand il lui arrivait de se plaindre, à juste titre, d'une fille, elle prenait la porte. De toute façon, on ne payait qu'à ce moment-là, jamais d'avance."

    p. 40-41.
     
    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_10.html
     

    ARTICLE "HISTORIQUE" et ne doit en aucune façon être la cible de commentaires doûteux...

     

     

      

     

     

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  •  

     

     

      

      

    Quand la porte s'était refermée  

    - il y avait toujours un court temps d'attente après chaque entrée

    - le visiteur se trouvait seul dans un grand hall brillamment illuminé.

    Au fond, un escalier monumental,

    recouvert d'un épais chemin de laine,

    à côté, un ascenseur aux vitres opaques et quatre guérites qui flanquaient ces départs vers les étages supérieurs.

    L'homme faisait quelques pas dans l'entrée.

    Une dame en petite robe noire - toute en sourire - surgissait de nulle part.

    - Si Monsieur veut patienter quelques instants.

    Passez la souris sur l'image...

     

    Passez la souris sur l'image pour voir le hall en 2001

     

    Puis elle le précédait vers l'une des guérites et en refermait la porte sur lui. On aurait pu se croire au confessionnal, d'autant que des bruits de pas, feutrés par les tapis, augmentaient cette sensation de solitude propice au recueillement. Des chuchotements. La dame en noir réapparaissait :

    - Si Monsieur veut bien me suivre au salon de choix.

    Il sortait de sa retraite, le temps d'un regard pour les guérites où d'autres candidats devaient sans aucun doute patienter, et suivait son guide.

    L'ayant précédé jusqu'à une grande pièce, elle s'effaçait. Quel homme n'a pas rêvé de trente jeunes filles en fleur offertes à son bon plaisir ? Eh bien, là, soudain, le phantasme devenait réalité.

    Imaginez un gigantesque salon circulaire dont le parquet était recouvert d'un tapis vert imitant la mousse, entouré de colonnades montant vers un vélum, ébauche de temple grec.

    Dans chaque intervalle, un socle éclairé par un projecteur. Sur chacun des supports, une femme, mince ou bien en chair, grande, parée, en robe du soir, figée comme une statue, épaules nues, un sein parfois totalement à découvert.

     

    D'autres jeunes personnes étaient assises sur la mousse, leurs jupes gracieusement étalées en corolle.

    Tissus rouges, roses, bleus, jaunes. Lumières. Peaux blanches.

    Bras nus. Maquillages éclatants. Longue jambe gainée de soie que découvrait une jupe fendue. Seins dressés.

    Merveilleux déjeuner de campagne.

    Il en venait à l'homme une moiteur aux mains et une excitation soudaine.

     

    Le jardin des fleurs

    Derrière lui, la dame en noir sussurait :

    - Monsieur a fait son choix ?

    Un instant, un désir boulimique l'envahissait. Toutes. Et puis, la raison l'emportait. Il lui aurait fallu les forces d'un Hercule. Il n'était, hélas, qu'un homme. Après un long regard pour la fresque champêtre, peinte tout au long des murs, qui encerclait ces étranges et délicieuses bergères sans troupeaux - des feuillages, tombant artistiquement du plafond, accentuaient le caractère bucolique de l'ensemble -, sa main se tendait vers l'un des corps offerts.

    La gouvernante faisait un signe à la jeune femme qui immédiatement s'avançait, le sourire aux lèvres, sa robe longue détaillant dans sa marche des rondeurs appétissantes.

    - Bonjour, ami.

    Elle lui prenait la main. En toile de fond, ses compagnes gardaient la pose. Mannequins de chair que seul un désir d'homme semblait pouvoir animer. Ces femmes figées en robe du soir au coeur de ce décor de paysage d'Arcadie que n'aurait pas renié Nicolas Poussin.

     

    La rampe

    Seul vestige du One : la rampe de l'escalier

    L'ascenseur emportait le trio vers les étages supérieurs. Au premier, la porte de la cabine s'ouvrait sur une rieuse invitation au bonheur. Des marquises Louis XV, en robes à panier rose, bleu pâle ou gris tendre, allaient vers une gondole qu'un marin tenait amarrée aux marches du quai. L'une d'elles, déjà à bord, le visage masqué par un loup, leur tendait la main. La lagune de Venise, une mer bleu-vert, un ciel glauque, des vols d'oiseaux marins dans la brume enveloppaient ce départ pour la fête.

    - Monsieur a peut-être retenu l'une de nos chambres ?"

     

    p. 10-12.
     
    sources : http://www.insenses.org/chimeres/
    lieux/one_two_two_1.html
     

     

     

     

     

     

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    LA DECORATION

     

    La chambre Louis XV avait bien des attraits, mais il y avait aussi la chambre Romaine, et bien d'autres encore...

    "Tout au long des murs, des colonnes droites et pures, surmontées d'arceaux, entouraient un lit bas posé sur un tapis d'un vert délicat. Peints en trompe-l'oeil sur les vides de cette architecture, un temple sévère dédié à quelque déesse, les collines de Rome, des statues antiques au nu provocant, des personnages au péplum.

    - Monsieur préfère peut-être l'exotisme ?

    Il n'y avait qu'une porte à pousser. Des masques africains grimaçaient leur éternel sourire bariolé. Au-dessus d'un grand lit recouvert d'une étoffe à boubou, des lances de guerriers s'entrecroisaient sur les murs tendus de jute où nageait un crocodile. Une tête de sorcier à corne de rhinocéris, couverte des signes rituels, était accrochée comme un trophée de chasse. Un haut tam-tam faisait office de table. [...] une peau de lion, gueule ouverte sur des crocs menaçants, observait de ses yeux de verre.

    Pour parfaire l'illusion ou compléter la réalité, le rideau de la fenêtre dessinait un palmier sur le fond d'un désert. Et, ne vous y trompez pas, totems, armes et lion n'étaient pas du toc. [...]

    La chambre africaine

    La chambre du corsaire ou la transatlantique ? L'une était toute boisée. Une sirène aux seins fermes captive à l'un des montants du grand lit à baldaquin. Une échelle pour grimper sur le pont au cri de "Voile à l'horizon !".

    Un tabouret en forme de coeur - vous n'étiez pas un soudard. Enfin, une carte du Tendre sur un mur invitant votre capture au plus beau des voyages.

    Chambre du corsaire Chambre du corsaire

    L'autre était toute blancheur, armoires d'acajou et glaces. Des hublots de lumière électrique. Lit profond beige sur moquette beige.

    Elle donnait sur un faux pont avec chaise longue, bouée de sauvetage et bastingage face à un océan peint à l'huile, décor impersonnel et confortable qui convenait aux femmes de Van Dongen - grands yeux noirs, Chanel, collier de perles fines et chapeau cloche, ou aux longues filles de Touchagues.

    La chambre transatlantique

    Chambre transatlantique

     

     

    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_2.html

     

    ARTICLE "HISTORIQUE" et ne doit en aucune façon être la cible de commentaires doûteux...

     

     

     

     

     

     

     

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    Le ONE TWO TWO ( 3 )

     

    Pour les délicats, il y avait la Caravelle. Vitraux. Angelots soufflant dans des conques marines. Meubles de haute époque. Armoiries et, au-dessus du lit, une rose des vents pour indiquer le cap du bonheur.

    Au port, il restait à prendre le train : le P.L.M. Paris-Lyon-Méditerranée.

    La voyageuse était peu farouche. Les inconnus lui plaisaient. Et, vous n'aviez très vite plus aucun doute, elle adorait faire l'amour dans un sleeping. Au-dessus de l'étroite couchette, le mini-éclairage d'un wagon-lit mettait en lumière vos ébats, bercés par le bruit régulier d'un train en marche. Derrière la vitre du compartiment, le paysage - campagne et gares - défilait de toute sa longueur de toile montée sur déroulant. Il avait suffi pour déclencher le double mécanisme d'appuyer à l'entrée sur un bouton.

    Les âmes vagabondes pouvaient descendre à la première station où la chambre des foins leur tendait les bras. Au mur, des grands arbres, une petite route départementale, des prés verdoyants à perte de vue. Un moulin à vent qui battait des ailes sur sa colline. Au plafond, un faux grenier débordait de foin. Un dessus-de-lit vert, parsemé de petites marguerites en relief, qu'on aurait dit posé sur une couche de paille dorée.

    "Couchés dans le foin avec le soleil pour témoin..." Et puis, au pied du lit, de l'autre côté d'une petite barrière blanche, une brouette attendait que le fermier achève de culbuter la bergère. [...]

    La chambre rustique

     

    La Provençale avait ses cuivres scintillants. Le Drap d'Or, ses drapés qui enrobaient le lit du plafond au sol. L'Igloo, ses peaux d'ours blanc et ses bois de rennes.

     

    La François Ier, tapisserie d'époque et des murs couverts de fleurs de lys d'or. On y accédait par un couloir où de fausses bombardes engagées dans des sabords menaçaient un invisible ennemi.

    La chambre indienne

    Mais, ce périple achevé, tout restait à voir. Vous ne connaissiez encore ni le féérique ni l'inquiétant... Vous ne connaissiez pas la magie de la chambre des glaces. Il y en avait deux dans la maison. Leurs plafonds et leurs murs étaient couverts de glaces biseautées. Allongée sur le grand lit, seul meuble de la pièce, l'amie de l'heure, cent fois, mille fois semblable à elle-même, était reflétée sur toutes les facettes de cet étrange diamant. Chacun de ses gestes devenait le nombre infini d'une même caresse.

    Plus on allait vers le ciel, plus on se rapprochait de l'enfer. L'inquiétant, le blasphématoire étaient à un autre étage : la Chambre des Supplices. Une grande croix de bois, semblable à celle du Christ, faisait face à l'entrée. Des bracelets d'acier tenaient lieu de clous.

    Sur un ordre, la jeune femme vous enserrait chevilles et poignets et vous écartelait. Libre à vous de recevoir le fouet, d'entendre siffler la longue et fine lanière de cuir sur vos épaules, votre poitrine, d'ajouter enfin des chaînes au plaisir raffiné de votre supplice."

     
     
    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_3.html
     

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    Le One-Two-Two (4)

     

    On est aujourd'hui surpris par la munificence d'un tel décor, mais peut-être faut-il y voir le vernis du regard nostalgique de Fabienne ? Toujours est-il que les décorateurs du One ont fait preuve de beaucoup d'imagination, comme le prouvent les quelques photos que vous découvrez sur ces pages.

    Les visiteurs venaient aussi au One pour y dîner. Le restaurant s'appelait le Boeuf à la ficelle. Dans une grande pièce trônait une table en fer à cheval avec nappe blanche, vaisselle de porcelaine et cristaux scintillant sous le grand lustre. C'était le régime du menu unique : caviar d'Iran, boeuf à la ficelle, fromages et dessert (une omelette norvégienne par exemple). Le tout arrosé de champagne, Bollinger ou Pommery.

    Les serveuses étaient en déshabillé, talons hauts, petit tablier blanc et camélia dans les cheveux.

    Le salon Miami

    "Pour les alcools et les cigares, on passait au salon Miami. Le Tout-Paris était là, pour être vu ou simplement voir. Un grand piano-bar. Des fauteuils et des tables de plage. Des lumières soleil. Au mur, une jetée bordait une mer d'un bleu imperturbable, tandis qu'au fond de la pièce une glacière brillait de l'or des bouchons de toutes les bouteilles de champagne imaginables. Le pianiste égrenait un fox-trott, un tango ou un slow. Célibataires, couples légitimes ou illégitimes, personnalités ou inconnus buvaient, riaient et dansaient.

    A travers cette atmosphère chaude et animée, les pensionnaires de la maison, en robes longues et moulantes, allaient et venaient, prêtes à servir de compagne à la demande. Tout n'était qu'animation et gaieté. Il y avait du monde partout, au salon Mousquetaire, au Maple, décoré de meubles anglais, ou au petit bar. Des amitiés naissaient. Des habitudes :

    - On venait dans un club.

    L'amour était la toile de fond d'un monde apaisé et heureux. Les soucis restaient à la porte ou fondaient sur un sourire, l'éclat d'une peau, le pétillement du champagne dans les coupes, la grâce d'un corps.

    Tard dans la nuit ou à l'aube, vous repartiez, mais, remontant la rue de Provence, soudain, vous vous sentiez très seul.

    Et puis voilà, un jour d'octobre 1946 - le ciel devait être très bas et pluvieux -, les lumières s'éteignirent, les rires se cassèrent, les jeunes femmes ne revinrent plus et pour la première fois au 122, rue de Provence, les volets s'ouvrirent. "Cachez ce sein que je ne saurais voir." Des Tartuffes avaient décidé la fermeture des "maisons". Belles âmes sans reproches, incapables de faiblesse humaine...

    Le One Two Two n'existait plus.

    Une époque se terminait. Où pourrions-nous aller ce soir, à Paris ?

    L'immeuble est aujourd'hui le même. Il est occupé par le Syndicat des Cuirs et Peaux de France."

    p. 16-17.

    -------------------

    Voici donc comment Fabienne Jamet, la "patronne", décrit la maison qu'elle a dirigée et aimée (une main de fer dans un gant de velours ?) pendant sept ans, sept mémorables années qui auraient pu durer bien davantage si Marthe Richard et sa célèbre loi n'étaient venues pour anéantir le commerce officiel des maisons. Les plus malins ouvriront bien vite des clandés, mais ceci est une autre histoire...

     

    sources : http://www.insenses.org

    /chimeres/lieux/one_two_two_4.html

     

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  • Fabienne Jamet :

    une femme de caractère (1910 - ?)

     

    Fabienne Jamet, née Georgette L., est la fille d'un inspecteur à la Brigade parisienne et d'une concierge. Elle naît en décembre 1910. Naturellement volage, le papa peut se rincer l'oeil - voire plus si affinités - dans le cadre de ses fonctions puisqu'il est chargé de la surveillance nocturne du Bois de Boulogne, pas plus tranquille à l'époque qu'en 2004... Son épouse en prend ombrage.

    Devant les menaces de divorce engendrées par des fréquentations douteuses, le père de Georgette se fait réformer pour varices. Il a quarante-quatre ans et Georgette en a dix.

     

     

     

    "Quand il mourut, à quatre-vingt-douze ans, il avait été mon caviste au One Two Two [à partir de 1942, sa deuxième femme étant la caissière], avait sauté toutes les filles du quartier Saint-Lazare et cueilli sa première syphilis pour ses soixante-cinq ans." p. 20.

     

     

     

    Premier déménagement. La mère de Georgette achète un hôtel (de passe !) situé au coin de la rue Poinsot et du boulevard Edgar-Quinet. Elle meurt quand Georgette a quatorze ans. On est en 1924. Le père se voit alors dans l'obligation de vendre pour acheter un autre établissement, avenue Jean Jaurès à Clichy. Comme il se met en ménage avec une des femmes de chambre, Georgette se fait la malle à 17 ans avec son premier Jules, Loulou, qui l'installe dans une chambre d'un hôtel meublé de la rue Biot, près de la place Clichy. Elle commence à faire le tapin pour lui.

    Comme elle en a vite marre de la rue et de son marlou qui lui pique son fric, elle tente de se faire entôler à Douai chez Madame Euphrasie qui la trouve trop jeune, puis au One Two Two. Elle a de faux papiers qui la vieillissent de dix ans et lui font porter le nom de jeune fille de sa mère : Pélagie Desachaux. Elle n'y reste que quelques semaines. Elle est renvoyée pour avoir planqué une partie du pourboire versé par des clients ; et elle est marquée à l'encre rouge sur le carnet de la gouvernante du One.

    Après quelques semaines passées au bordel de la rue de Montyon, chez Germaine qui au passage la rebaptise Fabienne, elle décide de quitter Paris pour se faire embaucher par la mère Lolo, rue Ventomaggi, à Marseille. Elle a dix-huit ans. La mère Lolo est une mère pour elle. Fabienne reste chez elle jusqu'à ses 21 ans. Elle retourne alors à Paris. On est en 1931. Elle entre au 13, rue Saint-Augustin. Se fait virer pour insolence.

    Décide de se présenter à nouveau au One Two Two, sous le nom de Fabienne L., cette fois. Et ça marche !

     

     

    Le lieu de travail...

     

     

    sources :

    http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_5.html

     

    ARTICLE "HISTORIQUE" et

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    Marcel et Doriane : les patrons du One

     

    Marcel Jamet

    Marcel Jamet, le propriétaire, a alors 42 ans environ. Il serait donc né en 1889. Son épouse, Fernande dite Doriane, a 30 ans en 1931. Jolie, elle ressemble à Edwige Feuillère. Mais Fabienne trouve qu'elle a de grosses jambes, qu'elle sait d'ailleurs cacher intelligemment sous de longues robes du soir. C'est elle qui tient la maison, puisque la loi interdit à un homme de le faire.

    La première gouvernante s'appelle Blanche. Petite, grosse, avec une invraisemblable perruque rousse et une petite robe noire. Elle a plus de cinquante ans en 1931. Elle ne met du rouge à lèvres que pour recevoir les têtes couronnées...

    Tout Paris la connait pour son allure insensée et personne ne songe à se moquer d'elle ouvertement. On se contente d'un "Blanche, ôte ta perruque !" affectueux.

    Le One, c'est sa famille. Elle mourra peu de temps après la fermeture.

    Marcel Jamet est breton. Fils d'une alcoolique et d'un paralytique, il arrive à Paris vers 10-12 ans, tout seul. Après des années d'apprentissage sur les fortifs, il fait le julot à 18 ans pour une fille surnommée Fraisette. Il fait la guerre de 1914-1918 et en revient sans casse. Fraisette l'a attendu. Il partent ensemble pour L'Argentine.

    Quand il s'est bien rempli les poches, il décide de rentrer au pays malgré les plaintes de Fraisette. Il s'installe dans un hôtel particulier rue Junot. Comme Fraisette le lâche pour repartir en Amérique du Sud, il se cherche une nouvelle fille pour pouvoir ouvrir une maison de rendez-vous dans de bonnes conditions.

    Il rencontre Doriane au Chabanais, la sort, l'invite, refuse son argent - ce qui la surprend tellement qu'elle ne songe pas une seconde à refuser sa demande en mariage...

    Marcel achète alors, par Doriane interposée, le One Two Two. Il possède aussi une maison de campagne à Villarçaux, près d'Olivet.

     


    L'organisation du One : quelques chiffres

    Horaires : 14 heures - 5 heures du matin.

    Une nuit de fermeture par an :

    la nuit de Noël. Les filles vivent à l'extérieur et ont un jour de congé par semaine. Elles arrivent vers midi et n'en sortent qu'à la fermeture.

     

    On leur offre sur place coiffeur, manucure, pédicure, lingère :

    quarante employés de personnel auxiliaire.

    7 étages à partir de 1934.

    22 chambres.

    10 salons.

    12 douches.

    Soixante filles en même temps.

    Cinq ou six acceptent de se faire sodomiser.
     

    Absence injustifiée d'un après-midi :

    200 francs d'amende... S'il y a récidive, c'est la porte

    200 passes, 300 visiteurs et 150 bouteilles de champagne par jour.

    Imposable à 67,5 %.

     

     

     

    ARTICLE "HISTORIQUE" et ne doit en aucune façon être la cible de commentaires doûteux...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Fabienne se fait une place au soleil

     

      

    Comme Fabienne sort du lot (élégance, charme et bonnes manières, dit-elle...), Doriane et Blanche décident de la réserver pour les clients les plus mondains et de l'autoriser à refuser le choix quand un homme ne lui plaît pas. Elle se fait rapidement une clientèle choisie parmi l'aristocratie, la grande bourgeoisie et le milieu des hommes d'affaires. Ces hommes la rencontrent autant pour l'amour que pour les sorties (payées, donc autorisées par le règlement du One) et le plaisir de la conversation... Elle a 22 ans...

    "Lorsque je faisais cinq ou six passes dans la journée, c'était le bout du monde. Je n'avais pas besoin de toujours batifoler pour gagner beaucoup d'argent, six ou sept cents francs par jour, dans les années 32-33. [...]. J'avais organisé ma vie à mon idée, pris une belle chambre d'hôtel, près de la rue Fontaine, me déplaçais en taxi. J'étais heureuse. Jamais Doriane et Blanche n'avaient une observation à me faire."

    p. 49

     

    Fabienne et Marcel

     

    En 1934, Marcel Jamet fait surélever l'immeuble de quatre étages. Il mène une vie luxueuse : il part aux sports d'hiver à Saint- Moritz !

    En 1935, Fabienne a 25 ans et commence à s'interroger sur son avenir. Albert, un administrateur de grand magasin parisien lui propose de l'entretenir en lui offrant un appartement à Neuilly. Mais elle hésite, ne voulant pas lâcher le One. Doriane lui propose alors de devenir gouvernante. Elle accepte avec joie. Devenir gouvernante, cela signifie surtout ne plus monter avec les clients... Fabienne devient donc la maîtresse de cet homme d'affaires et continue en parallèle une activité rémunératrice au One sans payer de sa personne, si l'on peut dire... Elle a tout compris, Fabienne...

    En 1937, Fabienne commence à se fatiguer d'Albert. Comme elle s'intéresse aussi aux femmes, elle se met en ménage rue Piccini avec Denise, une des filles du One, sans abandonner tout à fait Neuilly. Pas de souci d'argent : Denise la loge, lui offre une des premières tractions avant décapotables... Et en plus, elle récupère l'argent des filles qu'elle place en province, à Reims, au Palais oriental, chez Charlot l'éventré...

     

     

     

    En août 1939, Doriane prend le large avec un Albanais, secrétaire d'ambassade du roi Zog Ier. Henriette Gachon, la caissière et la femme du sommelier du One, assure officiellement l'intérim, Marcel ne pouvant pas légalement diriger le One. Et Fabienne prend les rênes... La guerre est déclarée à ce moment-là... Cela ne change pas grand chose au fonctionnement du One : les clients sont souvent trop âgés pour être mobilisés, les marlous sont planqués... Marcel s'intéresse de près à Fabienne. Doriane tente un retour, soldé par un échec. En mai 40, Fabienne s'installe avec Marcel dans l'appartement du dernier étage du 122.

    Un mois plus tard, c'est l'exode. Marcel et Fabienne partent pour Saint-Georges de Didonne, avec la Cadillac de l'un et le cabriolet Citroën de l'autre, dans la propriété de Marcel. Henriette Gachon a décidé de rester à Paris et de s'occuper du One. Huit jours après, c'est l'annonce de l'armistice. Fabienne et Marcel rentrent à Paris.

     

    Le One est envahi par les soldats allemands, trop "mauvais genre" puis, après intervention de Fabienne, par les seuls officiers. La clientèle n'est alors pas assez nombreuse... Fabienne réussit à convaincre les autorités allemandes d'autoriser l'accès aux Français. Les Juifs sont aussi admis.

    Parmi les nouveaux clients se trouvent aussi les truands qui s'affichent ouvertement pro-allemands.

    On ne s'étendra pas sur les propos de Fabienne sur sa clientèle pendant l'occupation. Entre collaboration inavouable, sans doute inévitable, et patriotisme affiché, il est bien difficile, cinquante ans plus tard, d'avoir un avis tranché sur la question. Ce qu'on pourrait également dire de certains de ses célèbres clients, tels Joseph Joanovici.

     

    Joinovici

     

    Bien qu'on soit en temps de guerre, il faut alimenter le One en boissons et en nourriture. Marcel obtient des tickets d'essence et un Ausweiss pour le transport de ravitaillement. Il achète une Simca six chevaux et se fournit généralement au marché noir dans le Loiret, près de sa propriété de Villarçaux. Pour le champagne, consommé en grande quantité au One, sont autorisées une vingtaine de bouteilles par mois et par marque, ce qui représente environ 100 bouteilles, total très insuffisant. Marcel se débouille là encore avec les vituculteurs rémois... Pas de problème non plus pour le café, ni pour le caviar...

    Marcel revend sa maison de Villarçaux et achète une autre propriété dans le Loiret : Les Loups à Bony-sur-Loire.

    En 1942, il épouse Fabienne civilement. Il y a cinquante invités au repas de noce. On boit ce soir-là 176 bouteilles et 34 magnums de champagne !

     

     

    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_7.html

     

    ARTICLE "HISTORIQUE" et ne doit en aucune façon être la cible de commentaires doûteux...

     

     

     

     

     

     

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    Après la guerre

     

    A la Libération, la clientèle change :

    les Allemands ont disparu, remplacés par les Anglais et les Américains. Marcel Jamet est arrêté pour collaboration et libéré huit jours plus tard, avec les honneurs... Il gagne le franc de dommages et intérêts dans son procès en diffamation contre Ce soir et L'Aurore. Viennent ensuite les BOF (Beurre-Oeufs-Fromage). Et aussi les élèves du Lycée Condorcet...

    Il n'y a pas d'amélioration de la vie quotidienne avant 1947... Problèmes de ravitaillement en victuailles, de coupures de gaz et d'électricité.

     

    La fin du One

    Mais en 1945, Marthe Richard propose de fermer les maisons closes. La proposition de loi est votée au conseil municipal de Paris, puis le 13 avril 1946 à la Chambre des Députés (40 présents sur 400 !). Les patronnes ont six mois pour fermer : d'avril à octobre. Le 6 octobre, il faut fermer le One. A regret.

    Le gouvernement crée des centres de reclassement pour les filles. Ces centres, faute de succès, ferment très rapidement.

     



    "Sic transit gloria bordellorum" : voici comment finit le mobilier du One, comme celui du Chabanais et celui de la rue des Moulins...

    "Cette fermeture a été quelque chose d'épouvantable. J'ose le faire imprimer : une monstrueuse erreur. Parlons de ces deux cents bonshommes qui venaient tirer leur petit coup entre 5 et 7 heures de l'après-midi, et qui n'en adoraient pas moins leur femme en rentrant chez eux. Enfin, on ne me contredira pas si je dis qu'on ne peut pas bouffer du bourguignon tous les jours de la semaine. De temps à autre, on est tenté par du caviar ou du cassoulet. C'est fatal et humain. Alors, maintenant, le pauvre type qui a envie de goûter à une autre cuisine, que peut-il faire ? Rien d'autre que de prendre une fille dans la rue au risque d'attraper un sale truc. On leur a échangé des femmes ravissantes, la propreté, l'incognito contre l'obligation de se faire remarquer, des nanas agressives et la promiscuité d'hôtels minables.

    C'est moral, ça ?

    Alors, quoi ? On oblige un homme à baiser la même femme toute son existence ? Quel est le type qui n'a pas une autre idée derrière la tête, une fois ou l'autre, pour des jambes longues ou pour des yeux superbes ? S'il fallair compter les coups de canif dans le contrat ! Aujourd'hui, seuls les Arabes ont le droit d'avoir des espèces de "maisons" pourries. Sinon, ce sont de vrais bouges avec des filles parquées dans les couloirs. Un scandale ! On a l'impression d'entrer dans un coupe-gorge.

    Tout le monde n'a pas vingt ou trente mille francs à donner pour une demi-heure à une fille des Champs-Elysées ou à celle d'un clandé de luxe du style de chez Billy, rue Paul-Valéry. Le gagne-petit, que lui reste-t-il entre le tapin à vingt sacs et la fille à Arabes du boulevard de la Chapelle à deux mille anciens francs ?

    Faut-il châtrer tous les hommes qui n'ont pas envie d'aller faire la queue avec les Bics, ou de débourser tout le pain de leurs gosses parce que ça les tient ? C'est une injustice.

    Et puis, je ne parle pas des malheureux infirmes. Dans nos maisons, les femmes ne les repoussaient pas. Elles avaient choisi ce métier, elles faisaient n'importe quel client dès l'instant qu'il payait."

    p. 196-197.

    Le One est vendu pour 32 millions de francs au Syndicat patronal des cuirs et peaux de France. Les meubles sont vendus aux enchères.

     

     

    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_8.html

     

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    La fin de la belle vie

     

    Marcel et Fabienne s'installent pendant cinq ans aux Loups. Ils vivent du capital de la vente du One et de quelques trafics plus ou moins illicites.

    Devant la baisse inquiétante de leurs fonds, ils prennent un restaurant rue du Colisée, le Luigi's bar. Marcel étant un jaloux maladif, Fabienne préfère liquider l'affaire plutôt que de subir les colères de son époux.

     

    La propriété des Loups est vendue aussi. Nouvel essai : un hôtel-restaurant à Sully-sur-Loire, puis le bar La Garoupe, rue Troyon à Paris. C'est la dèche.

    Heureusement, le directeur du Maxim's, fournissant les repas sur les lignes de la Pan Am, propose à Marcel de prendre la direction des cuisines, à Orly.

     

    Pendant ce temps, Fabienne prend la direction d'un hôtel de passe rue Godot-de-Mauroy, près de la Madeleine. Pas pour longtemps (huit jours !), Marcel ayant trop peur qu'elle se fasse entôler par les flics.

     

    Le salaire de la Pan Am étant trop juste, Fabienne prend la direction d'un autre hôtel de passe à Durry-les-Amiens.

     

    http://www.actuphoto.com/imagew.php?image=files/news_12207_0.jpg&dst_w=260

     

     

    Ca dure trois mois. Puis la même chose à Beauvais.

    Dans ce dernier clandé, elle n'est que la gouvernante... Elle gagne 400 000 anciens francs par mois en 1961.

    A ce moment-là, Marcel tombe malade. Il meurt le 7 mars 1962 (?). André, le taulier de la rue Godot-de-Mauroy, propose à Fabienne de prendre la direction d'un clandé rue des Lombards. Elle "tombe", comme la précédente gérante, au bout de neuf mois... 1 500 francs d'amende et trois ans d'indignité nationale pour proxénétisme.

    "Si je n'avais pas écrit ce livre, j'aurais pris un hôtel sur le boulevard de la Chapelle. Tel est mon métier, et ma vie. Je n'aurais pas eu l'impression de mal faire ou d'être inutile. Je ne sais rien d'autre."

    p. 222.

     

     

    122-chambre-rustique

    122-chambre-polaire

     

    122-chambre-afrique

     

     

    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_9.html
     

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    Derrière les façades honnêtes, quel secret, quelle histoire ?

     

    Les filles

     

     

    "Les femmes du 122 n'auraient jamais mis les pieds rue de Lappe, au Panier Fleuri ou rue de Fourcy, et l'inverse était vrai, celles du Panier Fleuri n'auraient pas aimé travailler au One. Entre la femme d'abattage et la femme sélecte, il y avait une énorme différence.

     

    On aurait pu offrir à la première trois fois ce qu'elle gagnait rue de Lappe, elle ne serait jamais venue rue de Provence. La conversation, les poses ce n'était pas son truc, ça l'aurait emmerdée. Elle, ce qu'elle voulait, c'était : Hop ! envoyez-moi un client après l'autre.

    Tandis qu'au One Two Two qu'on monte ou qu'on ne monte pas, on se devait d'être aimable et de ne jamais montrer d'impatience.

    Comparé à la rue de Fourcy, où c'était toc, toc toc, on aurait dit le jour et la nuit. Dans les salons du One, on nous payait pour bavarder, un peu comme des geishas. Les passes avaient lieu surtout l'après-midi.

     

    Les gens bien arrivaient dans la soirée et n'avaient pas qu'une seule idée en tête. J'accueillais des hommes d'une classe extraordinaire. Je ne pourrais énumérer le nombre de comtes, ducs, rois, artistes célèbres, hommes politiques, avocats ou médecins que j'ai vus entrer au One. Et ils n'y venaient pas uniquement pour batifoler ou forniquer, mais souvent pour s'y retrouver, comme dans un club.

    [...]

    Tout y était aussi plus facile et plus sûr sur le plan de l'hygiène. Des filles ravissantes en robe du soir, des soubrettes qui étaient de pures merveilles, des femmes de chambre qui faisaient la couverture, des lavabos et des draps impeccables, avec dans le cabinet de toilette des petites bouteilles munies d'un écriteau : "Messieurs, voulez-vous avoir l'obligeance de vous désinfecter."

    Quand un client redescendait, il était toujours accueilli avec politesse :

    - Est-ce que vous avez été satisfait d'Arlette, monsieur ?

    Pas un bonhomme à qui on ne demandait s'il avait été content. Quand il lui arrivait de se plaindre, à juste titre, d'une fille, elle prenait la porte. De toute façon, on ne payait qu'à ce moment-là, jamais d'avance."

    p. 40-41.
     
    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_10.html
     

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    Le recrutement

     

     

     

    "L'engagement des filles était quelque chose de très important, étant entendu que j'étais seule juge.

    Il y avait énormément de candidates. Etre acceptée au One était devenu pour la femme d'une certaine classe, une consécration. J'en avais besoin de cinquante au travail chaque jour, soit, avec les jours de congé, un roulement d'environ soixante-cinq, le minimum indispensable pour assurer les deux cents passes entre 17 et 19 heures, et l'animation des salons et des chambres pour la soirée. En outre, je devais disposer d'un éventail de choix qui corresponde à tous les goûts, d'où un certain dosage pour les entrées.

    Lorsque Marcel avait pris le One, dans les années 30, il n'y avait que trois femmes, dont la plus jeune devait avoir au moins soixante ans. Il n'avait pas été très long à transformer la situation. Faire marcher une "maison" comme il savait le faire était un art. Avec un driver de sa classe, le 122 était vite devenu une affaire de premier plan. A l'époque où les autres "maisons" de Paris assuraient à leurs filles cinq francs par jour - qu'elles montent ou ne montent pas - la formule avait été jugée inutile pour la rue de Provence. Dans les jours creux ou en morte saison, les gagneuses n'y faisaient plus que cela.

     

     

    Au XIXe siècle

     

    Au XIXe... peu de changements depuis...

     

    C'est dire si je me montrais difficile sur les prétendantes. Quand une fille arrivait, elle était reçue par la portière qui avertissait les gouvernantes. Un coup de sonnette annonçait l'arrivée d'un client, deux coups une visite pour quelqu'un de la maison. Blanche, alertée, commençait par faire entrer la candidate dans un petit salon pour la regarder de la tête aux pieds. Si la femme était quelconque, elle la décourageait :

    - Je regrette. C'est complet.

    Mais, si la fille avait un quelque chose, la beauté, l'allure, un style qui manquait au One :

    - Tu n'as pas de couture ?

    Je n'acceptais que des sujets sans cicactrices. Si l'arrivante répondait négativement, Blanche posait la seconde question :

    - Est-ce que tes seins tiennent ?

    J'avais horreur des poitrines tombantes. C'est laid. Mes pensionnaires devaient pouvoir se balader sans soutien-gorge sous leur robe du soir. Alors seulement si la réponse était satisfaisante, la gouvernante concluait :

    - Ma petite fille, déshabille-toi. On va appeler Madame.

    Pour qu'elle en soit arrivée là, il fallait que ce soit un corps vraiment exceptionnel. J'arrivais et tournais autour de la fille, nue au milieu de la pièce, la détaillant sous toutes les faces. Si ce que je voyais me convenait, j'échangeais quelques phrases avec elle, car il fallait qu'elle sache se tenir aux salons. Elle n'allait pas être là uniquement pour se faire sauter. La voix, le vocabulaire pouvaient détruire complètement un physique. Une voix de poissarde faisait d'une fille superbe un article tout juste bon pour le Panier fleuri. J'avais mes raisons pour vouloir la perfection. Il fallait que One Two Two soit le premier en tout, noblesse oblige, et que mes filles puissent se montrer en public nues comme Eve.

    Pour certains dîners - ceux d'amis ou de personnalités que je voulais gâter tout particulièrement - , Blanche faisait ôter leurs robes de soirée à mes dix plus jolis sujets, ne leur laissant que des talons hauts, un camélia blanc dans la chevelure et un truc phosphorescent à la pointe des seins et au derrière."

     

     

     

     

    sources :

    http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_11.html

     

    ARTICLE "HISTORIQUE" et ne doit en aucune façon être la cible de commentaires doûteux...

     

     

     

     

     

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    Le quotidien des filles

     

    "Pourtant, la discipline de la rue de Provence était extrêmement rigide. Surtout pour les horaires. Un système d'amendes prévoyait qu'un retard coûtait vingt francs par heure, une absence injustifiée de tout un après-midi, deux cents francs. Et si cela se renouvelait trop, c'était la porte.

    La tenue du One ne s'expliquait évidemment que par la personnalité de Marcel Jamet qui le dirigeait d'une main ferme. Il n'avait pas seulement l'autorité. Il partait du principe que, pour gouverner, il faut savoir le faire intelligemment, obtenir des autres qu'ils soient pleinement d'accord avec les décisions que vous prenez. [...]

    Tous les lundis, avant que nous nous installions au salon de choix, Blanche passait la revue de détail - chaussures, mains, robe, coiffure. Il fallait que tout soit impeccable. La moindre négligence était pénalisée. Doriane décidait du tarif.

    Bien sûr, nous étions toutes inscrites sur le livre de la Mondaine. Les contrôles de police étaient très sévères. Impossible de couper à la visite médicale ; deux fois par semaine, et à la prise de sang mensuelle, même si c'était le jour de sortie.

    Dans les salons, il était interdit de tricoter ou de jouer aux cartes, et les conversations entre nous étaient plutôt limitées. D'un choix sur l'autre, on ne serait jamais arrivées au bout puisqu'il y en avait toujours une qui montait.

     

    N'allez pas penser qu'il s'agissait d'une caserne ! J'en ai vu moi, des malheureuses, dans un bureau, courbées sur leurs machines à écrire. Et tac, tac, tac. Dring. Et tac, tac, tac. Dring. Quand je pense qu'on a osé dire que les "maisons", c'était le bagne ! Et l'usine, alors ? Le travail à la chaîne de 8 heures du matin à 6 heures du soir, pour un salaire de misère ! C'était quoi ? pour nous, il y avait les lumières, le confort, les rires, les cadeaux, les conversations, le champagne, la musique. A ce tarif, j'en ai connu qui auraient aimé la condamnation à perpétuité ! Et puis, nous étions jeunes. [...]

    Certains jours de printemps ou d'été, lorsqu'il faisait beau, à la fermeture, à 5 heures du matin, celles qui n'étaient pas mariées - de la main droite ou de la main gauche - faisaient appeler un taxi. A cinq ou six, en riant, en jouant des coudes et des fesses, on s'y entassait pour se faire conduire à Villesnes, après Poissy, au bord de la Seine. [...] On arrivait pour l'ouverture de l'hôtel-restaurant, tenu par un copain et, en attendant que le soleil soit chaud, on mangeait, on buvait. Toutes seules. Entre femmes. [...] On se laissait aller à son bonheur. Un taxi Renault nous ramenait rue de Provence pour l'ouverture de 14 heures.

     

    Le OneTwoTwo (12) article historique

     

    Les filles qui avaient un homme ne participaient jamais à ces balades. Aussitôt leur travail terminé, elles rentraient chez elles. Certains jules avaient trois ou quatre femmes dans la maison. N'allez pas croire que c'étaient les plus malheureuses ! Pour celles qui n'avaient pas la tête sur les épaules, un mac était nécessaire. De nos jours encore, la femme qui est avec un jules a plus de chances de réussir. La solitaire, dès qu'elle est libre, s'en va faire la java. Pour des bêtises, elle dépense et bousille son fric, va travailler le jour où elle en a envie, reste couchée le lendemain.

    La fille qui a un homme sait que la rouste n'est jamais loin. Même sans claques, elle a le sens du devoir, elle aime son jules. C'est la raison pour laquelle elle s'est mise dans ses mains. Elle lui donne son argent. Plus elle en rapporte, plus elle est fière et en tire du plaisir. Si le jules est sérieux, elle sait qu'il la retirera au bout de quelques années et lui permettra de s'installer, lui évitant de devenir une loque comme ces femmes que j'ai vues faire le tapin, rue des Lombards, soixante ans bien sonnés. Vous pouvez être sûr que celles-là étaient des solitaires. J'ai conscience d'être l'exception qui confirme la règle. Si Marcel Jamet, le propriétaire de la première "maison" de Paris, n'était pas tombé amoureux de moi, qui sait ?...

    Le bon julot était celui qui investissait l'argent que lui apportaient ses femmes. D'ailleurs, généralement, il les avait eues de cette manière :

    - Tu travailles huit ou dix ans et après, on achètera notre petit hôtel.

    Vous me direz, un homme qui fait forniquer sa femme avec plusieurs autres, moralement, cela semble parfaitement immonde. Eh bien, je connais un certain nombre de filles qui finissent aujourd'hui leur vie, retirées sur le Côte d'Azur ou ailleurs, heureuses, avec leur homme, grâce à l'argent bien placé. Evidemment, sur les trois ou quatre femmes qu'un julot avait en même temps, il n'y en avait bien souvent qu'une de bonne. Les autres étaient des vaches, qu'elles travaillent ou ne travaillent pas, elles n'avaient pas grand-chose dans le chou. L'homme profitait d'elles. Un point c'est tout. Mais, de toute façon, elles n'auraient pas fait mieux. A celles qui se défendaient bien, leur jules était fidèle."

    p. 49-52.
     
    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_12.html
     

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    Les clients

    La première fois...

    Il y en avait de toutes sortes, comme dans toutes les maisons de rendez-vous... On va donner quelques exemples, cités par Fabienne : l'un d'eux souhaitait que la fille soit habillée entièrement en caoutchouc, un autre voulait qu'on simule (tout de même...) sa pendaison, un autre écrit :

    "Madame,

    Vous me ferez monter à la flagellation. Vous me ferez donner tant de coups de martinet par les femmes de la maison, chacune à votre tour. Puis je descendrai toutes les marches de l'escalier jusqu'au rez-de-chaussée, sur les genoux, devant le plus grand nombre possible de vos demoiselles... Après, je veux m'allonger dans le salon de choix et je désire que dix femmes me pissent dessus."

    p. 43.

    Une évocation en pixies

    Un autre encore se met à hurler à la mort, comme un loup, et à bondir dans le couloir au moment de la jouissance. Parmi les demandes courantes, on trouve celui qui veut une femme du monde ou une petite fille...

    C'est alors la plus élégante ou le plus petit gabarit parmi les filles qui se déguise en conséquence... Les soupeurs sont aussi monnaie courante.

    Pour une définition de cette pratique, merci de consulter le glossaire... Il ne faut pas non plus oublier les membres du clergé, qui apparemment n'étaient pas les derniers à fréquenter le One. Et les aveugles, qui demandent généralement le choix au toucher, bien entendu. Fabienne et les filles en ressentent une gêne terrible...

    Une autre scène en pixies

    "Je recevais aussi un banquier qui avait une manie singulière. Il retenait un salon à l'avance, faisait monter le cercueil de la réserve, une boîte rectangulaire tapissée de velours et, dès son arrivée, s'y couchait, entouré de cierges et de fleurs. Un petit orchestre, retenu spécialement, jouait de la musique. Le champagne coulait à flots.

    Quand l'envie lui en prenait, il se faisait une des femmes. Le spectacle durait parfois huit jours ! Avec le même cérémonial, il écumait tous les bordels de Paris. Et avec ça, l'habitude de signer des bouts de papier qu'il fallait aller encaisser, non sans mal, à la banque. A la fin, il devait une fortune au One. Un matin, qui voyons-nous arriver ? Sa femme. Elle venait nous supplier de ne plus le laisser entrer. Ce genre de fantaisie l'avait ruiné. On venait de lui mettre un conseil de tutelle. Il en est mort."

    p. 65.

    Il y a aussi les vedettes :

    Raimu, avec qui Marcel Jamet se fâche pour une histoire d'investissement dans les travaux d'élévation du One en 1934.

    Et le tout-Paris qui se bouscule aux portes du Boeuf à la ficelle : Franckie de Boigne, Pierre de Bouillé, le baron de Reille, Max de Vaucorbeil, Yves Mirande, Michel Feydeau, Hennessy, de Beauregard, Melchior de Polignac, Jacques Parizot, Colette, Gould, le milliardaire américain, le Maharadjah de Kapurthala, le professeur de Gennes, Michel Simon, Martine Carol, Jean Gabin, Charlie Chaplin, Marlène Dietrich, Cary Grant, le producteur Warner, Mae West, Kathrin Hepburn, Tyrone Power, Humphrey Bogart, Fréhel, Sacha Guitry, Francis Carco, Eric von Stroheim, Fernandel, Mistinguett, Maurice Chevalier, Suzy Solidor, Vincent Scotto, Tino Rossi, Edith Piaf, Léopold de Belgique, Randolph Churchill (fils de Winston), Staviski et Joanovici et ...et tant d'autres...des notables distingués, des gens du culte...des moralistes..... ainsi va le monde...........

    (Les images de cette page ont été prises par C&C au Musée de l'érotisme de Paris en 2000)
     
    Ce récit est "Historique"...
    Livre à lire " la fermeture" d'Alphonse Boudard, l'histoire de la prostitution en France depuis l'antiquité jusqu'à la fermeture des maisons closes en 1946.....
     
    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_13.html
     

     

     

     

     

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