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    CONTEXTE 

    La Commune de Paris est une période insurrectionnelle de l'histoire de Paris qui dura un peu plus de deux mois, du18 mars 1871 à la

    « Semaine sanglante » du 21 au 28 mai 1871.

     

    Cette insurrection contre le Gouvernement, issu de l'Assemblée nationale qui venait d'être élue au suffrage universel, ébaucha pour la ville une organisation proche de l'autogestion.

     

    Elle est en partie une réaction à la défaite française de la

    guerre franco-prussienne de 1870 et à la capitulation de Paris

     

    La guerre franco-prussienne de 1870, la chute de Napoléon III, l’occupation prussienne de Paris (et surtout la famine qu’elle provoqua pendant l’hiver de 1870-71 où la population fut contrainte de manger les rats de Paris et les animaux du zoo) et les humiliantes conditions de défaite étaient à la base d’un rejet du nouveau gouvernement républicain et un mouvement vers l’autonomie parisienne.

    L’Assemblée Nationale de 1871, qui marqua le début de la Troisième République, fut majoritairement monarchiste et la classe ouvrière ne voulait pas livrer une fois de plus le pouvoir aux élites après une révolution qu’ils avaient combattue.

     

    L’Assemblée quitta Paris au début du siège prussien d’abord pour Tours et enfin pour Bordeaux. Le gouvernement exigea le paiement des effets de commerce, jusque là suspendu, ce qui provoqua la faillite de milliers de commerçants dans la capitale.

     

    A cause du climat hostile qui régnait à Paris, l’Assemblée quitta Bordeaux non pour Paris mais pour s’installer à Versailles, où ils furent rejoint par le président Adolphe Thiers (qui fut président du Conseil sous 

    Louis-Philippe), le reste du gouvernement, Jules Ferry (maire de Paris) et une partie de la population parisienne la plus aisée.

     

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    La Commune de Paris dura un peu plus de deux mois.

    Elle débuta le 18 mars 1871, lorsque le gouvernement envoya des troupes pour tenter de désarmer Paris de 227 canons sur la butte Montmartre.

     

     

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    Une foule intervint et fraternisa avec les soldats qui finirent par

    arrêter leurs propres officiers.

     

    La Commune se termina le 28 mai, à la fin de la « Semaine sanglante ».

     

    Hôtel de Ville

     

     

     

    Affiche du Comité de Salut public de la Commune de Paris.

     

     

    Chute de la colonne Vendôme (photographie de Franck).

     

     

     

    L’attaque se rapproche de plus en plus du Château-d’Eau. 
     

     

    Cette place (aujourd’hui place de la République) aménagée par l’Empire

     

    pour arrêter les faubourgs et qui rayonne sur huit larges avenues,

     

    n’a pas été véritablement fortifiée.

     

    rue Royale 

     

     

    Le bilan total de la Semaine sanglante sera d’environ 25.000 victimes du côté des communards (pour 1000 versaillais), à quoi s’ajouteront 40.000 arrestations, dont les leaders de la révolution, qui seront exécutés ou envoyés au bagne

    en Nouvelle-Calédonie.

     

     

     

     

     

    Mgr Darboy, archevêque de Paris, fusillé comme otage par les communards le 24 mai

     

    Hôtel de Ville de Paris incendié, cliché d'Alphonse Liébert.

     

     

     

    Les Versaillais, maîtres des Folies-Dramatiques et de la rue du Château-d’Eau,

     

    l’attaquent en tournant la caserne. 

     


     

    Exposition La Commune de Paris à l'Hôtel de Ville de Paris (18 mars - 28 mai 2011)

    - Palais de la Légion d'Honneur, en arrière plan, le palais d'Orsay.

     

     

    Plaque commémorative en l'honneur des personnes qui ont sauvé les collections du Louvre des incendies allumés par les communards. Cette plaque est située dans le vestibule Denon au rez-de-chaussée du musée du Louvre.

     

     

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    Maison par maison, ils arrachent la rue Magnan aux pupilles de la Commune . 
     

     

    Brunel , ayant fait face à l’ennemi pendant quatre jours, tombe, la cuisse traversée. 
     

     

    Les pupilles l’emportent sur un brancard, à travers la place du Château-d’Eau.
    De la rue Magnan, les Versaillais sont vite dans la caserne. 
     

     

    Les fédérés, trop peu nombreux pour défendre ce vaste monument, doivent l’évacuer.

    La chute de cette position découvre la rue Turbigo. 

     


    Les Versaillais peuvent dès lors se répandre dans tout le haut

    du IIIe et cerner le Conservatoire des Arts-et-Métiers. 

     


    Après une assez longue lutte, les fédérés abandonnent la barricade du Conservatoire, laissant une mitrailleuse chargée. 
    Une femme aussi reste, et quand les soldats sont à portée, décharge la mitraille.
    Les barricades du boulevard Voltaire et du Théâtre-Déjazet supportent désormais les feux de la caserne du Prince-Eugène (5), du boulevard Magenta, du boulevard Saint-Martin, de la rue du Temple et de la rue Turbigo. 
    Derrière leurs fragiles abris, les fédérés reçoivent vaillamment cette avalanche. Que de gens l’histoire a consacrés héros qui n’ont jamais montré la centième partie de ce courage simple, sans effet de théâtre, sans témoins, qui surgit en mille endroits pendant ces journées. 
    Sur cette fameuse barricade du Château-d’Eau, clef du boulevard Voltaire, un garçon de dix-huit ans, qui agite un guidon , tombe mort. 
    Un autre saisit le guidon, monte sur les pavés, montre le poing à l’ennemi invisible, lui reproche d’avoir tué son père. Vermorel, Theisz, Jaclard, Lisbonne veulent qu’il descende ; il refuse, continue jusqu’à ce qu’une balle le renverse. 
    Il semble que cette barricade fascine une jeune fille de 19 ans, Marie M., habillée en fusilier-marin, rose et charmante, aux cheveux noirs bouclés, s’y bat tout un jour. 
    Une balle au front tue son rêve. Un lieutenant est tué en avant la barricade.
    Un enfant de 15 ans, Dauteuille, franchit les pavés, va ramasser sous les balles le képi du mort et le rapporte à ses compagnons.
    Dans cette bataille des rues, les enfants se montrèrent, comme en rase campagne, aussi grands que les hommes. 
    À une barricade du faubourg du Temple, le plus enragé tireur est un enfant. 
    La barricade prise, tous ses défendeurs sont collés au mur. 
    L’enfant demande trois minutes de répit : 

     


    « Sa mère demeure en face ; qu’il puisse lui porter sa montre d’argent,

    afin qu’au moins elle ne perde pas tout. » 

     


    L’officier, involontairement ému, le laisse partir, croyant bien ne plus le revoir. 
    Trois minutes après, un « Me voilà ! » 

     


    C’est l’enfant qui saute sur le trottoir, et, lestement, s’adosse au mur près des cadavres de ses camarades fusillés. Immortel Paris tant qu’il y naîtra de ces hommes.

     


    La place du Château-d’Eau est ravagée par un cyclone d’obus et de balles.
    Des blocs énormes sont projetés ;

     

    les lions de la fontaine traversés ou jetés bas ;

    la vasque qui la surmonte est tordue. 
     

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    Les flammes sortent des maisons. 

     


    Les arbres n’ont plus de feuilles et leurs branches cassées pendent

    comme ces membres hachés que soutient un lambeau de chair. 
     

    Paris XI - Commune de Paris 1871 - Barricade Rue de la Roquette (via Paris Unplugged):  

     

    Des jardins retournés volent des nuages de poussière. 
    La main de la mort s’abat sur chaque pavé.

     


    À sept heures moins un quart environ, près de la mairie,

     

    nous aperçûmes Delescluze, Jourde

     

    et une cinquantaine de fédérés marchant dans la direction du Château-d’Eau. 
    Delescluze dans son vêtement ordinaire, chapeau, redingote et pantalon noir, écharpe rouge autour de la ceinture, peu apparente comme il la portait, sans armes,

    s’appuyant sur une canne. 

     


    Redoutant quelque panique au Château-d’Eau, nous suivîmes le délégué, l’ami. Quelques-uns de nous s’arrêtèrent à l’église Saint-Ambroise pour prendre des cartouches. 
     

     

    Nous rencontrâmes un négociant d’Alsace, venu depuis cinq jours faire le coup de feu contre cette Assemblée qui avait livré son pays ; il s’en retournait la cuisse traversée. 

     


    Plus loin, Lisbonne blessé que soutenaient Vermorel, Theisz, Jaclard. Vermorel tombe à son tour grièvement frappé ; Theisz et Jaclard le relèvent, l’emportent sur une civière ;

     

    Delescluze serre la main du blessé et lui dit quelques mots d’espoir.

     

     

    À cinquante mètres de la barricade, le peu de gardes qui ont suivi Delescluze s’effacent, car les projectiles obscurcissaient l’entrée du boulevard.
     

     

    Le soleil se couchait, derrière la place.

     

     

    Delescluze, sans regarder s’il était suivi, s’avançait du même pas,

     

    le seul être vivant sur la chaussée du boulevard Voltaire.

     

     

    Arrivé à la barricade, il obliqua à gauche et gravit les pavés. 

     


    Pour la dernière fois, cette face austère, encadrée dans sa courte barbe blanche, nous apparut tournée vers la mort.

     

    Subitement, Delescluze disparut. 
     

     

     

    Il venait de tomber foudroyé, sur la place du Château-d’Eau.
    Quelques hommes voulurent le relever ; trois sur quatre tombèrent.

     

    Il ne fallait plus songer qu’à la barricade, rallier ses rares défenseurs. 
    Johannard, au milieu de la chaussée, élevant son fusil

    et pleurant de colère, criait aux terrifiés : 

     


    « Non vous n’êtes pas dignes de défendre la Commune ! »

     

    La nuit tomba. 
    Nous revînmes, laissant, abandonné aux outrages d’un adversaire sans respect de la mort, le corps de notre pauvre ami.

     


    Il n’avait prévenu personne, même ses plus intimes. 

     


    Silencieux, n’ayant pour confident que sa conscience sévère, Delescluze marcha à la barricade comme les anciens Montagnards allèrent à l’échafaud. 
     

     

    La longue journée de sa vie avait épuisé ses forces.

     

    Il ne lui restait plus qu’un souffle ; il le donna. 
    Il ne vécut que pour la justice. 

     


    Ce fut son talent, sa science, l’étoile polaire de sa vie.

     

    Il l’appela, il la confessa trente ans à travers l’exil, les prisons, les injures, dédaigneux des persécutions qui brisaient ses os. Jacobin, il tomba avec des socialistes pour la défendre. 
    Ce fut sa récompense de mourir pour elle, les mains libres, au soleil, à son heure, sans être affligé par la vue du bourreau. 

     


    (En 1870, au mois d’août, à Bruxelles, où l’exil nous avait réunis, il me dit : 
    « Oui, je crois la République prochaine, mais elle tombera entre les mains de la gauche actuelle, puis une réaction s’en suivra. 


    Moi, je mourrai sur une barricade pendant que M. Jules Simon sera ministre. »)
     

     

    Les Versaillais s’acharnent toute la soirée contre l’entrée du boulevard Voltaire protégée par l’incendie des deux maisons d’angle. 

     

     


    Du côté de la Bastille, ils ne dépassent guère la place Royale ; ils entament le XIIe. 
    Abrités par la muraille du quai, ils avaient, dans la journée, pénétré sous le pont d’Austerlitz. 
    Le soir, couverts par leurs canonnières et leurs batteries du Jardin des Plantes, ils arrivent auprès de Mazas .
    Notre aile droite a mieux tenu.

     

    Rue de Lille - Insurrection de Paris, 1871 / Wulff Jeune phot.:

     

     

    Les Versaillais n’ont pu dépasser la ligne du chemin de fer de l’est. 
    Ils attaquent de loin la rue d’Aubervilliers, aidée par les feux de la Rotonde. 
    Du haut des buttes Chaumont, Ranvier canonne vigoureusement Montmartre, quand une dépêche lui affirme que le drapeau rouge flotte au moulin de la Galette. 

     

     


    Ranvier, n’y pouvant croire, refuse de discontinuer son feu.
    Le soir, les Versaillais forment devant les fédérés une ligne brisée qui, partant du chemin de fer de l’est, passant au Château-d’Eau et

     

    près de la Bastille, aboutit au chemin de fer de Lyon. 

     


    Il ne reste à la Commune que deux arrondissements intacts,

     

    les XIXe et XXe, et la moitié environ des XIe et XIIe.

     


    Le Paris qu’a fait Versailles n’a plus face civilisée : 
    « C’est une folie furieuse, écrit le Siècle du 26 au matin. 
    On ne distingue plus l’innocent du coupable.

     

    La suspicion est dans tous les yeux. 
    Les dénonciations abondent. 
     

     

    La vie des citoyens ne pèse pas plus qu’un cheveu !!

     

     

    Pour un oui, pour un non, arrêté, fusillé. » 
    Les soupiraux des caves sont murés par ordre de l’armée,

    qui veut accréditer la légende des pétroleuses. 

     

     

    Hôtel de Ville pendant la Commune [avec ombre du photographe], Paris, 1871, photo: Alphonse Liébert (1827-1914):  

     

    Hôtel de Ville pendant la Commune [avec ombre du photographe], Paris, 1871, photo: Alphonse Liébert (1827-1914)

     

     


    Les gardes nationaux de l’ordre sortent de leurs trous, orgueilleux du brassard, s’offrent aux officiers, fouillent les maisons, revendiquent l’honneur de présider aux fusillades. 
     

    la_vilette_Commune_1871:  

     

    La VILETTE 1871

     

    + 1871 +:

     

     

    Dans le Xe arrondissement, l’ancien maire Dubail ,

    assisté du commandant du 109e bataillon, guide les soldats à

    la chasse de ses anciens administrés. 

     

     

    Palais des Tuileries incendié commune de paris 1871 http://peccadille.wordpress.com/2014/09/15/photographies-commune-paris-1871/?utm_source=dlvr.it&utm_medium=facebook:

    Palais des Tuileries incendié commune de paris 1871

     

     

     


    Grâce aux brassardiers, le flot des prisonniers grossit

    tellement qu’il faut centraliser le carnage afin d’y suffire. 

     

     

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    On pousse les victimes dans les cours des mairies, des casernes,

     

    des édifices publics, où siègent des prévôtés, et on les fusille par masses.

    Si la fusillade ne suffit pas, la mitrailleuse fauche.!!

     

    Les vestiges du palais des Tuileries incendié.:
     

     

    Les vestiges du palais des Tuileries incendié.

     

     

     

    Tous ne meurent pas du coup et, la nuit, il sort de ces monceaux

    des agonies désespérées.
     

     

    Ce n’est pas assez d’achever les blessés de la bataille des rues. 
     

     Le Fort d'Aubervilliers. Vue intérieure des casemates avec un groupe de Prussiens - Les ruines de Paris et de ses environs, 1870-1871 / cent photographies par A. Liébert ; texte par Alfred d' Aunay:

     

    Le Fort d'Aubervilliers. Vue intérieure des casemates avec un groupe de Prussiens

    - Les ruines de Paris et de ses environs, 1870-1871 / cent photographies par A. Liébert ;

    texte par Alfred d' Aunay

     

     

    Le Versaillais va chercher les blessés hors Paris qui sont aux ambulances. 
    Il y en a une au séminaire Saint-Sulpice, dirigée par le docteur Faneau,

    très peu sympathique à la Commune ; l

    e drapeau de Genève l’abrite. 

     


    Un officier arrive « Y a-t-il ici des fédérés ? » 

     


    « Oui, dit le docteur, mais ce sont des blessés que j’ai depuis longtemps. » 
    « Vous êtes l’ami de ces coquins »,

    dit l’officier. 

     

     

     Rue de Rivoli (angle de la rue Saint Martin) - Insurrection de Paris, 1871 / Wulff Jeune phot.:

    Rue de Rivoli, tout est dévasté !

    Rue de Rivoli (angle de la rue Saint Martin) - Insurrection de Paris, 1871 / Wulff Jeune photogaphe

     

    Paris 23 mai 1871 (!) La rue Royale et ses barricades sous la Commune de Paris:

    Paris 23 mai 1871 (!) La rue Royale et ses barricades sous la Commune de Paris

     

     


    Faneau est fusillé ; plusieurs fédérés sont égorgés dans l’ambulance même. 
    Plus tard, l’honnête officier prétexta d’un coup de feu tiré par ces blessés. 
     

     

    Les fusilleurs de l’ordre ont rarement le courage de leurs crimes.

     

    Barricades de la Commune de Paris - 1871:
    L’ombre ramène la clarté d’incendies. 
     

     

    Où les rayons du soleil faisaient des nuages noirs, d’éclatants brasiers réapparaissent. 
     

     

     

    Le Grenier d’Abondance illumine la Seine bien au-delà des fortifications. 
    La colonne de Juillet, transpercée par les obus qui ont enflammé

     

    son vêtement de couronnes desséchées et de drapeaux, flambe en torche fumeuse ;

    le boulevard Voltaire s’enflamme du côté du Château-d’Eau.

     

     

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    La mort de Delescluze

    avait été si simple et si rapide qu’elle fut mise en doute même

    à la mairie du XIe,

    où l’on avait transporté Vermorel. 
     

     

    Quelques-uns de ses collègues l’entourent.

     

    Ferré l’embrasse, et Vermorel lui dit :

     

    « Vous voyez que la minorité sait se faire tuer pour la cause révolutionnaire. »

    Vers minuit, quelques membres de la Commune décident d’évacuer la mairie. 
     

    Paris commune barricade:  

    Quoi ! toujours fuir devant le plomb !

     

    La Bastille est-elle prise ? 
    Le boulevard Voltaire ne tient-il pas encore ?

     

    Toute la stratégie du Comité de salut public,

     

    tout son plan de bataille est donc de se replier !

     

     

    À deux heures du matin, quand on cherche un membre de la Commune pour soutenir la barricade du Château-d’Eau, il n’y a plus que Gambon endormi dans un coin. 
     

     

    Un officier le réveille et s’excuse. 

     

     

     


    Le vieux républicain répond : 
    « Autant vaut que ce soit moi qu’un autre ; 
    moi j’ai vécu » et il part. 

     

     

     


    Mais les balles ont fait désert le boulevard Voltaire jusqu’à l’église Saint-Ambroise. 
    La barricade de Delescluze est abandonnée.

     

     

     

     

     

     

     


    [Prosper-Olivier Lissagaray (1838-1901).

     

     

     

     

    Histoire de la commune de 1871. E. Dentu, Paris, 1896.]

     
     
     
    Cadavres de communards (photographie attribuée à Eugène Disderi).
     
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  • Léon Curmer (1801-1870) :

    éditeur célèbre, homme méconnu.

     

    Portrait gravé de Léon Curmer (1801-1870)
    Éditeur parisien


    Il est des noms qui font rêver. Celui de CURMER éclaire immédiatement la prunelle de tout bibliophile - néophyte amateur comme expert chevronné - d’une lueur d’admiration mêlée d’envie, en évoquant ce que l’édition a produit de plus somptueux…
     
    Pour le comprendre, faisons dans le passé un saut de 150 ans.

     
     
    Quelle nouveauté pour l’époque ! Désormais, un lecteur de la seconde moitié du dix-neuvième siècle pouvait - certes moyennant finances - feuilleter à loisir, sur la table de son salon, des manuscrits enluminés interdits au commun des mortels, enrichis d’or resplendissant, de pourpre éclatante, d’émeraude intense et d’azur céleste.
     
     
    De fastueux ouvrages confectionnés jadis pour des empereurs, des rois et des reines, d’éminents dignitaires ecclésiastiques ou des bourgeois fortunés. Et démentir en partie l’anathème mémorable lancé par Leconte de Lise, en 1884, contre les

    Hideux siècles de foi, de lèpre et de famine
    Que le reflet sanglant des bûchers illumine !


     
    Fronton de la sépulture familiale Léon Curmer
    au cimetière de Montmartre
     
     



    Mais quel homme se cache derrière ces deux syllabes magiques, synonyme de chromolithographies chatoyantes qui, aujourd’hui encore, nous coupent le souffle ?
     
     
    Qui fut Léon Curmer ?

    De l’Irlande à Saint-Germain-l’Auxerrois

    Mes recherches menées sur Internet et aux Archives de Paris, ainsi que le récent témoignage d’une obligeante arrière-arrière-petite-nièce de Léon, permettent d’esquisser un tableau de la famille CURMER.

    Henri Léon (qui, adulte, ne conservera que son second prénom) vint au monde par une triste après-midi finissante, le 17 décembre 1801.
     
     
     
     Santoral de Enero-Lamina 1-Les évangiles des dimanches et fêtes de l'année –Vol 1- 1864- Leon Curmer:
     
    Le poétique calendrier républicain, alors en vigueur, allait tourner la page du 26 frimaire an X.
     
    L’enfant naquit dans la boutique d’un drapier parisien établi rue Saint-Honoré, à une époque que les historiens nomment le Consulat.
     
     
    C’est une heureuse parenthèse de paix, après les tourmentes révolutionnaires et avant la glorieuse mais épuisante épopée napoléonienne.
     
     
    Bonaparte y jette les fondements de la France future, en la dotant d’outils administratifs, judiciaires et économiques qui lui survivront (arrondissements et cantons, Conseil d’État, code civil, Banque de France…).

    Le nouveau-né fut baptisé à l’église Saint-Eustache dès le lendemain de sa naissance. Il eut pour parrain son oncle paternel Jacques Michel CURMER (dont nous reparlerons), et pour marraine sa grand-mère maternelle Marie Anne Henriette QUESNEL femme LOUVET.
     
     
    Ses prénoms honorent à la fois son père et l’une de ses aïeules.

    Le père de Léon, Gilbert Léonard, est né 25 ans plus tôt, fin octobre 1776,
    dans le même quartier.
     
     
    À l’ombre gothique et trapue de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, de sinistre mémoire : deux siècles auparavant, son tocsin nocturne avait déclenché l’épouvantable massacre de la Saint-Barthélémy.
     
     
    Début 1801 (le 13 pluviôse an IX), Gilbert Léonard a pris pour femme à Elbeuf (en Seine-Maritime, alors dénommée Seine-Inférieure) Antoinette Félicité LOUVET.
     
     
    De cinq mois son aînée, elle appartient à une famille de fabricants de draps établie dans la région depuis plusieurs générations ; son aïeul maternel, Mathieu QUESNEL, fut maire d’Elbeuf.
     


    Le grand-père de Léon, Michel CURMER, vit le jour début mars 1743 à Pont-Audemer, dans l’Eure. Installé à Paris comme mercier puis drapier, il épousera en 1771 la fille du directeur des teintures de la manufacture royale des Gobelins, l’écossais Jacques NEILSON (1714-1788).
     
     
     
    Ce dernier pratiqua un temps la peinture auprès du célèbre Maurice QUENTIN de LA TOUR et devint même son ami.
     
     
    Le pastelliste lui légua son autoportrait, longtemps resté dans la famille et vendu chez Christie’s en juillet 2005.
     
     
    Une belle alliance, donc, pour Michel qui, d’un obscur comptoir de négociant en étoffes, accédait au cénacle d’intellectuels éclairés !
     
     
    Par la suite, plusieurs membres de la famille CURMER accoleront au leur le patronyme de leur ancêtre NEILSON.
     
     
    Michel CURMER mourut à Paris en mai 1809, rue des Lombards (alors appelée rue de l’Aiguillerie), non loin d’où il était né.
     
    Sa veuve, Marie Geneviève Dorothée NEILSON, décéda au même lieu fin janvier 1826, âgée de 80 ans.
     
     
     
    L’arrière-grand-père de Léon, Jean-Claude, était cavalier dans la maréchaussée (notre actuelle gendarmerie).
     
     
     
    Veuf de Marie FRANCELIN (née vers 1700), il épousa en février 1739
     
    à Pont-Audemer Marie Catherine HUREY, originaire de Martin-Église, non loin de Dieppe.
     
     
     
    Il était fils de Jean CURMER et Marie BLONDEL.
     


    La tradition orale familiale rapporte que les racines plongent en Irlande du sud. Le berceau de la famille est l’important port de Cork. Le patronyme Curmer viendrait de Cormar qui, en gaélique signifie grand espoir.
     
     
     
    Fuyant la misère, un membre de la famille partit servir en France, dans l’armée de Louis XI, comme capitaine d’une compagnie d’archers.
     
     
    Est-ce en hommage nostalgique à ses lointaines origines que Léon publia,
    en 1845, L’Irlande au dix-neuvième siècle ?


     
    Autres vues de la sépulture des Curmer au cimetière de Montmartre


    Une étoffe trop pesante

    L’examen des actes d’état civil des oncles et tantes de Léon CURMER fournit des renseignements éclairants.

    Son père était né quatrième d’une fratrie de cinq enfants, après deux sœurs et entre deux frères. Marie Françoise CURMER (1772-1855) épousa un marchand drapier né dans l’Yonne, Pierre Ambroise FERNEL (ca 1755-1829).
     
     
     
    J’ai recensé quatre enfants issus du couple :
    Claude Ambroise (né en 1793) ;
    Olivier Léon, employé (1801-après 1860) ;
    Alexandrine Clémence, morte célibataire (ca 1803-1872) ; enfin
    Victoire Aglaé, qui survécut à
    son époux Maximilien SIMON, inspecteur des Postes (1797-1861).
     
     
     
    C’est cette branche qui, depuis 1826, possédait le beau pastel dont j’ai parlé.
     
    Anne Victoire CURMER (1773-1817) se maria à un vérificateur des poids et mesures natif de Fontainebleau, Jean-Baptiste MARIE-SAINT-GERMAIN (ca 1753-1833).
     
     
    Leur fille Anne Dorothée (1795-1866) épousa en 1813 Antoine Marie LORIN (1786-1859), commissaire-priseur.
     
    Cet homme semble avoir été d’une inépuisable gentillesse : on trouve sa signature sur un grand nombre d’actes d’état civil de toute la famille.
     
     
    Jacques Michel CURMER (1774-1838) fut receveur principal des droits réunis
     
    (désignation, sous le premier Empire, des taxes indirectes frappant le tabac et l’alcool).
     
    Sa femme se nommait Rosalie TESNIÈRE (ca 1780-1852).
     
    Le couple n’a pas laissé d’enfant.
     
     
    Alexandre François CURMER (1777-1839) était notaire.
     
    Il passait pour un homme d’esprit. Après avoir abandonné sa charge, il s’établit dans la plaine Monceau, quartier neuf alors en vogue.
     
    À la fin de l’été 1813, il avait épousé Adélaïde Geneviève MARION de TIVILLE (1790-1870), héritière d’un magistrat parisien.
     
     
    Ses trois filles devinrent Marie Louise Émilie de TUPIGNY de BOUFFÉ, épouse en juin 1833 d’un officier de cavalerie, réputée plus tard pour sa charité ;
     
    Marie Hortense Michelle PÉRIN (1815-1873), femme d’un artiste-peintre de renom spécialisé dans les scènes d’histoire ; et
     
    Jeanne Victoire Pauline, baronne de CHAMBORANT de PÉRISSAT (1817-1890),
     
    qui se maria en avril 1836 à un avocat de Confolens (Charente).
     


    Sur les cinq enfants de Michel CURMER (grand-père de Léon),
     
    seuls deux suivront les brisées paternelles.
     
     
    La fille aînée en épousant un marchand de draps,
     
    le deuxième fils en reprenant le commerce familial.
     
     
    Les autres appartiendront tous à la fonction publique (poids et mesures, impôts, notariat).

     
    L'intérieur de la sépulture des Curmer au cimetière de Montmartre. Et encore... je vous ai épargné les canettes de boisson et autres détritus qui jonchent le sol ...
    A l'abandon ...


    L’histoire de la famille CURMER illustre parfaitement l’ascension
    sociale de la bourgeoisie du dix-neuvième siècle.
     
    Né dans une arrière-boutique encombrée de piles de tissu,
    Alexandre François avait conclu une belle union.
     
     
    Enrichi par son office, retiré dans un faubourg huppé, flanqué d’une épouse portant nom à particule et fier d’avoir avantageusement marié ses filles, il dut savourer bien des fois sa réussite !
     
    Son marchand d’étoffe de beau-frère Pierre FERNEL, sans doute aussi brave homme que rustaud personnage, était-il toujours le bienvenu dans l’élégant salon du Parc Monceau, ouvert à tout ce que Paris comptait alors de brillants esprits ?
     


    Quatre frères dissemblables

    Léon CURMER était l’aîné de trois autres frères :
     
    Édouard Nicolas (1803-1876),
    Alphonse Alexandre (1805-1855) et
    Adolphe (1809-1890).
     


    Comme l’un de ses oncles paternels, Édouard Nicolas CURMER
    fut contrôleur-receveur des contributions indirectes.
     
     
    Son mariage à Doullens (Somme) début juillet 1838 avec Émélie Louise WARMÉ (1818-1871), fille d’un notaire, révèle que son père Gilbert Léonard était mort à Flessingue (Pays-Bas) le 29 mars 1812. Ce décès sur l’embouchure de l’Escaut n’est pas sans surprendre…
     
    J’en reparlerai.
     
    Édouard Nicolas s’établit en province afin d’accomplir un parfait cursus honorum. Il mourut à Amiens. Son éloignement géographique entraîna peut-être un certain relâchement des liens avec ses trois autres frères, restés dans la capitale. Il eut pour fils l’abbé Édouard Michel CURMER (1839-1884), mort vicaire de l’église Saint-Vincent-de-Paul à Paris ;
     
    Albert Émile Henry CURMER (1843-1927), sous-directeur des contributions indirectes à Bordeaux puis promu directeur à Lille, qui recueillit les papiers de famille et édita en 1878 une notice sur son trisaïeul Jacques NEILSON, suivie en 1911 d’une monographie consacrée à son oncle éditeur ; le général Fernand Alexandre CURMER (1854-1937), commandeur de la Légion d’honneur, qui dirigea l’École polytechnique de 1916 à 1919 ; enfin James Antoine CURMER (1860-1880), infortuné sapeur au quatrième régiment du Génie, décédé à l’hôpital de Grenoble au sortir de l’adolescence.
     


    Alphonse Alexandre CURMER donne l’image d’un homme attachant.
     
     
    Pharmacien, il abandonna un beau jour bocaux et malades pour s’établir stéréotypiste à Montmartre (alors commune indépendante de Paris).
     
     
    Pourquoi cette soudaine reconversion ?
     
    Fut-il rapidement las d’une clientèle égrotante, voire aigrie ?
     
    Son frère Léon sut-il lui vanter les charmes du métier d’imprimeur, complémentaire du sien ? Une affection réciproque liait manifestement les deux hommes.
     
     
    À la mi-août 1835, Léon tenait sur les fonts baptismaux de l’église Notre-Dame-de-Grâce, à Passy, le premier fils de son cadet, prénommé Louis Léon Henry.
     
     
    Quatre ans plus tôt, Alphonse Alexandre avait épousé Marie Françoise Alexandrine Cornélie GUÉDÉ (1808-1892), née dans la Somme.
     
     
     
    Mariage qu’on devine arrangé par l’entremise de son frère aîné Édouard Nicolas, établi dans cette région et bien introduit dans la bourgeoisie locale.
     
     
    Mais union féconde, dont j’ai dénombré cinq enfants : Cornélie Antoinette née en 1832 (épouse en mars 1857 de Claude Louis Amédée ROBERT, négociant), Louis Léon Henry précité et Marie Alexandrine née en 1840, deux autres étant morts en bas âge.
     


    Le dernier né, Adolphe CURMER, m’a réservé une vive surprise. Son acte de mariage, en mai 1839, avec Marie Anne Éléonore THEUBET-LENOIR (1806-1884), native de Seine-et-Oise, indique qu’il était venu au monde… à Boulogne-sur-Mer ! Lui aussi exerçait alors le métier de stéréotypiste.
     
     
    Léon semble avoir battu le rappel auprès de ses frères pour qu’ils rejoignissent son cercle professionnel. Adolphe eut une fille unique, Marie Félicité (1847-1876), décédée jeune moins de neuf ans après avoir épousé un agent de la préfecture de police devenu employé de banque. Mais pourquoi Adolphe était-il né aussi loin de Paris, dans les brumes du Pas-de-Calais ?

     
     
    Un père dans de beaux draps

    Si les morts pouvaient parler, qu’ils en auraient à dire !
     
    Mais faute de faire tourner les tables comme Victor Hugo, je me suis contenté de m’asseoir à celles des Archives de Paris pour y prendre des notes.
     
     
    C’est moins romantique mais historiquement plus sûr… Et là, les vieux papiers m’ont narré une bien sombre chronique. Quel étrange hasard (si c’en fut un !) poussa mon doigt à ouvrir le tiroir étiqueté C du fichier des faillites parisiennes sous le premier Empire ?
    Je l’ignore.
     
    Mais ce geste anodin m’a fourni une information précieuse.
     
     
    Le 12 mai 1806, Gilbert Léonard CURMER-NEILSON déposait le bilan.
     
    Une banqueroute des plus sévères puisque son déficit dépassait les 76 500 francs, soit plus de la moitié de l’actif, qui n’atteignait que 131 500 francs ! Ayant apparemment accumulé plus de marchandises qu’il n’en pouvait vendre, il devait de l’argent dans toute la France (d’Amiens à Nîmes, de Rouen à Sedan) et à tout le monde, y compris ses oncles, parents et beaux-parents…
     
    Ses créanciers défilèrent devant les juges du tribunal de commerce
    de la Seine jusqu’au 2 janvier 1807.
     
    Un docteur en chirurgie du quartier des Halles réclamait, à lui seul, la bagatelle de 3 000 francs.
     
     
    Rançon des migraines tenaces ou insomnies répétées du malheureux marchand de draps, penché sur des livres de comptes dont l’implacable arithmétique le dépassait ? Pour la petite histoire, sachez que je me suis employé à vérifier les additions de ceux qui condamnèrent le défaillant : elles sont fausses à deux reprises !
     
     
    Cette pièce d’archives, fortuitement découverte, éclaire la situation d’un jour inattendu.
     
    La naissance du dernier des frères à Boulogne-sur-Mer s’explique alors avec évidence : pressé de quitter Paris où l’assaillait une meute de créanciers, Gilbert Léonard n’eut pas d’autre choix que la fuite.
     
     
    Un grand port de commerce constamment animé, propice à embarquement immédiat : quel refuge idéal ! Les campagnes napoléoniennes lui offrirent-elles un débouché inattendu, occasion unique de rebondir ? Les armées ont besoin de draps…
     
    Mais l’aventure tournera court.
     
    Gilbert Léonard trouvera la mort prématurément, au bord de la mer du Nord. Une triste fin.
     
    Léon fut alors recueilli par son oncle notaire.
     
    N’ayant pas de fils, ce dernier inscrivit son neveu - intellectuellement doué - à l’école de Droit, puis l’embaucha comme principal clerc dans l’espoir qu’il prît sa suite.
     
    Or Léon savait déjà ce qu’il voulait.
     
    Rapidement, il abandonna cette voie certes toute tracée, mais qui ne lui inspirait guère qu’un ennui rédhibitoire, pour l’exaltante aventure de l’édition.
     
     
    La veuve de Gilbert Léonard CURMER ne se remariera pas. Elle élèvera seule ses enfants.
     
    On devine qu’elle fut une mère aimante autant qu’une épouse dévouée. Elle mourra à Paris en décembre 1851, quelque 40 ans après son mari.
     
    Sa disparition dut affliger Léon, qui tint à reposer auprès d’elle.
     
    J’y reviendrai.
     
    Pour autant, la déconfiture paternelle n’empêchera pas trois des fils de tâter aux affaires : Léon en écoulant des livres, Alphonse Alexandre en vendant des drogues médicinales puis des gravures, rejoint dans ce dernier négoce par son cadet Adolphe.
     
    En mai 1884, au décès de son épouse, celui-ci exerçait le métier d’orfèvre.
     
    L’or, ultime valeur-refuge ?


     
    L'imitation de Jésus-Christ. Paris, Léon Curmer, 1856-1857
    [chromolithographie de Lemercier, typographie de J. Claye, Paris.].


    Léon CURMER intime

    Il reste difficile de pénétrer l’intimité d’un homme disparu voici plus de 140 ans.
     
     
    Pour ceux que l’astrologie a convaincus (dont nous sommes), Léon CURMER était Sagittaire ascendant Cancer.
     
    Un idéaliste aimant autant l’aventure que la sécurité,
    ce dernier besoin primant, avec l’âge, sur le premier.
     
     
    Le Sagittaire donne le goût des voyages, ouvre l’esprit sur des horizons étrangers et inconnus, incite à découvrir le monde et ses diverses cultures :
    c’est le symbole de la flèche qui fend l’air et va loin.
     
     
    De plus, régi par la planète Jupiter, il confère souvent un vaste esprit de synthèse et d’organisation. Léon CURMER saura le mettre en œuvre dans son activité d’éditeur lorsqu’il coordonnera, avec une bienveillante et compétente autorité, le travail des multiples corps de métier concourant à la réalisation d’un livre aussi monumental que Les Français peints par eux-mêmes : huit gros volumes qui impliquèrent quelque cent quarante auteurs et une centaine d’illustrateurs, à une époque où un projet de cette envergure supposait un flux constant de correspondances, un amoncellement de documents divers et d’incessantes allées-et-venues chez l’imprimeur ou le lithographe...
     
     
    Même en rêve, les cerveaux les plus hardis d’alors pouvaient-ils seulement imaginer le miracle des transmissions instantanées qu’en ce début de vingt-et-unième siècle, Internet a ancré dans notre banal quotidien ?
     
    Le Cancer s’attache au foyer et à la famille. Léon CURMER repose auprès de sa mère et de ses deux épouses. L’intimité rassure et protège le cancérien, tel le crabe qui le représente, abritant sa chair tendre derrière une épaisse carapace munie de deux pinces.
     
     
    Des armes qui, en outre, rendent ce natif très tenace.
     
    Tenace, il fallut l’être, assurément, pour réussir dans une entreprise d’aussi longue haleine et semée d’autant d’embûches que l’édition !

    Au besoin, Léon pouvait même se monter pugnace.
     
    Dans son numéro du 30 novembre 1837, le Journal du Palais relate ses démêlés avec un relieur-libraire nommé Henri BARBA (1803-1879), auquel CURMER avait remis treize exemplaires de ses Saints Évangiles comme prix de leur brochage-satinage.
     
    Considérant siens ces ouvrages, BARBA avait fait annoncer, par voie de presse, son intention de les vendre pour 30 francs comme riches étrennes à bon marché… alors que l’éditeur les affichait à 40 francs. Y voyant une concurrence déloyale, Léon porta aussitôt l’affaire devant les tribunaux. Les juges lui donnèrent tout d’abord raison, en condamnant BARBA à verser des dommages et intérêts.
     
     
    Ce dernier fit appel de la sentence, arguant de pratiques commerciales courantes et dépourvues de volonté de nuire. Finalement, la Cour reconnut comme licite le petit bénéfice réalisé par BARBA et déclara CURMER non-recevable. Notre Léon dut s’en étrangler de rage ! Cet épisode judiciaire le révèle prompt à la riposte lorsqu’il se sentait lésé. Mieux valait ne pas l’avoir comme ennemi…
     
     
    Quelque 25 ans plus tard, parcourant l’Italie à la recherche de manuscrits pour illustrer une nouvelle et luxueuse édition des Évangiles, il n’hésitera pas à faire appel au pape en personne - et avec succès ! - face au refus catégorique du conservateur de la Bibliothèque Vaticane d’autoriser la photographie de miniatures.
     
     
    Mais son obstination ne l’empêchait pas d’être un affectif, comme on le verra. Son portrait gravé nous montre un sexagénaire portant beau, respirant assurance et autorité. La barbe blanche en collier donne à cette physionomie impressionnante la gravité d’un patriarche biblique, tels ceux que peignit Michel-Ange au plafond de la Sixtine.
     
     
    Le regard volontaire et perçant annonce une volonté farouche,
    inflexible, proche de l’entêtement.

    Léon CURMER se maria deux fois.
     
    Fin novembre 1833, à l’approche de ses 32 ans, il épousait Marie Catherine Louise BORGERS, fille d’un cordonnier prussien et veuve d’un tailleur de même origine.
     
    Un mariage d’amour. Hélas, elle mourut dès les premiers jours de 1844.
     
    Il en conçut un chagrin profond et durable.
     
    Atteinte d’un cancer du col de l’utérus diagnostiqué trop tard, la malheureuse rendit l’âme après onze mois d’affreuses souffrances.
     
     
    L’incompétence des médecins du temps de Louis-Philippe n’avait rien à envier à ceux de Molière :
     
    l’un deux avait même envisagé d’extirper par torsion l’organe malade !...
     
    Pour exorciser sa douleur, Léon fit imprimer, à tirage réduit, une plaquette intitulée L’agonie d’un ange...
     
    Un texte poignant, qui révèle une rare délicatesse de sentiments.


     
    Les Évangiles des dimanches et fêtes de l'année.
    Paris, L. Curmer, 1864. 3 volumes in-folio (28,5 x 20 cm).


     
    Sans aucun doute l'une des plus belles réalisations de l'éditeur Léon Curmer.


    Deux ans et demi plus tard, Léon convola en secondes noces avec sa domestique Gertrude Hubertine HEYSTERS, fille d’un jardinier née aux Pays-Bas. Il épousa donc deux femmes étrangères (le Sagittaire…), d’une condition nettement inférieure à la sienne. Pour lui, le mariage n’engageait que ses sentiments intimes (le Cancer…).
     
     
    Dans le salon huppé et cossu de sa tante paternelle née de TIVILLE, foyer de bel esprit, deux jeunes femmes d’aussi modeste extraction, toutes charmantes fussent-elles, parlant un français teinté de fort accent étranger et entaché de fautes de genre ou de syntaxe, reçurent-elles un accueil d’une chaleur débordante ?
     
     
    Le premier acte de mariage, signé en la paroisse Saint-Louis d’Antin, amorce une réponse à cette interrogation. Parmi les deux témoins de l’époux figure son oncle Jacques Michel CURMER, collecteur d’impôts.
     
     
    Certes, comme parrain du marié, la présence de Jacques Michel allait de soi.
     
    Mais cela arrangeait sans doute aussi les intérêts de Léon,
    pris de scrupule à solliciter son autre oncle paternel.
     
     
    L’arrivée d’une nièce née d’un pauvre savetier des environs de Düsseldorf pouvait-elle réjouir le spirituel notaire, qu’une alliance flatteuse avait introduit dans le tout-Paris ?
     
     
    Quant à sa seconde femme, elle lui survivra presque 50 ans sans se remarier.
     
    Léon aura été le seul homme de sa vie.
     
    Elle le rejoindra dans la tombe en juillet 1919.

    Léon CURMER semble avoir su aimer et se faire aimer.
     
     
    Il n’eut pas d’enfant. Mais de son précédent mariage, sa première épouse avait eu un fils,
    Armand MOLLER (1826-après 1881) et une fille, Léonide MOLLER (1828-1875) ; il les chérissait.
     
     
    Il était même parrain de Léonide, née après le décès prématuré de son père Valentin MOLLER - ce qui révèle des relations étroites et d’assez longue date avec sa première femme. En juillet 1852, il sera parrain du second-né de Léonide, Léon Henri Albert POHL (décédé en mars 1889). La pauvre Léonide fut abandonnée par son époux, un polonais qui exerçait le métier de caissier et disparut sans laisser d’adresse.
     
     
    Partit-il aussi avec la caisse du magasin qui l’employait ?
     
    Devenue journalière pour subsister, Léonide mourut à l’hôpital Cochin.
     
     
    Quant à Armand, il fut commissaire de police.
     
    La disparition de son beau-frère aura-t-elle éveillé sa vocation ?
     
    Léon avait aussi, du côté de sa première épouse, un neveu par alliance
    nommé Armand BORGERS (1823-1888), sur lequel il semble avoir reporté une affection toute paternelle.
     
     
    En avril 1852, il signera l’acte de mariage de cet honnête chapelier allemand.
     
    On trouve rarement le paraphe de Léon CURMER sur des actes d’état civil de membres de sa famille : ses absorbantes occupations devaient rendre son temps précieux.
     
    En retour, le fidèle Amand déclarera le décès de son oncle à la mairie du XVIe arrondissement.


    Une postérité assurée

    Dès 1856, Léon CURMER s’était retiré loin de l’agitation parisienne.
     
    Dans la bruyante rue de Richelieu, tout lui rappelait le douloureux souvenir du décès de sa première femme puis de sa mère.
     
     
    À l’époque, Passy était encore un grand village indépendant de Paris, offrant les charmes d’un calme agreste, d’un jardin planté de roses et d’un air non pollué.
     
     
    C’est là qu’il vécut ses dernières années, dans une confortable villa aujourd’hui disparue.
     
    Il expira au petit matin du samedi 29 janvier 1870, après deux années d’une longue et douloureuse maladie - euphémisme qu’utilisaient déjà les journalistes de l’époque.
     
     
    À la fin du règne de Napoléon III (lui-même longtemps martyrisé par une gravelle qui finira par l’emporter), mourir d’un cancer était cruel.
     
    La pharmacopée d’alors ne connaissait guère que l’opium et le laudanum, aux effets fugaces.
     
     
     
     
    La fin de Léon CURMER dut n’être, hélas, qu’un long calvaire.
     
    Il fut inhumé, le surlendemain de son décès, au cimetière parisien de Montmartre.
     
     
    Il y avait acquis une concession perpétuelle à la mort de sa première épouse.
     
     
    Cette sépulture existe toujours.
     
     
    C’est une chapelle funéraire d’aspect antiquisant à fronton triangulaire et sobres pilastres doriques, jadis élégante mais aujourd’hui abandonnée au point de menacer ruine.
     
     
    Vitrail brisé, crucifix en travers de l’autel, feuilles mortes et détritus ensevelissant les dalles (où sont tombés deux touchants bustes qu’on devine de fidèles portraits d’après nature), et jusqu’à d’épaisses toiles d’araignée tissant leur sombre tenture y composent un décor désolé, semblant attendre le tournage d’un énième épisode de Dracula…
     
    Léon CURMER n’a laissé aucune descendance.
     
    Mais les luxueux ouvrages qu’il édita lui assurent une postérité bien vivante.
     
    Laissons-lui le mot de la fin. En 1857, rédigeant la préface de son Imitation de Jésus-Christ, il écrivait : Je remercie Dieu (…) de clore comme je l’ai commencée une carrière où l’amour du beau et la recherche de la perfection m’ont constamment accompagné. Il avait encore treize années à vivre.
     
     
    Il couronnera son œuvre, quatre ans plus tard, en publiant les superbes Heures d’Anne de Bretagne, qui dépasseront en splendeur tout ce que les presses avaient pu produire jusqu’alors.
     
     
    L’impératrice Eugénie, la reine Victoria et le pape Pie IX compteront parmi les premiers souscripteurs…

    Aux trésors du cœur et de l’esprit, Léon CURMER joignait la perle - exquise - de la modestie.
     


    Thierry COUTURE pour le Bibliomane moderne
     
    SOURCES article
    - http://le-bibliomane.blogspot.fr/2011/11/leon-curmer-1801-1870-editeur-celebre.html
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  • Charles Auguste Louis Joseph Demorny

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    dit comte de Morny, devenu duc de Morny, né à Saint-Maurice (Suisse) le 17 septembre 1811 et mort à Paris le 10 mars 1865, est un financier et homme politique français de la Monarchie de juillet, de la IIe République et du Second Empire, député, ministre de l’Intérieur (1851-1852), président du Corps législatif et président du Conseil général du Puy-de-Dôme (1852-1865).

    Fils naturel de la reine de Hollande Hortense de Beauharnais et du comte de Flahaut, il est le petit-fils naturel de Talleyrand et le demi-frère de Napoléon III.

     

    Charles de Morny est à l’origine de la fondation du village du Vésinet dans la boucle de la Seine en aval de Paris, de l’urbanisation de Deauville et du parc des Princes à Boulogne-Billancourt.

    sa filiation est épique

    Il a eu un rôle politique majeur. Morny est la cheville ouvrière du coup d’État du 2 décembre 1851 qui permet à Louis-Napoléon élu président de la IIème République de devenir

    « Prince-Président ».

    Le duc de Morny, poursuivit à Viroflay la tradition hippique installée par Rieussec sur de grands pâturages établis depuis la formation du domaine royal de Versailles.

    La femme blonde du bois de Boulogne, c’est Sophie Troubetzkoï, la veuve du duc de Morny.

    Notre article sur les courses.

    En bordure du parc, près du château Gaillon, il construisit un hôtel particulier et quelques dépendances dans un style un peu particulier.

     

    L’arrière du Pavillon de Morny a des allures russes avec ses parements de bois chantournés. Le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, avait eu cette attention

    pour la princesse Troubetskoï, son épouse d’origine Russe.

     

     

    En 1926, l’Hôtel de Morny, propriété du baron Malouët, accueillera la Mairie, à quelques mètres de ses premières implantations. Elle y est toujours, agrandie depuis peu.

     

    L’arrière de l’Hôtel de Morny (le Grand Chalet), mairie de Viroflay depuis 1927. Son style russe avec des boiseries chantournées, hommage, dit-on, du duc à son épouse, née princesse Troubetskoï.  CPA, série Syndicat d’Initiative (coll. part.)
    L’arrière de l’Hôtel de Morny (le Grand Chalet), mairie de Viroflay depuis 1927. Son style russe avec des boiseries chantournées, hommage, dit-on, du duc à son épouse, née princesse Troubetskoï. CPA, série Syndicat d’Initiative (coll. part.)
     
     

     

     

    L’arrière du Pavillon de Morny a des allures russes avec ses parements de bois chantournés. Le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, avait eu cette attention pour la princesse Troubetskoï, son épouse d’origine Russe. Carte ayant circulé le 30 octobre 1934. (coll. part.)
    L’arrière du Pavillon de Morny a des allures russes avec ses parements de bois chantournés.
     
    Le duc de Morny, demi-frère de Napoléon III, avait eu cette attention pour la princesse Troubetskoï, son épouse d’origine Russe.
    Carte ayant circulé le 30 octobre 1934. (coll. part.)
     
     
    Sofia Troubeskoy, duchesse de Morny, épousa en secondes noces le 21 mars 1869, à Vitoria en Espagne, José Isidro Osorio y Silva-Bazán (né à Madrid le 4 avril 1825, mort à Madrid  le 30 décembre 1909), duc d’Alburquerque et de Sesto, cousin de l’Impératrice Eugénie.
     

     

     

     

    La Mairie dans les années 30. L’ex propriété Morny est encore ceinte de hauts murs qui ont trouvé leur utilité comme panneaux d’affichage. Carte Etab. Malcuit EM 3922 à bordure blanche. Carte ayant circulé le 9/9/1948 (coll. part.)
    La Mairie dans les années 30.
    L’ex propriété Morny est encore ceinte de hauts murs qui ont trouvé leur utilité comme panneaux d’affichage.
    Carte Etab. Malcuit EM 3922 à bordure blanche.
    Carte ayant circulé le 9/9/1948 (coll. part.)
     
    sources ARTICLE :
    http://www.cartophilie-viroflay.org/article.php?id_article=216
     

     

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  • A Paris, l’Eglise catholique exploitait 3000 bordels

    et 40 000 prostituées :

    mères célibataires, vierges violées, veuves ou répudiées

     

     

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    « On ne peut traverser le pont d’Avignon sans rencontrer deux moines, deux ânes et deux putains. » 

     

    Ce célèbre adage médiéval témoigne de la vitalité du « plus vieux métier du monde » dans la cité des papes. Mais bien d’autres villes de France peuvent se targuer d’une telle réputation. S’il est certain que l’Église et l’État exploitaient les bordels et prostituées déclarées, rien n’atteste qu’ils géraient la totalité des 3000 bordels parisiens du 15e siècle, et des 40 000 prostituées parisiennes du 18e siècle, pour la plupart clandestines.

    BIBLIOGRAPHIE :

    • Jacques Rossiaud, La prostitution Médiévale, édition Flammarion 1988
    • Brigitte Rochelandet, Histoire de la prostitution du Moyen Age au XX° siècle, édition Cabédita 2007
    • Séverine Fargette travaille sur le thème « Violence, justice et société en France au Moyen Age ». Elle prépare une thèse sur le conflit entre armagnacs et bourguignons (1407-1420).
    • Erica-Marie Benabou, « La prostitution et la police des mœurs au XVIIIe siècle »
    • Charles Jérôme Lecour, « La Prostitution à Paris et à Londres »
    • Alexandre Parent du Châtelet, De la prostitution dans la ville de Paris, considérée sous le rapport de l’hygiène publique, de la morale et de l’administration : ouvrage appuyé de documents statistiques puisés dans les archives de la Préfecture de police
    • Jean-Marc Berlière, La police des mœurs sous la IIIe République. Limites et réalités d’une « Police Républicaine »

    Les causes anthropologiques

    L’Église contrôle la sexualité pour garantir des héritiers légitimes

    Le Moyen-âge s’étend sur près d’un millénaire, de 476 (chute de Rome) à 1453 (fin de la guerre de Cent-Ans).

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    Compte tenu du rôle de l’Église dans la prostitution, il est utile de marquer son début en France avec la conversion chrétienne (496) de Clovis, roi des Francs.

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    Ce baptême marque en effet le début du lien entre le clergé et la monarchie française, dorénavant le souverain règne au nom de Dieu et seuls ses descendants légitimes (fils conçus dans le mariage) peuvent accéder au trône. La légitimité passe par la foi catholique et par les liens sacrés du mariage (seul garant de la reconnaissance de paternité).

     

    On remarquera qu’au Vatican, l’âge du mariage est aujourd’hui encore de 14 ans pour les filles, il était de 12 ans jusqu’au début du XXe siècle. 

     

    Fort de l’autorité divine, le clergé catholique se donne comme mission sociale de réglementer la sexualité (virginité & chasteté).

     

    Cette réglementation se colore à la fois du rôle sexuel pervers attribué à la femme dans la chute biblique de l’homme (la pomme d’Ève) et d’une application confrontée aux débauches et contingences de l’époque (la paternité n’est plus garantie). Inutile de dire que la prostitution n’a officiellement pas droit de cité.

    Lire Le serpent de la tentation, compagnon de la Déesse-Mère primordiale

    En croisade contre le sexe

    Durant ce millénaire, pas moins de 25 conciles, dont quatre des conciles du Latran, vont en effet exiger la chasteté avant le mariage, condamner le plaisir sexuel et interdire les positions qui ne servent pas uniquement à la procréation.

     

    Toutefois, malgré les nombreux interdits et exigences de l’Église, tous les actes sexuels illicites se pratiquent, et pas toujours en cachette, loin de là! Ainsi en est-il de la prostitution, une pratique hautement dénigrée par l’Église, et pourtant répandue à travers toute la France, y compris par les bons offices des religieux et religieuses, avec le soutien dévoué de la noblesse…

    Pour prévenir les viols collectifs

    Le terme « viol » n’apparaît qu’au XVIII° siècle. Avant on parle d’efforcement ou de défloration si le viol a lieu sur une femme vierge. Le viol est très courant à l’époque médiévale, cependant peu de plaintes sont à noter : peur des représailles, honte sur la famille… Ces viols sont le fait des jeunes hommes.

     

    En bande, ces jeunes citadins « chassent la garce ».

     

    On les appelle les « hommes joyeux ». L’affirmation de la virilité entraîne fréquemment un déchaînement de violence et se traduit par des viols collectifs commis sur des femmes isolées et faibles, réputées communes. Soucieuses d’éviter ces dérapages, les autorités encouragent l’essor d’une prostitution officielle.

     

    La prostitution est un phénomène de sécurité publique et donne satisfaction aux pulsions les plus enfouies. Comme certains le disent, la prostitution est un mal nécessaire.

     

    Les prostituées ont une responsabilité sociale : 

     

    défendre l’honneur des femmes « d’estat » (femme de vertu) et lutter contre l’adultère.

     

    Le prostibulum peut être alors considéré comme une institution de paix où les jeunes tempèrent leur agressivité.

    Femmes sans maris, femmes sans honneur

    Les femmes victimes de ses viols sont rarement des fillettes car l’homme sera réprimé très sévèrement, ni des femmes de milieu aisée car cela peut être parfois considéré comme un crime. Le plus souvent, les victimes sont des femmes célibataires, des veuves ou des épouses délaissées, des femmes qualifiées de déshonnêtes car elles n’ont plus de maris. Seul le statut d’épouse ou de mère est valorisé et reconnu. 
     
    Ces femmes sont souvent issues de milieux démunis, servante ou épouse d’ouvrier car la sanction sera faible voire inexistante.
     
    Par conséquence, La femme est diffamée par le viol, elle y perd son honneur (la Fame Publica). Ainsi, une femme célibataire aura des difficultés à trouver un époux et une femme sera vraisemblablement abandonnée par son mari.

    Une nécessité sociale de la chrétienté

    Un mal nauséabond pour prévenir la fornication et l’adultère

    Saint Augustin à propos de la prostitution au 5ème siècle : 

    « Supprimez les prostituées, vous troublerez la société par le libertinage ».

    À partir de la fin du XIIIe siècle, et ce, jusqu’au XVe,

    le métier est vu plutôt comme une pratique immuable.

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    La tradition chrétienne considère la prostitution comme un moindre mal nécessaire.

     

    Les Pères de l’Église en témoignent, d’Augustin d’Hippone au IVe siècle qui estime qu’elle est naturelle et permet de protéger les femmes honorables et les jeunes filles du désir des hommes, jusqu’à Thomas d’Aquin au XIIIe siècle, qui juge qu’elle est nécessaire à la société comme les toilettes à une maison :

    « Cela sent mauvais, mais sans elle(s), c’est partout dans la maison que cela sentirait mauvais. »

    La prostitution est d’ailleurs tellement naturelle que, pour plusieurs théologiens, il est préférable qu’une femme y pousse son mari plutôt que de consentir à certains rapports sexuels considérés, eux, comme de graves péchés. Dans une perspective du moindre mal, ces femmes sont sacrifiées pour un bien supérieur, l’ordre public.

     

    Souvent, en effet, c’est la permanence des viols par bandes organisées qui amène les municipalités à se poser la question d’organiser la prostitution afin de canaliser l’agressivité sexuelle des hommes.

    Les bordels de l’Église, un mal naturel pour éviter le péché

    Au Moyen Âge, les responsables de l’ordre public, municipalités, seigneurs laïcs ou ecclésiastiques (évêques, abbés et pape), organisent progressivement la prostitution,déjà à partir du XIIe siècle, et surtout à partir du XIVe siècle, en tirant un profit financier. On trouve même des bordels possédés par des monastères ou des chapitres. La prostitution est toujours considérée comme naturelle, comme un moindre mal. Au cœur des cités méridionales, les maisons de fillettes, les châteaux gaillards et autres maisons lupanardes deviennent des institutions municipales, entretenues et inspectées par les consuls. On précisera que la majorité sexuelle est toujours de 12 ans au Vatican (elle était de 11 ans en France en 1832). En Italie du Nord, les autorités expliquent même que le recrutement de prostituées attirantes permettra de convaincre les jeunes gens de se détourner de l’homosexualité. Les villes et les bourgs ouvrent ainsi officiellement des maisons municipales de prostitution ou bien désignent les quartiers de la cité, généralement ses faubourgs, où la prostitution sera tolérée.

    Lire Exclusion des filles mères, mères célibataires, mères seules : avortement et abandon des enfants sans père

    Dieu vous le rendra

    Une richesse pour le clergé et les municipalités

    Les municipalités profitent de ce commerce et s’enrichissent en prélevant des taxes sur les maisons publiques ou en mettant les fillettes à l’amende. On constate souvent, en dépouillant les registres de comptes, que les loyers et les rentes tirés des maisons de prostitution sont traités au même titre que les autres revenus, y compris dans les registres des abbayes. Au XIIIe siècle, les canonistes admettent d’ailleurs la recevabilité des profits tirés de la prostitution à condition que la fille exerce par nécessité, et non par vice et plaisir. Les propriétaires des maisons, parfois des notables, n’ignorent rien des activités de leurs locataires, et encaissent sans vergogne les bénéfices. C’est le cas des familles Villeneuve et Baronnat à Lyon, de l’évêque de Langres ou de l’abbé de Saint-Etienne à Dijon.

    Plus lucratif que les dons des fidèles

    D’ailleurs, Voltaire rapportait que l’évêque de Genève administrait tous les bordiaux de ces terres. Dominique Dallayrac va même jusqu’à avancer que la prostitution amena plus de richesse au clergé que tous leur fidèles réunis. St-Thomas d’Aquin raconte également que des moines perpignanais organisaient une collecte de fond pour ouvrir un nouveau bordel, dont ils vantaient le mérite; « oeuvre sainte, pie et méritoire ». D’ailleurs, La chose ira encore plus loin, car en 1510, le pape Jules II fit construire un bordel strictement réservé aux chrétiens.

    La Chapelle Sixtine financée grâce à la taxe sur la prostitution

    Pour renflouer les finances du Vatican et payer les corporations travaillant sur la chapelle qui portera son nom, le pape Sixte IV (1414 – 1484) eut l’idée géniale de taxer toutes les prostituées et les prêtres concubinaires dans les Etats Pontificaux, y compris Rome. Cette taxe rapporta au Vatican 30.000 ducats par an. Une véritable fortune. Selon les données statistiques de 1477, il y avait 6.300 prostituées reconnues officiellement et des nombreux célibataires. Le projet avait été lancé en 1046 par le Pape Clément II, Suidger de Morsleben et Hornburg (1005-1048) d’origine allemande, qui avait obligé toutes les prostituées romaines à verser un impôt au saint-siège sur chaque rencontre avec un nouveau client.

    S.S. Sixte IV, un pape pédéraste, incestueux et proxénète

    Afin de profiter de cette manne financière, le pape Sixte VI (1414 – 1484) acquis lui-même une maison close devenant un proxénète. Jusqu’à son élection, Sixte IV jouissait d’une bonne réputation. Sous son pontificat, il fit l’objet de jugements controversés dus à l’emprise que ses neveux prirent sur lui. De fait, il nomma cardinal de nombreux jeunes gens, célèbres par leur beauté, parmi lesquels son neveu Raphaël Riario – cardinal à 17 ans, accusé d’être son amant. On prétendit aussi que le goût du pape pour les garçons était notoire. Le théologien Balaeus (xvie siècle) assure de manière peu vraisemblable que Sixte IV aurait donné aux cardinaux « l’autorisation de pratiquer la sodomie pendant les périodes de grandes chaleurs ». C’est ce que l’on appelait alors le « vice italien ». Aujourd’hui encore, la majorité sexuelle au Vatican est de 12 ans.

    La vie sexuelle des papes

    Meurtres, prostitution, pédérastie

    Tiré de « L’Écho des Cantons » no. 7, septembre 2000.

    Le palais papal, un lieu maudit

    C’est un pape aux mœurs corrompues, Léon III (du 26 décembre 795 au 12 juin 816) qui couronna à Rome au mois de décembre de l’an 800, l’empereur Charlemagne (742-814). Étant réputé pour aimer la bonne chère, le vin et surtout les plaisirs charnels, Léon III échappa à une tentative d’assassinat complotée par deux prêtres désireux de débarrasser Rome et l’Église de ce pape dépravé. Étienne IV (du 22 juin 816 au 24 janvier 817) ne fut pape que quelque mois, mais son successeur, Pascal 1er (du 25 janvier 817 au 11 février 824) mena une vie de débauche qui, pendant les sept années de son pontificat, fit de la ville sainte et du palais papal des lieux maudits où libre cours sexuel était donné a toutes formes de perversions inimaginables.

    Le lupanar privé du pape

    Venu a Rome pour se faire sacrer empereur, Lothaire (795-855), petit-fils de Charlemagne, fut scandalise par tout ce désordre et fit des remontrances très sévères a Pascal. Le saint-père promit a Lothaire de reformer ses mœurs mais des que celui-ci eut le dos tourné, Pascal Ier emprisonna deux humbles prêtres pour avoir dénoncé ses comportements pervers. Comme sentence exemplaire on leur arracha la langue et les yeux avant de les décapiter. Plus tard, le pontificat de Léon IV (du 10 avril 847 au 12 juillet 855) sembla être au-dessus de tout soupçon jusqu’au jour où certains chroniqueurs de l’époque affirmèrent que le pontife avait installé dans sa propre maison un couvent de religieuses afin de s’adonner avec celles-ci a des plaisirs sexuels  » très torrides « .

    La légende de la papesse Jeanne

    C’est a partir de la fin de la papauté de Léon IV que naquit plusieurs légendes a connotations sexuelles qui fortifièrent l’histoire de la papesse Jeanne. Il est très peu probable qu’une femme ait succédé a Léon IV sur le trône de la chrétienté, vers l’an 856, comme le veut la légende qui prit naissance au milieu du 13ème siècle, et racontée par l’entremise des chants des troubadours et des ménestrels.

    Un pape gay en prison, assassiné par ses « mignons »

    Celle-ci fut vraisemblablement inspirée par l’histoire malheureuse d’un pape dévergondé du nom de Jean VIII (du 14 décembre 872 au 16 décembre 882). Jean VIII fut reconnu comme étant un pape débauché qui fut jeté plusieurs fois en prison parce qu’il ne s’occupait pas de ses charges pontificales. Ce pape homosexuel, qui aimait les jeunes garçons, connut une fin tragique aux mains des membres de la famille de l’un de ses  »mignons  » qui, trouvant que le poison qu’ils lui avaient administre n’agissait pas assez vite, lui fracassèrent le crane a coup de marteau.

    Un pape drag-queen

    Les soeurs de la perpétuelle indulgence - solidays 2011

    D’autres sources mentionnent qu’au milieu du 9ième siècle, un prêtre anglais du nom de John, un homosexuel reconnu, avait gagne la faveur des cardinaux de Rome, a un point tel qu’il a failli être élu pape a la mort de Léon IV en l’an 855. C’est probablement a la mémoire de ce John aux allures très efféminées, communément appelé Jeanne par ses intimes, que naquit la légende de la papesse qu’on disait d’origine anglaise. Les troubadours et les ménestrels du 13ieme siècle ajoutèrent a cette histoire, en signe de dérisions et de moqueries, que John aurait pu accoucher d’un enfant le jour même de son couronnement car rien dans son comportement sexuel n’indiquait « … qu’il est un homme … ». Ainsi fut fomenté dans la confusion et par les esprits tordus la légende de la célébré papesse Jeanne.

    Rome, ville du vice et de la débauche

    Le calme revint a Rome sous le pontificat de Jean IX (du mois de janvier 898 a janvier 900) mais ce fut de courte durée car lorsque Benoît IV prit le trône de Saint-Pierre (du mois de février 900 au mois de juillet 903) la corruption redevint maîtresse dans la  »Cite éternelle » pendant, hélas, de très nombreuses décennies. Afin d’illustrer avec plus de précisions cette ambiance qui régnait a Rome pendant tout le 10ème siècle, citons ce roi d’Angleterre, Edgar dit le Pacifique (944-975) qui, s’adressant a ses évêques, donna une description peu flatteuse de ce qu’il avait vu lors d’un de ses voyages dans la ville des papes.

     » On ne voit a Rome que débauches, dissolution, ivrogneries et impuretés … les maisons des prêtres sont devenues les retraites honteuses des prostituées, des bateleurs, jongleurs, équilibristes, acrobates, etc… et des sodomites (homosexuels) … on joue nuit et jour dans la demeure du pape … les chants bachiques (chansons a boire), les danses lascives et les débauches de Messaline ont remplacé jeûnes et prières. C‘est ainsi que ces prêtres infâmes dissipent les patrimoines des pauvres, les aumônes des princes ou plutôt, le prix du sang du Christ. » – Edgar dit le Pacifique (944-975), roi d’Angleterre

    Messaline est l’épouse de l’empereur romain Claude (10-54), elle était reconnue pour se livrer a de la débauche de toutes sortes et même a la prostitution. Se sentant bafoué, son mari la fit assassiner lorsqu’il apprit qu’elle s’était mariée avec son jeune amant Silius.

    Jean XII : le pornocrate

    Jean XII est assurément un des papes ayant le plus choqué ses contemporains. Plusieurs fois d’ailleurs, des chroniqueurs l’ont qualifié « d’antéchrist siégeant dans le temple de Dieu ». Né Octavien, il accède à la papauté à l’age de 18 ans sous le nom de Jean XII. Le jeune pape est perçu comme un être grossier qui s’adonne à la débauche, transformant le palais du Latran en un véritable bordel. Déposé par un synode d’évêques qui le déclare coupable de sacrilège, de meurtre, d’adultère et d’inceste en 963, Jean XII parvient cependant à reprendre l’avantage sur Léon VIII, élu à sa place. Une légende raconte qu’il est mort d’une crise d’apoplexie en plain acte sexuel avec une femme mariée.

    La famille maudite des Borgia

    Borgia est le nom italianisé de la famille Borja, originaire du Royaume de Valence (Espagne), qui a eu une grande importance politique dans l’Italie du XVe siècle. Elle a fourni deux papes, ainsi que plusieurs autres personnages, dont quelques-uns ont acquis une fâcheuse renommée. La famille Borgia subi une réputation sinistre qui aurait été forgée par ses ennemis politiques. Les Borgia furent accusés d’empoisonnement, de fratricides, d’incestes… Ils furent les symboles de la décadence de l’Église à la fin du Moyen Âge.

    Enfants illégitimes, bordels et inceste

    C’était une puissante famille italo-espagnole de la Renaissance, dont sont issus des personnages célèbres qui étaient des champions de la « chasteté héréditaire ». Quelques exemples : un cardinal qui eut trois enfants, un pape qui en comptait neuf, et une duchesse qui accoucha de huit hommes différents dont, probablement, le pape et le cardinal déjà mentionnés, qui étaient, en plus, son père et son frère. Tristement célèbres. On les appelle Borja en Espagne, Borgia en Italie. Un nom qui, dans la Botte, jouit d’une très mauvaise réputation, non sans raison : le cardinal César (1475-1507), une fois abandonné l’habit de pourpre, devint un homme politique et un militaire au cynisme proverbial, qui inspira Le Prince de Machiavel. Son père Rodrigo (1431-1503), alias le pape Alexandre VI, réduisit Rome à une ville-bordel que Luther compara ensuite à Sodome ; enfin, la duchesse Lucrèce (1480-1519), intrigante et peut-être incestueuse, passa à la postérité comme un archétype de féminité négative.

    Le pape du diable

    Pope Alexander Vi.jpgAlfonso Borgia est intronisé pape sous le nom de Calixte III de 1455 à 1458. Il a un fils illégitime, François Borgia, cardinal-archevêque de Cosenza. Son neveu, Roderic Llançol i de Borja, le rejoint en Italie où il prend le nom de Rodrigo Borgia. Il est pape sous le nom d’Alexandre VI de 1492 à 1503. Un des témoins les plus crédibles de la conduite scandaleuse du pape Alexandre Borgia est Jean Burckhardt (ou Burchard), de Strasbourg. Ce prélat, maître des cérémonies de la cour pontificale, tint de 1483 à 1508, un journal très précis relatant jour par jour, parfois même heure par heure, tous les événements se passant au Vatican.

    Au moins 6 enfants illégitimes

    En 1470, alors qu’il a déjà été ordonné prêtre, Rodrigo Borgia fait la connaissance de Vannozza Giovanna Cattanei, jeune patricienne romaine, qui lui donnera ses quatre enfants préférés (Jean ou Joan, César, Lucrèce, et Geoffroi ou Jofre). En 1489, nouvelle liaison avec la jeune et jolie Giulia Farnèse qui n’a que 15 ans, dont la demeure était directement reliée à Saint Pierre. Rodrigo Borgia a alors 58 ans. De leur union naîtra une fille, Laura, qui sera présentée comme l’enfant légitime d’Orso Orsini, époux officiel de Giulia Farnèse. Il avait déjà eu un fils Pedro-Luis de Borja légitimé par Sixte IV. Une troisième amante, disait-on, était peut-être sa propre fille Lucrèce (1480 – 1519). Elle est célèbre pour sa beauté autant que pour ses mœurs dissolues : un fils né de ses amours incestueuses avec son frère César, quelques bâtards, une activité d’empoisonneuse, etc.

    Viol sodomite et danses orgiaques de 50 prostituées

    Les orgies étaient pour Alexandre VI, une distraction à plein temps, sans discrétion aucune, sans discrimination de classe ni tabou de parentèle. Francesco Guicciardini rapporte un épisode au cours duquel le pape attire au Château Saint-Ange le jeune et beau Astorre Manfredi, seigneur de Faenza, qu’il viole et fait jeter dans le Tibre. Mais il pourrait également s’agir de César Borgia qui tenait prisonniers les deux frères Manfredi. Les scandales continuent au Saint-Siège, et ce malgré les remontrances du frère dominicain Jérôme Savonarole :

    «Arrive ici, Eglise infâme, écoute ce que te dit le Seigneur […]. Ta luxure a fait de toi une fille de joie défigurée. Tu es pire qu’une bête: tu es un monstre abominable»

    Sans scrupules, ni remords, Alexandre VI fait face : Savonarole est arrêté, torturé et meurt sur le bûcher le 23 mai 1498. Selon Jean Burckhart, témoin muet, mais indigné, la débauche du pape Alexandre et de sa progéniture atteint son paroxysme en cette nuit orgiaque du 31 octobre 1501 avec l’évocation de la danse de cinquante prostituées entièrement nues et d’un concours arbitré par César et Lucrèce pour évaluer et récompenser les prouesses de virilité des assistants. Les dépêches envoyées aux cours d’Europe par leurs ambassadeurs et figurant dans de nombreuses archives diplomatiques confirment l’incroyable témoignage du Père Burckhardt. On comprend dès lors pourquoi tant de récits faisant référence à des pactes avec le Diable ont pu circuler à la mort d’Alexandre VI.

    Les types de prostitution

    Les historiens, scientifiques et sociologues Lombroso et Ferrero (1896) ont classifié la prostitution médiévale en quatre catégories :

    Les plaisirs charnels du Christ

    La prostitution sacrée issue du culte antique de la femme, avec, au début du Ve siècle, les nicolaïtes, femmes qui, attendu l’incarnation du Christ, prônaient que Jésus fait homme avait dû éprouver lui-même les voluptés du corps. Unies aux gnostiques, elles ont essaimé jusqu’au XIIe siècle, en plusieurs sectes vouées au contentement de la chair. En 1373, réapparaît en France une de ces sectes, anciennement les Picards devenus les Turlupins dont le plaisir était de forniquer en public. Dans le catholicisme, les femmes stériles et les maris impuissants ont longtemps prié les Saints Paterne, Guerlichon ou Guignolet, dignes héritiers du dieu Priape, dieu de la virilité, de la fertilité et de l’amour physique. Même réprouvées par l’Église, ces pratiques se sont poursuivies qu’à la Révolution.

    Garnir la couche de son hôte avec ses serfs

    Le second type de prostitution est appelé prostitution hospitalière : elle découle des coutumes ancestrales de l’hospitalité qui consistaient à « garnir la couche » de son hôte. Plus rarement pratiquée chez les paysans, elle était largement répandue chez les nobles et de nombreuses soubrettes et paysannes, tenues en servage, se prostituaient ainsi contre leur gré.

    Une épouse en CDD

    Le troisième type est la prostitution concubinaire. Le concubinage n’a jamais été, dans la France catholique, béni religieusement. C’est le versement d’une pension d’entretien qui servait de contrat nuptial que seuls un divorce ou la mort pouvaient rompre.

    Enfin, on trouve, sous quatre formes, la prostitution civile :

    • Les bordels privés de la noblesse et du clergé : L’abbé, l’abbesse, l’évêque, le baron, le seigneur féodal accueillent chez eux l’équivalent d’un bordel généralement payé par leurs fidèles ou leurs vassaux; les deux sexes y sont couramment représentés;

    • Les paysannes au service sexuel des curés : Dans les monastères, les bons pères réquisitionnent régulièrement les paysannes des alentours qu’ils convainquent de se taire de peur des foudres divines;

    • Les nonnes-putains pour un dieu proxénète : Plusieurs mères supérieures des couvents persuadent leurs religieuses de se prostituer pour amasser, au nom de leur divin époux auquel elles ont de toute façon livré à tout jamais leur corps vertueux, quelques compléments à la dîme;

    • Femmes-objets pour payer les impôts : Au Moyen-âge, le royaume de France est loin d’être consolidé et les guerres entre prétendants à la royauté livrent la paysannerie à des impôts ruineux, dont la taille. Plusieurs fuient la campagne pour la ville où la misère qui sévit contraint filles et jeunes femmes orphelines, abandonnées ou vendues, veuves et épouses désespérées à livrer leur corps en pâture. La prostitution foisonne avec ses classes de prostituées.

    Le statut des prostituées

    Durant la période médiévale, la quasi-totalité des prostitués est constituée de femmes. La prostitution masculine fleurit aussi, mais seulement dans la clandestinité en raison de la sévère condamnation de l’homosexualité par l’Église. Cette dernière entretient à l’égard des femmes un double discours qui explique, en grande partie, l’ambivalence de ses prises de position. La femme est certes synonyme de tentation et de luxure, mais curieusement elle occupe un rôle social plus égalitaire que celui qui va redevenir le sien à la Renaissance.

    La prostitution civile revêt quatre motifs, explicatifs des divers statuts et mécanismes différents de répression :

    • La luxure qui découle de la prostitution sacrée. Ses adeptes sont considérés comme des hérétiques et châtiés par l’Église et le pouvoir;
    • La pauvreté, lot des femmes démunies. Cette forme est plus ou moins tolérée par l’Église selon la sévérité de ses cardinaux du moment et réglementée par le pouvoir seigneurial ou royal selon ses humeurs et pénitences;
    • Le concubinage, lot de femmes devenues courtisanes, protégées par leurs concubins et par les apparences d’une vie de rentière; certaines prostituées de haut rang peuvent s’afficher dans la cour des gens de la noblesse. On peut d’ailleurs difficilement d’apparence les différencier d’autres femmes de leur entourage, même si la plupart du monde connaît leur identité;
    • Le commerce dont l’exercice est orchestré par des sources diversifiées : clergé, noblesse, bourgeoisie, tenanciers ou tenancières. Le clergé va, de temps à autre, procéder à de sévères répressions dans ses rangs, la noblesse graduellement se défaire de ses propres bordels pour choisir le concubinage ou la fréquentation plus ou moins discrète des maisons de débauche.
    • Les filles légères « prostitution libérale » : Ces filles travaillent pour leur propre compte, elles vont d’hôtel en hôtel ou possèdent leur propre chambre. Ces femmes deviennent petit à petit des courtisanes : prostituée de luxe, maîtresse de riches marchands ou notables. Les courtisanes deviennent réellement importantes à la fin du XV°.

    Lire La prostitution mondaine, une valeur éducative du patriarcat traditionnel avant le mariage

    Carrière d’une fille de joie

    Mères célibataires, vierges violées, veuves ou répudiées

    Les prostituées le sont pour des raisons financières, parce qu’elles sont sans ressources pour une raison ou une autre : tel est le cas pour les étrangères à la ville, les migrantes venant de la campagne, les filles exclues du système matrimonial parce qu’elles ont été violées, parce qu’elles sont des servantes enceintes et chassées, parce qu’elles sont veuves ou abandonnées. Mais il existe aussi une prostitution moins miséreuse, de femmes qui reçoivent discrètement chez elles des hommes de bonne condition, et que le voisinage tolère plus ou moins bien. La plupart des prostituées le sont, comme de nos jours, par utilité ou obligation. Dans ce contexte, la très grande majorité des prostituées est cantonnée dans les basses classes de la société, même si quelques-unes d’entre elles, devenues maîtresses de gens importants, parviennent à y échapper.

    Ne pas ressembler à une épouse légitime

    Faire commerce de ses charmes est longtemps vu comme une profession comme une autre. Les «putassières » demeurent cependant facilement identifiables. Il leur est, en effet, interdit de porter vêtements ou accessoires démontrant le luxe. Broches, fourrures et autres vêtements peuvent leur être sommairement confisqués.

    L’abbesse encaisse un tiers des gains pour un toit

    Les filles de joie racolent à peu près partout : bains publics, boisés, buissons, ruelle ou rue réservées à leur pratique, cour des nantis et autres endroits insolites. Cependant, les lieux dédiés aux habitués sont les bordels municipaux, que l’on appelle à cette époque «bourdeaux» ou «bon hostel». Ils sont souvent administrés par une maquerelle, souvent une femme mariée, appelée «abbesse», douce vengeance contre le clergé. Cette dernière encaisse le tiers des gains de ses filles en échange de leur pension. Il est donc très aisé de trouver remède à une envie pressante…

    La contraception naturelle

    Les pratiques sexuelles, pour ce que l’on peut en savoir, semblent être communément orales, anales, manuelles et interfémorales, les femmes fuyant le rapport vaginal pour des raisons contraceptives.

    Fin de carrière : abbesse, mariage ou couvent

    La fin de « carrière » est estimée autour de la trentaine, mais aucune source ne permet d’affirmer cet âge. Dès lors que les filles ne peuvent plus se prostituer, plusieurs choix de vie s’offrent à elles :

    • Devenir à leur tour tenancière – abbesse
    • Retraite dans le repentir « fondation Sainte Marie Madeleine
    • Le plus souvent, c’est le mariage qui les fait sortir de leur condition. En effet, épouser une fille de joie est considéré comme une œuvre pieuse par l’Eglise.

    La répression du vice

    Mais toléré au nom de la morale conjugale schizophrène

    Le rôle joué par l’Église et particulièrement ambigu.

    D’une part, et ce, depuis Saint-Au­gustin, elle voit la prostitution comme un mal inévitable qu’on ne peut enlever d’une société sous peine d’avoir d’autres maux. D’autre part, par son obligation morale, elle réprime à l’aide de ses tribunaux ecclésiastiques non pas les prostituées, mais les tenanciers et autres entremetteurs au nom de la morale conjugale.

     

    Les putains des soldats de Dieu

    En ces temps de guerres et de croisades, notons que les soldats et les croisés ne font pas exception à la tentation : un cortège de femmes suit l’armée, même celle de Dieu, lavandières comme prostituées. Les phases de défaites correspondent à un redressement des mœurs et vice-versa. Il faut comprendre que, lorsque les troupes commencent à perdre, les autorités le mettent sur le dos de leur honteuse débauche. Cependant, lorsqu’elles gagnent, les interdictions sont levées, et ainsi de suite, de victoires en défaites. Chose certaine, il y a du travail pour ces filles de joie qui vont parfois jusqu’à planter leur tente parmi celles des soldats. Leur réputation est cependant mauvaise, Jeanne d’Arc, par exemple, chassa les ribaudes qui suivaient son armée.

    Esclaves rasées pour laver leurs péchés

    Entre 1254 et 1269, Louis IX décide quand même d’éradiquer toute prostitution. Des lois qui permettent alors aux autorités d’incarcérer les demoiselles de joie sont mises en vigueur. Les prostituées qui sont capturées sont cependant envoyées dans des prisons toutes spéciales, où les conditions de vie sont misérables. Confiées à la garde de religieuses acariâtres et sadiques qui se croient désignées pour conjurer le vice, elles ont la tête rasée pour les humilier et on les fait travailler en quasi esclavage souvent jusqu’à une mort prématurée.

    Lire Les couvents de la Madeleine : camps de concentration pour mères célibataires et femmes libérées

    • 1254 : Ordonnance de Louis IX interdisant la prostitution, les personnes prostituées sont expulsées des villes et tous leurs biens sont saisis, jusqu’aux vêtements; et les proxénètes sont punis par des amendes équivalentes à une année de loyer.
    • 1256 : Nouvelle ordonnance de Louis IX qui revient sur l’interdiction stricte de la prostitution. La personne prostituée n’est plus que reléguée hors des murs des cités et loin des lieux de culte.
    • En 1269, Saint Louis, qui s’apprête à embarquer pour la huitième croisade, demande à nouveau d’extirper le mal du royaume. À nouveau, la clandestinité des prostituées et le désordre créé font fléchir le roi qui fait ouvrir des centres de reclassement pour les femmes publiques à Paris. Le pragmatisme fait d’ailleurs que les filles publiques sont non seulement admises, mais subsidiées pendant la huitième croisade. Les livres de comptes royaux font état de 13000 prostituées à payer pour le suivre à la guerre…

    L’inefficacité de la répression est patente. A la fin du Moyen Age, filles publiques, secrètes ou vagabondes pullulent dans les rues des villes, investissent étuves et hôtels princiers. Le temps où ces femmes, jugées impures, étaient interdites de mariage, semble désormais dépassé ; mais à bien y réfléchir, les ordonnances de Saint Louis étaient déjà en leur temps parfaitement irréalistes.

    Prisons pour prostituées, fornicatrices, adultères, pauvresses et célibataires

    Du XVIIe au XIXe siècle, la période moderne est marquée par la volonté de lutter contre la prostitution. Parfois les mesures visent son éradication, par l’emprisonnement ou le bannissement. Mais beaucoup de ces mesures sont assez vite oubliées ou pas du tout appliquées. Certains comportements sont nouveaux : des asiles s’ouvrent pour les femmes repenties, que vont bientôt rejoindre celles que l’on considère comme risquant de tomber dans la prostitution parce que pauvres et célibataires. Des ordonnances précisaient même de n’admettre que les jolies filles, les laides « n’ayant pas à craindre pour leur honneur ». L’Angleterre, puis l’Espagne, créent de tels établissements. En 1658, Louis XIV ordonne d’emprisonner à la Salpêtrière (Hôpital Général) toutes les femmes coupables de prostitution, fornication ou adultère, jusqu’à ce que les prêtres ou les religieuses responsables estiment qu’elles se sont repenties et ont changé.

    La Salpêtrière de Paris sous l’Ancien Régime : lieu d’exclusion et de punition pour femmes

    A son ouverture, en 1656, la Salpêtrière de Paris s’impose comme le plus grand établissement d’enfermement de femmes à l’époque moderne. Elle est chargée d’accueillir les femmes, jeunes filles et enfants mais aussi des couples sans ressources. En 1666, dix ans après l’édit d’établissement, la Salpêtrière accueillait 2322 pauvres. En 1684, Louis XIV ajouta à l’hospice, une prison, la « maison de force », pour les femmes prostituées, débauchées et condamnées, à laquelle on adjoignit un bâtiment pour les femmes et les filles détenues à la demande de leurs maris ou de leurs parents. La Salpêtrière comporta donc : un hospice et une prison pour les femmes.

    Les pauvres mendiants qui ne se seront pas rendus à la Pitié dans les délais prévus y seront amenés de force par les officiers de police. La loi interdit la mendicité « à peine du fouet contre les contrevenants, pour la première fois ; pour la seconde, des galères contre les hommes et garçons, et du bannissement contre les femmes et filles ».

    Pour changer la morale et les mœurs des femmes égarées

    Dès le règlement du 20 avril 1684, une nouvelle catégorie de la population parisienne est à enfermer : les femmes débauchées. Et c’est à la Salpêtrière qu’elles devront être « enfermées ». Comme la mendicité, la débauche et la prostitution sont combattues avec acharnement pendant tout le XVIIe siècle. Outre la déportation dans les colonies, l’Hôpital général devient le principal mode de mise à l’écart des prostituées jusqu’à la fin du XVIIIesiècle. Les prostituées étaient déjà mises en cause dans le 101e article de l’ordonnance de 1560 promulguée par François II puisque cette ordonnance interdisait tout simplement la prostitution. Cette mesure aurait été prise suite à la progression rapide de la syphilis. Et c’est tout naturellement qu’on s’est attaqué à ce qui ne pouvait être qu’à la base de ce développement : la prostitution. Sous couvert de santé publique on épurait ainsi les rues de Paris d’un autre fléau, la « débauche publique et scandaleuse ». Les mesures d’internement contre les débauchés se multiplient dans ce siècle de moralisation de la société. Des maisons de force avaient déjà été créées et aménagées pour les débauchées. Ces établissements étaient ouverts, théoriquement, aux seules volontaires, et avaient pour objectif de changer la morale et les mœurs de ces femmes égarées. Le roi prévient que « les femmes d’une débauche et prostitution publique et scandaleuse, ou qui en prostituent d’autres, seront renfermées dans un lieu particulier destiné pour cet effet dans la maison de la Salpêtrière ». Les débauchées pourront y être enfermées sur décision de justice. Après l’ordonnance du roi du 20 avril 1684, un inspecteur est chargé de la police des mœurs. Il est chargé, jour et nuit, de les arrêter et de les conduire au dépôt Saint-Martin, passage obligé des futures condamnées. Le lendemain, les femmes arrêtées comparaissent à l’audience du grand Châtelet. Les femmes condamnées, escortées par des archers, sont alors emmenées en charrette, dont les planches sont recouvertes de paille, à travers les rues de Paris, à la vue de tous, jusqu’à la Salpêtrière.

    Pour réprimer la libération des femmes

    Avec le XVIIIème siècle, une grande liberté des mœurs oblige la société à réagir. La police va être une grande pourvoyeuse de nos hôpitaux : se moquer du roi, de la religion, contrevenir à l’ordre public, désobéir à l’autorité paternelle, manquer à l’honneur familial, se débarrasser de sa fille ou de sa femme, être protestante, hérétique, révoltée ou troubler l’ordre public sont très souvent des fautes méritant l’incarcération des femmes à la Salpêtrière. C’est de plus en plus un bagne pour les femmes avec des travaux forcés et de sévères châtiments. Pourtant dans le même temps apparaît une timide humanisation avec l’arrivée de Tenon à la Salpêtrière en 1748. Il va y améliorer l’hospitalisation de ses malades. Quant aux folles, elles arrivent à la Salpêtrière pour y achever, souvent enchaînées, le reste de leur vie.

    La déportation des filles de honte

    Les fillettes abandonnées à la naissance étaient recueillies, élevées, éduquées, placées pour un travail et mariées par l’institution après enquête sur le conjoint (« les noces des orphelines »). Colbert trouva bon de peupler nos nouvelles colonies d’Amérique avec quelques-uns de ces jeunes orphelins et orphelines en les mariant « à la chaîne » (60 couples dans une matinée) lors de grandes cérémonies à l’église Saint-Louis de la Salpêtrière. Cette pratique s’est poursuivie sous la Régence. L’Angleterre commence à déporter aux Antilles les filles des maisons fermées : elles sont 400 après la fermeture des maisons de Londres en 1650 ; on estime à 10 000 celles qui rejoignent de force l’Amérique de 1700 à 1780. L’aristocratie européenne semble particulièrement violente dans sa façon de vivre la sexualité et, contrairement au Moyen Âge, on a pour ces siècles des récits de brutalité dans les établissements où orgies, coups, flagellation, débauche de mineurs sont courants. La société dans son ensemble est caractérisée par la violence sexuelle et, dans les campagnes comme dans les villes, des bandes organisées attaquent les femmes isolées pour des viols collectifs accompagnés de sévices.

    Un métier commun

    3000 bordels parisiens

    Force est de constater que, malgré les interdictions et les principes moraux, tous les niveaux des autorités civiles et religieuses comptabilisent les revenus des bordels qu’ils gèrent sans scrupule, à titre de revenus standards, comme les taxes ou les dons.

    À la fin de Moyen-âge, au temps du poète et

    brigand François Villon (1431-1463?), Paris compte plus de 3000 bordels. Pendant très longtemps, on prétexte que la prostitution est un exutoire pour éviter le viol et l’adultère. C’est pourquoi elle est alors tolérée et pourquoi l’Église tente de réhabiliter les pécheresses repentantes.

    13% des femmes se prostituent

    À la veille de la Révolution française, on évalue à 30 000 les simples prostituées de Paris et à 10 000 les prostituées de luxe ; à Londres, elles seraient 50 000, ce qui est une preuve de l’échec des mesures de répression. A la fin du XVIIIe siècle, on évalue à 40 000 le nombre de personnes prostituées à Paris (13 % de la population féminine). Pour mesurer l’ampleur du phénomène, la plupart des historiens contemporains soulignent que si la proportion de prostituées était la même aujourd’hui (environ 13 % des femmes), on aurait pour Paris intra-muros une population de plus de 100 000 prostituées.

    Un quart de parisiens clients : des recettes juteuses pour l’État

     

    La IIIe République est l’âge d’or des maisons closes qui font partie intégrante de la vie sociale. L’État, et notamment le fisc profitait de ce commerce en prélevant 50 à 60 pour cent sur les bénéfices. À Paris, ils sont environ 200 établissements officiels, sous le contrôle de la police et des médecins, ainsi que d’innombrables bordels clandestins qui comptent alors 15 000 prostituées. De 1870 à 1900 environ, il y a 155 000 femmes officiellement déclarées comme prostituées, mais la police en a arrêté pendant la même période 725 000 autres pour prostitution clandestine (soit 30 000 par an). 

     

    En 1953, les estimations les plus basses sont de 40 000 prostituées à Paris (les plus hautes parlent de 70 000), tandis que les bordels clandestins (les clandés) se multiplient (500 à Paris). La police estime à 40 000 clients par jour la fréquentation des diverses maisons, ce qui équivaudrait à dire que le quart des hommes parisiens avait des relations avec les prostituées.

    sources

    https://matricien.org/patriarcat/sociologie/prostitution/bordel-eglise/

     

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    Saint Jacques de la Boucherie. Début XIXème siècle 

    Rue du Temple, à Paris.

     

    - Cette grande voie publique relie, à travers le IIIe arrondissement et le IVearrondissement, de la place de la République  à la rue de Rivoli.

     

    Avant la création de la rue de Rivoli, au milieu du XIXe siècle, elle commençait à la place de Grève (place de l'Hôtel de Ville) par une série de rues qui portaient les noms des Coquilles, Barre-du-Bec, Sainte-Avoye, noms absorbés aujourd'hui dans celui du Temple.

     

    Nom qui fait référence à l'ordre des Templiers.

     

    Elle n'était pas probablement comprise dans l'enceinte de Louis VI et s'est arrêtée d'abord près de la Rue de Braque, où était une porte de l'enceinte de Philippe-Auguste, ensuite à la bastille du Temple, près de la rue Meslay, dite autrefois du Rempart, où était une porte de l'enceinte de Charles VI, démolie en 1684. 

    La rue du Temple, proprement dite, était jadis un vaste marais ou culture situé hors des murs de la ville: vers le milieu du XIIe siècle, les moines-chevaliers du Temple

     

    , défenseurs du saint sépulcre, y bâtirent un grand manoir, qui devint le chef-lieu de leur ordre.

    La grosse tour fut construite en 1212, par le frère Hubert; et quand l'enclos eut été entouré de murailles et garni de tourelles, quand il commença à se couvrir de maisons, l'ensemble de ces constructions fut appelé la ville neuve du Temple et devint une forteresse

    imprenable. Philippe-Auguste, en partant pour la croisade

     

    , ordonna d'y déposer ses revenus; Louis IX y logea Henri III d'Angleterre

     

    , et ses successeurs y enfermèrent leur trésor; 

    Philippe-le-Bel y chercha un asile contre la fureur populaire.

     

    Les richesses qui y furent amassées par les Templiers étaient réputées les plus grandes du monde, et elles n'ont pas été une des moindres causes de leur ruine.

     

    Le 13 octobre 1307, Philippe IV se transporta au Temple avec ses gens de loi et ses archers, mit la main sur le grand maître, Jacques de Molay, et s'empara du trésor de l'ordre.

     

    Le même jour et à la même heure, tous les Templiers furent arrêtés par tout le royaume. Alors commença ce procès inique, après lequel périrent sur l'échafaud ou dans les prisons les chefs des Templiers. 

     

    Les biens de l'ordre furent donnés aux hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui se transformèrent dans la suite en chevaliers de Malte.

     

    Le Temple devint la maison provinciale du grand prieuré de France

     

    , et la grosse tour renferma successivement le trésor, l'arsenal et les archives de l'ordre. Alors l'on n'entendit plus parler de cet édifice, si ce n'est dans les guerres des Anglais et celles de la Ligue, où l'on s'en disputa souvent la possession.

     

    En 1667, le grand prieur Jacques de Souvré fit détruire les tours et les murailles crénelées de l'enclos, restaurer l'église, embellir les jardins, qui furent rendus publics; enfin il fit bâtir, en avant du vieux manoir, un vaste hôtel, qui a été détruit au XIXe siècle.

     

    Ce fut le théâtre des plaisirs de son successeur, Philippe de Vendôme, dont les soupers donnèrent au Temple une célébrité nouvelle, par le choix, l'esprit, le scepticisme des convives. Là brillait le galant abbé de Chaulieu, qui mourut en chrétien fervent dans ce palais où il avait vécu en nonchalant épicurien.

     

    Là, le jeune Voltairevint compléter les leçons qu'il avait commencé de recevoir dans la société de Ninon de Lenclos.

     

    Le grand prieuré, qui donnait 60.000 livres de revenu, passa ensuite au prince de Conti, qui, en 1765, y donna asile à Jean-Jacques Rousseau, les lettres de cachet ne pouvant pénétrer dans cette enceinte privilégiée. Le dernier titulaire fut ce duc d'Angoulême qui est mort, dans l'exil; et son père (Charles X) y vint quelquefois renouveler les soupers du prince de Vendôme. 

     

    Les fleurs de ces fêtes étaient à peine fanées, les échos de ce voluptueux séjour murmuraient encore de tant de rires, de petits vers, de chants obscènes, quand Louis XVI et sa famille furent amenés au Temple pour y expier ces plaisirs.

     

    Ce ne fut pas dans l'hôtel du grand prieur qu'ils furent enfermés, mais dans le donjon du frère Hubert, vaste tour quadrangulaire, flanquée à ses angles de quatre tourelles, et qui, élevée de cent cinquante pieds, dominait tout le quartier de sa masse sombre et sinistre; on n'y arrivait que par trois cours garnies de murs, très élevés; on n'y montait que par un escalier fermé à chaque étage de portes de fer  (La Prison du Temple). 

     

    Plusieurs autres prisonniers se succédèrent dans cette prison. Puis le gouvernement impérial fit disparaître cet édifice, qui rappelait tant de sinistres événements. Bonaparte, à peine consul, l'avait visité et avait dit : 

    « Il y a trop de souvenirs dans cette prison-là, je la ferai abattre. »

    En 1810, l'hôtel du grand prieur était devenu une caserne de gendarmerie; on commençait à y bâtir la façade qu'on a bientôt démolie, et l'on devait y placer le ministère des cultes; la plupart des autres bâtiments du Temple n'existaient plus; on avait démoli l'église, qui était de construction romane, avec son portail en forme de dôme et les mausolées élevés à des chevaliers du Temple et de Malte.

    En 1814, l'hôtel projeté du ministre des cultes devint l'un des quartiers généraux des armées alliées; il eut le même sort en 1815, et la cavalerie prussienne campa dans l'enclos et les jardins. En 1816, il fut donné par Louis XVIII à une abbesse de la maison de Condé, qui s'y enferma avec des Bénédictines du Saint-Sacrement pour pleurer et prier sur les infortunes royales. Cette princesse ajouta à l'hôtel Souvré une jolie chapelle,

     

     

     

    dont l'entrée était rue du Temple.

     

    Tour saint Jacques de la Boucherie 

    Après la révolution de 1848, les Bénédictines abandonnèrent le palais du Temple, qui resta pendant plusieurs années sans destination; il fut détruit, et sur son emplacement on ouvrit un jardin. 

     


    A côté du Temple était un vaste enclos qui s'étendait jusqu'aux remparts de la ville et qui, de temps immémorial, servait d'asile aux criminels, aux débiteurs, aux banqueroutiers, aux ouvriers qui travaillaient sans maîtrise.

    Afficher l'image d'origine 

    Grâce à ce privilége, l'enclos se couvrit de maisons, qui louées à des prix très élevés, procuraient un revenu considérable au grand prieur, lequel y avait d'ailleurs droit de haute et basse justice.

     

    Celles qui avoisinaient l'église formaient une suite de baraques qu'on appelait les charniers du Temple et qui servaient de marché.

     

    En 1781, on construisit sur une partie des jardins, au levant de l'église et de la grosse tour, un bâtiment d'architecture bizarre : c'est la Rotonde du Temple, élevée sur les dessins de Pérard de Montreuil, vaste et lourde construction de forme elliptique, dont le rez-de-chaussée figure une galerie couverte percée de quarante-quatre arcades.

     

    Cette maison fut habitée par des ouvriers et des petits marchands; elle a appartenu à Santerre, qui y est mort en 1808.  
    - 

     

    Rue du Temple, à Paris (4e arrondissement). 
    La rue du Temple, à Paris. Au fond, une tour de Notre-Dame.

    L'enclos du Temple devint en 1790 propriété nationale; lorsque l'église, la tour, les charniers eurent été détruits, on construisit, sur leur emplacement, en 1809, un vaste marché, formé de quatre grands hangars en charpentes, sombres, hideux, ouverts à tout vent, où vinrent camper plus de six mille marchands et où vinrent s'étaler tous les débris des vanités et des misères de Paris. Ce marché, complètement réhabilité au début du XXe siècle est le Carreau du Temple. Plusieurs rues furent alors ouvertes et qui portent des noms de l'expédition d'Égypte : Perrée, Dupetit-Thouars, Dupuis, etc.

     

    La grande porte de l'enclos, qui était située en face de la rue des Fontaines,

    n'a été détruite qu'en 1818.

    La rue du Temple renfermait jadis plusieurs établissements religieux : 

    1° le couvent des Filles Sainte-Élisabeth, fondé en 1614 par Marie de Médicis et dont l'église fut construite en 1630. Ces religieuses appartenaient au tiers ordre de Saint-François et se vouaient à l'éducation des jeunes filles.
    Les bâtiments, qui, depuis la révolution, avaient été convertis en magasins de farine, sont occupés aujourd'hui par des écoles municipales. L'église a été rendue au culte en 1809. 

    2° Le couvent des Franciscains de Notre-Dame-de-Nazareth, fondé par le chancelier Séguier en 1630, et dont l'église belle et vaste renfermait les tombeaux de cette famille. Il ne reste aucune trace de ce couvent, qui occupait tout l'espace compris entre les rues Neuve-Saint-Laurent et Notre-Dame-de-Nazareth.

     

    On y trouve également l'Hôtel de Montmor (construit en 1623 et remanié en 1737 et 1752, et qui était le rendez-vous des Gassendi, Gui Patin, RobervalChapelain, Ménage, MolièreHuygens, etc), l'Hôtel de Saint-Aignan (au n°71) qui abrite le Musée d'art et d'histoire du judaïsme

     

    , ou encore le Café de la Gare (au n°41), au fond d'une cour qui était autrefois celle de l'auberge de l'Aigle d'Or, siège d'une compagnie de diligences, etc.

    Au n° 106 s'ouvrait autrefois l'impasse Sainte-Avoie, qui avait d'abord porté les noms de ruelle de la Tour-du-Noyer, puis d'impasse de l'Echiquier, nom qui lui venait d'une enseigne. 
    - 

    Hôtel de Saint-Aignan, à Paris (3e arrondissement).

     

    Hôtel de Saint-Aignan, à Paris (3e arrondissement).

    Les entrées de l'Hôtel de Montmor et de l'hôtel de Saint-Aignan (à droite), côté rue du Temple. 
    ci-dessous, une vue de l'Hôtel Saint-Aignan sur une aquarelle du XIXe s. 

     

     

     

    Le quartier du Temple est un des plus importants et des plus industrieux de la capitale. La partie qui avoisine le Marais a l'aspect de ce dernier quartier; elle est, comme lui, coupée de rues droites et belles, couverte d'anciennes et grandes maisons, où d'abord demeura la magistrature, et qui furent ensuite envahies par l'industrie; ainsi en fut-il des rues du Grand-Chantier (tronçon de la rue des

     

    Archives entre les rues des Haudriettes et Pastourelle), d'Anjou au Marais (aujourd'hui disparue), de Vendôme (auj. rue Béranger), etc.

     

    La partie qui avoisine le quartier Saint-Martin est, comme ce quartier, remplie de rues étroites, couverte de hautes maisons sans grâce; ainsi en est-il des rues des Gravilliers, Phélipeaux (correspondant aujourd'hui au tronçon de l'actuelle rue Réaumur situé entre la rue du Temple et la rue Turbigo), Transnonain (tronçon de la rue Beaubourg, entre la rue Michel-Le-Comte et la rue au Maire), etc.

     

    Ce quartier accueillait autrefois une population d'ouvriers.

     

    En 1792, la section des Gravilliers comptait parmi les plus révolutionnaires; la rue Transnonain et les rues voisines furent le principal théâtre de l'insurrection de 1834;

     

    lors de la révolution de février, et lors des journées de juin 1848, les rues du quartier du Temple ont été hérissées de barricades et ensanglantées par des combats. (Th. Lavallée).


    arisRueTemple.htm#k2rrEo3lkzAX4gqb.99

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  • La pute et la bourgeoise,

    ou comment préserver un ménage

     

    Aujourd’hui internet, j’ai le plaisir de mettre sous tes yeux un nouveau travail. Oui. Avec Polina, du blog Polinacide, nous avons décidé de travailler toutes les deux, chacune sur notre blog, sur deux documents dénichés sur Gallica. J’aime autant te prévenir, aujourd’hui on parle putes, prostituées, catins et autres ribaudes. 

     

    Doléances des filles de joie de Paris, a l’occasion de l’ordonnance qui leur défend de se montrer en public(1830) et  Epître à M. Mangin au sujet de l’ordonnance attentatoire à la liberté des femmes (1830).

     

    Tu peux trouver son article ici : VDP : la fille de joie, ce grand stigmate

    Au XIXème siècle, il est important d’avoir un bon travail, une coquette maison et surtout de se marier avec une gentille fille, bien docile, et de lui faire quelques enfants pour préserver la lignée. Deux ou trois. Pas trop non plus, on est pas chez les ploucs. Et puis, bien sur, tu vas à la messe. Pas que le soir de Noël ou de Pâques. Non, tous les dimanches.

    Bon, ça c’est la théorie, en pratique…

     Bourgeois ou pas, le mec adolescent et jeune adulte, il n’a pas envie de s’emmerder avec une vie de famille, et surtout il a les hormones en ébullition. Avoir du boulot, c’est bien. Avoir une femme, c’est chiant. Et puis, à quoi bon ? Si tu veux pécho un coup, tu vas voir les putes. L’âge du mariage recule, recule, recule encore. Et les bourses se vident pour renflouer celle des filles de joie… Au grand dam des mères de familles qui voient l’argent de leur fils disparaître.

    Et puis, c’est qu’ils se dévergondent les coquins, on apprend plein de choses avec les prostituées, bien plus qu’avec sa femme, lorsqu’il a daigné en épouser une. Faut dire que la bienséance contraint à un coït en missionnaire par semaine et par personne, négociable selon la période d’ovulation.

     

    En revanche, les putes ont des moyens de contraception plus ou moins efficaces, et elles ne rechignent pas à pratiquer un quelconque rapport bucco-génital, anal, voire une levrette. Et pire, genre parfois la meuf est au dessus de l’homme, c’est elle qui guide, c’est elle qui décide. Soumission et humiliation de l’homme, du pater familias. Il ne manquerait plus que les maris demandent à leur femme de varier un peu les plaisirs… C’est le vice qui s’installerait dans les bonnes familles. HORREUR ET DAMNATION dans les foyers de la classe supérieure.

     

    Comment faire pour sauver la société ?

     

    Ligoter les jeunes adultes et les maris infidèles ?

     

    Les castrer chimiquement ou physiquement ? Non.

     

    On va interdire les putes sur la voix publique (donc les bordels et les cocottes, c’est ok, on garde). Après tout, ce sont elles le problème. 

    Les filles de rue. Elles aguichent sur les trottoirs, vêtues de fanfreluches et alcoolisées. Ah ça, l’absinthe, elles l’aiment.

    Et puis, elles sont grasses de ne rien faire de leur journée.

     

     

     

     

    Les mecs, eux, ils sont juste soumis à leurs besoins sexuels… Les pauvres. Il faut les protéger. Vous inquiétez pas, la loi est faite pour ça.

    L’ordonnance d’avril 1830 : L’ordonnance Mangin contre les putes

    En 1830, le préfet Mangin tente d’interdire les putes dans la rue, les prostituées vont se retrouver sans le sou. Et les messieurs sans divertissements… Des épîtres vont être dressées contre le préfet et on va retrouver diverses doléances des filles publiques… « Est-il sort plus déplorable que le sort où nous réduit l’ordre qui nous est prescrit par cet homme impitoyable ? »

    Outre les vies de famille malmenées par la prostitution, les réglementaristes utilisent l’argument de la démographie. C’est vrai, « Qui couche avec une pute l’après-midi ne peut engrosser sa femme le soir*»… En fait, si le nombre d’enfants diminue dans les ménages c’est parce que

    1. dans la bourgeoisie : les familles nombreuses, ça fait vulgaire
    2. dans les familles sans argent, la femme travaille et ne peut pas élever 10 enfants comme avant.

    C’est pas du tout  parce que les mecs font appel aux connaissances pratiques des filles de rue. Mais cette baisse de la démographie, ça emmerde les dirigeants. Alors on trouve le prétexte des filles de joie qui vident ces messieurs de l’avenir de la France. En cas de guerre, on a plus de petits soldats pour nous défendre.

     

     

     

     

    Mais alors, si les hommes ne peuvent plus aller voir des prostituées, comment vont-ils gérer leurs pulsions libidineuses ?

     

    Il ne vont pas contraindre leur femme… Non… « Troubler le négoce que des malheureuses font. Ah ! C’est vouloir tout de bon en deuil changer une noce : Car, de faim peur de mourir, nous les verrons périr. »

    Et si les prostituées n’ont plus de quoi travailler comment vont -elles faire ? A vrai dire… On s’en fout… Enfin, la plupart des gens n’en ont rien à faire. Les putes c’est le mal, elles n’ont qu’à gagner dignement leur vie, comme tout le monde. Or, la prostitution qui est visée par cette réglementation, c’est la prostitution ouvrière, pas les bordels ou les courtisanes. Non. Les femmes qui ne parviennent pas à nourrir leur famille qui se soumettent complètement aux clients pour vivre. Survivre.  

     

    Il existe (heureusement) des soutiens aux filles publiques, des personnes qui reconnaissent que la prostitution n’est pas un choix, que les jeunes filles ont souvent été abandonnées très jeunes, sans ressources et que la société n’a jamais rien fait pour elle.

     

    Aussi, « La femme par besoin, ici, se prostitue« .

     

     

     

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    *Je viens d’inventer cet adage, j’espère qu’il sera repris partout dans le monde

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    clemenceauok

     

    Héros républicain à la gloire inaltérée, Clemenceau fut néanmoins un briseur de grèves opiniâtre et zélé.

    Les points d’ombre de son parcours ont depuis été attribués à la nécessité prétendument inévitable de garantir la stabilité républicaine dans une France encore menacée par la monarchie, déchirée par la guerre et déséquilibrée par le boulangisme.

     

    Incarnant par le verbe et l'action un idéal politique fondé sur la conception intransigeante qu'il avait de l'intérêt général, Georges Clemenceau fut l'une des grandes figures de la IIIe République.

    « Il y a en moi un mélange d'anarchiste et de conservateur dans des proportions qui restent à déterminer. »

    La vie de Clemenceau illustre assez bien ce jugement de l'homme d'État sur lui-même.

     

    Au terme d'une carrière politique qui a marqué un demi-siècle, c'est lui qui mena la France à la victoire en 1918.

     

     

    Pourtant, ces épisodes révèlent l’inavouable nature d’un régime républicain qui semble de moins en moins capable de tenir ses promesses égalitaires, et dont les principes, ancrés dans la Révolution de 1789, dévoilent de plus en plus leur incompatibilité profonde avec les aspirations révolutionnaires des mouvements ouvriers.

     

    clemenceauportrait

    Georges Clemenceau

    Georges Clemenceau fut un homme de gauche, au sens sociologique autant que politique du terme.

    Malgré des origines familiales dans la grande bourgeoisie vendéenne, il connut, dans sa jeunesse, les tribulations typiques de son époque, fréquentant les artistes du quartier latin et collaborant à diverses revues politiques dans lesquelles il défendait des idées qui lui valurent même un séjour de quelques mois en prison. 

     

     

    À cette époque, il se lie d’amitié avec différents personnages dont les destins politiques, quoique différents, témoignent d’une réelle envie de changer en profondeur la France de la fin du XIXème siècle :

    parmi eux, Louis Andrieux, père de Louis Aragon, ou encore Jules Méline, pionnier du protectionnisme agricole.

     

     

    C’est au cours de la Commune de Paris que Clemenceau commence à se démarquer nettement de l’ambigüité révolutionnaire qui habite la gauche de son temps, en affirmant la priorité de ses engagements républicains sur la nécessité de conquérir le pouvoir pour changer la société.

     

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    Légaliste avant tout, il refuse de cautionner l’usage de la force dans les deux camps, et renvoie dos à dos les Communards et les Versaillais, préférant œuvrer de manière pragmatique et rapide au retour de l’apaisement dans les rues de la capitale.

     

     

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    Contrairement au slogan communard, repris de la révolution de 1792, qui ne reconnaît que de choix entre « l’égalité ou la mort »,

     

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    Clemenceau n’est pas prêt à tout pour faire valoir les droits des ouvriers et ne rougit pas de la lâcheté supposée dont l’accusent ses ennemis.

     

    Très rapidement, la Garde Nationale parisienne ne lui fait plus confiance et le destitue du mandat de maire du XVIIIème arrondissement qu’elle lui avait confié quelques mois plus tôt, lors de la mise en place du gouvernement de Défense nationale.

     

     

     

     

    Le Président du Conseil remet la Croix de la Légion d'Honneur

    à un aumonier qui s'est distingué au cours des derniers

    combats du Mt Renaud

     

    Mis en avant face à la menace versaillaise et royaliste en raison de son indéfectible attachement à la République, Clemenceau est désormais mis à l’écart pour avoir davantage défendu celle-ci que la cause ouvrière.

     

    Aux élections municipales de mars, il est très largement battu et décide de se mettre en retrait de la vie politique de la Commune, préférant continuer à dialoguer avec les Communards autant qu’avec leurs adversaires, sans se salir les mains, ni sur les barricades, ni à Versailles.

     

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    Ses tentatives s’avouent infructueuses dans un contexte de méfiance croissante à l’égard des « non-alignés ».

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    Résigné à ne plus devoir jouer de rôle de premier plan à Paris, il quitte finalement la ville et n’y reviendra qu’une fois la Commune achevée.

     

    Clemenceau avec son fils près des premières lignes 

    N’ayant pas été Communard et n’ayant pas non plus massacré ces derniers aux côtés des Versaillais, il parvient sans difficulté à s’imposer comme l’homme de la réconciliation dans une ville qui n’aspire désormais plus qu’à l’accalmie et à la reconstruction.

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    Au terme d’une reconquête aussi rapide qu’efficace du pouvoir municipal, il est finalement élu au poste équivalent à celui de Maire de Paris en 1875.

    Élu député du XVIII ème arrondissement l’année suivante, il démissionne finalement de son mandat municipal pour se consacrer à son activité parlementaire, qui lui conférera une notoriété nationale, et le désignera naturellement comme le chef du mouvement radical.

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    La suite de ses combats sera marquée par au moins

    trois thèmes récurrents pour lesquels Clemenceau

    est encore aujourd’hui admiré.

     

    Trois thèmes qui fédèrent autant la mémoire de gauche que celle de droite.

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    On peut pourtant y voir un subtile et habile glissement vers un républicanisme de consensus extrêmement modéré, épuré de toute aspérité idéologique, presque lisse, et qui lui permettra d’incarner de grandes causes tout en asseyant une respectabilité dénuée de toute menace aux yeux de la bourgeoisie, dans l’objectif qui est alors déjà le sien d’accéder à la plus haute fonction de l’État français.

     

    clemenceau22

    Communards dans leurs cercueils

    Le premier cheval de bataille de Clemenceau concerne l’amnistie des Communards, dont on pourrait noter avec cynisme qu’il a voulu sauver l’honneur après avoir refusé de leur sauver la vie.

    L’amnistie, si elle concerne évidemment de nombreuses personnes emprisonnées en métropole ou dans les lointaines colonies françaises, est davantage affaire de symbole.

     

     

    Biographie, citations et oeuvres de Georges Clemenceau 

    Clemenceau s’illustre à plusieurs reprises par des discours enflammés, qui provoquent l’admiration de ses partisans et l’amusement de ses opposants, qui ne le prennent pas au sérieux.

     

    Cet engagement lui permet surtout de s’attirer la sympathie d’un certain nombre de personnalités d’extrême-gauche, touchées de voir un parlementaire radical s’intéresser au sort de ceux qu’ils tiennent pour de véritables martyrs. Loin de s’inquiéter de son image d’homme « tout en nerfs », il semble même travailler la radicalisation de ses propos, et passe ainsi pour l’époque, ainsi que pour une grande partie de l’opinion publique d’aujourd’hui, pour l’ennemi des modérés, regroupés à l’époque autour des « opportunistes » et de Léon Gambetta.

    Qu’il s’agisse là de l’expression d’une de ses convictions profondes ou d’une posture savamment calculée, il est facile de constater que l’amnistie est plus une question de positionnement et de discours qu’un réel combat aux conséquences tangibles.

    Preuve du caractère inoffensif d’une telle revendication, la République est finalement prête à faire cette concession, et c’est même sur proposition du gouvernement, pourtant dirigé par un proche des « opportunistes » et de Gambetta, que la loi d’amnistie sera enfin votée en 1880.

    Le second thème par lequel Clemenceau s’illustre est d’ordre moral. Il concerne l’ensemble des valeurs héritées de la tradition révolutionnaire et dont il exalte à maintes reprises la grandeur dans ses discours.

     

    Contre la colonisation décidée par la gauche, il se trouve des alliés de circonstance parmi les députés d’extrême-gauche et de droite.

    Si leurs motivations sont différentes, c’est lui qui, le premier, portera la charge contre les expéditions militaires en les remettant en cause dans leur fondement même :

    l’inégalité des races et des cultures.

     

    Il s’insurge contre les thèses de Jules Ferry qui défend un droit à l’exportation des « bienfaits de la civilisation », en décelant derrière cette logique

    « la proclamation de la puissance de la force sur le droit ».

    Davantage que le fond de cette argumentation, c’est sa forme qui semble confirmer le glissement décisif de Clemenceau vers un légalisme absolu.

    Puisqu’il refuse d’utiliser la force pour exporter les techniques et savoirs européens vers l’Afrique et l’Asie, rien ne l’autorise à légitimer l’usage de la force par des ouvriers pour prendre possession de leurs usines. Peu importe que la colonisation se soit servie du progrès comme d’une couverture pour préparer le pillage économique des colonies.

    Clemenceau n’est pas dérangé par le mensonge, dont il a conscience, mais par le principe même de faire valoir la supériorité morale ou technique d’un peuple sur un autre.

    Citations de Georges Clemenceau

     

    Il ne veut pas juger de qui est supérieur et inférieur – et donc, de qui est bon ou mauvais. Fatalement, c’est bien le relativisme qui structure sa pensée.

    Il déclarait déjà, au sujet de l’amnistie des Communards :

    « À quel signe, à quel critérium, doit-on reconnaître un ennemi de la société ? Le duc de Broglie est un ennemi de la société aux yeux de M. Baudry d’Asson , et moi je tiens M. Baudry d’Asson pour un ennemi de la société. Nous sommes ainsi 36 millions d’ennemis de la société condamnés à vivre dans la même société. »

    Le voici désormais en train de vanter la puissance du bouddhisme et la profondeur de Confucius pour calmer les ardeurs coloniales de ses compatriotes.

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    Relativiste, il refuse la violence coloniale au motif que la Chine appartient aux Chinois :

     

    relativiste, il refusera la violence ouvrière au motif que la bourgeoisie est propriétaire de ses usines.

    C’est à la lumière de cette évolution vers un esprit républicain légaliste, formaliste et presque positiviste qu’il faut appréhender la troisième bataille de Clemenceau, dont beaucoup d’historiens ne cherchent pas à démêler les enjeux réels, préférant la mettre sur le compte de l’âge et des responsabilités.

    Devenu « premier flic de France » selon sa propre expression, il s’attèle à briser avec méthode plusieurs mouvements de grève, au nom du maintien de l’ordre.

    Impossible d’y voir un pur cynisme froid de la part de celui qui revendique depuis longtemps la limitation du temps de travail, la retraite des vieux travailleurs, la responsabilité patronale dans les accidents du travail, ou encore la liberté syndicale.

     PORTRAIT par NADAR 

     

    Clemenceau est bel et bien un homme un homme de gauche, soucieux des évolutions de la France industrielle et des souffrances des ouvriers de plus en plus nombreux.

    Mais c’est avant tout un Républicain, et s’il défend les ouvriers, il ne le fait que dans la mesure où leur combat ne remet pas en cause les valeurs républicaines.

    De quoi a-t-il donc peur lorsqu’il réprime dans le sang les grèves de Villeneuve-Saint-Georges et de Vigneux en 1908, allant jusqu’à faire arrêter les leaders de la C.G.T., parmi lesquels Emile Pouget ?

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    Justement de cette force qui commence à naître et à croître dans le creux des injustices sociales auxquelles ni la Révolution de 1789, ni celle de 1848, ni la Commune réprimée ne sont parvenues à mettre un terme.

     

     

    Cette force que Clemenceau et ses contemporains sentent s’agiter à l’approche de la fin du siècle, et qui n’aspire pas à la révolution des urnes, ni même à celle des armes, mais à une révolution bien plus dangereuse pour l’ordre et la République: la grève générale. À la même époque, le syndicaliste Griffhueles déclare :

    « Suffrage universel, démocratie… sont toutes choses que la société capitaliste a apportées en elle, d’où leurs imperfections et leurs tares ! Seul le refus du travail est du domaine prolétarien. Seule la grève fait surgir quotidiennement l’antagonisme patronal et ouvrier ; seule la grève générale fera surgir la libération définitive, car elle sera pour le salarié le refus de produire pour le parasite […] ».

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    Trop républicain pour aimer la révolution, Clemenceau tente donc de fixer des limites au droit légitime à la remise en cause de la société.

    Ces limites, ce sont les contours exacts du régime qu’il défend, et dont il pense pouvoir trouver l’essence dans la Révolution de 1789.

    Une de la Voix du Peuple au lendemain de la répression de la grève de Villeneuve-Saint-Georges

    Une de la Voix du Peuple au lendemain de la répression de la grève de Villeneuve-Saint-Georges

    C’est seulement en comprenant ce raisonnement que l’on peut expliquer la célèbre phrase par laquelle il ouvre l’un de ses discours les plus retentissants :

    « La Révolution est un bloc ».

    Selon lui, on ne peut aimer l’abolition des privilèges sans aimer la libéralisation de l’économie agricole.

    On ne peut admirer la proclamation de l’égalité des hommes sans soutenir l’anticléricalisme. Autrement dit, toute tentative de nuancer la réussite de 1789 est nécessairement antirépublicaine.

    En reconnaissant certains échecs de la Révolution, on menace ses réussites. Voilà donc les marxistes, les anarchistes et les révolutionnaires socialistes prévenus : qu’ils manifestent et qu’ils votent !

     

    Mais qu’ils ne s’attaquent pas au bourgeois derrière la République, car sinon, c’est l’esprit même de la grande Révolution qu’ils trahiront.

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    Clemenceau fut donc, malgré lui, et en dépit d’un attachement sans doute sincère à la défense de la condition ouvrière, l’instigateur d’une tradition politique qui continue d’être honorée par la gauche républicaine : le chantage à la Révolution.

    Croyant de bonne foi défendre les lois de la République et ses principes, il ne s’aperçut pas qu’en les élevant au rang de biens sacrés et en les défendant tout en bloc, il était devenu le dupe de la bourgeoisie républicaine.

    Il a ainsi fait de la révolution libérale de 1789 l’infranchissable rempart contre toute tentative de révolution ouvrière.

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    Sources : 

    http://philitt.fr/2014/03/09/lautre-visage-de-clemenceau-la-republique-contre-la-revolution/

     

     

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    24 juillet 1775 :

    naissance de François Vidocq

     

    Eugène-François Vidocq est né à Arras le 24 juillet 1775, au 222 rue du Miroir-de-Venise (aujourd’hui rue des Trois-Visages), dans un milieu relativement aisé. Son père, Nicolas-Eugène Vidocq, est maître boulanger et marchand de blé.

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    Enfant, il fréquente les salles d’armes et devient un redoutable escrimeur. Ses talents lui serviront lors des multiples duels qu’il provoquera.

    Turbulent et bagarreur, on lui donne le surnom de "vautrin", qui signifie "sanglier" en patois.

    À treize ans, à la demande de son propre père, il connaît déjà la prison (il passe dix jours aux Baudets) pour avoir commis quelques petits vols, notamment de couverts en argent.

    Les années de brigandage

    En 1791, à seize ans, il quitte Arras après un nouveau vol dans la caisse de la boulangerie familiale.

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    Il s’engage dans le régiment de Bourbon, et participe aux batailles de Valmy (il est nommé caporal en 1792) et de Jemmapes. En 1793, après avoir déserté, il est chassé de l’armée. Il rejoint Arras et épouse Louise Chevalier, sœur d’un acolyte de Lebon.

    Convaincu de l’infidélité de son épouse, il l’abandonne toutefois très vite. Commence alors une série d’escroqueries et de vols commis à Paris ou dans le Nord de la France.

    Le 27 décembre 1796, il est condamné à huit ans de travaux forcés au bagne de Brest pour "faux en écritures publiques et authentiques".

    Après plusieurs tentatives, il parvient à s’évader mais il est de nouveau interpellé en 1799. Il est envoyé au bagne de Toulon d’où il s’évade également. Ces évasions lui valent notoriété et respect auprès des gens du milieu.

    Chef de la police de sûreté

    En 1806, las de cette vie clandestine et marginale, il offre ses services d’indicateur à la police de Paris.

    Il œuvre à Bicêtre puis à la prison de la Force et fait l’admiration du préfet de police.

    En 1811, il cesse son travail de "mouchard" et crée la Police de sûreté chargée de traquer assassins, voleurs, escrocs et faux-monnayeurs.

    Il recrute d’anciens condamnés mais exige d’eux un comportement irréprochable. Passé maître dans l’art de s’infiltrer, il remporte de larges succès et les résultats de sa brigade dépassent ceux de la police traditionnelle. Le personnage fascine la haute société parisienne.

    Entrepreneur provincial

    Signature manuscrite de Vidocq. (Agrandir l'image).

    En 1818, il est gracié par Louis XVIII pour sa condamnation qui lui valut le bagne vingt-deux ans plus tôt. Mais ses détracteurs sont, eux aussi, très nombreux et, en 1827, il est contraint à la démission.

    Il s’installe alors à Saint-Mandé, où il crée une usine de papier infalsifiable et d’encre indélébile. Il commence également la rédaction de ses Mémoires de Vidocq, chef de la police de Sûreté, jusqu'en 1827.

    Ruiné par son affaire, et après un bref retour à son poste de chef de la sûreté en 1832, jusqu’à la fusion de cette unité avec la police municipale, il crée le Bureau de renseignements pour le commerce, sorte d’agence de détectives privés, chargée de fournir des indications sur les clients indélicats et de surveiller d’éventuelles escroqueries.

    Un jugement en ordonne cependant la fermeture.

    François Vidocq meurt rue Popincourt à Paris des suites du choléra, le 11 mai 1857. La cérémonie funèbre a lieu en l’église Saint-Denis-de-Saint-Sacrement, dans le IIIe arrondissement.

     

    Tour à tour voleur, saltimbanque, faussaire, bagnard, marchand, chef de la Sûreté de Paris et l’un des premiers détectives privés au monde, Vidocq n’a cessé de fasciner les historiens, les auteurs et les scénaristes.

    Il a inspiré entre autres le personnage de Vautrin dans la Comédie humaine d’Honoré de Balzac et celui de Jean Valjean dans Les Misérables de Victor Hugo.

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    Sa vie a également fait l’objet d’adaptations pour le cinéma et la télévision.

     

    http://www.archivespasdecalais.fr/Anniversaires/24-juillet-1775-naissance-de-Francois-Vidocq

     

    Il s’appelle Eugène François Vidocq et c’est le premier détective privé de Paris. Voici son histoire.

     

    Si son nom ne vous dit peut-être rien, vous avez sûrement déjà entendu parler de ses exploits (un film sur lui avec Gérard Depardieu est sorti en 2000).

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    http://www.archivespasdecalais.fr/Anniversaires/24-juillet-1775-naissance-de-Francois-Vidocq

    Ce caméléon du XVIIIème siècle en a fasciné plus d’un, et pour cause !

    Tour à tour bandit, chef de la police de sûreté puis détective privé, ce personnage a eu un destin hors du commun.

    Après avoir quitté son Arras natal pour travailler dans un cirque, il y retourna pour rentrer dans l’armée… qu’il quitta rapidement à cause d’une blessure à la jambe. Heureusement pour lui, la dame chez qui il vivait à cette époque lui offrit 15 000 francs.

    Débauche et évasion

    Avec ces sous en poche, il déménagea à Paris en 1796 pour s’offrir une vie de débauche : jeux, prostituées…

     

    Ainsi, Vidocq perdit rapidement ce maigre pécule et s’enfuit à Lille, où il ne tarda pas à se faire emprisonner à la suite d’une querelle avec un officier.

     

    Seulement il ne resta pas longtemps enfermé puisqu’il parvint à s’évader puis à se faire passer pour un « simple » déserteur quand la gendarmerie réussit finalement à l’attraper.

     

    Il est donc détenu à nouveau, cette fois dans une maison réservée aux marins. Filou comme il est, Vidocq parvint à se déguiser en religieuse et à s’évader encore !

     

    Après avoir été rattrapé, il continua de jouer au chat et à la souris avec la justice en s’enfuyant une énième fois d’une prison de Douai !

     

     

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    Du bagnard au policier

    De retour à Paris, il ouvrit un petit commerce qu’il ferma presque aussitôt. Il devait acheter le silence de ses anciens « frères » de captivité, lui-même étant toujours en cavale…

     

    Vidocq se retrouva alors sans ressources et dut trouver une solution. Au début de 1809, souhaitant rentrer dans le rang, il participa au concours de la police de sûreté qu’il réussit.

     

    Seulement, il se rendit rapidement compte que la police n’était pas ce qu’il imaginait : ruses, malhonnêteté, perfidies, faussaires… Voilà comment Vidocq dépeigna son métier dans ses « Mémoires ». Désenchanté, il démissionna en 1827.

    vidocq

    Au service du renseignement

    Trois ans plus tard, il intégra une bande « d’assommeurs », sorte d’unité policière non officielle chargée de faire peur aux ennemis du gouvernement.

    Le préfet de police lui-même fit l’éloge de Vidocq au Ministre de l’Intérieur pour les services rendus lors de l’insurrection des 5 et 6 juin 1832.

     

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    En juin 1833, il créa le Bureau de renseignements pour le commerce, la première agence de détectives privés.

     

    Souhaitant éradiquer les faussaires, ripoux et autres mauvais personnages de Paris, il proposa aux commerçants puis aux particuliers une surveillance sur la concurrence et des filatures pour des supposés adultères.

     

    Cette activité prospéra, et après la révolution de 1848 il mit ses services à la disposition de Lamartine (alors Ministre des Affaires étrangères).

    Malgré sa renommée croissante, il termina sa vie seul. Il mourut le 11 mai 1857. De Vidocq, il nous reste aujourd’hui son histoire et ses aventures rocambolesques !

    SOURCES - http://www.pariszigzag.fr/histoire-insolite-paris/histoire-vidocq

     

     

    vidocq-paris

     

     

     

     

     

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  • Les toits de Paris

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    La grande lessive de printemps...

    Si chacun connaît cette expression, il est fort probable que nombre d'entre nous, et pas seulement les plus jeunes, en ignore le sens premier.
      
    Remontons de quelques décennies dans le temps, au moins jusqu'au début du XXè s., voire davantage.


    Dans nos campagnes, dès les premiers beaux jours, au printemps (ou dans certaines régions deux fois l'an), les femmes se réunissent :
     
    tout le linge est porté par charretées entières à la rivière.
     
      
      
    Tout le linge sale de tout un village , que l'on a empilé dans les grenier depuis des mois : draps, nappes, serviettes, chemises, se retrouve mêlé sur la rive pour être lavé dans l'eau de la rivière par les commères.
     
      
    Ensemble, dans un esprit communautaire, elles lavent, brossent, frottent, savonnent, rincent et étendent sur l'herbe tendre et non encore souillée par les pâtures le linge soumis à l'action blanchissante du soleil.
      
     
     
     
    Rassemblées autour des plus âgées, elles participent ainsi au contrôle social.
      
      
    Il vaut mieux "laver son linge en famille", car tout apparaît alors :
      
    l'état de fortune à l'abondance du linge, l'état de santé physique, de grossesse, de propreté morale sous-entendue par la propreté physique, bref, toute l'histoire d'une famille ou du village se lit dans les taches et salissures, et lors de cette "cérémonie de la grande buée",
    on fête un peu chaque année la victoire du propre sur le sale,
    du jour sur la nuit, du printemps sur la mort, bref, de la vie sur la mort.

     

     


    Mais pourquoi tant de linge, lavé une fois l'an seulement ?
      
    Il faut se remémorer les conditions de confort de l'époque - je parle bien sur du monde paysan. Il est difficile de faire des lessives en hiver, l'eau des rivière est glacée, ou même gelée, et tout le linge ne sècherait pas dans les petites maisons où seule une
    cheminée procure un peu de chaleur.
      
    Les autres saisons, tous les travaux agraires ou domestiques prennent le temps et l'énergie de chacune, puisque la lessive reste toujours une affaire de femme.
      
    Il faut donc avoir suffisament de linge pour pouvoir tenir une année, exception faite de petites lessives intermédiaires pour quelques vêtements, surtout si l'on en a peu.
     
    Même si les habitudes d'hygiène de l'époque ne sont pas les nôtres (changer de linge de corps tous les huit jours était se changer très fréquemment), il faut toujours une belle quantité de torchons et de paires de draps pour une maisonnée.
      
    Les jeunes filles - en fonction de leur moyens - s'attacheront donc à se constituer un trousseau suffisant pour maintenir le train de vie auquel elles sont socialement destinées.
     
     
      
     
     
     
     
     
    Les plus pauvres, logeant chez leur patrons, ne sont pas concernées et se contentent - malgré elles - de peu de pièces.
      
    Dans les villes, les ouvrières, souvent pauvres également, ont peu de linge et le lavent plus régulièrement, une fois par semaine (le lundi ?) près des rivières ou dans des bateaux- lavoirs, près des lavandières de métier et des bonnes qui travaillent pour les plus riches.

     

     


    Et lorsque toutes les villageoises oeuvrent ensemble à la grande buée, comment reconnaître le linge de chacune ?
      
    On comprend donc l'utilité du monogramme brodé, qui, comme tout ce qui se fait traditionnellement, résulte au départ d'une réponse à un besoin, ce qui n'empêche pas par la suite une fonction décorative.
      
    Draps, torchons, sont marqués aux initiales de la jeune fille ou, si les fiançailles ont été assez longues, à celles des deux familles liées, la plupart du temps par la fiancée elle-même, qui trouve là moyen de prouver ses talents et sa bonne éducation... ménagère.
     
    Les chemises, les vêtements sont marqués à l'intérieur du col, ou pour les plus riches, sur la poche de poitrine gauche.

     

     


    Eh oui, à l'origine, ce n'est pas le fabriquant qui marque la poche d'une chemise, mais son propriétaire. Et pourquoi cela a-t-il changé, me direz-vous ?
      
    C'est à cause de lui : Lui, René Lacoste, que la presse américaine a surnommé "Le Crocodile", à la suite d'un pari qu'il avait fait avec le
    Capitaine de l'Equipe de France de COUPE DAVIS.
      
    Il lui avait promis une valise en crocodile si Lacoste remportait un match important pour leur équipe. Le public américain a retenu ce surnom qui soulignait la ténacité dont il faisait preuve sur les courts de tennis, en ne lâchant jamais ma proie !
      
    Son ami Robert GEORGE lui dessina alors un crocodile qui fut brodé sur le blazer qu'il portait sur les courts. Mais, me direz-vous, on est bien toujours dans le cas de figure où le propriétaire de la chemise porte sa propre marque sur son vêtement, même si ce n'est pas un monogramme. Vous faîtes les bêtes, vous répondrais-je...
      
    En 1933, René LACOSTE et André GILLIER, le propriétaire et Président de la plus grande compagnie française de bonneterie de l'époque, fondent une société pour exploiter la chemise brodée d'un logo que le champion avait créée pour son usage personnel sur les courts de tennis, ainsi qu'un certain nombre d'autres modèles de chemises conçues pour le tennis, le golf et la voile, comme en témoigne le premier catalogue édité en 1933.
     
    C'était la première fois, à ma connaissance, qu'une marque était visible à l'extérieur d'un vêtement, une idée qui a, depuis, fait son chemin.

     




    Je retiens :


    La grande lessive de printemps, également appalée "cérémonie de la grande buée", était autrefois l'occasion d'une grande fête villageoise qui célèbrait le renouveau printannier.

     

    Tout le linge de maison était alors lavé ensemble, et ces éléments du trousseau étaient brodés d'un monogramme pour en marquer l'appartenance.


    Aujourd'hui que chacun lave son linge chez soi régulièrement, cette nécéssité de marquage a disparu.

      

    Elle a cependant été reprise par les marques de prêt-à-porter, suite à l'initiative de Lacoste.

     


    Vocabulaire :

    Trousseau : Habits et linges de maison que l'on donnait à une fille pour la marier. Selon la classe sociale, celui pouvait comporter sous vêtements, draps, serviettes et torchons, mais également vêtements des domestiques.

      

    Le trousseau était généralement brodé pendant le temps de fiançailles par la jeune fille au chiffre (= blason, monogramme) des deux familles qui s'unissaient.

    Marque : signe ou nom apposé sur les produits d'un même fabriquant.

     

    Par extension, logo.


    Documents associés :

    Faire suivre du cours et de l'exercice

    Le monogramme

     

     

     

     

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    Kiki de Montparnasse, née Alice Prin,

    égérie de Man Ray, et modèle de Kisling.

     

     

     

     

     

     

    Dans ses mémoires, Man Ray raconte qu’Alice Prin, dite Kiki de Montparnasse, refusait de poser pour lui, parce que, disait-elle, "un photographe n’enregistrait que la réalité". Relatant sa réponse à Kiki, il poursuit: "Pas moi… je photographiais comme je peignais, transformant le sujet comme le ferait un peintre.

      

    Comme lui, j’idéalisais ou déformais mon sujet".

      

    Le Violon d’Ingres illustre particulièrement ces propos évoquant une photographie à mi-chemin entre la peinture et la reproduction mécanique.

     

     

     

    Le corps de Kiki vu de dos ainsi que la position de sa tête, coiffée d’un turban oriental, rappellent les baigneuses de Ingres, par exemple le personnage situé au premier plan du Bain turc, référence suggérée à Man Ray par la perfection du corps de la jeune femme qui, dit-il, "aurait inspiré n’importe quel peintre académique".

     kiki

     

     

    Grâce aux deux ouïes dessinées à la mine de plomb et à l’encre de Chine sur l’épreuve, le corps est ici métamorphosé en violon.

     

    Man Ray - Kiki de Montparnasse, 1922:

     

    1922 - MAN RAY

     

     

    Si Man Ray joue avec l’expression populaire "avoir un violon d’Ingres", c’est-à-dire un hobbie, qui rappelle qu’Ingres était un fervent violoniste, il entend aussi révéler l’érotisme de la jeune femme et sa propre passion: elle est son violon d’Ingres.

      

      

    Le photographe évoque ainsi le thème de "l’amour fou", qu’André Breton explore à son tour dans l’ouvrage éponyme de 1937.

     

     

    Kiki de Montparnasse

    Kiki de Montparnasse photographiée par Man Ray en 1924

     

    A partir de 1927, le Dôme et la Coupole se partagèrent les personnalités. Au Dôme, Hemingway, Man Ray le photographe, Henry Miller, Blaise Cendrars, Claudel, Jammes, Breton...

     

     

    Man Ray in front of a portrait of Kiki de Montparnasse taken in the 1930s, Paris, 1954 -by Michel Sima:

     

      

    A la Coupole : Cocteau, Radiguet, Aragon, Elsa Triolet, Picasso, Foujita, Zadkine, Kisling, Sartre, Giacometti, Simone de Beauvoir.....

      

      

      

    Durant les années folles, tous se retrouvaient autour d'expositions et de soirées folles : celles de la baronne d'Oettingen, du bal nègre avec Youki et surtout avec Kiki, reine de ces soirées.

     

    Kiki de Montparnasse - 6.8 ko

     

    Sa beauté et sa gentillesse en firent la coqueluche des artistes désargentés.

     

    Elle avait débuté en chantant à la terrasse de la Rotonde et dans une boîte à la mode, le Jockey.

     

    De nombreux peintres la prirent comme modèle : Modigliani, Soutine, Picasso, Foujita, Derain.....

     

    Parmi tous ses amants, Man Ray, le photographe-cinéaste américain l'immortalisa sur pellicule dans un court métrage de 1928, appelé « l'étoile de mer » d'après un poème de Robert Desnos.

     

     

    Kiki de Montparnasse (Alice Prin) photo by Man Ray, 1923:  

     

     Kiki de Montparnasse (Alice Prin) photo by Man Ray, 1923

     

     

    On venait de loin pour la voir et l'entendre, sa photo faisait la une des magazines, elle avait tout : argent, bijoux, fourrures, voitures.

      

      

    Quand survint la Seconde Guerre mondiale, Kiki de Montparnasse vit la fin de sa gloire, puis la tragédie de la décrépitude.

     

    Elle bascula dans la misère, allant d'un café à l'autre, de table en table, pour faire les lignes de la main.

      

    Alice Prin (Kiki de Montparnasse):

     

     

    Alcoolique et droguée, elle mourut en 1953, emportant avec elle le souvenir d'une immense richesse et de la gloire passée de Montparnasse. Seul Foujita, assista à son enterrement au cimetière de Thiais.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    sources

    http://campagne.premiere.free.fr/Kiki.htm

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Nicolas Le Floch entre dans la capitale en octobre 1759. Dès les premières pages de L'Énigme des Blancs-Manteaux, il est conduit à explorer l'espace parisien selon une diagonale, qui le conduit du couvent des Carmes déchaux (au sud-ouest) – où il séjourne quelque temps avant d'entrer au service de Sartine – à la maison des Lardin (au nord-ouest).

     

    À partir du Châtelet, Nicolas explore la capitale en tous sens. Dès la première intrigue, il est conduit à en dépasser les limites, découvrant dans une même journée au nord-est le charnier de Montfaucon – suivre le fil – et, au sud-ouest, les vignes et les moulins qui marquent la limite de Vaugirard – suivre le fil –, tandis qu'il s'aventure ensuite dans le faubourg Saint-Marcel – suivre le fil – et entre dans l'inquiétante Bastille – suivre le fil .

     

     

     

    Si l’on en croit le premier roman, Nicolas – qui a presque vingt-deux ans à la fin de janvier 1761 – serait né à la fin de 1738 ou au début de 1739, mais Le Crime de l’hôtel Saint-Florentin et Le Cadavre anglais mentionnent tous deux qu’il est âgé de trente-quatre ans en octobre 1774, repoussant ainsi sa date de naissance à 1740, ce qui peut apparaître de la part de l’auteur comme une difficulté à assumer le vieillissement de son héros.

     

    Comme beaucoup d’enfants au XVIIIe siècle, Nicolas est un enfant trouvé. Déposé dans la crypte de la collégiale de Guérande, près des « gisants jumeaux » du seigneur de Carné et de sa femme, il a été élevé par le chanoine Le Floch, dont il porte le nom, et sa gouvernante Fine, Mlle Joséphine Pelven, bretonne de Cornouailles. Bien que très strict quant aux principes qu'il lui a inculqués, le chanoine a su prodiguer à Nicolas tout l'amour que ce dernier aurait été en droit d'attendre d'un père : Nicolas ne l'oubliera jamais.

     

     

     

     

    Enfant, il a partagé les jeux des petits paysans, lesquels – comme la soule – étaient plutôt violents : il y a acquis la résistance physique qui lui permet de se livrer, dans les enquêtes, aux acrobaties les plus risquées. Élève au collège des Jésuites de Vannes, il a reçu par ailleurs de son parrain, le marquis de Ranreuil, une éducation de gentilhomme humaniste.

      

    Il sait donc monter à cheval, chasser et manier l’épée. Il a également appris l’anglais, les échecs et lu, de façon très éclectique, les romans de chevalerie et les philosophes des Lumières. Il a aussi appris à cuisiner avec le marquis et la cuisinière du chanoine, Fine.

     

    Devenu clerc de notaire à Rennes, il file le parfait amour avec Isabelle de Ranreuil, la fille de son parrain, lorsque ce dernier l’envoie à Paris en novembre 1759 avec une lettre de recommandation pour M. de Sartine, « magistrat à Paris » et ami du marquis. En attendant sa rencontre avec Sartine, il apprend à déjouer les pièges de la capitale et travaille comme apprenti herboriste aux côtés du père Grégoire, qui l’héberge au couvent des Carmes déchaux.

     

    Ayant enfin eu l’entrevue attendue avec Sartine, il est nommé secrétaire du commissaire Lardin, chez qui il loge jusqu'à la disparition de son hôte, disparition sur laquelle Sartine le chargera d'enquêter : ce sera sa première enquête. Pendant quinze mois, il apprend, grâce à Lardin, le métier de policier et suit par ailleurs des cours de droit chez M. Noblecourt, ancien magistrat, et parfait sa connaissance de Paris.

      

    Au cours de ces quinze premiers mois passés dans la capitale, il a également une liaison avec Antoinette Godelet, jeune femme de chambre de l'épouse du président du Parlement. Il retrouve Antoinette en février 1761. Entretemps, violée par un cousin du président, elle a accouché d'un fils – qu'elle affirme être issu de ce viol – et, l'ayant placé en nourrice à Clamart, elle a dû, pour subvenir à ses besoins, devenir l'une des filles de la Paulet, sous le nom de "la Satin".

    En janvier 1761, à la mort de son tuteur, Nicolas revient à Guérande où son parrain lui interdit de revoir Isabelle. Croyant que le marquis de Ranreuil le méprise, il le quitte sur une violente dispute.

      

    Or, en avril de la même année, à la mort du marquis de Ranreuil, il apprend par le roi que le marquis est son père et Sartine l’informe que sa mère, une fille noble, est morte à sa naissance. Le roi veut lui restituer son nom et ses titres, ce que Nicolas refuse pour ne pas priver sa demi-sœur de son héritage.

    Cependant, Isabelle lui fait parvenir la chevalière de leur père, aux armes du marquis, celle-là même qui lui vaut, dans L'Homme au ventre de plomb, les sarcasmes du comte de Ruissec, et en 1772, elle lui envoie aussi, sans un mot, l’épée de parade du marquis de Ranreuil, afin qu'il la porte.

    Pour le récompenser d'avoir préservé l'honneur de la favorite du moment, Mme de Pompadour, le roi le nomme – au terme de sa première enquête – commissaire de police au Châtelet sous l’autorité directe de Sartine pour les affaires extraordinaires. Bien introduit en cour, Nicolas Le Floch s’occupe dès lors de la sécurité de Versailles.

      

    Il rend des services importants à Mlle Adélaïde (cf. L'Homme au ventre de plomb) ainsi qu'à la nouvelle favorite, la comtesse du Barry (cf. L'Affaire Nicolas Le Floch). Il est invité aux chasses royales car le roi, à qui il rappelle son père, le tient en grande estime, au point de lui confier des tâches d’espion comme celle de négocier un accord avec Théveneau de Morande, ce qui le conduit en janvier 1774 à Londres, où il rencontre le chevalier d'Éon.

      

    Comme il charme Louis XV par le récit qu’il fait de ses enquêtes, le souverain l'appelle familièrement "le petit Ranreuil" et lui témoigne une affection bien réelle. Aussi est-ce à sa demande qu'il assiste La Borde pendant l’agonie du roi.

      

    Cette mort l'affecte profondément mais sa tristesse est balayée par la joie de savoir que Louis, le fils d'Antoinette Godelet, né en décembre 1760, est le sien, ainsi qu'il l'a appris à Londres de la bouche d'une ancienne prostituée du Dauphin couronné. Nicolas reconnaît Louis et aide sa mère, la Satin, à acheter rue du Bac un fonds de commerce d'objets de mode et de toilette.

    Sous Louis XVI

     

      

     

    Le début du nouveau règne est

    marqué par de multiples changements. Les courtisans "vieille cour", tel La Borde, sont écartés et Le Noir succède à Sartine.

     

    La « froide disgrâce » de Nicolas ne dure cependant pas. En octobre 1774, on fait de nouveau appel à lui pour enquêter sur un crime perpétré dans l’hôtel Saint-Florentin et il s'avère que Louis XVI, fidèle à la mémoire de son grand-père, le tient en grande estime. Il redevient un courtisan apprécié, cultivant les usages de la "nouvelle cour".

      

    C'est d'ailleurs au cours d'un voyage à Versailles qu'il rencontre Aimée d'Arranet, dont il tombe éperdument amoureux dès le premier regard. Convié chez M. d'Arranet, il est au désespoir de ne pas y voir la jeune femme mais, au sortir de l'hôtel d'Arranet, il est – une fois de plus – victime d’une tentative d’attentat, dont il ne ressort que légèrement blessé mais qui scelle leur amour.

    En mars 1775, Le Noir étant atteint d'une maladie de peau, Sartine assure l'intérim du lieutenant général de police. Arguant des précédents succès de son ancien commissaire, il envoie celui-ci démêler à Vienne – sous couvert de convoyer un buste en Sèvres de la reine – un problème de chiffre diplomatique. Lorsque Nicolas revient à Paris le 30 avril, tout va mal : il apprend que son propre fils a disparu et, dans la nuit, un meurtre est commis dans la boulangerie qui occupe le rez-de-chaussée de la maison de M. de Noblecourt, rue Montmartre, où Nicolas a établi ses quartiers depuis la disparition de Lardin, en 1761.

      

    Dans les jours qui suivent, le commissaire au Châtelet prend aussi la mesure de la Guerre des farines, qui déstabilise le pouvoir. Le 2 mai, Louis XVI lui dicte un billet à l'intention de Turgot. Or, si le scripteur est fictif, le billet est authentique, inscrivant Nicolas dans l'Histoire et soulignant, de ce fait, la confiance qu'il a acquise auprès du souverain, qui a quinze ans de moins que lui.

    Pendant les émeutes de mai 1775, Le Noir est remplacé par un nouveau lieutenant général de police, Albert, qui ne paraît guère apprécier Nicolas. Heureusement, Albert ayant démérité en tant que lieutenant général de police, Le Noir est réintégré dans cette fonction en juin 1776. Fin décembre 1776, Nicolas est chargé d’aller accueillir à Saint-Goustan Benjamin Franklin, « ambassadeur officieux des rebelles américains », et de l'escorter jusqu'à Paris (Le Cadavre anglais).

      

    À l'aller, il rend visite au duc de Choiseul, à Chanteloup, près d’Amboise, afin de lui remettre une lettre de Sartine. Il rend ensuite visite à sa sœur, devenue religieuse à Fontevraud, et lui présente son fils Louis, qui l’accompagne. Il se rend enfin à Ranreuil, où il contrôle le travail de l’intendant qui gère son domaine. En 1777, noble éclairé, il remet « en raison des maladies qui ont frappé le bétail » les redevances des fermiers, qui sont en fait ses anciens compagnons de jeu sur les bords de la Vilaine.

    De plus en plus proche du souverain, il participe très fréquemment aux chasses royales, ce qui lui donne l'occasion de sauver le roi, à Versailles, de la charge d’un cerf. Ce haut fait le hisse au rang d’informateur secret au monarque. Il a dès lors acquis le droit d’assister au petit lever, « le comble de la faveur ». Il est aussi décoré de l’ordre de Saint-Michel « le grand cordon noir auquel était suspendue une croix de Malte, émaillée de blanc et de vert, anglée de lys, avec l’image de l’archange patron protecteur du royaume » (Le Cadavre anglais).

    Au début du mois d'avril 1777, Nicolas est reçu, avec Semacgus, à Berlin, par le marquis de Pons, ambassadeur de France.

    En 1778, il est chargé de la sécurité de la reine quand elle vient faire la fête à Paris car il est le seul que Marie-Antoinette tolère à sa suite (Le Noyé du Grand-Canal). En février, il surveille ainsi le bal de l’Opéra.

    Le 27 juillet 1778, il assiste à la bataille d’Ouessant sur le pont du Saint-Esprit, navire du duc de Chartres qu’il surveille. Après la bataille, le roi le fait chevalier de l’ordre de Saint-Louis.

    Dans L'Honneur de Sartine, il ne sait toujours pas qui est sa mère, ni si elle vit encore. Or le 9 juin 1780, il rencontre à l'abbaye de Saint-Denis Madame Louise, qui lui remet, de la part d'une carmélite, un brevet de lieutenant au régiment des carabiniers de Monsieur au nom de Louis de Ranreuil, ainsi qu'un paquet contenant un reliquaire portatif, entouré de formules mystérieuses : "Ce que je vous demande, c'est de vous souvenir de moi à l'autel de Dieu" et " Que rien ne te trouble / La patience triomphe de tout / Dieu seul suffit." Qui donc veille, dans le plus grand secret, au parcours de Nicolas et de son fils ?

    L'entrevue avec Mme Louise nous apprend en outre les raisons de l'incident qui a conduit Marie-Antoinette à surnommer Nicolas – depuis 1770 – "le cavalier de Compiègne". Ce qui était passé aux yeux de tous comme une maladresse n'était en fait que le moyen de sauver Madame Louise, en grand danger d'être écrasée par une voiture.

    En 1782, dans L'Enquête russe, Nicolas est souvent proche de la tentation de tout abandonner pour rejoindre son château de Ranreuil :

    « Avec l’acuité de quelqu’un accoutumé dès l’enfance aux examens de conscience, il en vint à jeter sur son existence un regard en perspective qui accrut encore son malaise. Toujours à la poursuite du crime, toujours hanté par les différents visages de la mort, toujours témoin des formes les plus achevées de la bassesse, du lucre et du crime, baignant dans l’atroce et l’insoutenable, conduit par ses enquêtes, malgré qu’il en eût, à porter sur la société du royaume une attention de plus en plus critique, même s’il n’en tirait pas les conséquences nécessaires, Nicolas Le Floch doutait soudain de tout. La tentation du libre océan le saisissait dans une nostalgie de vert et d’embruns salés. Que ne repartait-il en Bretagne, à Ranreuil, dans la vieille forteresse de ses ancêtres, sentinelle des marais ? Il prendrait soin de ses terres et surtout de ceux qui y travaillaient. Il se consacrerait à améliorer les choses. Quelle plus belle ambition qu’essayer d’apporter un peu plus de bonheur aux siens ? Il lirait et méditerait, chasserait, pêcherait, suivrait de loin la carrière de Louis. »

    Il songe avec nostalgie aux livres de la bibliothèque du château de Ranreuil. Il doute aussi de son amour pour Aimée d’Arranet et pense de plus en plus à la Satin : « A l’amour, feu couvant, qu’il continuait à lui porter, s’ajoutaient une estime, un respect et une admiration qui ne faisaient que croître. »

    Il est pourtant de plus en plus accepté à la cour où la reine, moins frivole, le prie d’être son cavalier pour une contredanse.

    « Ce marquis de Ranreuil qui avait un jour surgi à la cour du feu roi, on le réputait redoutable et cela d’autant plus qu’il avait langue avec les plus influents des entours du trône. Cependant Nicolas ne s’était jamais leurré sur la quasi-imposture de sa propre condition, un bâtard certes reconnu, dont le fils était né d’une fille galante. Si rien n’avait jamais transpiré de cette situation, c’était sans doute que la crainte fermait les bouches. »

    Il est enlevé par deux agents russes en sortant d’un bal à Versailles et sauvé par les agents de Sartine. À la fin de L’Enquête russe, enquête qu’il a résolue, le grand-duc Paul lui remet la croix de chevalier de l’ordre de Saint-André avec l’autorisation du roi Louis XVI.

     

     

    Sources

    http://www.nicolaslefloch.fr/Histoires/biographie-de-Nicolas-le-floch.html#Haut

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    rue de Nevers - Paris 6e
     

      

    La rue de Nevers, vers 1900
    (ancienne carte postale)
      Cette ruelle du 13° siècle était un passage de servitudes  La ruelle a été ouverte au 13ème siècle et servait alors de passage de servitudes pour évacuer les déchets de la maison religieuse des frères Sachets et du collège de Saint-Denis. Ses accès fermés par deux portes lui conféraient alors le nom de rue des Deux Portes. Elle longeait l'ancien hôtel de Nevers (duquel elle doit son nom à partir de 1636) qui avait remplacé vers 1600 l'hôtel de Nesle.

      

      

       rue de Nevers - Paris 6e

      

      

      

    Le 3 de la petite rue d'Anjou (rue de Nesles) communiquait jadis avec cette maison, d'apparence seigneuriale, qui fut l'une de celles où Gabrielle d'Estrées reçut les visites de Henri IV. La galanterie inaugurait alors, comme aujourd'hui, les quartiers neufs de la bonne ville. Le roi, d'ailleurs, condescendait à changer fréquemment le théâtre de ses rendez-vous, à s'initier aux souterrains des moines, à en compliquer même les issues, ne fût-ce que pour se dérober aux tentatives d'assassinat qui pouvaient en trouver la clef. 

      

      

      

      

      

      

      

      

      

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    passage de la Petite-Boucherie - Paris 6ème
    Le passage de la Petite-Boucherie en 1865, près du carrefour avec la rue de l'Abbaye.

     

    La rue très étroite possède encore
    son caniveau axial et les trottoirs sont inexistants.

    Une photo de Charles Marville.

     

     

    place Saint-Germain-des-Prés - Paris 6ème

     

    La place et l'église Saint-Germain-des-Prés vers 1900.

     

     

     

     

     

    rue des Saints-Pères - Paris 6ème

     

    Un magasin d'épicerie, confiserie, vins fins et desserts au n° 10 de la rue Saints-Pères, en 1908.

     

     

     

     

     

     

     

    rue Saint-André-des-Arts - Paris 6ème
    Le Vieux Paris :

    l'Hôtel Du Tillet de la Bussière dans la rue Saint-André-des-Arts, vers 1900.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Le nom du passage rappelle une marchande des Halles voisines, Julie Bécheur, qui habitait ce passage en 1789; elle ressemblait à ce point à l'archiduchesse Marie-Thérèse d'Autriche, reine de Hongrie (et de Bohême) que Marie-Antoinette, sa propre fille, l'apercevant un jour, en fut elle-même frappée; on surnomma la marchande "Reine de Hongrie" et le nom resta au passage qu'elle avait habité.

     

    Le passage de la Reine-de-Hongrie est situé dans le 1er arrondissement de Paris. Il débute au 17 rue Montorgueil et se termine au 16 rue Montmartre.

     

    Ce passage, accessible aux piétons seulement et fermé la nuit à ses deux extrémités, a été créé vers 1770. Devenu propriété nationale, il a été vendu par le Domaine le 12 brumaire an V, à condition qu'il reste ouvert au public et qu'il soit entretenu par l'acquéreur. Il a été appelé, de 1792 à 1806, passage de l'Egalité.

     

     

     

     

     

     

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    Ces quelques images témoignent d’endroits les plus anciens de la Capitale. Construits pour la plupart avant le XVIIIe siècle, certains sont encore là, d’autres ont disparu…

    Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris Vieux Paris

     

     

    superbe blog

    Paris-unplugged

    http://www.paris-unplugged.fr/le-tres-vieux-paris/

     

     

    http://saintsulpice.unblog.fr/category/photographie-sulpicienne/paris-dantan/

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    Les Pierres Fatales

     

    Symbolisme des joyaux. - Le langage des pierres précieuses. - Tragique histoire du diamant bleu.

    - Le « Sancy » et le « Kohinoor ». - Un roi qui n'était pas superstitieux.

     

     

    On a raconté que le diamant bleu, connu sous le nom de diamant de Hope, se trouvait dans le Titanic et j'imagine que les gens superstitieux ont dû accueillir cette nouvelle sans trop de regret.
    Le diamant de Hope, en effet, passe pour être une de ces pierres fatales qui portent malheur. Le naufrage du paquebot géant de la White Star Line serait donc son dernier méfait. Englouti désormais dans les abîmes de l'Atlantique, le diamant bleu aurait terminé sa carrière maléfique, carrière singulièrement remplie, comme nous le verrons tout à l'heure.

    Dès la plus haute antiquité, les hommes ont attribué aux pierres précieuses des influences diverses. Ils ne se sont pas contentés de leur faire parler un langage symbolique : ils leur ont accordé tantôt des vertus, tantôt un pouvoir de maléfique ; ils en ont fait tour à tour de bonnes amulettes ou de funestes talismans.

      

    Les Anciens croyaient même à la « lapidothérapie ». Certaines pierres avaient, prétendaient-ils, le pouvoir de guérir certaines maladies. Exemple : pour déshabituer les pochards de l'ivrognerie, on leur suspendait au cou une améthyste. Il parait que le remède agissait en ce temps-là.

      

    Du moins, Dioscoride l'assure-t-il. Je doute qu'il ait gardé aujourd'hui son efficacité.

      

    Vous auriez beau attacher toutes les améthystes du monde au col de certains ivrognes invétérés que vous ne les empêcheriez pas de succomber aux charmes de l'alcool.
    Les pierres avaient toutes, comme les fleurs, leur sens symbolique ; elles possédaient, en outre, chacune leur pouvoir particulier, leur influence sur l'âme ou sur la destinée des personnes entre les mains desquelles elles se trouvaient.

      

    La cornaline induisait à la mélancolie ; l'onyx était également symbole de tristesse.

    Au contraire certaines agates rouges avaient la propriété de chasser les pensées mauvaises et les idées noires.

    La sardoine faisait naître l'amitié entre hommes et femmes ;

    La sardonyx inspirait la chasteté et la pudeur à qui la portait.

    L'oeil-de-chat. donnait santé, richesse et longue vie ;

    le jaspe procurait l'éloquence, on l'offrait aux avocats et aux prédicateurs.

      

    Le corail détournait du meurtre, préservait des mauvais génies, éloignait les terreurs paniques, il chassait les mauvais rêves et enlevait aux enfants toutes craintes nocturnes, il apaisait la tourmente et la fureur des vagues. Il guérissait, par surcroît, les maladies d'yeux.

      

    L'ambre: avait également une influence thérapeutique : c'était un remède préventif contre le goître ; on l'employait contre la surdité et aussi contre l'obscurcissement de la vue.
    La croyance populaire, d'ailleurs, attribue à la plupart des pierres ou des matières précieuses, dont on fait des bijoux, un heureux effet sur la vue. On gardait autrefois, au château de Vériville, dans l'Isère, un diamant qui guérissait de la cataracte.

      

    De cent lieues à la ronde on venait lui redemander la vue.
    L'aigue-marine apportait l'espérance dans le malheur; le béryl donnait à la femme le pouvoir de se faire aimer par l'homme de son choix.

      

    L'hyacinthe passait pour procurer, à qui la possédait, tous les honneurs terrestres.

      

    La malachite était le symbole de la tranquillité ; elle préservait des procès et donnait le succès dans les affaires.

    D'autres pierres encore, l'opale, le saphir, la topaze étaient regardées nomme des porte-bonheur.
    Plus rares étaient celles auxquelles la croyance populaire attribuait une influence funeste.

      

    Les pierres n'étaient maléfiques que par exception ; et le fait que le diamant de Hope a conquis la triste renommée que l'on sait, ne veut point dire pour cela que tous les diamants bleus soient des jeteurs de mauvais sorts
    Mais l'histoire de cette pierre est, en effet, liée à une telle suite de calamités qu'on ne saurait s'étonner de la fâcheuse réputation que le diamant bleu a conquise, par le monde.

    * **
    Il y a exactement deux cent quarante- quatre ans que le diamant fatal fit son entrée en Europe. C'est en 1668 que le célèbre voyageur Tavernier le rapporta des Indes avec un certain nombre d'autres pierres précieuses qu'il vendit à Louis XIV pour la somme de trois-millions. Le diamant bleu avait été trouvé dans les mines de Golconde.
    Il commença par porter malheur à l'homme qui l'avait rapporté. Peu de temps après son retour Tavernier que son commerce de pierres précieuses avait fait très riche perdit toute sa fortune. Quoique vieux déjà, il se remit en route pour la Perse, fut pris par la fièvre et mourut abandonné de tous en ce pays lointain.

      

    Le roi Soleil ne garda pas pour lui le diamant bleu. Il l'offrit à Mme de Montespan, Or, du jour où la favorite se para du joyau fatal, elle commença de perdre la faveur du roi.

    Cependant, l'influence funeste du diamant bleu n'est pas encore marquée par des catastrophes. Louis XIV fait monter la pierre dans un chaton qu'il porte au-dessus de son jabot ; le régent Philippe d'Orléans la porte de même.

      

    Louis XV, en 1749, commande au bijoutier Jacquemin cette fameuse décoration de la Toison d'Or qui, à l'inventaire de 1791, fut estimée trois millions trois cent quatre vingt quatorze mille livres. Le diamant bleu fut la pierre principale qui orna cette Toison d'Or. Le « Bien-Aimé » la porta pendant tout son règne sans que la pierre fatale semble lui avoir causé de graves malheurs.

      

    Marie-Antoinette la fit détacher de la Toison d'Or et la porta. On assure même que la princesse de Lamballe, séduite par l'éclat du diamant, demanda à la reine de le lui prêter et s'en para quelquefois. Or, Marie-Antoinette périt sur l'échafaud et la princesse de Lamballe fut massacrée par la populace révolutionnaire.

      

    La vente des diamants de la couronne ayant été décrétée par l'Assemblée, en 1792, les joyaux furent transportés au Garde-Meuble, rue Saint-Florentin. Mais. dans la nuit du 16 au 17 septembre, des voleurs pénétrèrent, au moyen d'échelles de corde, dans la salle du premier étage où ils étaient enfermés, et, après avoir crocheté les armoires, s'emparèrent des plus belles pièces du trésor.

      

    Le diamant bleu était parmi les pierres volées. Il tomba entre les mains d'un receleur nommé Cadet Guyot, qui l'emporta à Rouen, puis de là, en Angleterre.

      

    Pendant près de quarante ans on perd la trace de la pierre fatale. On la retrouve alors chez un diamantaire d'Amsterdam, qui l'achète pour la retailler.

      

    Ce négociant, nommé Fals, a un fils, gredin de la pire espèce qui, un beau jour, vole à son père les plus belles pièces de sa collection et s'enfuit. Le père Fals meurt de chagrin ; et le fils, traqué par la police, n'a d'autre ressource que de se suicider.

      

    La pierre passe, on ne sait comment, à un pauvre diable de Marseillais, nommé Beaulieu, qui meurt de faim avec cette richesse dans sa poche.

      

    Elle échoit ensuite à un Juif, nommé Daniel Eliason, lequel, en 1830, la revend au collectionneur Henry Thomas Hope, dont la famille, par une immunité singulière, la garde sans inconvénient jusqu'en 1901.
    On pourrait croire qu'elle a perdu définitivement sa fatale influence : il n'en est rien. Celle-ci, au contraire, va se manifester plus cruellement que jamais.

      

    Un marchand de Londres, M. Weil achète le diamant bleu pour le compte de M. Frankel, joaillier de New-York. Celui-ci le cède à un courtier français nommé Colot, lequel le revend un million et demi au prince Kanitowski.

      

    Le prince offre le diamant à une artiste des Folies-Bergère, qu'il tue d'un coup de revolver le premier soir qu'elle le porte.

      

    Quand à l'intermédiaire, M. Colot, il devient fou peu peu de jours après cet événement.
    Le propriétaire suivant, un joaillier grec du nom de Montharides, tombe dans un précipice avec sa femme et ses deux enfants.

      

    Le diamant est alors rapporté à Paris et acheté au mois de mai 1908 pour le compte de la Cour ottomane.
    Abd-ul-Hamid le confie, pour le faire polir, à un certain Ibn Sabir.

      

    Cet homme, faussement accusé de tentative de vol, est bâtonné et jeté en prison. Un gardien veille sur le diamant : on le trouve étranglé. Un eunuque, Kouloub bey, lui succède : il est pendu par la foule pendant les troubles de Constantinople. Le sultan lui-même est détrôné et envoyé en exil.

      

    Un riche marchand turc, M. Habib, achète le diamant. Il part pour un voyage en Extrême-Orient et périt dans un naufrage près de Singapour.

      

    On crut même, alors, que le diamant avait disparu avec lui ; mais la pierre fatale était demeurée en France.
    Enfin, en janvier dernier, elle fut achetée par un milliardaire américain pour la somme de 1.500.000 francs. Expédiée à son nouveau propriétaire, elle aurait disparu dans le naufrage du Titanic : et désormais le charme funeste serait définitivement rompu.

     

    ***

    Telle est l'histoire tragique et fatale du diamant de Hope. Ce n'est pas là, d'ailleurs, la seule pierre précieuse célèbre qu'on ait accusée de porter malheur.

      

    Le premier diamant qui fut taillé, le Sancy, eut aussi jadis la réputation d'être un jeteur de mauvais sort. Charles le Téméraire le portait sur lui quand il fut tué à la bataille de Nancy en 1477.

      

    Plus tard, un serviteur, auquel le sieur de Sancy l'avait confié, fut assassiné par des brigands de grand chemin. Henriette de France, fille de Henri IV et femme de Charles Ier d'Angleterre, dont la vie fut une longue série d'infortunes, le posséda et l'apporta en France lorsqu'elle s'y réfugia. Elle fut même forcée de vendre le diamant fameux pour se procurer quelques ressources.

      

    Le Sancy, acheté par le domaine de la couronne, semble dès lors perdre son influence néfaste. Il fut volé en 1792 avec le Régent, le diamant bleu est diverses autres pierres célèbres. Depuis 1829 il figure parmi les joyaux d'une famille princière de Russie.

      

    Autre diamant fatal, le Kohinoor qui, suivant une légende hindoue, condamne tous ses possesseurs à mourir tragiquement. De fait, le Grand Mogol Humayan, son premier propriétaire, fut chassé de ses états et succomba dans l'exil.

      

    De ses descendants qui se léguèrent la pierre néfaste, l'un mourut en esclavage, l'autre en prison ; le troisième eut les yeux crevés. Le vainqueur de ce dernier s'étant emparé du Kohinoor, le porta. Il fut assassiné par son fils. Le diamant passa ensuite dans le trésor des souverains persans puis revint au roi de Lahore qui, il y a environ un demi-siècle, l'offrit à l'Angleterre.

      

      

    La reine Victoria le laissa dormir au fond de son écrin. Mais, Édouard VII, en dépit de la mauvaise réputation du diamant, le fit enchâsser dans le diadème que portait la reine Alexandra le jour du sacre. .
    Edouard VII n'était pas superstitieux....N'est-ce pas là le meilleur moyen de rompre le mauvais sort que la croyance populaire attribue aux pierres fatales?
     

      

    Ernest LAUT.

     

    Le Petit Journal illustré du 5 Mai 1912

     

    http://cent.ans.free.fr/pj1912/pj112005051912b.htm

     

     

     

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    Les galeries du Palais-Royal,

    ancêtre des passages couverts

     

    Contexte historique

    Une spéculation immobilière

    Le Palais-Royal devint la propriété des Orléans, branche cadette du royaume de France, en février 1692, quand Louis XIV l’offrit à Monsieur, son frère. Le jardin du palais était alors ouvert sur la ville.

    En 1781, Philippe d’Orléans, duc de Chartres, plus connu sous le nom de Philippe Égalité, est au bord de la ruine lorsqu’il entreprend un grand projet de spéculation immobilière consistant à lotir le pourtour du jardin du Palais-Royal. Il confie le projet à l’architecte Victor Louis, qu’il a rencontré à Bordeaux en 1776.

    Les maisons, larges de trois ou quatre arcades, sont élevées sur sept niveaux : un étage de caves, un rez-de-chaussée destiné aux boutiques et surmonté d’un entresol, un étage noble, un attique, un étage mansardé et un dernier, pris dans les combles, pour les domestiques. Ce lotissement amputait le jardin de près de 60 mètres sur sa longueur et de 40 mètres sur sa largeur, au grand dam des propriétaires mitoyens qui perdaient leur vue sur les parterres.

    En 1786, les galeries de pierre étaient achevées sur trois côtés. Victor Louis avait prévu de fermer la cour d’honneur, au sud du jardin, par une colonnade surmontée d’une terrasse. Faute de crédits, le chantier fut interrompu au stade des fondations. Afin de protéger ces dernières, le duc concéda l’emplacement à un entrepreneur qui y construisit des hangars de planches abritant trois rangées de boutiques desservies par deux allées couvertes. Ce baraquement provisoire (démoli quarante ans plus tard !) servira de prototypes aux passages couverts de Paris.

    Les marchandes de modes, perruquiers, cafés-limonadiers, marchands d’estampes, cabinets de lecture, libraires et autres commerçants se partagèrent les quatre-vingt-huit boutiques, tandis qu’une foule interlope de flâneurs, de joueurs, de pickpockets et de prostituées investirent le lieu et en firent le succès et la réputation.

     

      

    Une scène de genre



    Cette peinture à l’huile imitant l’estampe est la reprise d’un tableau, probablement en couleur, que Boilly exposa au Salon de 1804 et qui aurait été détruit lors de l’incendie de la préfecture de Paris en 1871.

    L’image, rythmée par les arcades, se lit de gauche à droite. Le propos est introduit par des pourparlers engagés entre un homme derrière la grille et une femme vue de dos et dont les deux chiens, un noir et un blanc, se font l’écho. La composition, en frise, s’articule ensuite autour de trois groupes de figures où alternent un personnage féminin, vêtu de clair et en pleine lumière, et un personnage masculin en costume sombre, dans l’ombre.

    Les bras nus et tout en sinuosités des demoiselles sont autant d’invitations à la promenade tandis que les échanges de regards en coin et le placard « Avis aux sexes » permettent de comprendre l’activité de ces dames. Dans le premier groupe, l’affaire semble conclue et l’homme empoigne la femme par la taille. Accompagnée d’un petit garçon, la femme du deuxième groupe est en train de vendre ses charmes aux deux hommes qui lui font face.

      

    La présence de l’enfant pourrait faire pencher l’interprétation vers une simple scène de la vie quotidienne, mais le geste et le regard de la jeune femme ne laissent aucune ambiguïté. Quant au troisième groupe, il reprend une iconographie licencieuse fort prisée au XVIIIe siècle : une fille caresse la marmotte nichée dans le panier d’un petit savoyard avec l’approbation de sa nourrice qui, dans l’ombre, lui sert d’entremetteuse.

    La critique de l’époque reprocha à Boilly de ne pas avoir pris position contre le phénomène de la prostitution. En effet, il traite cette scène avec réalisme, sous la forme d’une simple description du quotidien, et ses prostituées pourraient presque être confondues avec des femmes honnêtes.

     

     

    La fin d’un haut lieu de la prostitution

    La scène se situe dans la galerie du Tribunat, dont le Palais-Royal fut le siège de 1800 à 1807. L’endroit était réputé depuis la construction des galeries pour être le rendez-vous des filles publiques qui venaient y exercer leur commerce (elles disaient « faire leur palais »). Les sources de l’époque estiment que 600 à 800 filles habitent au Palais-Royal, auxquelles il convient d’ajouter les « hirondelles » qui n’y résident pas mais qui viennent à la recherche de clients le soir venu. La prostitution était libre mais très organisée : les demi-castors opéraient dans les allées et les galeries de bois, les castors dans les galeries de pierre, et les cocottes de luxe à la terrasse du café du Caveau.

    Cette activité du Palais-Royal cessera avec le futur roi Louis-Philippe, à qui le palais et son jardin seront restitués en 1814. En 1829, il fera d’abord remplacer les galeries de bois par la galerie d’Orléans. Spacieuse (65 mètres de long sur 8,5 mètres de large) et couverte d’une somptueuse verrière, elle abritait vingt-quatre boutiques. Entièrement démontée en 1935, il n’en reste aujourd’hui que la double colonnade de pierre.

    Puis, dès son arrivée au pouvoir en 1830, Louis-Philippe réglemente la prostitution, désormais interdite en dehors des maisons de tolérance. Le Palais-Royal est déserté quand, en 1836, s’ajoutent à ces mesures celles décrétant la fermeture des salles de jeu. Avec les filles de joie et les joueurs, c’est toute la jeunesse qui quitte le lieu pour se replier sur les boulevards.

     

      

    Auteur : Béatrice MÉON-VINGTRINIER

     

    Bibliographie

    • Le Palais-Royal, catalogue de l’exposition du musée Carnavalet, 9 mai-4 septembre 1988, Paris, Paris-Musées, 1988.

    sources

     

     

     

     

     

     

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    Le moulin de la galette est le seul moulin à vent en état de marche de la butte Montmartre dans le 18e arrondissement de Paris. Il est visible depuis la rue Lepic. Il fut jadis une célèbre guinguette. Aujourd'hui intégré à une résidence privée il est inaccessible au public.
     

      

    Dans l'enceinte de la résidence privée qui comprend la partie sud de l'impasse des Deux-Frères se trouve la Mire du nord.

     

     

      

      

    Le moulin de la galette est en réalité constitué de deux moulins : le « Blute-fin » et le « Radet ». Le nom de « moulin de la galette » est mentionné pour la première fois en 1622 sous le nom de « moulin du palais »

      

     

      

    Le moulin BLUTE FIN

      

    .La famille Debray acquiert les deux moulins en 1809 et y produit de la farine. Il ne servait pas uniquement à moudre le blé : il était utilisé pour presser les vendanges ou concasser les matériaux nécessaires aux manufactures.

    Le nom de « Blute-fin » vient du verbe « bluter » qui signifie tamiser la farine pour la séparer du son. Le moulin construit en 1622, a souvent été retapé. Il se trouve actuellement au sein d'une propriété privée.

      

    En le visitant, on a l'agréable surprise de constater qu'il n'est pas en trop mauvais état et que les pièces importantes du mécanisme, dont les meules existent toujours.

      

     

     Fichier:Vincent Willem van Gogh 066.jpg

     

    Le Moulin de la Galette - Van Gogh

      

    En 1870, Nicolas-Charles Debray, propriétaire du moulin Blute-Fin, y ajouta une guinguette et un bal et baptisa le tout « Moulin de la Galette » en 1895. La Galette était ce petit pain de seigle que les meuniers Debray débitaient, accompagné d'un verre de lait, aux amateurs de pittoresque.
     

    Miracle Montmartrois, ces habiles commerçants transformèrent vers 1830 le lait en vin et leur moulin en cabaret.

      

    Qui n'a escaladé la célèbre Butte pour aller « gambiller » au Moulin ?

      

    Après avoir servi de Music-hall, puis de salle d'émissions publiques, de radio et de télévision, la salle, fermée en 1966, devint studio de ORTF et disparut avec l'Office en question en 1974.

    Le « Radet » a été construit en 1717. Dans les années 1760 il est entièrement reconstruit.

      

    En 1834, il est transformé en guinguette les dimanches et jours fériés et prend alors le nom de « Moulin de la Galette », victime du progrès (il n'était pas équipé d'ailes Berton) et de la concurrence.

    Cette enseigne sera transférée vers son proche voisin Le Blute-Fin. Une association Les Amis du Vieux Montmartre le sauve de la destruction en 1915. En 1924, son propriétaire le déplace à l'angle des rues Girardon et Lepic. Le moulin et les terrains qui l'entourent ont été inscrits au titre des monuments historiques par un arrêté du 5 juillet 1958[2].

      

    Il est restauré en 1978, mais ne tourne pas. En octobre 2001, Lucien Poupeau, charpentier, avec les conseils techniques de Marcel Charron, charpentier-amoulangeur en retraite, est chargé de la rénovation des ailes, il accomplira son travail en 4 jours.

     

      

    Le Bal :

    Au début du XIXe siècle, en 1810, on dénombre à Montmartre seize bals "régis" c'est-à-dire autorisés, pouvant annoncer leur ouverture, et quantité d'autres bals ou guinguettes. Ils sont ouverts les dimanches, lundis et jours fériés. La population ne comptant que 636 habitants en 1806, la clientèle ne pouvait venir en grande majorité que de la ville de Paris. À cette époque, la commune de Montmartre n'est pas encore rattachée à la capitale : le Mur des Fermiers Généraux forme une frontière entre la ville et la commune de Montmartre.
      
    Pour les Parisiens, la Butte est un coin de campagne où poussent des vignes, avec des coins ombragés et où jaillissent des nombreuses sources. Quel plaisir de venir pour se divertir dans ces nombreux lieux de réjouissances. Le plus célèbre est le Poirier-sans-Pareil, situé à l'emplacement de l'actuelle place Émile-Goudeau mais il doit fermer en 1830, le sous-sol étant miné par des carrières de plâtre.
     
      
    En 1834, l'un des fils de la famille Debray, propriétaire des moulins le Radetet le Blute-Fin, guéri de sa blessure suite à un coup de lance reçu en 1814 lors de la Défense de Paris, ouvre une guinguette près du Radet. On y déguste des galettes, confectionnées par sa femme, accompagnées d'un vin aigrelet cultivé sur les flancs de la Butte. Le succès est immédiat et la clientèle populaire. La création de la rue Lepic permet d'accéder plus facilement au haut de la Butte en évitant d'emprunter les chemins boueux très mal entretenus.
      
     
     
    1878
     
    La population augmente passant en 1861 à 57.000 habitants, en grande partie chassés de la ville suite aux travaux du baron Haussmann.
     
      Fichier:Moulin de la Galette foto.jpg
     
     
    1885
      
      
    Très vite le Bal Debray devient le Moulin de la Galette. Il ne prendra son nom "officiellement" qu'en 1895. L'entrée est au 3 rue Girardon à l'angle de la rue Lepic. Au cours des années le bal se transforme. De bal en plein-air, il devient une grande salle fermée. À l'extérieur de celle-ci se trouvent les jeux, les escarpolettes. Les écrivains qui ont fréquenté cet établissement distinguent le Moulin de la Galetteet le Bal Debray.
      
    En 1899, Rodolphe Darzens, biographe de Arthur Rimbaud en fait la description: La porte, peinte en rose et en vert cru, est surmontée dans un cercle de globes blancs de ces deux mots : Bal Debray. Un couloir qui monte et tout de suite la vaste salle lumineuse, avec un pourtour semé de tables et de bancs. L'espace où l'on danse est entouré d'une balustrade de bois rouge ; au bout sur une estrade, l'orchestre. Avant la danse c'est quatre sous par couple. La plupart du temps c'est la danseuse qui paie son cavalier .
      
    Cet orchestre est ainsi décrit quelques années auparavant par André Gill dans son Moulin de la Gallette :
      
    Un orchestre d'estropiés
    / Donne le branle à cette foule
    / On s'écrase les pieds
    / On chahute, on hurle, on se soûle.
      
    De nouvelles danses apparaissent et il faut faire appel à un orchestre plus professionnel pour remplacer les "estropiés". La polka est toujours dansée mais le quadrille, le chahut puis le cancan et plus tard le french-cancan vont prendre de l'importance. Les propriétaires recrutent le compositeur Auguste Bosc qui va faire vibrer son orchestre et soulever l'ardeur des danseurs.
      
     
      
      
    La carte postale ancienne indique Moulin de la Galette, dans le 18ème arrondissement. Mais cette appellation regroupe en fait deux moulins. Celui au premier plan date de 1717 et s’appelle le Radet, il échappe à la destruction en 1915 pour se voir transformé en guinguette dans les années 1930. Il est déplacé de quelques dizaines de mètres en 1924, rénové en 1978 et ses ailes sont refaites en 2001. Le second s’appelle le Blute-Fin, on le voit à l’arrière plan sur le cliché ancien. Il existe toujours, mais se trouve caché par les bâtiments élevés derrière le Radet.
      
      
     

    Et Le Bal du Moulin de la Galette...

     

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    Auguste Bosc deviendra propriétaire en 1904 du Bal Tabarin où il ponctue de coups de feu les quadrilles avec un revolver à six coups. Les futures vedettes du french-cancan, la Goulue et Valentin le Désossé on fait leurs débuts au Moulin. Les peintres, les dessinateurs sont des clients attitrés.
      
    La majeure partie de la clientèle est populaire et il est fréquent qu'une petite montmartroise y fasse une halte pour danser. Sa mère vient la chercher et la foule crie : Marie, v'la ta mère et toutes les Marie quittent rapidement leurs partenaires. La pauvre petite se prend deux gifles et la foule conspue la mère.
     
    La direction est très stricte, éloigne la clientèle trop crapuleuse et repousse les filles de
    mauvaise vie et leurs souteneurs, mais on raconte que certaines louaient de belles robes pour le dimanche, soulevaient un client, et rendaient les habits le lendemain. Depuis 1900, le "Tout Paris", acteurs et actrices connus, monte à l'assaut de Montmartre le mardi et déguste les galettes avec un verre de muscat. De 1900 à 1914, le bal était ouvert quatre jours par semaine.

     

      

    Épisode sanglant ou légende ?

    La légende :

    Le 30 mars 1814, lors du siège de Paris, l'armée impériale russe est à Paris, à la porte de Pantin. Le maréchal Marmont, responsable de la défense de Paris, entame des pourparlers pour un armistice. Celui-ci est signé le 31 et les troupes françaises se replient vers le sud de la capitale.

      

    La Butte Montmartre n'est alors plus défendue. De nombreux montmartrois ont fui mais il reste un noyau d'irréductibles parmi lesquels la famille Debray, meuniers de pères en fils, qui décident de tenir tête aux envahisseurs.

      

    Se préparant à investir l'ilot de résistance, ceux-ci sont accueillis par le tir d'un boulet tiré par l'aîné des Debray couchant plusieurs assaillants. L'officier russe demande que celui qui a tiré se livre. Pour toute réponse, Debray fait feu sur l'officier qui s'écroule, et Debray est abattu. Son fils, Nicolas-Charles Debray, qui était à son côté, est transpercé par une lance (il survivra, et c'est lui qui sous la Restauration transformera le moulin en guinguette).

      

    En représailles, les Russes découpent le corps en quatre morceaux qu'ils attachent sur les ailes du moulin. À la nuit tombée, la femme de Debray va récupérer les restes du supplicié, les met dans des sacs de farine, et les emporte au cimetière du Calvaire.

     

    Réexamen de la légende :

    L'historien André Maillard, dans ses travaux sur les moulins de Montmartre, fait table rase de la légende qui voulait qu'au cours des combats trois des quatre frères Debray auraient été tués en défendant leur moulin et que le quatrième ait été découpé, les morceaux accrochés aux ailes du moulin et les restes, recueillis par sa femme, et inhumés au cimetière du Calvaire.

      

    On ne trouve trace du décès que de l'aîné des Debray. De plus il n'eut que deux frères et il était veuf depuis deux années.

      

      Sources WIKIPDIA

      

     

     

     

     

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    PASSAGES et GALERIES - 2ème partie

     

     

    2ème partie : DE LA GARE DU NORD À BEAUBOURG

     


     

    Départ rue de Dunkerque, devant la Gare du Nord

    18 : Gare du Nord
    L’arrivée triomphale de Victor Hugo à la gare du Nord, revenant en train de son exil anglo-normand dès le 5 septembre 1870, constitue l’acte fondateur de la 3ème République.
    La gare du Nord est transformée en atelier de fabrication et en aire de départ de ballons postaux, à l’initiative de Rampon, directeur des Postes, et de Nadar, à partir du 22 septembre 1870, pendant le siège de Paris.
    Prise par les versaillais le 23 mai 1871, elle abritera pendant la Semaine sanglante une cour prévôtale qui fera fusiller des milliers de Fédérés.
    Une foule immense y accueille Louis Blériot, le 28 juillet 1909, de retour de Londres après sa traversée de la Manche.
    En 1910, Lénine vient y récupérer son courrier qui lui est acheminé clandestinement, depuis Saint Petersbourg, par les employés du wagon postal.

     

     

    Rue du Fbg St Denis à droite

    159 : Emplacement de la Clôture St Denis, installée là en 1765, sous Louis XV ; poste d’octroi remplacé en 1786 par la barrière St Denis du mur des Fermiers généraux.
    148 : Passage Delanos ; grande cour typique du Fbg St Denis.
    138 : Demeure, en 1854, de Paul Féval père, auteur du feuilleton de cape et d’épée "Le Bossu ou le Petit parisien", écrit en 1857, et de 90 autres romans. Son fils prendra la relève en publiant une suite : Le fils de Lagardère.
    137 : Cour et bâtiment remarquables. Belle charpente.
    132 : Maison natale de Victor Schœlcher, né le 22 juillet 1804, deux ans après que notre "grand homme", le bandit Bonaparte, assisté de son complice Cambacérès, aient rétabli l’esclavage aboli par la Convention en 1794. Lui le fera abolir définitivement, en 1848.
    En 1930 s’installa ici le Centre de diffusion du livre et de la presse, maison d’édition liée au PCF. La revue les "Cahiers du bolchévisme" y avait son siège, ainsi que "Scène ouvrière". On y diffusait entre autres des bustes de Marx et de Lénine.
    125 : Une importante barricade dressée par les Insurgés à l’angle de la rue de Chabrol et dirigée par Benjamin Laroque, opposa une résistance héroïque aux troupes du général Lamoricière, du 23 au 25 juin 1848. Le chantier de l’hôpital Lariboisière, alors en construction, était l’un des principaux bastions de l’insurrection.

     

    Rue de Chabrol

    C’est du nom de cette rue que vient l’expression "c’est un fort Chabrol" — employée dans les situations où un individu assiégé et armé oppose une forte résistance — suite au siège par la police du local de la Ligue antijuive, situé au 51, après une rixe entre dreyfusards et anti-dreyfusards dans laquelle Jules Guérin, directeur du journal "L’Antijuif", était impliqué. Cela se passait pendant le procès en révision d’Alfred Dreyfus à Rennes, en 1899.

     

    En 1822 la rue Chabrol ouvre ses portes et relie la rue faubourg Saint-Denis et la rue du fauourg-Poisonnière. Ceci a été possible grâce à l'ordonnance du Comte Charpentier qui était propriétaire de ces terres. Entre 1830 et 1935 la rue s'appelait rue de Laborde, qui est le nom du préfet de la Seine à la même période (1830 et 1835).

    Puis elle a reçut son nom actuel rue Chabrol qui est le nom du préfet de la Seine qui a précédé Monsieur Laborde, donc de 1812 à 1830. Le préfet Chabrol a été nommé par Napoléon 1er, avant d'occuper ce rang il était Comte Gilbert Gaspard de Chabrol de Volvic, (né en 1773 et décédé en 1843).

    Comte de Chabrol a apporté beaucoup de choses à la ville de Paris notamment le pavage des boulevards et des rues de la capitale, mais aussi la création des trottoirs, la mise en place d'éclairage public au gaz dans les rues de Paris. Il créa des ponts, des abattoirs, la bourse de Paris, il a aussi restauré la Sorbonne, et créer de nombreuses écoles.

    Au numéro 2 de la rue on peut y voir le marché Saint-Quentin créer en 1854 qui remplaça le marché Saint-Laurent qui fut détruit lors de la création du boulevard 

     

     

    Passage de la Ferme St Lazare

    Un vieux puits y est encore visible. Malheureusement sa margelle a été enduite de ciment.

     moulin tour des dames grande pinte ferme 05 sepia largeur.jpg

    Cour de la Ferme St Lazare

    C’est ici que Vincent Depaul, dit St Vincent de Paul, avait installé la congrégation de la mission dite des lazaristes, en 1632.
    Elle fut par la suite transformée en prison. Eustache Dauger de Cavoye, candidat en tant que demi-frère de Louis XIV à l’identité du "Masque de Fer", y aurait été enfermé en 1668 et y serait mort vers 1680 ; ce qui contredirait la thèse de sa candidature au rôle du célèbre prisonnier, décédé lui à la Bastille en 1709.
    Saint-Simon y aurait également été enfermé pour refus de faire sa première communion en 1773. Le chevalier de la Barre n’avait-il pas été torturé à mort quelques années plus tôt pour ne s’être pas découvert devant une procession ?...
    En 1784, Beaumarchais y fut incarcéré trois jours sur un ordre de Louis XVI écrit au dos d’une carte à jouer, pour avoir fait jouer son "Mariage de Figaro".
    Et en janvier 1788, Sylvain Maréchal, futur membre de la Conjuration des Égaux de Gracchus Babeuf, y fut enfermé pour avoir publié son "Almanach des Honnêtes Gens", ainsi qu’un dictionnaire.
    Comment s’étonner que cette "maison St Lazare" ait été, avant même la Bastille, la cible du peuple parisien qui la pilla le 13 juillet 1789 dans l’espoir d’y trouver des armes et qui, faute de celles-ci, récupéra 52 voitures de grains qui y étaient stockées.
    Elle resta une prison pendant la Terreur. André Chénier y fut détenu jusqu’à son exécution, le 25 juillet 1794.
    Donatien Alphonse François, marquis de Sade, y fit un séjour en 1793, après avoir échappé à la guillotine grâce à une erreur administrative. Le 15 octobre 1794, il était transféré à la maison Coignard, à Picpus.
    De 1794 à 1932, la Maison de St Lazare deviendra une prison pour femmes, puis une infirmerie spéciale pour prostituées.
    Marguerite Zelle, alias Mata Hari, arrêtée et exécutée pour espionnage, y sera détenue en 1917.
    Aristide Bruant consacrera à ce sinistre lieu une chanson qu’interprèteront Eugénie Buffet, Germaine Montero et Patachou : "À Saint-Lazare"

     

    Rue du Fbg St Denis à droite

    107 : Emplacement de la maladrerie St Ladre. Elle avait là sa propre échelle de justice.
    La chapelle de la Maison St Lazare fut le siège de la Section du Fbg Poissonnière, animée par Jean Léonard Faro, François Pelletier et un certain Renard, à partir du 21 mai 1790.

     

    Passage du Désir à gauche

    On ira jusqu’au bout — pas forcément de son désir, mais au moins du passage — après avoir traversé le boulevard de Strasbourg.
    Son joli nom, qui évoque malheureusement une activité peu reluisante qui y a longtemps tenu "boutique", lui a été donné par ses habitants en 1789...
    Le puits qui lui avait valu son premier nom — passage du Puits — existe toujours dans la cave du n° 40.

     

    Rue du Fbg St Martin à droite

    86 : Demeure de l’économiste et industriel Jean-Baptiste Say, mis à l’index par Napoléon pour avoir refusé de mettre en valeur l’économie de guerre, qui développa par la suite des théories sur l’économie de l’offre, s’opposant à l’économie de la demande de Malthus et Keynes. Il mourut ici le 14 novembre 1832.
    85-87 : Magasin "Aux classes laborieuses", anciens établissements Lévitan. Construit en 1900 par les architectes Jacques Hermant et Edmond Coigné, il porte encore en façade son enseigne en mosaïque.
    Réquisitionné pendant la dernière guerre, il devint d’abord un dépôt d’objets spoliés, puis, en juillet 1943, un camp annexe de celui de Drancy pour la déportation des juifs conjoints d’aryens.
    72 : La caserne de la garde municipale qui se trouvait à l’emplacement de la mairie du 10ème fut prise d’assaut le 23 février 1848 par les insurgés qui cherchaient à se procurer des armes.
    Le 11 avril 1871, Élisabeth Dmitrieff, Nathalie Le Mel, Blanche Lefebvre et Marie Leloup, toutes membres de l’Association Internationale des Travailleurs, installèrent dans la nouvelle mairie du 10ème arrondissement le siège de l’"Union des Femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés".
    63 : Emplacement de la Grille St Martin, encore appelée Fausse porte St Martin ; poste d’octroi installé en 1722 et repoussé plus tard au débouché de la rue Eugène Varlin.
    65-67 : Magasin "Au Tapis Rouge", qui fut l’ancêtre des magasins à bon marché du 10ème arrondissement de 1784 à 1892.
    Il fut incendié le 24 mai 1871 par le général Antoine Brunel, membre du premier Comité central de la Garde nationale puis de la Commune, pour couvrir sa retraite pendant la Semaine sanglante.

     

    Rue du Château d’Eau à gauche

    39 : Maison la plus étroite de Paris. Largeur : 1,20 m. Hauteur : 5 m.
    36 : Local du Parti Communiste Internationaliste (PCI), dirigé par Pierre Frank, Raymond Molinier, Gérard Rosenthal, à la fin des années 30.
    31-33 : Marché du Château d’Eau dit marché St martin ou de la Porte St Martin, construit en 1854 pour remplacer l’antique marché St Laurent. Il fut transformé par les Fédérés en un parc d’artillerie qui fut pris par les troupes versaillaises du général Garnier le 25 mai 1871.

     

    Rue Bouchardon

    15 : Section Rive droite du Club athlétique socialiste, qui réunissait les sportifs ouvriers avant la guerre de 14.

     

    Passage du Marché

    Le passage du Marché fut construit en 1866.
    Passage typique du faubourg, menant au Marché St Martin.

     

    Rue du Fbg St Martin à droite

    47 : Le 20 février 1894, Amédée Pauwels, alias Rabardy, anarchiste belge, attire la police dans une chambre de l’hôtel de la Renaissance pour faire sauter une bombe fournie par Émile Henri. Celle-ci n’explose pas. Rabardy avait laissé une lettre de suicide.
    59 : Demeure de Gaston Montéhus, chanteur socialiste converti à l’Union sacrée, interprète, en 1919, de "Gloire au 17ème".

     

    Rue du Château d’Eau à gauche

    52 : Barricade abandonnée par les Fédérés et défendue par des femmes, dirigées par Mme Bonnefoy, le 25 mai 1871. Après la défaite, 52 survivantes furent fusillées par les versaillais.
    54 : Siège, à partir de 1929, des revues "la Révolution Prolétarienne", fondée par Fernand Loriot, Boris Souvarine, Alfred Rosmer, Amédée Dunois, exclus ou démissionnaires du PCF… et "le Cri du Peuple" nouvelle version, en 1929.

     

    On traverse le Bd de Strasbourg

    30 : Salle du Club des Montagnards où se tinrent des réunions politiques publiques à la fin du Second Empire.

     

    Rue du Fbg St Denis à gauche

    54 : Passage Reilhac. Vieux passage typique du faubourg.
    Juste en face, on emprunte la :
    7 : Brasserie Flo, ouverte en 1896, qui a gardé son décor "Belle époque" — mais pour qui ?...

     

    Cour des Petites Écuries

    Elle tient son nom des petites écuries de Louis XV — que devaient être les grandes ? — installées là de 1755 à 1796. Il en subsisterait des vestiges au n° 5.

     

    Rue d’Enghien à gauche

    20 : Siège du journal "L’Exelsior", filiale du "Petit Parisien", à la rédaction duquel Albert Londres fait ses premières armes, de 1919 à 1922.
    Philippe Soupault y est chef de l’information de 1932 à 1936.
    Georges Simenon collabore également à ce journal qui cesse de paraître en juin 1940.
    18 : Siège du journal "L’Humanité", dirigé par Marcel Cachin, lors de sa reparution au grand jour après la Libération de Paris, le 21 août 1944.
    16 : Siège du "Petit Parisien", journal sous tutelle allemande à partir du 10 février 1941, auquel collaborent Abel Bonnard, Robert Brasillach, Georges Simenon, Pierre Benoit, Sacha Guitry, Jean de La Varende, Colette... Claude Jeantet en est le directeur. Il tire à 500 000 exemplaires.
    À la Libération, il deviendra le "Parisien libéré". On retraverse la rue du Fbg St Denis.

     

    Passage Brady

    Le passage Brady a été construit en 1828.
    C’est dans le restaurant l’Os à Moelle, chez Cabouret, que se déroulaient, de 1890 à 1896, les dîners des Nabis, instaurés par Maurice Denis. S’y tenaient des discussions sur une icône apportée par l’un des participants.

     

    Bd de Strasbourg à droite

     

     

    Passage de l’Industrie

     

     

    Rue du Fbg St Denis à gauche

    48 : Bureau général des fiacres, puis des diligences, dirigé par Laffite et Caillard, créé en 1799.
    23 : Demeure de Sixte-Casse Henry, dit Fortuné, membre de la Commune de 1871, délégué aux Subsistances.
    16 : Brasserie "Julien" de style Art Nouveau. Décor remarquable par le verrier Charles Buffet et par le peintre sur verre Louis Trézel à partir de dessins d’Alfons Mucha. Ancien "bouillon" Duval — chaîne de restaurants bon marché du 19ème siècle — fondé en 1850.
    14 : Bureau d’inscription de la Compagnie des Guetteurs parisiens du 10ème, créée par le citoyen Bellavoine le 27 octobre 1870, composée d’hommes âgés et d’enfants de 12 à 14 ans ; destinée à assurer la surveillance du quartier pendant le siège de Paris. À l’entrée de la rue du Fbg St Denis, une barricade fut érigée par les ouvriers des Chemins de fer du Nord et défendue âprement le 24 juin 1848. C’est là que se déroulèrent les derniers combats de l’insurrection de Juin.
    Dans cette même rue se déroula une manifestation communiste encadrée par les FTP, dirigés par Claudine Petit des Jeunesses communistes et Jean Marrane pour le Front uni. Manifestation antinazie ; démonstration de force du PCF à la veille de la Libération, le 1er juillet 1944.

     

    Passage du Prado

    Le passage du Prado fut construit en 1830 et re-décoré dans le style Art déco en 1925.

     

    Bd St Denis à gauche

     

     

    Bd de Strasbourg aller-retour

    On peut faire une brève incursion vers les premiers numéros du bd de Strasbourg.
    4 : C’est dans la salle de l’Eldorado, aujourd’hui appelée Comédia théâtre, à l’occasion d’un gala des "chanteurs rouges", qu’Antoine Renard créa, le 30 septembre 1867, sur un air de sa composition, une chanson écrite par Jean Baptiste Clément qui allait devenir le tube de la Commune ; elle s’intitulait "Le Temps des Cerises"…
    8 : Salle du Globe, chez Favre. C’est là qu’eurent lieu le premier congrès de la Chambre consultative des Associations ouvrières de production, les 8, 9 et 10 juillet 1900 ; et le congrès d’unification du Parti Socialiste (SFIO), réuni à l’initiative de Jules Guesde (Parti Socialiste de France), Jean Jaurès (Parti Socialiste Français) et Jean Allemane (Parti Ouvrier Socialiste Révolutionnaire), qui se déroula les 23, 24 et 25 avril 1905. Le nouveau parti ainsi constitué comptait 35 000 membres.
    Dans la même salle eut lieu, le 27 mai 1919, un Comité confédéral national de la CGT qui, en accord avec les syndicats britanniques et italiens, décida d’une action internationale contre l’intervention alliée en URSS.

     

    Bd de Sébastopol

     

     

    Passage Lemoine

    Hôtel de St Chaumond, construit en 1734 par Jacques Hardouin-Mansart et décoré par le sculpteur Nicolas Pineau. Magnifique Hôtel de style rocaille, aujourd’hui dans un état avancé de délabrement.

     

    Rue St Denis à gauche

    C’est par cette rue que les rois de France, venant de St Denis, faisaient leur entrée triomphale dans la capitale, ce qui donnait lieu à de somptueuses festivités.
    Au milieu du boulevard se trouve la porte St Denis : en fait un arc de triomphe, construit sous Louis XIV sur le “Nouveau Cours”, emplacement de l’enceinte de Louis XIII qui venait d’être rasée. Elle laissa cependant le nom militaire de son large chemin de ronde, le "boulevart", aux avenues plantées d’arbres qui la remplacèrent.
    Les bas-reliefs du décor représentent la victoire de Maastricht, bataille au cours de laquelle mourut d’Artagnan (le vrai).
    307 : Demeure de Jacques Durand, ouvrier coupeur en chaussures, membre du Comité central de la Garde nationale, membre de la Commune, délégué à la commission de la Justice, fusillé pendant la Semaine sanglante derrière l’église Notre-Dame des Victoires.
    271 : Bureau de la Confrérie des Brodeurs coffretiers passementiers boutonniers en 1596.
    248 : Emplacement de la porte St Denis de l’enceinte de Charles V.
    Étienne Marcel tente de la faire ouvrir pour faire entrer les troupes de Charles le Mauvais, le 31 juillet 1358, au cours de la guerre de cent ans.
    Combats entre les partisans du duc de Guise et le maréchal de Montgomery, le 8 janvier 1564.
    Exposition des morceaux de la dépouille de Poltrot de Méré, l’assassin du duc de Guise, en 1588.
    Première pendaison de femme à Paris (auparavant, on les enterrait vivantes ; ce qui était considéré comme plus “décent”…)
    224 : Emplacement de la maison natale de l’historien Jules Michelet.

     

    Passage Ste Foy

    Il s’ouvre au n° 261-263 de la rue St Denis.
    Il traverse l’ancienne enceinte de Carles V. Son dénivelé nous donne en quelque sorte la configuration en coupe de ce rempart qui constitua la limite de la ville de 1364 à 1634.

     

    Rue Ste Foy à gauche

    Sur la petite place que forme la rue St Spire, dans ce qui était alors l’impasse de la Grosse Tête, se tenaient pendant la révolution de 1848 les réunions du Comité Typographique ; club révolutionnaire animé par Barraud, son président, et Debock, Mirguet, Petit, Forget, Guillemettz, Antoine…

     

    Passage du Caire

    Le passage du Caire est le plus long de Paris, et aussi le plus ancien encore existant. Il a été construit en 1798, c’est-à-dire au moment de la campagne d’Égypte, ce qui explique non seulement son nom mais aussi celui de la plupart des rues du quartier : Aboukir, Damiette, Alexandrie, rue du Nil...
    87- 89 : Imprimerie Lefèbvre, qui éditait les affiches du Comité central de la Garde nationale en 1871.

     

    Place du Caire

    2 : Façade de style égyptomaniaque. La frise au sommet de la façade porte, suite à un canular de mauvais goût, une représentation du nez du peintre Bouginier, qu’un petit jeu stupide consistait à dessiner sur les murs de la capitale.
    Cette place fut le théâtre de violents affrontements entre les insurgés et les gardes municipaux (les "cipaux") qui y tenaient un poste le 23 février 1848.

     

    Rue du Caire à droite

     

     

    Rue de Damiette à gauche

    C’est là que se trouvait la Cour des Miracles de la rue Neuve St Sauveur, la plus importante des douze que comptait Paris, celle dont Hugo s’est inspiré pour son roman "Notre-Dame de Paris" ; royaume du Ragot (qui a donné l’Argot) et du Grand Coëstre.

     

    Rue des Forges

    9 : Imprimerie du “Père Duchêne”, de Jacques-René Hébert, où il fut arrêté en 1794.

     

    Rue du Caire à droite

     

     

    Passage du Caire tout de suite à gauche puis à droite dans le passage

     

     

    Rue St Denis à gauche

     

     

    Passage du Ponceau

    Premier égout couvert à Paris sous Henri IV

     

    Bd de Sébastopol à droite

     

     

    Rue du Caire

    12 : Demeure de Weil, membre du Comité central de Garde Nationale en 1871.
    17 : Siège du journal "La Femme libre, brochure éditée en 1832-33 par des saint-simoniennes exclues lors de la scission de Ménilmontant ; Marie-Reine Guindorf et Jeanne-Désirée Véret Gay. Premier journal féministe français, réalisé et publié uniquement par des femmes..

     

    Rue St Denis à gauche

    237 : Emplacement du couvent des Filles-Dieu, où les condamnés à la pendaison recevaient traditionnellement, sur le chemin de Montfaucon, trois pains et un verre de vin.
    C’est là que se tinrent, de 1792 à 1794, les réunions de la Section Bonne Nouvelle, auxquelles participait Hébert.

     

    Passage Basfour

     

     

    Rue de Palestro à droite

    22 : Un des fleurons de la première “chaîne” de magasins Félix Potin.
    Emplacement de la poterne du Bourg l’Abbé de l’enceinte de Philippe Auguste.

     

    Passage de la Trinité

     

     

    Rue St Denis à gauche

    144-146 : Emplacement de l’église de la Trinité. Elle jouxtait un hospice dans lequel les voyageurs restés hors les murs de l’enceinte de Philippe Auguste pouvaient s’abriter la nuit.
    Elle hébergea dans une de ses salles, à partir de 1402 sous Charles VI le fou, les Confrères de la Passion ; première troupe de théâtre autorisée à jouer uniquement mystères religieux et sotties. Elle fut le siège de la Section du Ponceau, puis des Section des Amis de la Patrie, animée par Chrétien, Renouard, Tombe… à partir du 21 mai 1790.
    138 : Fontaine de la Seraine (la sirène) ou de la Reine, encore appelée fontaine Greneta, très fréquentée au Moyen Âge.

     

    Rue Greneta à droite

    Des barricades y furent dressées le 12 mai 1839, lors de l’insurection de la Société des Saisons, suite à laquelle Auguste Blanqui et Armand Barbès furent condamnés à mort puis graciés mais enfermés au Mont St Michel.

     

    Rue Dussoubs à gauche

    23 : Demeure de Savinien Hercule Cyrano de Bergerac (le vrai) en 1619.
    22 : Siège, en 1972, de l’Agence de presse Libération (APL), dirigée par Jean-Claude Vernier, Maurice Clavel, Christophe Schimmel. Agence liée à la Gauche Prolétarienne.
    21 : Demeure et mort, le 27 novembre 1793, de Carlo Goldoni ; le réformateur de la Commedia dell’arte. Il avait, entre autres, supprimé les masques. Il était considéré comme le "Molière italien".

     

    Passage du Grand Cerf

    Le passage du Grand Cerf fut construit en 1825, sur l’emplacement des anciennes Messageries royales de l’Est. Il est le plus haut de Paris. Il a été sauvé in extremis de la pioche des promoteurs en 1994.

     

    On traverse encore une fois la rue St Denis

    151 : Maison natale de Léon Blum.

     

    Passage du Bourg l’Abbé

    Le passage du Bourg-l’Abbé a été construit en 1828.
    Il abritait l’armurerie Lepage, succursale de celle de la rue de Richelieu, à ce qui était alors le n° 22 de la rue du Bourg l’Abbé. Celle-ci fut pillée, comme sa maison mère, à plusieurs reprises, par les Insurgés de 1832 d’abord, puis par ceux de Février 1848. Ce dernier épisode est relaté par Victor Hugo dans "Choses vues".
    On traverse le bd de Sébastopol

     

    Rue de Turbigo à gauche

     

     

    Passage de l’Ancre

    Le passage de l’Ancre a été construit avant la Révolution. Il s’appelait alors passage de l’Ancre royale.

     

    Rue St Martin à gauche

     

     

    Rue des Gravilliers

    Très ancienne rue hors les murs.
    88 : Arrestation des complices de Georges Cadoudal, suite au complot fomenté contre Bonaparte, le 4 mars 1804.
    44 : Premier siège, du 8 janvier 1865 à 1868, de l’[Association Internationale des Travailleurs (AIT), fondée en France par Henri Tolain, Ernest-Edouard Fribourg et Charles Limousin, et regroupant Eugène Varlin, Benoît Malon, Zéphirin Camélinat, André Murât, Chemalé… Un doute subsiste sur le local où se tenait ce bureau. Il semble qu’il s’agisse du dernier au fond de la cour à gauche, loué par le décorateur Fribourg, et qui aurait été l’ancienne écurie de d’Artagnan.
    29 : Siège de la coopérative ouvrière "L’Économie parisienne", qui participa à la fusion de 1919.
    26 : Passage pittoresque et remarquable faisant communiquer les rues au Maire et des Gravilliers.
    9 : Passage Barrois, typique des rues du Moyen Âge. Le 13 mai 1849, une barricade fut dressée dans la rue des Gravilliers contre la déclaration de guerre par Louis-Napoléon Bonaparte, alors encore président de la Seconde République, à la République Romaine. 7 manifestants furent tués dans les affrontements.

     

    Passage des Gravilliers

    8 : Imprimerie des journaux de la Résistance dirigée par Henri Chevessier en 1944.

     

    Rue Chapon à droite

    Une autre barricade y fut élevée le 13 mai 1849.
    19 : Second siège de l’Association Internationale des Travailleurs (AIT), de 1868 à 1869, après les procès — 15 membres sont condamnés à 100 francs d’amende chacun pour "constitution interdite d’association de plus de vingt personnes" — et l’éclatement entre "mutuellistes" influencés par Proudhon et représentés par Tolain qui démissionne, et "collectivistes" menés par Eugène Varlin.

     

    Rue Beaubourg à gauche

    81 : Ancienne boutique "Au Cotillon du Prolétariat", tenue par Henri Audouin, dédiée aux insignes et drapeaux du mouvement ouvrier en 1910.
    79 : Inscription "rue Transnonain" à l’angle de la rue Chapon. C’était une section de la rue Beaubourg actuelle, dont tous les immeubles du côté impair ont été rasés.
    71 : Le 14 décembre 1941, deux groupes de Résistants des Bataillons de la Jeunesse et de l’Organisation spéciale, ayant à leur tête Pierre Tourette, montent une opération contre l’hôtel Impérator, transformé en cantine de la Wehrmacht.
    62 : Emplacement du 12 rue Transnonain où les troupes du 25ème de ligne, commandées par Bugeaud, massacrèrent le 14 avril 1834 tous les habitants de l’immeuble en représailles à un coup de feu qui aurait été tiré de ses fenêtres. Celui qui chapeautait l’opération était un jeune ministre de l’Intérieur qui avait pour nom Adolphe Thiers ; déjà !...
    54 : Demeure d’Albert Theisz, directeur des Postes sous la Commune, dont il était membre, après son retour d’exil en 1880.

     

    Rue du Grenier St Lazare à droite

    Nous sommes sur le tracé de l’enceinte de Philippe Auguste.

     

    Rue Brantôme

     

     

    Rue Bernard de Clairvaux

     

     

    Rue St Martin à gauche

    168-170 : Emplacement de l’hôpital de la chapelle St Julien, qui abritait au Moyen âge la Confrérie des Ménétriers — les musiciens — où l’on venait louer des artistes pour organiser des fêtes, de 1329 à 1776.
    Cet établissement fut remplacé par des immeubles dont un fut, en 1808, la maison natale de Gérard Labrunie, le futur Gérard de Nerval, à l’ex 96 rue St Martin.
    159 : Passage Molière, de 1791, qui fut rebaptisé "des Sans-culottes" pendant la Révolution, en 1793.
    C’est là que se trouvait la Salle Molière, où se tinrent les réunion du "Club des clubs" pour les élections à l’Assemblée constituante, autour d’Armand Barbès et de Joseph-Marie Sobrier, en mars 1848.
    Une autre société s’y réunissait : le Club patriotique du 7ème arrondissement, connu sous le nom de "Club du passage Molière". Il participa activement à la journée du 15 mai 1848. Pendant la Commune également, il y eut là de nombreuses réunions.
    157 : Théâtre Molière s’installa ici en 1791, remplaçant l’ex bureau des nourrices. En 1793, il prit le nom de Théâtre des Sans-culottes. Il fonctionna jusqu’en 1807 et devint ensuite une école d’art dramatique où Rachel fit ses études en 1835, à 14 ans, dans la classe de Pierre-Jacques de Saint-Aulaire, dit Aulaire.

     

    Passage Molière

    Le passage Molière a été construit en 1791 et rebaptisé "passage des Sans-culottes" pendant la Révolution, en 1793.

     

    Rue Quincampoix à gauche

    90 : Emplacement de la cloche annonçant la fin des séances de la Bourse de Law en 1718 et 1719.
    65 : Hôtel de Beaufort, à l’ex n° 47 de la rue, dans lequel s’installa, pendant la Régence, en 1719-1720, la banque de Jean Law de Lauriston.
    54 : Cabaret de l’Épée de Bois, qui fut à l’origine de l’Opéra de Paris. En effet, en 1658, Mazarin avait créé une communauté de maîtres à danser et de maîtres de violon. En 1661, il transforma cette communauté en Académie royale de danse, dont le but était de perfectionner cet art et de régler les ballets. En 1669, cette Académie fusionna avec l’Académie royale de musique pour constituer l’Opéra. Marivaux, Racine, Mme de Tencin, les Mississipiens — nom que l’on donnait aux agioteurs sur les actions du Mississipi —fréquentaient ce cabaret.
    43 : Échoppe d’un savetier louée aux agioteurs ligués contre Law — les frères Pâris et Antoine Crozat — en janvier 1720.
    C’est dans cette rue qu’évolue le héros du roman de Paul Féval : Le Bossu.

     

    Rue de Venise

    La rue de Venise est la plus étroite de Paris. Elle doit son nom à l’enseigne de financiers Lombards qui s’y étaient installés au début du 16ème siècle, à "l’Écu de Venise".
    À son extrémité se trouve la fontaine Maubué ou Maubuée, du 13ème siècle, alimentée à l’époque par les eaux de Belleville. C’était la fontaine la plus fréquentée de Paris au Moyen âge.

     

    Place Georges Pompidou

     

     

    Fin du parcours

     

     

    sources :  

    Superbe blog

    http://www.parisrevolutionnaire.com/spip.php?article193

     

     

     

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    PASSAGES et GALERIES - 1ère partie

    Mercredi 25 août 2010, par Webmestre // PASSAGES ET GALERIES

     

    1ère partie :DES GRANDS BOULEVARDS AUX HALLES

     


    En cliquant sur les photos marquées du signe ►, vous obtiendrez un agrandissement, un détail ou une autre vue se rapportant au même lieu.

    embout10.jpg 

    Nous partirons du métro Cadet

    C’est ici que fut arrêté, le 28 mai 1871, dénoncé par un prêtre, Eugène Varlin, ouvrier relieur, membre de la Commune de Paris, membre de l’Association Internationale des Travailleurs ; “l’honneur du prolétariat” comme l’avaient surnommé ses compagnons.
    Ramené à Montmartre sous les coups de la foule vengeresse des bourgeois parisiens, il est fusillé par les troupes d’Adolphe Thiers à l’emplacement même où avaient été exécutés les généraux Leconte et Thomas ; lui qui était intervenu à plusieurs reprises pour épargner les otages.
    Les versaillais pouvaient, après cela, "déverser sur nos charniers des flots d’ignominies"...

     

     

    Eugène VARLIN
    Son exécution à Montmartre, peinte par Maximilien Luce

     

    Prendre la rue Cadet vers le Sud

    42 : Emplacement de la clôture Cadet de la barrière d’octroi établie sous Louis XV. Elle fut remplacée en 1785 par le mur des Fermiers généraux ; ce mur murant Paris qui rendit Paris murmurant...
    21 : Siège du "Populaire", journal communiste chrétien fondé par Étienne Cabet, et auquel collabora Théodore Dézamy qui devait organiser en 1840 à Belleville un banquet fondateur du communisme néo-babouviste.

    Etienne CABET

    Ce fut par la suite le siège du "Petit Journal" dit "le journal à 1 sou", qui fut interdit pendant la Commune.
    18 : Emplacement de la salle du Casino, où se tinrent des réunions politiques publiques à la fin du Second Empire.
    Jules Vallès y donna une conférence sur Balzac le 15 janvier 1865.

     

    jules VALLÈS

    Pendant la Commune elle abrita les réunions du club des Amis du Peuple.
    16-24 : Siège du Grand Orient de France depuis 1857.
    Le maréchal Magnan, qui avait réprimé l’insurrection lyonnaise de 1830, grand “massacreur de rebelles” durant la conquête de l’Algérie... en fut nommé Grand maître en 1860 par Napoléon III pour damer le pion au prince Murat.
    Dans une de ses salles se tinrent plusieurs réunions politiques à la fin du Second Empire.
    Y fut également présenté, le 10 mars 1933, le premier spectacle complet du Groupe Octobre, écrit par Jacques Prévert et mis en scène par Lou Tchimoukow, en soutien à deux jeunes noirs de Scottsborough, USA, condamnés à tort pour le viol d’une femme blanche.

    9-11 : Emplacement de l’Hôtel Cromot du Bourg. Ignace Pleyel y avait sa demeure et sa première salle de concerts.
    C’est dans cette dernière que Frédéric Chopin donna son premier récital à Paris.

     

    Rue du Fbg Montmartre à gauche

    35 : Confiserie “À la mère de famille” créée en 1761.
    33 : Belle cour typique du quartier.

    Confiserie " A la mère de Famille"

    32 : Demeure d’Isidore Ducasse, alias comte de Lautréamont, l’auteur des "Chants de Maldoror", en 1869. Il devait bientôt déménager au 7 de la même rue, pour y mourir prématurément le 24 novembre 1870.

     

     

    Passage Verdeau 

     

    Le passage Verdeau a été construit en 1847.
    14-16 : Boutique "Photo Verdeau", fréquentée par Robert Doisneau et Agnès Varda.
    8 : "Au Bonheur des Dames" ;

      

    boutique typique du passage à l’enseigne remarquable.
    6 : Boutique de Roland Buret, très tintinophile.

      

     Angle rue du Faubourg Montmartre et rue de la Grange Batelière

    Traverser la rue de la Grange Batelière

    Son nom vient d’une ferme fortifiée (bataillée) à laquelle elle menait.
    26 : Demeure de l’égyptologue Auguste Mariette, conservateur du Louvre et fondateur du musée du Caire, "inventeur" du "Scribe accroupi" et du "Serapeum de Memphis".
    21 : Siège du journal "Le Bonnet rouge" de Miguel Almereyda, ouvrier photographe anarchiste qui, accusé d’intelligence avec l’ennemi, fut retrouvé étranglé dans sa cellule après son arrestation en 1917. De son vrai nom Eugène Bonaventure Jean-Baptiste Vigo, il était le père du cinéaste Jean Vigo.
    18 : Demeure du journaliste républicain Armand Carrel, ramené mourant à son domicile après un duel avec Émile de Girardin.
    13-15 : Caserne des gardes-suisses sous Louis XVI.
    10 : Cénacle romantique d’Alfred Tattet, réunissant Victor Hugo, Alfred de Musset, Alfred de Vigny, Sainte-Beuve, Émile de Girardin, Alfred Arago…

     

     

    Passage Jouffroy

    Le passage Jouffroy a été construit en 1846. Il s’y trouvait une boutique de fruits artificiels où le dermatologue Charles Lailler rencontra le sculpteur sur cire Jules Baretta à qui il demanda de confectionner les représentations de maladies de peau qui se trouvent aujourd’hui au musée de l’hôpital St Louis.
    C’est ce même docteur Lailler qui jeta sa croix de la Légion d’honneur à l’officier qui venait chercher dans son service les Fédérés blessés pendant la Semaine sanglante pour les fusiller.

    Ce passage vit en 1848, juste après sa construction, une floraison de clubs plus ou moins révolutionnaires, dont celui de la Garde nationale, celui des Artistes dramatiques et celui des Publicistes.
    Il communique avec le Musée Grévin, fondé en 1882, où furent présentés pour la première fois à Paris le téléphone, le phonographe, les rayons X, les dessins animés…
    C’est sur la scène du Grévin que Georges Méliès fit ses débuts d’illusionniste en 1886.
    On y trouve, entre autres curiosités, le Palais des mirages : kaléidoscope géant créé par Eugène Hénard pour l’exposition universelle de 1900.
    L’entrée principale se trouve sur le boulevard.

    Passage Jouffroy
    Le salon des miroirs

     

    On traverse le bd Montmartre

    Lieu de nombreuses manifestations, dont celle contre l’exécution de Sacco et Vanzetti en 1927, et celle des algériens contre le couvre-feu, le 17 octobre 1961, qui se termina par un carnage perpétré par une police parisienne dirigée par un certain Maurice Papon, nommé par un certain Charles de Gaulle...

      

    Manifestation sur le Bd Montmartre

    2 : Un kiosque-signal avait été installé en 1912 au centre du “carrefour des écrasés”. Il fut rapidement supprimé car il empirait plutôt les embarras de circulation.
    6 : Café “Le Madrid”, où se rencontraient Léon Gambetta, Charles Baudelaire… Mais aussi les contestataires du Second Empire : Henri Rochefort, Jules Vallès, Étienne Carjat, Gustave Courbet...

    Le théâtre des Variétés
    et les Panoramas

      

    7 : Le théâtre des Variétés fut créé par la Montansier après qu’elle ait été chassée du Palais Royal.
    C’est dans ce théâtre qu’eut lieu la première des "Scènes de la Vie de Bohème" d’Henri Murger.
    9 : Au café des Variétés, se retrouvaient Villiers de l’Isle-Adam, Catulle Mendès, Léon Dierx...
    10 : Demeure des compositeurs Gioacchino Rossini et François Adrien Boieldieu.
    C’est là que se réunissait, en 1848, le Comité central électoral pour la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte.
    12 : Ce fut également le siège du Club des Amis de la Constitution sous l’éphémère Seconde République.
    Le 13 juin 1849, les amis du général Eugène Cavaignac, celui qui avait réprimé l’insurrection de Juin 1848, saluaient du balcon une manifestation du mouvement contre l’expédition de Rome. Comme quoi on peut être à la fois un bon républicain et un massacreur d’ouvriers...

     

     

    Passage des Panoramas

    Le passage des Panoramas est un des plus anciens passages parisiens. Il a été construit en 1800. Son nom vient de deux panoramas (grandes toiles peintes représentant des scènes historiques) imaginés par Robert Fulton, venu à Paris présenter ses torpilles et son sous-marin en 1800. Il fera naviguer son bateau à vapeur sur la Seine le 9 août 1803.

     Le passage des Panoramas
    Escalier à double révolution au 55

    Georges Méliès débutera comme peintre des panneaux présentés dans deux rotondes qui constituaient ces fameux panoramas.
    C’est dans ce passage qu’eurent lieu les premiers essais d’éclairage public au gaz, en 1817, par Philippe Lebon, après la chapelle de l’hôpital St Louis.
    57 : Maison “Marquis”, au décor d’origine de 1846.
    47 : Boutique du graveur Stern au décor typique de la Monarchie de juillet.

     

    Enseigne du graveur Stern
    L’arbre à canelle

    Galerie Montmartre à gauche

    27 : Emplacement de l’académie de peinture de Rodolphe Julian. L’académie Julian dispensait le même enseignement qu’aux Beaux-Arts, avec la particularité d’être ouverte aux femmes, ce qui était exceptionnel à l’époque, surtout pour peindre des "académies" masculines.

    L’académie Julian

     

    Galerie St Marc à gauche

     

     

    Galerie des Variétés à gauche

     

     

    Galerie Feydeau aller-retour

     

     

    Rue Vivienne à droite

    36 : Salle de rédaction du journal le "Corsaire-Satan", rue Neuve Vivienne à l’époque ; journal issu de la fusion du Corsaire et du Satan en 1846, et auquel collaborèrent Charles Baudelaire, Théodore de Banville, Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Henri Murger, Privat d’Anglemont, Pierre Dupont
    46 : Demeure d’Alphonse Karr en 1840.
    51 : Autre local de l’académie Julian, école de peinture ouverte aux femmes à partir de 1880.

     Académie Julian de la rue Vivienne
    la seule ouverte aux femmes

    Bd Montmartre à gauche

    14 : Siège de “La Libre Parole”, journal populiste violemment antisémite d’Édouard Drumont, auteur de “La France Juive”. Il fut le théâtre de bagarres violentes pendant l’affaire Dreyfus.
    Demeure de Caroline Rémy, dite Line, puis Séverine, secrétaire de Jules Vallès puis journaliste de renom.

    SÉVERINE

    Rédaction de la revue "l’Avant-Garde" animée par Paul Vaillant-Couturier, Charles Tillon et André Marty, revue des Jeunesses Communistes.
    19 : Galerie Boussod et Valadon, ex galerie Goupil, dirigée par Théo Van Gogh en 1890.
    20 : Siège du journal “Le Gaulois” d’Arthur Meyer, ennemi de Drumont, mais qui rejoindra curieusement ses positions antisémites quelques années plus tard.
    23 : Honoré de Balzac demeure au dessus du café Frascati en 1840.
    27 : Demeure du général révolutionnaire Charles-Philippe Ronsin, chef de l’Armée révolutionnaire de Paris, guillotiné avec les Hébertistes.

    Général Charles-Philippe RONSIN

      

    Bd des Italiens

    Il tient son nom de la présence, à l’emplacement de l’Opéra comique actuel, du Théâtre des Italiens construit en 1783 et détruit par un incendie en 1838.
    Les émigrés de retour s’y rassemblaient après la Révolution ; d’où le surnom qu’il pris alors de "Petit Coblence".
    Sous la Restauration, il s’appela boulevard de Gand, du nom de la ville belge où s’était réfugié Louis XVIII pendant les Cent Jours. D’où le nom de "gandins" que l’on donna aux fils de riches (on ne disait pas encore "fils à papa") qui le fréquentaient.

    Le petit Coblence
    La salle des Italiens vers 1840

    2 : Emplacement de l’entrée du passage de l’Opéra, qui comprenait deux galeries, celle de l’Horloge et celle du Thermomètre. Elles débouchaient à l’autre extrémité sur une troisième qui menait à la salle de l’Opéra. Celle-ci se trouvait entre les numéros 6 et 18 de la rue Le Peletier, de 1821 à 1873 ; date à laquelle elle disparut dans un incendie.
    Le passage de l’Opéra fut lui-même détruit lors du percement du Bd Haussmann, en 1925.
    Il s’y tint des réunions en plein air après la fermeture des clubs par le général Vinoy, le 24 janvier 1871.
    Les Surréalistes s’y réunirent, au Café Certà, de 1919 à 1923. S’y retrouvaient Louis Aragon, André Breton, Philippe Soupault, Tristan Tzara… C’est là que se tinrent les assises du mouvement Dada en décembre 1919.
    C’est dans un autre café du passage, le Petit Grillon, qu’Aragon et Breton travaillaient à la rédaction de la revue "Littérature" dans laquelle ils publièrent leur fameuse "Lettre ouverte au Comité Lautréamont", le 1er mars 1922.

    Le passage de l’Opéra
    Carrefour Richelieu-Drouot avant le Bd Haussmann

    3 : Demeure du compositeur Louis-Ferdinand Hérold, compositeur de Zampa en 1829. Siège du journal "Le Soir", en 1910.
    5 : Siège du journal "Le Temps", de 1884 à 1911.
    8 : Estaminet Mulhouse, où se réunissait la Société démocratique Allemande en mars 1848. Réunions auxquelles participaient Georg Herwegh, Ludwig Feuerbach, Karl Marx, Arnold Ruge, Max Stirner, Hermann Ewerbeck
    Entre 1900 et 1914, ce fut l’emplacement du Théâtre de l’illusionniste Jean-Eugène Robert-Houdin, racheté par Georges Méliès en 1888. Il sera fermé en 1914 sur décision de police.
    9 : Demeure, entre 1795 et 1813, du compositeur André Grétry qui avait été soutenu à ses débuts par Voltaire.
    Le café Poccardi est devenu un restaurant italien, mais il a conservé son décor typique du 19ème siècle.
    Pendant l’occupation se tint à cette adresse l’"Office de placement des travailleurs français en Allemagne", en application de la politique de recrutement de volontaires, qui fut un échec. Du coup, le gouvernement de Vichy instaura le STO.
    Après la Libération, ce fut le siège du journal "la Dépêche de Paris".

     

    Passage des Princes

    Entrée au 5 bis bd de Italiens.

     Le passage des Princes

    Le dernier passage réalisé à Paris, en 1860.
    36 : Maison d’édition d’Auguste Poulet-Malassis, éditeur de Charles Baudelaire et de Lautréamont.
    C’est dans ce passage que se trouvait le restaurant Peter’s, où la légende veut que fut inventé le homard à l’américaine). Ce qui est avéré, par contre, c’est l’arrestation, dans cet établissement, d’officiers de l’état-major de la Garde nationale, le 17 mai 1871, pour avoir "négligé leur service et fait ripaille avec des femmes de mauvaise vie".

     

    Rue de Richelieu à droite

    112 : Alexandre Dumas père demeurait, en 1864, au dessus de ce qui avait été le café Frascati, très en vogue pendant le Directoire et le Premier Empire.
    110 : Premier siège du journal socialiste "L’Humanité", fondé par Jean Jaurès, et auquel collaborèrent Anatole France, Octave Mirbeau, Jules Renard… Le premier numéro sortit le 18 avril 1904.

    Jean JAURÈS par Nadar
    Le premier siège du journal l’Humanité

    109 : Dumas père descendait à l’hôtel de Paris lors des séjours qu’il faisait dans la capitale en 1841-1842.
    108 : Honoré de Balzac, qui habitait par ailleurs rue Raynouard, se faisait héberger ici par le tailleur Buisson dans les années 1840 afin d’échapper à ses créanciers.
    103 : Demeure de l’auteur dramatique Jean-François Regnard en 1696.
    102 : Maison ayant appartenu à Voltaire et léguée à sa nièce, Mme Denis.
    101 : Imprimerie du journal "Le Temps", dont Baude était le rédacteur en chef. La saisie de ses presses par le commissaire Deroste provoqua l’insurrection du 27 juillet 1830, début des Trois Glorieuses.

    Saisie des presses du journal "Le Temps"

    100 : Siège du journal "Le Journal", créé en 1892, auquel collaborèrent Colette, Blaise Cendrars, Philippe Soupault, Claude Farrère, François Mauriac (qui admirait alors un certain Mussolini). Quotidien qui défendit les accords de Munich et disparut à la Libération.
    À la Libération, siège du journal "Paris Presse", fondé par Philippe Barrès.
    Siège également de la revue hebdomadaire "Travail et Liberté", fondée en 1947 par Raymond Doubre et Émile Ganne, d’origine vichyste. Organe de la "CGT indépendante, libre et démocratique" du RPF
    80 : Porte de Richelieu de l’enceinte de Louis XIII.
    79 : Emplacement de l’Hôtel de Grancey, où est mort René Duguay-Trouain, corsaire puis lieutenant général des armées navales, en 1736.

     

    Rue Feydeau

    Elle s’est appelée, pendant la Révolution, rue des Fossés Montmarat.
    Jean-Jacques-Régis de Cambacérès, un des futurs Directeurs, puis 2ème Consul, puis archichancelier d’Empire, principal rédacteur du Code civil et prototype de l’opportuniste, y demeura à l’hôtel du Béarn en 1793.
    En 1818, la Bourse des valeurs s’y installe dans une ancienne dépendance du couvent des Filles St Thomas transformée en magasin de décors de l’Opéra, en attendant la construction du palais Brongniart.

     

    Rue des Colonnes

    Un des seuls ensembles architecturaux à Paris de la période révolutionnaire, construit en 1792. Sont style est représentatif de l’époque, avec ses colonnes et son décor de palmettes.

     

     

    Rue de la Bourse à gauche

     

     

    Place de la Bourse

    Installation de la Bourse des valeurs en 1827 dans le palais Brongniart.
    Banquet offert par la chambre de commerce au général Bugeaud, le 17 mars 1845, pour le beau travail de "pacification" accompli en Algérie...
    En mars 1848, la salle des faillites du palais Brongniart servit de salle de réunions au Club des Intérêts populaires et de la Garde mobile. Cette Garde mobile venait d’être créée pour contenir le peuple. Le bourgeoisie la considérait comme peu sûre. Elle prouva le contraire en Juin. C’est à propos de son recrutement que Karl Marx inventa le terme "lumpenprolétariat".
    En 1870-1871, la Bourse fut transformée en atelier de confection de vareuses, tuniques et pantalons pour la Garde nationale.
    Elle fut un des quartiers généraux des Amis de l’Ordre contre la Commune.
    Des Communards furent massacrés, attachés aux grilles, le 25 mai 1871.
    Attentat manqué de l’anarchiste Charles Gallo en 1886.
    Explosion d’une charge de plastic posée par l’OAS en 1961. Il y eut 14 blessés.
    La Bourse fut prise d’assaut et en partie incendiée par les militants d’extrême gauche le 24 mai 1968.

    Incendie de la Bourse le 24 mai 1968

    Sur la place on trouvait :

    La librairie Sautelet, siège du journal périodique "Le Producteur", fondé par Olinde Rodrigues après la mort de Saint-Simon, en 1825-1826.
    Le théâtre du Vaudeville s’installa, sous la direction de Jacques Ancelot, dans l’ex théâtre des Nouveautés, au 27 rue Vivienne, de 1840 à 1868, avant d’émigrer sur le Bd des Capucines.

     

    Théâtre du Vaudeville de la rue Vivienne

    12 : Siège du Club de la Révolution Sociale, créé pendant la Révolution de 1848.
    17 : Attentat à la bombe contre le siège du Club Méditerranée, le 11 juin 1978.
    Siège de la Section de la Bibliothèque puis Section Lepeletier, dirigée par Bertrand Arnaud, Joigny et Vergne, dans l’ancien couvent des Filles St Thomas. C’est de celle-ci que partit l’insurrection du 13 Vendémiaire (5 octobre 1795), pas forcément aussi "royaliste" qu’on veut bien le dire, réprimée violemment par un petit général d’artillerie dégotté par Barras, un certain Buonaparte… La façade de l’église St Roch, rue St Honoré, porte encore les traces de la canonnade qui mitrailla les insurgés.
    C’est là aussi que tomba, le 27 juillet, le premier mort de la Révolution de 1830.

     

    On traverse la rue du Quatre Septembre

    Ainsi nommée en souvenir de la journée de 1870 qui vit, à l’annonce de la défaite de Sedan, la chute du Second Empire et l’Instauration de la Troisième République.

     

    Rue des Filles St Thomas

    5 : Hôtel meublé de la Tranquillité. Salon de Mme Permon. Cachette de Christophe Salicetti, conventionnel, auteur du décret de rattachement de la Corse à la France. Hôtel fréquenté par Bonaparte, Jean-Andoche Junot, Pierre Bourbotte… en 1794.
    11 : Hôtel de Brouilly, demeure de Jean Anthelme Brillat-Savarin, l’auteur de "Physiologie de goût", en 1826.

     

    Rue St Augustin

    3 : Demeure de Pierre-Jean Garat, le chanteur qui lança le costume des Inc’oyables, en 1795. La mode était alors à ne pas prononcer la lettre "R", qui rappelait la Révolution.
    12 : Demeure de Sophie Gay. Elle y tenait un salon fréquenté par Mme de Staël, François-René de Chateaubriand, Alphonse de Lamartine
    21 : Pompe à eau à balancier sur la gauche dans la cour.
    22 : Demeure de Mme de Tencin, la mère présumée de l’encyclopédiste Jean le Rond d’Alembert, qu’elle aurait conçu avec le Chevalier Destouches et abandonné sur les marches de la chapelle qui jouxtait Notre-Dame. Rien que du beau, du très beau monde…
    Demeure aussi de Melle Mars, célèbre comédienne qui tenait également un salon, fréquenté par Eugène Delacroix, Charles Nodier, Henri Heine, Honoré de Balzac, Victor Hugo, Alphonse de Lamartine, Frédéric Chopin... en 1842.
    23 : Emplacement de l’Hôtel Seiglière de Boisfranc, demeure du lieutenant général de police Antoine de Sartine de 1766 à 1774.

     

    Passage Choiseul

    Le passage Choiseul fut construit entre 1823 et 1825.
    23 : Boutique de l’éditeur Alphonse Lemerre, où naît le mouvement littéraire du Parnasse et où sont éditées les premières œuvres de Paul Verlaine.
    52 : Papeterie Lavrut, dont Jacques Prévert était un habitué.
    64 : Demeure d’enfance de Louis-Ferdinand Céline, ou sa mère tient une boutique de "dentelles et antiquités". Écrivain de génie, certes, mais antisémite et collabo jusqu’à suivre Pétain à Sigmaringen. C’est ce passage qu’il décrit comme un cloaque infâme, qu’il appelle le "passage des bérésinas", dans "Mort à crédit".

    Le passage Choiseul
    La boutique des parents de Louis-Ferdinand CÉLINE

     

    On laisse sur la gauche le passage Ste Anne

     

     

    Rue des Petits Champs à gauche

    46 : Demeure de Paul Barras, un des fossoyeurs de la Révolution française, "inventeur" du général Buonaparte, le sabre — ou plutôt le canon — dont il avait besoin pour en finir avec le mouvement sans-culotte.
    51 : Bureaux de la revue prussienne "Vorwärts" (En avant), prêtés en 1844 par son directeur Börnstein pour la réalisation du projet des "Annales franco-allemandes". L’entrée de l’immeuble est au 14 rue des Moulins. Le local est à l’entresol. Karl Marx et Friedrich Engels qui viennent de s’installer à Paris et d’y faire pratiquement connaissance — ils ne s’étaient rencontrés qu’une fois auparavant à Cologne — y rencontrent Pierre-Joseph Proudhon, Mikhaïl Bakounine, Louis Blanc et jusqu’à Lamartine… Les Annales étaient destinées à faire la synthèse entre les avancées théoriques du mouvement allemand et l’expérience pratique de la classe ouvrière française. Elle ne connaîtra qu’un numéro double, faute d’enthousiasme de la part de la "gauche" française — le terme était déjà aussi flou à cette époque qu’à la nôtre...

    Les bureaux du Vorwärts
    Marx et Engels à Paris

    45-47 : Hôtel construit pour Jean-Baptiste Lully. Il y demeure de 1671 à 1683. C’est Molière qui lui avait prêté la somme nécessaire à sa construction. Il est décoré de bas-reliefs représentant des instruments de musique.
    C’est ici qu’est arrêtée Marie-Jeanne Bécu, comtesse du Barry, ex maîtresse de Louis XV qui sera guillotinée le 8 décembre 1793.

     

    42 : Emplacement de l’Hôtel de Lionne-Pontchartrain. Mme Necker y tient, de 1776 à 1781, un salon fréquenté par l’intelligentsia de l’époque.
    En 1787, c’est la résidence de Calonne, ministre de l’Intérieur de Louis XVI contre qui s’est déclenchée, cette même année, une insurrection réprimée de façon sanglante sur le Pont-Neuf, signe avant coureur d’une Révolution qui éclatera deux ans plus tard.
    35 : Siège du journal saint-simonien "L’Algérie". Courrier d’Afrique, d’Orient et de Méditerranée", créé par Prosper Enfantin, entre 1843 et 1846.
    11 : Maison dans laquelle fut arrêté le général Jean-Charles Pichegru pour sa participation au complot de Georges Cadoudal contre Bonaparte en 1804.
    8-12 : Hôtel Tubeuf où Jules Mazarin installe en 1643 sa bibliothèque qu’il est le premier à ouvrir au public. Elle constituera l’embryon de la Bibliothèque Nationale. C’est dans cet Hôtel, devenu palais Mazarin, que s’installe la Compagnie des Indes, de 1720 à 1769.
    Mme Récamier y meurt du choléra chez son neveu Lenormand, le 4 juillet 1849.

     Jules MAZARIN
    Hôtel Tubeuf, devenu palais Mazarin

     

    Rue Vivienne à gauche

    2 : Emplacement de l’Hôtel Vanel, demeure de Jean-Baptiste Colbert où il mourut le 6 octobre 1683.

      

    Jean-Baptiste COLBERT

    2 bis : Emplacement de l’Hôtel Bautru de Serrant qui fut le foyer d’un complot contre le régent chez la marquise de la Carte en 1718.
    Demeure de Simon Bolivar, libérateur des colonies espagnoles d’Amérique, en 1804.
    Siège, en 1845, de la maison d’édition des frères Lévy (Michel, Nathan et Calman) qui publièrent les œuvres de Sand, Dumas, Stendhal, Balzac, Flaubert…

    Simon BOLIVAR

    On peut jeter un œil sur le "Grand Colbert", un ancien "bouillon" de 1832 au décor remarquable. Les bouillons étaient au 19ème siècle des restaurants bon marché.

     

    Galerie Colbert

    La galerie Colbert a été construite en 1826 pour concurrencer sa voisine, la galerie Vivienne. Elle s’est d’abord appelée passage du Trésor.
    Elle a failli disparaître sous la pioche de promoteurs, avant de devenir en 1990 une annexe de la Bibliothèque nationale.
    9 rotonde Colbert : Siège du journal "politique, satirique et financier" de Maurice Lagarde "La Silhouette" dans les années 1880.

    Galerie Colbert
    La rotonde

     

    Galerie Vivienne

    La galerie Vivienne a été construite en 1823.
    13 : Demeure et bureaux d’Eugène-François Vidocq après sa disgrâce. Il avait installé là son agence de renseignements privée. Il y fut arrêté le 17 août 1842. L’escalier qui y mène est appelé "escalier de Vidocq".
    47 : Emplacement du Cosmorama de la galerie Vivienne, inventé par l’abbé Gazzara ; miroir grossissant présentant des paysages qui fit fureur à lépoque.
    55-59 : Exposition universelle des Arts incohérents, organisée par Jules Lévy, l’illustre Sapeck, Émile Cohl, Alphonse Allais, en 1882. Un énorme canular, comme on peut s’en douter.

    Galerie Vivienne
    L’escalier de Vidocq

     

    Rue des Petits Champs

    On ne fait que la traverser.

     

    Passage des Deux Pavillons

     

    Le passage des Deux Pavillons a été construit en 1820. Il conduit au jardin du Palais Royal.

    Passage des Deux Pavillons  

    Le Palais Royal

    Le Palais Royal, son jardin et ses abords font l’objet d’un autre parcours.
    Mentionnons tout de même le premier passage couvert parisien, construit en 1784.
    C’était une galerie en bois, recouverte de vitrages, comportant trois rangées de boutiques et d’attractions foraines réparties le long de deux allées. Elle se trouvait à l’emplacement des deux rangées de colonnes qui séparent la cour du jardin.
    Lieu particulièrement mal famé, que décrit Balzac dans ses "Illusions perdues", auquel on donna le nom de "Camp des Tartares".
    En 1828, cette construction provisoire fut remplacée par la galerie d’Orléans, couverte de verrières, dont il ne reste aujourd’hui que les colonnes.

    La galerie d’Orléans
    Les galeries de bois qui l’avaient précédée

    Nous ne ferons donc que traverser le jardin et la cour pour en ressortir par le passage qui se trouve au centre de la Galerie des Proues, passant sous le ministère de la Culture.

     

    Traverser la rue de Valois

    À l’entrée de la rue de Valois fut dressée, en 1848, une importante barricade qui faisait face au château d’eau situé sur la place, abritant un corps de garde que les Insurgés prirent de haute lutte le 23 février.

    La prise du château d’eau du Palais Royal

    1 : Emplacement du Théâtre du Petit Cardinal, créé par Richelieu en 1641.
    C’est sur cette scène que Molière eut une attaque alors qu’il jouait le “Malade imaginaire”, le 17 février 1673.
    La salle du Petit Cardinal devint Académie royale de musique, c’est-à-dire Opéra de Paris, le 15 juin de la même année et jusqu’à son incendie, en 1763. C’était la troisième salle parisienne à le recevoir.

    Incendie du Palais Royal

    2 : Emplacement du "Musée de Monsieur et de Monseigneur le comte d’Artois" ; lycée créé en 1786 par les frères du roi. Il compta jusqu’à 700 inscrits. Venaient y enseigner des savants réputés tels que Monge, Chaptal ou Condorcet.
    8 : Restaurant du "Bœuf à la mode". Établissement très couru sous le Directoire, tenu par un certain Tissot qui habillait son enseigne, représentant un bœuf, d’un costume d’Incroyable bleu-blanc-rouge. Autant dire que cela lui posa quelques problèmes sous la Restauration…
    11 : Restaurant Méot, fréquenté par les Jacobins : Barère de Vieuzac, Saint-Just, Barras, Maximilien Robespierre… C’est sur le coin d’une de ses tables que fut élaborée la Constitution de l’An II, en 1794.
    Emplacement du "Théâtre des Soirées Fantastiques" : première salle du célèbre illusionniste Jean-Eugène Robert-Houdin, automaticien, rénovateur de la prestidigitation, de 1845 à 1852.
    18 : Siège du journal "Le Rappel", que fondèrent les fils de Victor Hugo, Charles et François-Victor, avec l’appui de leur père et la collaboration d’Auguste Vacquerie et de Paul Meurice. Il tira jusqu’à 30 000 exemplaires en 1880, après avoir été suspendu et saisi en 1869.
    20 : Emplacement de l’Hôtel de Fontaine Martel, où Voltaire fut hébergé de 1731 à 1733.

     

    Place de Valois

     

     

    Passage Vérité

     

     

    Traverser la rue des Bons Enfants

    1 : Demeure, au début du 17ème siècle, d’Armand Duplessis, futur cardinal de Richelieu.
    5-7 : Emplacement de la caserne des Monsquetaires de Richelieu, où demeurait la famille Dauger de Cavoye, dont un des fils, Eustache Dauger de Cavoye, pourrait être par son père, François de Cavoye, le demi-frère de Louis XIV et, en conséquence du dérèglement de ses mœurs et de sa ressemblance frappante avec le roi soleil, le "Masque de fer"…
    13 : Hôtel de Normandie ; demeure du poète Gérard de Nerval en 1854.
    14 : Demeure de Jean-Philippe Rameau et de Jean Anthelme Brillat-Savarin, l’auteur de "Physiologie de goût", en 1791.
    17 : Hôtel Mélusine, où l’Académie française, alors itinérante, tint un certain nombre de ses séances, du 14 juin 1638 au 16 février 1643, chez l’abbé François Le Métel de Boisrobert, poète à ses heures et lui-même académicien hébergé par Richelieu dont il était le favori.
    20 : Café Scherger ; lieu de réunions de la Ligue des Justes, créée par des ouvriers allemands en 1836. Karl Marx y participa lors de ses séjours à Paris.

    Karl MARX

    21 : Emplacement d’un commissariat de police détruit, le 8 novembre 1892, par une bombe a renversement qui avait été déposée au siège des Mines de Carmaux par Émile Henry, ouvrier cordonnier anarchiste. Elle avait été imprudemment ramenée au commissariat... Cet épisode inspira une chanson écrite par Guy Debord en 1973 et attribuée abusivement à Raymond la Science, membre de la Bande à Bonnot.
    29 : Siège de "La Voix des Femmes", journal "socialiste et politique, organe des intérêts de toutes et tous", créé par Eugénie Niboyet le 10 mars 1848.

    Eugénie NIBOYET
    Jeton du "Club des Dames"

    44 : Demeure de Jean-François Reubell, ou Rewbell, un des 5 premiers "Directeurs", en 1795. Demeure également d’Antoine Christophe Salicetti, Conventionnel envoyé en mission en Corse.
    C’est également dans cette rue des Bons Enfants qu’est né, le 15 décembre 1613, François, duc de La Rochefoucauld, célèbre moraliste, auteur des "Maximes".
    C’est là enfin qu’est mort, en 1764, l’auteur lyrique Jean-Philippe Rameau, qui composa "Castor et Pollux" et les "Indes galantes".

    Jean-Philippe RAMEAU

     

    Rue Montesquieu

    4-6 : Emplacement de la salle Montesquieu, qui abritait en février 1848 le Club des socialistes Icariens ; une succursale de la Société Fraternelle centrale, dont le journal s’intitulait "Le Populaire". Cabet en était président, Robillard vice-président, et Krollikowski secrétaire.
    Se tint aussi dans cette salle le Club des Travailleurs et Commerçants, présidé par Lefebvre. Cottard en était le secrétaire. Club révolutionnaire créé pendant la révolution de 1848.
    Et encore le Club des Amis du Peuple, présidé par François-Vincent Raspail avec ses fils Benjamin et Camille. Il joua un rôle important dans le déclenchement de l’insurrection de Juin 1848.
    En juin, précisément, cette salle de concerts abrita le Club central de l’Organisation du Travail, présidé par Jules Lechevallier. Celui-ci fut fermé fin juillet et rouvert en septembre rue de Charonne.
    C’est là que se déroula le "Congrès national électoral" qui eut un rôle majeur dans les événements de Juin 1849. Il était animé par André, Duverdier, Ledru-Rollin, Charles Delescluze, Jules Lechevalier. Ce dernier prononça un discours mémorable présentant le socialisme comme un "communisme de transition", et le communisme comme "la fin logique et nécessaire", en novembre 1848.
    6 : Bouillon Montesquieu, maison mère des "bouillons" d’Alexandre Duval, fondés en 1855. Son fils se prénommait comme il se doit "Godefroy"… C’est lui qui introduisit le fameux bonnet blanc des cuisiniers.

     

    Traverser la rue Croix des Petits Camps

     

     

    Rue du Bouloi

     

     

    Galerie Véro-Dodat

    La galerie Véro-Dodat fut construite en 1826.
    Sans doute le plus authentique des passages parisiens.
    38 : Demeure de la tragédienne Rachel, dite “la divine”, sous la Monarchie de juillet, de 1838 à 1842.
    Maison d’édition d’Aubert, qui publia "La Caricature", puis "Le Charivari", journaux auxquels collaborèrent Charles Philipon (l’auteur de la tête en poire de Louis-Philippe), Traviès, JJ Grandville, Paul Gavarni, Honoré Daumier, Henry Monnier, le créateur de "Monsieur Prudhomme"… entre 1830 et 1834.
    33 : Café de l’Époque, ou Gérard de Nerval aurait bu pour la dernière fois avant d’aller se suicider dans la rue de la Vieille Lanterne, près de la place du Châtelet, le 26 janvier 1855.
    24-26 : Boutique de Robert Capia : plus célèbre magasin de poupées de Paris, ouvert en 1960.

    Galerie Véro-Dodat

     

    Rue Jean Jacques Rousseau

    Anciennes rues Plâtrière et de Grenelle-Saint-Honoré.
    C’est dans cette rue que se produisit, le 12 avril 1834, à l’annonce de l’insurrection Lyonnaise, le rassemblement qui débuta une des nombreuses révoltes contre la Monarchie de Juillet. Celle-ci donna lieu à une répression féroce, ordonnée par Adolphe Thiers (déjà lui !) et dirigée par Bugeaud, le fameux "général à la casquette en peau de chameau", qui appliqua à cette occasion ses talents de “pacificateur” acquis en Algérie... Entre autres faits d’armes, lors de cette répression, eut lieu le massacre de la rue Transnonain (tronçon de la rue Rambuteau) : tous les habitants d’un immeuble, hommes, femmes, vieillards, furent massacrés par vengeance de la troupe.
    C’est aussi dans cette rue que fut créée la première Bourse du travail, en 1887.
    3 : Emplacement de l’Hôtel du Languedoc, alors au 3 rue de Grenelle St Honoré, où demeurèrent Jean-Jacques Rousseau et Thérèse Levasseur, au 4ème étage, de la fin 1749 à 1756.
    13 : Siège de la "Coalition des tailleurs", créée en 1833 par Grignon, membre de la Société des Droits de l’homme, et André Troncin. Ils élaborent un programme revendicatif auquel on donnera le nom de "Programme de la rue de Grenelle"… Rien à voir avec les fameux accords ; autre époque, autre rue… En 1840, la profession déclenche une grève très dure. Le comité de grève se réunit au 13 rue Grenelle St Honoré. Il est dirigé par André Troncin, Suireau, Delarue, Delorme, Deroy, Wilhelm Weitling, Antoine Müller... Les tailleurs ouvrent une cuisine communautaire pour les grèvistes. La répression est féroce. Troncin et Delorme mourront en prison.
    14 : Siège du "Journal de Paris entre 1779 et 1789._ Hôtel meublé d’Aligre puis de Rennes, pendant la Révolution, demeure du Conventionnel Girondin Pierre Victurnien Vergniaud, qui affirme : "L’égalité, pour l’homme social, n’est que celle des droits" ; le principal étant celui de propriété, bien sûr ; tout un programme…
    Demeure d’Étienne Cabet, où il organise des réunions chaque dimanche soir à partir de 1840. C’est aussi le siège de son journal, "Le Populaire" créé pendant la Révolution de 1848.
    19 : Siège du Cercle-club de la Liberté, présidé par Désévaux, ayant Guichard comme secrétaire ; club réactionnaire fondé pendant la Révolution de 1848.
    25 : Restaurant de l’Épi d’Or, où se tenaient les réunions du Collège de Pataphysique auxquelles participent Raymond Queneau, Eugène Ionesco, Jacques Prévert, Joan Miró, Boris Vian... de 1948 à 1975.

     

    Place des Deux Écus

     

     

    Rue Adolphe Jullien

     

     

    Rue de Viarmes

    Bourse du Commerce. Fresque de la coupole symbolisant l’impérialisme français triomphant sur les cinq continents.
    Ancienne Halle au blé.
    À l’opposé de l’entrée, se trouve un escalier à double révolution, malheureusement inaccessible, qui permettait de monter et de descendre les sacs de grains sans se croiser.

    Coupole de la Bourse de Commerce
    Escalier à double sens montée-descente

     

      

      

     

    SOURCES

    SUPER BLOG

    http://www.parisrevolutionnaire.com/spip.php?article192

    Contact :parisrevolutionnaire@laposte.net

      

      

      

     

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  • Le LOUVRE

     

     
    Le Louvre sous Charles VII, dans le Livre d'Heures du Duc de Berry.

      

     

    Le Louvre

     

     
    Le Palais du Louvre, à Paris (Ier'arrondissement) est un vaste ensemble de constructions monumentales, situées sur la rive droite de la Seine, dans le Ier arrondissement de Paris, et dont les plus anciennes remontent à 1546, et les plus récentes, pour l'essentiel, à 1993. Depuis la destruction des Tuileries en mai 1871, le nom de Louvre s'étend au nouveau Louvre et à la « jonction du Louvre aux Tuileries ». De l'Est à l'Ouest, on rencontre le Louvre proprement dit, qui renferme la cour carrée (122 m du Nord au Sud; 124 de l'Est à l'Ouest). Derrière cette cour, au Nord et au Sud, se dirigent vers l'Ouest deux longues ailes et en retour deux grandes galeries qui allaient rejoindre les pavillons extrêmes des Tuileries; elles forment maintenant les parties latérales de la cour du Carrousel et du jardin planté sur les ruines de ce dernier palais. A partir de la façade Ouest de la cour du Louvre, chaque aile est accompagnée à l'intérieur d'une deuxième galerie de 220 m, jusqu'à la place du Carrousel. Le périmètre ainsi circonscrit forme la cour Napoléon, au centre de laquelle se trouve la pyramide de verre qui sert aujourd'hui d'entrée principale

      

     

    Primitivement, le Louvre a pu être un rendez-vous de chasse en forêt (roboretum = chênaie), ou une louverie (lupara). On y éleva ensuite une forteresse. Lorsque Philippe-Auguste donna une nouvelle enceinte à sa capitale, le Louvre prit une grande importance : la grosse tour fut construite à la fin du XIIe siècle. Une douzaine d'autres tours y furent ajoutées par Charles V. En 1866, des fouilles ont permis de reconstituer le plan sommaire, reproduit sur le sol de la cour carrée au moyen de lignes de pavés blancs : le tout ne correspondait même pas à l'étendue de cette cour. En 1885, en établissant des caves sous le musée des antiques, on a retrouvé les vestiges des fondations de la grosse tour. Des vestiges encore plus anciens ont été dégagés, et rendus accessibles au public lors des travaux du Grand Louvre. On connaît le nom de l'architecte Raymond du Temple, qui construisit l'escalier d'une des tours en 1365 (la grande vis).

    Le Louvre restait un château fort et une prison politique du même genre que la Bastille, mais les rois vinrent parfois y habiter. Charles V y fit déposer son trésor et placer ses livres (tour de la Librairie), origine de la Bibliothèque nationale. Au XVIe siècle, le Louvre, depuis longtemps abandonné pour d'autres résidences, était dans un état déplorable, et, pour y recevoir Charles-Quint, François Ier, avait été forcé d'y faire d'onéreuses réparations. Il prit bientôt le parti de démolir la grosse tour (1527). Pierre Lescot lui soumit le projet de reconstruction en 1539; le même architecte commença l'aile occidentale en 1546, acheva la salle des Caryatides en 1548, le pavillon Sud-Ouest (dit pavillon du Roi) en 1556, et bâtit la moitié de l'aile méridionale de 1558 à 1564. Pour la sculpture et l'ornementation, il s'était adjoint Jean Goujon et l'Italien Paul Ponce, élève de Michel-Ange 

    musée du Louvre 022

    Casque royal de CHARLES V 

     



    Ancien plan du Louvre (la Pyramide se trouve entre les pavillons Denon et Richelieu).

     

    La Cour Carrée


    Le palais du Louvre, résidence de rois de France jusqu’à Louis XIV, s’étire sur 700 mètres au cœur de Paris. Détruit, reconstruit, modifié depuis le XIIe siècle, il mêle la Renaissance, le Classicisme, le Premier et le Second Empire jusqu’à l’architecture contemporaine avec la Pyramide de verre.

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    Le Louvre sous Charles X (1380)


    Construit par Philippe Auguste en 1190, le premier château du Louvre n’avait rien d’un palais, forteresse conçue pour protéger la cité du danger anglo-normand. Quadrilatère flanqué de tours, entouré de fossés, au centre duquel se dressait la « grosse tour », un donjon de trente mètres de haut. Au milieu du XIVe siècle Paris se développe et le Louvre, englobé au centre de la ville, perd son rôle protecteur. En 1527 François 1er décide de s’installer à Paris, détruit la grosse tour devenue obsolète et transforme la forteresse en résidence luxueuse. Une nouvelle aile réalisée par Pierre Lescot remplace la partie ouest de l’enceinte, le Louvre médiéval laisse place à celui de la Renaissance.

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    Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le Louvre présente un aspect hétéroclite avec des parties neuves, d’autres ruinées ou en travaux. Catherine de Médicis, veuve d’Henri II, supporte mal l’inconfort et la proximité de la ville et décide la construction du palais des Tuileries. En 1594, Henri IV entreprend le « Grand Dessein », qui consiste à relier le palais du Louvre aux Tuileries, et fait édifier la grande galerie. Sous le règne de Louis XIII les architectes Lemercier et le Vau dessinent la Cour Carrée, entraînant la démolition du reste de l’enceinte médiévale.

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    Le Louvre sous Louis XIII


    En choisissant de déplacer la Cour à Versailles, Louis XIV abandonne les transformations du Louvre qui reste en l’état jusqu’au XVIIIe siècle.
    Le projet de transformer le Louvre en musée prend forme sous Louis XV mais n’aboutira véritablement qu’avec la Révolution. La disparition des Tuileries, incendiées sous la Commune puis démolies en 1882, marque l'acte de naissance du Louvre moderne qui se voue dès lors entièrement à l’art. Seul le ministère des finances reste encore un siècle dans l’aile Richelieu, jusqu’au projet « Grand Louvre » qui permettra enfin au musée de gagner la totalité du palais.

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    Le Louvre sous Louis XV


    L’histoire du plus grand musée d’Europe commence en 1750, avec l’exposition des plus beaux tableaux de la collection royale au palais du Luxembourg. Devant le succès de cette exposition qui durera 15 ans le marquis de Marigny, directeur général des Bâtiments du Roi, élabore le projet de faire du Louvre un musée permanent. En 1793 le nouveau musée est inauguré, tout d’abord réservé aux artistes, le public n’étant admis que le dimanche. Une nouvelle impulsion est donnée sous l’Empire quand le musée prend le nom de « musée Napoléon », sous la direction de Dominique Vivant Denon qui en fait le plus grand musée du monde. Tout d’abord constitué des collections royales principalement rassemblées par François 1er et Louis XIV, on y ajoute les joyaux de la couronne et des saisies révolutionnaires. Les guerres napoléoniennes, ainsi que les fouilles menées au Caire et au Moyen-Orient continuent d’enrichir le fonds.

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    Sous Napoléon III le musée s’agrandit par la galerie le reliant au Tuileries et par d’autres bâtiment complétant la symétrie de cet immense ensemble. Mais un gigantesque incendie détruit une partie du musée sous la Commune en 1871, et les Tuileries ne seront jamais reconstruites.
    En 1981 le président François Mitterrand annonce que l’aile Richelieu, qui abritait le Ministère des finances, sera entièrement dévolue au musée dont la rénovation apparaît comme nécessité. Le projet « Grand Louvre » est lancé, le musée entièrement rénové et considérablement agrandi, et l’entrée déplacée sous une pyramide de verre qui dévoile un immense sous-sol. Ces travaux permettent de libérer 60 000 m2 pour les collections permanentes, faisant du Louvre le troisième plus grand musée au monde après le Metropolitan Museum of Art de New York et le musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, et le plus visité au monde. Pourtant, sur les 300 000 œuvres conservées par le musée du Louvre, seules 35 000 sont exposées au public.

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    Commandée par François Mitterrand en 1983, la pyramide du Louvre a été conçue par l’architecte sino-américain Ioeh Ming Pei. La structure s’élève à 20,6 mètres sur une base carrée de 35 mètres de côté. Elle est composée de 603 losanges et 70 triangles de verre montés sur une armature métallique de plus de 95 tonnes. Erigée au centre de la cour Napoléon, la pyramide conduit en sous-sol à un vaste hall d’accueil d’où l’on accède aux espaces d’exposition et de services. Située sous le Carrousel du Louvre, une pyramide inversée est construite suivant la même logique, comme un écho miniature.
    Inaugurée le 30 mars 1989, la pyramide a été l’objet de débats passionnés. Ses détracteurs craignaient notamment que le classicisme du Louvre soit défiguré par cette création contemporaine. Vingt ans après, la pyramide fait partie du paysage parisien et s’avère une réussite esthétique. Selon les couleurs du temps, elle reflète les nuages et les façades, ou se fait transparente pour souligner la majesté de l’ensemble qui l’encadre.

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    Photo Klem


    Anecdote amusante, l’idée d’une pyramide dans la cour du Louvre avait été initiée dans un petit fascicule édité en 1809, intitulé : « Mémoires sur deux grandes obligations à remplir par les Français ». Une de ces obligations était d'élever, dans la cour du Louvre, une pyramide qui serait un monument national de reconnaissance à L'Empereur, et plus secrètement un emblème maçonnique. L'auteur de ce fascicule était Bernard François Balssa. Il avait un fils, Honoré, qui prendra le nom de Balzac.

    Source texte Urban Trip

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    Photo Arnaud Frich

     

     
     
     SOURCES
      
      
      
      
     
     

     

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    Tourisme et histoire - Paris - Mystères et rites religieux -
     

      

     

    Paris naît de l’installation de la tribu celtique des Parisii venue de Germanie dans une île de la Seine.

     


    Avant leur arrivée, ce lieu était nommé Lucoticia qui deviendra Lutèce. Entouré de forêts et de marécages, ce village, Lutèce, tombe en 52 avant J.-C. aux mains des Romains. Il s’étend sur la rive gauche et prend l’aspect d’une ville gallo-romaine.

     


    Le christianisme apparaît vers le milieu du IIIe s.

      

    Lors de l’invasion des Huns d’Attila, la population veut fuir, mais sainte Geneviève l’en empêche. Lutèce s’appelle alors Paris.

     

     
    L’élément religieux joue un rôle essentiel dans le développement topographique de Paris, les monastères donnant naissance à des bourgs ensuite intégrés dans le réseau des voies : bourgs Saint-Germain-des-Prés, Sainte-Geneviève, Saint-Victor et Saint-Marcel, Saint-Germain-l’Auxerrois et du Temple. Le centre religieux reste cependant l’île de la Cité, avec la cathédrale Notre-Dame, reconstruite à partir de 1163.

     


      

    De fait, Paris a incontestablement deux histoires. Celle que l'on apprend dans les manuels ou les guides touristiques et l'autre, aussi vieille que la ville et toute de ténèbres, celle des événements insolites, des sortilèges et des messes noires.

     

     

     


      

      

    Architecture 

     

     

    Le culte d’Isis

     

     

     

    L'érection de l'obélisque - François Dubois
    En 1835 la place est modifiée par l’ajout de deux fontaines monumentales, inspirées de celles de Saint-Pierre de Rome, la « Fontaine des Mers » et la « Fontaine des Fleuves ». C’est à cette époque également que sont ajoutés les lampadaires qui ceinturent la Concorde et qu’elle adopte son visage actuel.

     

     

     

    Les amateurs de l’Egypte ancienne connaissent bien Isis qui joue un rôle très important dans le culte des morts en surveillant les cérémonies de momification.

     


    Plus tard, Isis a été considérée comme la protectrice des navigateurs. Elle est représentée sous l’aspect d’une femme portant sur la tête le hiéroglyphe de son nom qui signifie « siège » et par extension « trône royal ».

     


     

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    Isis et Horus. Image Gerry Vandermaesen

     

    Les touristes curieux seront donc étonnés de trouver dans une cour de la rue du Cherche-Midi, un sphinx verdâtre à tête de femme.
    C’est l’un des vestiges du culte d’Isis pratiqué à Paris.

     

     

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    Un des sphinx de la fontaine du Châtelet. Image Happy A

     


     

      
    En fait, la présence de cultes d’origine égyptienne est attestée par de nombreux monuments de Paris.

     

     

     

    La mystérieuse Dame noire de l'île de la Cité a fait naître une autre hypothèse sur les origines initiatiques de Paris. Cette déesse ne serait autre qu'Isis, figure pratiquement universelle de la Grande Mère, dont les noms et les attributs diffèrent d'ailleurs selon temps et lieux et dont le culte aurait été apporté jusqu'à l'emplacement de Paris par les navigateurs phéniciens.

      

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    Image Netieret men-Nefer

      

    Le nom de la capitale viendrait de cette grande figure du panthéon égyptien et, par extension, universelle. « Paris » découlerait de Bar-Isis (la barque d'Isis), parce que la première représentation de la Dame noire serait arrivée sur un navire remontant la Seine jusqu'à l'île de la Cité. Cela expliquerait, de plus, pourquoi le blason de la ville porte un bateau dans ses armes.

     


    On a pu mettre en doute cette théorie «L'on ne peut raisonnablement douter, écrit pourtant l'Encyclopédie, qu'il n'y eut à Paris ou dans son voisinage un fameux temple dédié à la grande déesse des Égyptiens. Les anciennes chartes de Sainte-Geneviève et de Saint-Germain-des-Prés en font mention elles disent que Clovis et Childebert, leurs fondateurs, leur ont assigné les dépouilles d'Isis et de son temple... »

     

     

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    L'Egyptien de la fontaine de la rue de Sèvres. image Happy A

      

    Il est souvent signifié, dans les chroniques les plus anciennes de la capitale, qu'Isis, maîtresse de la doctrine ésotérique et de tous les arts de la magie, a été vénérée à Paris soit d'abord dans l'île de la Cité même, à l'emplacement de Notre-Dame, soit sur les lieux où fut édifiée par la suite l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés. Le moine Abbon, de ce cloître, considère Isis comme la première protectrice des Parisiens dans un poème écrit au lXe siècle sur le siège de la ville par les Normands. D'ailleurs, le maître d'oeuvre de la cathédrale n'omettra point par la suite de la représenter en bonne place, au portail Sainte-Anne, sous les traits d'une femme portant le thyrse. La Vierge, autre Grande Mère mythique, n'aurait donc fait que remplacer la magicienne de la vallée du Nil.

      

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    Animal mythique apparenté au dragon sur une porte de Parisdans la rue de Rennes. image Claudecf

    Passage du Caire à Paris 

     
    Il se pourrait aussi que les cultes isiaques aient été apportés bien après la fondation de la ville dans le sillage des armées romaines, qui véhiculèrent dans leurs bagages, comme on le sait, nombre de croyances et de rites en provenance de tout le Bassin méditerranéen.

      

     

    Quoi qu'il en soit, cette vénération pour Isis se retrouve périodiquement d'un siècle à l'autre tout au long de l'histoire insolite de la capitale. En 1643, on arrêta deux sorcières en train de pratiquer nuitamment des envoûtements dans le cimetière Saint-Sulpice, à l'aide d'une figurine représentant la déesse pourvue de tous ses attributs occultes. En 1720, il existait une chapelle mortuaire au cimetière des Innocents, dans laquelle se réunissaient les sectateurs d'un culte isiaque pratiquant la nécromancie. Après 1850, sans doute à cause du décryptage des hiéroglyphes par Champollion et des nombreuses campagnes de fouilles organisées dans la vallée du Nil, une véritable mode d'égyptologie sacrée s'empara de l'occultisme parisien.

     

     
    Paris : un lieu sacré ?

     

     
    Plusieurs historiens ont écrit que l'île de la Cité avait été spécifiquement choisie par les druides gaulois comme emplacement privilégié de célébration de leurs cultes. L'exhumation, entre autres, de plusieurs représentations du dieu Cernunnos vient à l'appui de cette thèse.

     


     
    On sait que les prêtres du celtisme déterminaient les lieux sacrés en fonction d'une géographie secrète qui tenait grand compte de certaines lois telluriques, aujourd'hui perdues. Il est tentant de penser que l'emplacement du futur Paris a ainsi fait l'objet d'une sorte de triangulation magique lui assurant gloire et pérennité.

     

     
    Par la suite, le christianisme réduisit les croyances druidiques à la clandestinité. Elles survécurent cependant sous forme de sorcellerie et de rites dont certains ont traversé les siècles jusqu'à nous. Il y a aujourd'hui dans la capitale près d'une dizaine d'associations religieuses celtisantes qui ne sont pas toutes fantaisistes. Deux ou trois d'entre elles célèbrent à Vincennes ou dans le bois de Meudon les grandes fêtes annuelles du calendrier druidique, dans la plus stricte tradition de la Gaule antique.

     


     

     

     

    Le diable à Paris

      

    A Paris, le Satan traditionnel, avec ses cornes et ses pieds fourchus, n’apparaît pas avant le XIe siècle.
    Afin de combattre l’influence des anciens rites et de la faire disparaître, le christianisme a tenté d’en assimiler les éléments principaux chaque fois qu’ils pouvaient s’accorder avec ses propres conceptions.

    Il a bâti ses églises sur les vieux temples. Il a également transformé Esus, Pan ou Cerrunnos en une seule image, celle du Diable.

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    image Prescott

     
    Le Diable est d’ailleurs partout présent à Paris et notamment sur la Cathédrale de Notre-Dame. La légende raconte que les chanoines commandèrent la ferronnerie à un artisan du nom de Biscornet.

    Le travail était colossal et le serrurier se rendit dans une officine d’un suppôt de Satan.
    Il signa un pacte avec le sang de son index et le Diable l’assura de son assistance.

    La veille du jour où il devait rendre son œuvre, il tomba en syncope. Pourtant, tous purent admirer les ferronneries grandioses qu’il n’avait pas façonné.
    Satan avait œuvré pour lui.

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    Travail de serrurerie des portes de Notre-Dame. image Claudecf

     
    Gargouilles et diables sculptés ornent les murs de la cathédrale. Ces monstres païens deviennent l’incarnation du Diable. Au Moyen-Âge, ces créatures cauchemardesques sont là pour effrayer et non comme ornement.

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    Gargouille de Notre Dame de Paris. image pierre pouliquin

     
     
    C’est en Egypte que la métempsycose est née. Selon cette croyance, l’homme et l’animal se confondent. A la mort, l’esprit quitte le corps et redevient libre. Il peut alors entrer dans un nouvel être, quel qu’il soit.

    Cette croyance n’avait aucun rapport avec les notions de bien ou de mal. Il a fallu environ deux siècles pour que la mythologie païenne s’émancipe de l’enfer.

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    Image Bdesveaux

     
     
    Cependant, une foule de croyances ont subsisté. Ces rites sont, pour beaucoup, à l’origine de l’histoire mystérieuse de Paris.
    Il y a eu véritablement un règne du Satan parisien. Ce passé n’est d’ailleurs pas révolu puisque Paris compte le plus grand nombre de sorciers, pythonisses ou thaumaturges.

     
    En ce qui concerne la sorcellerie celtique proprement dite, on sera étonné d'apprendre que, pour être fort discrète, et donc très peu connue, elle a traversé les siècles jusqu'à nos jours. Aujourd'hui, il existe toujours un groupement ésotérique de la capitale qui affirme être en possession du savoir druidique depuis les premières décennies de notre ère. A dates fixes, ses membres, par ailleurs gens en place et hauts responsables, se réunissent dans la crypte de Notre-Dame, où l'on a jadis adoré les dieux celtes.

     
    De plus, de nos jours, il y a plusieurs groupements initiatiques à Paris qui se réclament de la magicienne (Isis), qui fut peut-être la déesse tutélaire de la ville.
      
      
      
      
     
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    Paris autrefois - Photos anciennes -

     

     

    Une belle époque pour la vie parisienne (partie 1)

     

      
      

     

    La série de photos éditées par les frères Berthaud entre 1902 et 1904 illustre l'ambiance des rues parisiennes à la Belle Epoque. Ici, le Pont des Arts offre à ses badauds une vue plongeante sur la Seine. Les péniches qui la parcourent ont un usage plus pratique que touristique.

     

     
    La Place Vendôme

      

      

    Quittant la déjà trés élégante Place Vendôme construite sous le règne de Louis XIV, des calèches encombrent la rue de Castiglione qui mène aux Tuileries.

      

    La Gare Montparnasse

     

     

     

     

    D'après cette vue paisible du parvis de la gare Montparnasse, les passants semblent avoir oublié qu'à peine dix ans auparavant, en 1895, un terrible accident avait endommagé cette façade : une locomotive s'était projetée à pleine vitesse sur les vitres de la gare

     

     
    La Place du Palais Royal

     

      

     

     
    Aujourd'hui, les concours sur bitume des patineurs en tout genre ont remplacé les jeux de mains des enfants de la Belle Epoque qui se divertissaient dans les jardins de la place du Palais Royal.

     

     
    La passerelle de l'Estacade

     

      

     

      
    La passerelle de l'estacade était une digue pour piétons construite en 1818, entre la pointe de l'île de Saint-Louis et le quai Henri IV. Incendiée plusieurs fois, elle disparut vers 1838

      

    La place de la République

     

     

      

    Hommes et calèches se partagent la rue du Temple, sous le regard de la statue de bronze qui les domine depuis son piedestal de 15 mètres de haut. Célébrant la liberté, l'égalité et la fraternité, elle fut construite entre 1880 et 1883 à la gloire de la République

      

    La gare de l'Est

     

     

      

    Alors que la gare de l'Est accueille aujourd'hui près de 30 millions de visiteurs par an, la fréquentation semble sporadique au début du siècle dernier. Fermant la perspective tracée par le baron Haussmann, la gare de l'Est est contruite en 1849 dans le Xe arrondissement parisien. En 1883, elle a inauguré l'Orient Express qui reliait la capitale à Constantinople

     

    Le Viaduc de Tolbiac

     

      

    Deux hommes balayent la rue avant le passage du tramway sur le viaduc de Tolbiac. Ce pont métallique construit en 1860 pour traverser, non la Seine, mais les voies de chemin de fer de la gare d'Austerlitz, a été demonté en 1996

     

    Le tribunal de commerce

     

     

      

    La foule se presse sur le pont au Change qui sépare le Palais de Justice du Tribunal de Commerce. Initialement commandé par Charles IX, le Tribunal de Commerce a déménagé deux fois avant que le bâtiment actuel ne soit édifié en 1866, le long du quai aux Fleurs sur l'île de la Cité.

      

    Les Champs Elysées

     

      

      

    La plus célèbre avenue de Paris relie la place de la Concorde à l'arc de Triomphe, offrant une longue perspective depuis le Louvre. Les promeneurs de la Belle Epoque peuvent profiter des jardins mitoyens aménagés sous Napoléon III.

     

       
    L'écluse de la monnaie 

     

      

     

    L'écluse de la Monnaie a été construite au XIXe siècle, quand la Seine était encore l'artère principale de Paris. Ce barrage mobile, en relevant le plan d'eau, augmentait considérablement le nombre de jours de navigation par an. A la fin du XIXe siècle, le transport des hommes et marchandises est reporté sur les voies terrestres et la Seine, désertée sur la photo, est dédiée au tourisme

     

       
    L'Ecole des Beaux Arts

     

      

     

     
    Cette entrée par le quai Malaquais correspond aujourd'hui à la librairie et au musée de l'Ecole Nationale des Beaux-Arts. Les étudiants actuels se serrent sur les rangs de cette prestigieuse école installée dans un bâtiment construit au milieu du XIXe siècle par François Debret.

      

      

    La Tour Eiffel et le Palais de Chaillot 

      
      
     
    La Gare de Lyon

     

      

      

    La gare de Lyon a été construite en 1847, d'après les plans de l'architecte Cendrier. Son campanile de 64 mètres de haut sera rajouté quelques années plus tard. Pour pouvoir réguler l'affluence de voyageurs, la gare passe de 2 à 12 voies en 1899.

     

      
    L'hippodrome de Paris

     

      

     

    Contrairement à ce que laisse penser son nom, l'Hippodrome de Paris, construit en 1899 entre la Place de Clichy et la rue Caulaincourt, est une immense salle de spectacle pouvant accueillir jusqu'à 5 000 spectateurs. Racheté en 1911 par Léon Gaumont, l'Hippo-Palace a été détruit puis remplacé en 1930 par le plus grand cinéma du monde (aujourd'hui disparu).

     

     
    Le métro aérien du Boulevard de la Chapelle

     

     

      

    La ligne 2 du métro parisien, Dauphine - Etoile, est prolongée en 1903 jusqu'aux stations Anvers puis Stalingrad, dans le nord-est de Paris. Pour la première fois, le métro sort de terre

     

      
    La Bergerie à Montmartre (maison de rendez-vous de HENRI IV)
      
      

     

    Le Moulin de la Galette et l'hôtel de Ville

     

     

     

      
    A gauche, le Moulin de la Galette sur les hauteurs de la butte Montmartre, dernier moulin à vent en état de marche à Paris. A droite, l'Hôtel de Ville, point de ralliement lors de nombreuses insurrections parisiennes (1830, 1848, 1871), où patrouille tranquillement un groupe de gendarmes.
     
     
     
    Paris autrefois - Photos anciennes -
     
    Une belle époque pour la vie parisienne (partie 2)
     
     
    La place du Carrousel
     
     
     
     
    Faisant face au Louvre, la Place du Carrousel tire son nom du carrousel de 1662, fête militaire grandiose donnée en l'honneur de Louis XIV
     
     
    La Place d'Italie
     
     
     
     
    Ornée d'arbres et de jardins, la Place d'Italie se trouve dans le XIIIe arrondissement de Paris. Elle se situe à l'emplacement de l'ancienne barrière d'Italie, au croisement entre le boulevard des Gobelins et l'ex chemin de ronde d'Ivry.
     
     
    La Porte Saint Martin
     
     
     
     
    Commandée par Louis XIV, la porte St-Martin a été érigée entre 1672 et 1674 à l'emplacement d'anciennes fortifications. A la Belle Epoque, le passé militaire est oublié et le quartier St Martin, considéré par la bourgeoisie comme un lieu de débauche, vit au rythme des cafés, guinguettes et théâtres.
     
     
    Le Conseil d'état au Palais Royal
     
     
     
     
    Le Palais-Royal retourne au domaine de l'Etat sous la IIIe République. En 1871, le gouvernement décide d'y installer le Conseil d'Etat qui s'est retrouvé sans bâtiment aprés l'incendie du Palais d'Orsay pendant la Commune
     
     
    La Station Gare d'Allemagne
     
     
     
     
    Typique de l'Art Nouveau (lignes courbes, utilisation de l'acier et du verre), la station de métro Allemagne, correspond à l'actuelle station Stalingrad, sur la ligne 2. Elle a changé de nom en 1946, suite la victoire de l'Armée rouge contre le IIIe Reich à la bataille de Stalingrad (1942-43).
     
     
    Le canal Saint martin
     
     
     
     
    Bien avant de devenir le lieu de promenade dominicale des amoureux parisiens, le Canal Saint-Martin, construit entre 1805 et 1825, abrite quartiers industriels, usines et entrepôts. Ponctué par 9 écluses, le canal vit au rythme des embouteillages de péniches.
     
     
    Marché fluvial aux légumes Paris 1890
      
    Jean-Baptiste Camille Corot (Nadar)
      
      
      
    Claude Debussy ( Nadar)
      
      
    Louis Pasteur ( Nadar )
      
      
    Frantz Litz ( Nadar )
      
      
      
    La Gare d'Orléans au Quai d'Orsay
     
     
     
     
    La gare d'Orléans, ou gare d'Orsay, a été inaugurée en 1900 à l'occasion de l'Exposition universelle. Destinée au service des voyageurs, elle est née du besoin de rapprocher les grandes gares du centre ville. Elle a été transformée en musée d'art 1900 en 1986
     
     
    La Place de la Concorde
     
     
     
     
    Alors qu'en 1793, la foule se presse sur la place de la Concorde pour assister à l'exécution de Louis XVI, un siècle plus tard, les calèches de la Belle Epoque roulent sans hâte de la rue Royale aux Tuileries.
     
     
      
    Le palais du Luxembourg
     
     
     
     
    "O temps, suspends ton vol!", dirait Lamartine. Depuis qu'il s'est ouvert au public au milieu du XVIIe siècle, le jardin du Luxembourg est resté le paradis des enfants parisiens. Parc d'attractions, jardin à la française et statuaire en plein air, le jardin attire les petits et les grands, tels que Balzac ou Hemingway qui aimaient s'y promener. Il dépend du Sénat qui y est installé depuis 1899.
      
     
    Rucher du jardin du Luxembourg
      
      
    Immeuble quartier St Germain 1900
    rue de l'Echaudé.
     
     
     
     
    Le théâtre Renaissance
     
     
     
     
    Le Théâtre Renaissance, qui se trouve sur le boulevard St-Martin, est né de la volonté commune d'Alexandre Dumas père et Victor Hugo de consacrer un théâtre au drame romantique.
     
     
    La Seine vue du quai de la Gare