• Histoire des Carrières de Lutèce

    LE LUTÉTIEN DU BASSIN DE PARIS (1)

    Le Lutétien est un étage géologique de l'ère tertiaire qui a été défini dans les terrains du Bassin de Paris.

    LES DEBUTS

    Le stratotype du Lutétien (de Lutetia, ancien nom romain de Paris), a été reconnu pour la première fois en 1883 par A. de Lapparent dans la première édition de son "Traité de Géologie". Ce n'était alors qu'un sous-étage du Parisien défini par A. d'Orbigny en 1852. Ce n'est qu'en 1893 que le Lutétien prend le rang d'étage à part entière.


    cliché Bibliothèque centrale MNHN
    PARISIEN
    Ligurien Calcaire lacustre de la Brie
    Glaises vertes et marnes à Cyrènes
    Marnes supragypseuses
    Gypse
    Bartonien Calcaire lacustre de Saint-Ouen
    Sables de Beauchamp
    Lutétien Calcaire grossier

    A. de Lapparent a défini une succession stratigraphique sans désigner une coupe-type, pour des raisons de qualité d'affleurement, la région étant notamment déjà très urbanisée et surtout parce que la succession montre une très grande variabilité d'un point à un autre, même à très faible distance ainsi que l'atteste le tableau ci-dessous (d'après de Lapparent, 1893).
    La puissance totale de la succession définie par A. de Lapparent avoisine les 40 m.

    De haut en bas :

    Divisions principales Divisions secondaires Epaisseurs
    Caillasses Caillasses sans coquilles, Tripoli de Nanterre
    Caillasses coquillières ou Rochette
    0,60 m à 6 m
    0,50 m à 2 m
    Calcaire grossier supérieur ou à Cérithes Roche (de Paris)
    Bancs francs, id
    Cliquart
    Banc vert
    Banc Saint-Nom
    0,25 m à 1 m
    1 m à 4 m
    0,60 m à 4 m
    1 m à 6 m
    0,50 m à 1 m
    Calcaire grossier moyen ou à Miliolites Banc royal
    Vergelés et Lambourdes
    0,30 m à 1 m
    1 m à 10 m
    Calcaire grossier inférieur Banc à verrains
    Banc Saint-leu
    Banc à Nummulites
    0,60 m à 6 m
    2 m à 10 m
    1 m à 12 m

    En 1925, René Abrard entreprit une synthèse stratigraphique et paléogéographique du Lutétien. Il a subdivisé cette succession en 5 zones à partir des échinides et surtout des foraminifères, les seuls bons fossiles stratigraphiques présents dans ces dépôts.

    Zone IVb à Cérithes et Potamides
    Zone IVa à Orbitolites complanatus
    Zone III à Echinolampas calvimontanum et Echinanthus issayavensis
    Zone II à Nummulites laevigatus seul
    Zone I à Nummulites (N. laevigatus et N. lamarcki)

    Ce travail a été poursuivi dans les années 60 par Alphonse Blondeau, spécialiste des Nummulites. Il a réalisé la première étude sédimentologique et micropaléontologique des formations lutétiennes (Blondeau, 1965).

    LA STRATIGRAPHIE DU LUTETIEN

    L'absence de coupe-type a conduit A. Blondeau à choisir, respectivement en 1962 et 1964, deux néostratotypes : sur la rive droite de l’Oise à Saint-Leu d’Esserent, pour la base du stratotype, et dans la carrière de Saint-Vaast-les-Mello, pour son sommet.





    Aujourd'hui, grâce à l'examen de nombreuses coupes dans Paris et les environs, grâce aux apports de la géophysique et des très nombreux sondages profonds, un log synthétique peut être établi pour décrire les formations du Lutétien du bassin de Paris (Gély, 1996).

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