• Les maisons closes parisiennes.début du XXè siècle... jusqu'en 1946

     
     
     

     

     
     
    Malgré la fascination qu’exercent toujours les maisons closes sur l’imaginaire, leur histoire véritable reste encore à découvrir. A l’heure où la série "maison close" investit le petit écran, rencontre avec le spécialiste Paul Teyssier, à la recherche des "maisons de plaisir".
     
    Coiffé de la double casquette d’architecte et d’historien, l’auteur des « maisons closes parisiennes » est allé puiser dans les archives de la Préfecture de Police et dans le "Guide rose" pour faire revivre un Paris disparu.
     
     
     

     

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    Deux prostituées dans leur chambre - Crédits photo : Musée de l’Erotisme

     

     

    Depuis leur fermeture en 1946, les maisons closes continuent de fasciner l’imaginaire. Pour preuve, la double sortie d’un livre aux éditions Parigramme et d’une série télévisée intitulée "maison close", produite par Canal +.

     

    Très documenté, le premier explore l’architecture et les conditions de vie dans les bordels de l’entre-deux-guerres.

     

    Le second surfe quant à lui sur un imaginaire très "fin XIXe" et entièrement fictionnel.

     

     

    Paul Teyssier, auteur de "Maisons closes parisiennes" (Ed. Parigramme) retrace l’histoire des maisons de plaisir.

     

     


    Une histoire des maisons closes parisiennes avec P. Teyssier
    envoyé par mairiedeparis. - L’info video en direct.

     

    Au début du siècle, plus d’un million d’hommes passaient chaque année dans les maisons closes parisiennes et le sexe tarifé était une pratique, si ce n’est bien vue, du moins tout à fait acquise.

     

    Souvent idéalisées par les artistes, tels les peintres Degas ou Toulouse Lautrec ou des romanciers comme Henry Miller ou MacOrlan, l’image fantasmée des maisons closes a contribué à éclipser les réalités historiques et le contexte qui les a portées jusqu’en 1946.

     

    Au début du siècle, plus d’un million d’hommes passaient chaque année dans les maisons closes parisiennes

    Cerner l’histoire des « maisons de plaisir », c’est d’abord saisir sur le vif une image du Paris de l’entre-deux-guerres dans toute sa complexité.

     

    Il y est forcément question de la condition de la femme qui évolue au tournant de la Grande Guerre. Mais aussi de la société de loisirs qui prend son essor et secoue le monde de la nuit et la vie de Montparnasse.

     

    La vie des maisons closes est aussi liée à l’histoire de la Brigade des mœurs, la légendaire « mondaine » qui sera l’une des figures récurrentes du film noir français.

    Sans oublier l’innovation architecturale, soutenue par le mouvement hygiéniste qui réglemente à tout va.

    Sous la plume de Paul Teyssier, chacun de ces points remet un peu d’ordre à l’imaginaire qui a survécu aux bordels.

     

    Coiffé de la double casquette d’architecte et d’historien, l’auteur des « maisons closes parisiennes » est allé puiser dans les archives de la Préfecture de Police et dans le "Guide rose" pour faire revivre un Paris disparu.

     

      

      

    Le Paris de l’entre-deux-guerres

     

    Dans l’entre-deux-guerres, le monde de la nuit est marqué par la recherche effrénée du plaisir et par la fête.

     

    Après la grande guerre, Paris connaît une libération des mœurs et l’arrivée de nouvelles modes, de nouvelles musiques américaines avec le développement des dancings et du jazz.

     

    C’est tout naturellement que les maisons closes inscrivent leur développement dans une culture des lieux de loisir et de plaisir.

    Au cours de cette période, les temples du sexe se multiplient. on trouve des maisons closes de luxe, tels Le Sphynx, boulevard Edgar Quinet (15e).

     

    Ces maisons haut-de-gamme se trouvent souvent dans des hôtels particuliers du 17e et 18e.

     

    Ce sont des lieux de sociabilité puisqu’ils accueillent souvent des bars, des orchestres et les réseaux d’habitués qui les fréquentent.

     

    A l’inverse, les tôles d’abattage, qui sont la majorité, sont souvent des usines du sexe, voire de véritables bouges où la clientèle accède directement aux chambres.

     

      

      

    Ces obscurs lieux de désir

      

    Mais à partir des années 20, la maison close traditionnelle change.

    On distingue désormais les "maisons de tolérance"

    des "maisons de rendez-vous".

     

    La maison de tolérance classique occupe la totalité de l’immeuble.

     

    Les filles y sont pensionnaires, contrairement à la maison de rendez-vous moderne.

     

    Celle-ci est soumise à une réglementation particulière et remplace peu à peu la maison de tolérance. C’est celle qu’on voit dans « Belle de jour » de Bunuel.

     

    Plus discrète, la maison peut n’occuper qu’un seul appartement ou une partie de l’édifice. La maison moderne se distingue également par sa capacité à assimiler la mode et la nouveauté, accueillant par exemple des dancings.

     

    Ces établissement se multiplient, et l’on en dénombre plus de 300 pendant la guerre.

    En 1934, il existait à Paris 175 maisons de rendez-vous contre 32 maisons de tolérance.

      

      

    A titre de comparaison, en 1871, la capitale comptait 175 maisons de tolérance et en 1900, les maisons de rendez-vous, tout juste recensées, atteignaient déjà un total de 281.

     

     

    En 1967, Luis Bunuel adapte le roman de Kessel à l’écran et choisit la comédienne Catherine Deneuve pour incarner "Belle de jour", une épouse mariée à un riche bourgeois qui se livre à la prostitution occasionnelle, au sein d’une maison de rendez-vous.

     

    Belle de Jour

      

    Les façades borgnes et la sobriété des devantures dissimulent souvent, pour le cas des maisons de luxe, des successions de couloirs, de petits salons, de portes dérobées et une décoration riche et étudiée.

     

    Paul Teyssier y voit des lieux de paradoxe aux architectures inversées, car ces lieux clos où se multiplient coulisses et loges couvent souvent en leur sein des horizons exotiques, et un dépaysement pour la clientèle de l’époque.

     

      

      

    La fin d’un monde : de l’Occupation à la loi Marthe Richard de 1946

     

    "Au début du siècle, plus d’un million d’hommes passaient chaque année dans les maisons closes parisiennes.

      

    L’effectif diminua de moitié en un petit demi-siècle.

      

    Et dès les années 30, de plus en plus de bordels se transformèrent en hôtels, restaurants ou cabarets pour éviter les réglementations contraignantes de la tolérance", explique Paul Teyssier.

     

    L’occupation bouleverse l’organisation des maisons closes et l’administration militaire allemande entend lutter contre la prostitution clandestine tout en surveillant les rapports sexuels entre occupants et occupés :

     

    les soldats allemands n’ont la possibilité officielle de rencontrer des femmes françaises que dans un cadre réglementé.

     

    Si les patrons de certaines maisons tirent parti de la complexité de leurs locaux pour aménager des caches et accueillir parfois des résistants, comme l’attestent les archives, la plupart voient dans la présence allemande une opportunité de prospérer.

     

    Durant cette période, beaucoup de maisons closes font acte de collaboration et un établissement comme le One Two Two devient un vrai quartier général pour officiers du reich et collaborateurs.

     

    Son propriétaire sera d’ailleurs arrêté à la Libération.

     

    Comme l’explique encore Paul Teyssier, "Leur opulence et leurs fêtes provocantes, alors que le pays vit au rythme des cartes de rationnement, pèseront lourd dans la balance à la Libération".

    L’attitude des patrons de maison participe de fait à la fermeture définitive des maisons closes en 1946 :

     

    "les mouvements abolitionnistes leur avaient fait pressentir leur destin, et ils ne se faisaient guère d’illusion sur leur sort.

     

    Les maisons ferment dans l’indifférence générale.

     

    Même si Marthe Richard, l’instigatrice de cette mesure ancien agent d’espionnage français, ancienne prostituée, ne fut pas tout à fait l’héroïne que l’on prétendit en proposant et en défendant ce texte".

     

    Le 13 avril 1946, c’est dans un hémicycle de l’Assemblée nationale aux 3/4 vide qu’est votée la fermeture des maisons de tolérance.

     

    A Paris, de nombreux établissements se transforment en hôtels de passe mais les lieux les plus luxueux sont difficilement convertibles.

     

    Les ventes aux enchères des murs et du riche mobilier qui les décorait souvent débute. Le peintre Salvador Dali rachètera d’ailleurs de somptueuses pièces de mobilier de création.

    Victimes de leur histoire et de l’indifférence des politiques de conservation du patrimoine, beaucoup d’immeubles furent laissés à l’abandon, ou réhabilités sans égard pour les fresques, mosaïques et autres décorations murales qui les ornaient.

      

    Aujourd’hui, il ne reste quasi rien de ce patrimoine architectural.

     

    Source : WWW. paris.fr

    http://www.toutpourlesfemmes.com/conseil/

    Les-Maisons-Closes-Parisiennes.html

     

     

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