• ONE TWO TWO ( IV )

     

     

    Le One-Two-Two (4)

     

    On est aujourd'hui surpris par la munificence d'un tel décor, mais peut-être faut-il y voir le vernis du regard nostalgique de Fabienne ? Toujours est-il que les décorateurs du One ont fait preuve de beaucoup d'imagination, comme le prouvent les quelques photos que vous découvrez sur ces pages.

    Les visiteurs venaient aussi au One pour y dîner. Le restaurant s'appelait le Boeuf à la ficelle. Dans une grande pièce trônait une table en fer à cheval avec nappe blanche, vaisselle de porcelaine et cristaux scintillant sous le grand lustre. C'était le régime du menu unique : caviar d'Iran, boeuf à la ficelle, fromages et dessert (une omelette norvégienne par exemple). Le tout arrosé de champagne, Bollinger ou Pommery.

    Les serveuses étaient en déshabillé, talons hauts, petit tablier blanc et camélia dans les cheveux.

    Le salon Miami

    "Pour les alcools et les cigares, on passait au salon Miami. Le Tout-Paris était là, pour être vu ou simplement voir. Un grand piano-bar. Des fauteuils et des tables de plage. Des lumières soleil. Au mur, une jetée bordait une mer d'un bleu imperturbable, tandis qu'au fond de la pièce une glacière brillait de l'or des bouchons de toutes les bouteilles de champagne imaginables. Le pianiste égrenait un fox-trott, un tango ou un slow. Célibataires, couples légitimes ou illégitimes, personnalités ou inconnus buvaient, riaient et dansaient.

    A travers cette atmosphère chaude et animée, les pensionnaires de la maison, en robes longues et moulantes, allaient et venaient, prêtes à servir de compagne à la demande. Tout n'était qu'animation et gaieté. Il y avait du monde partout, au salon Mousquetaire, au Maple, décoré de meubles anglais, ou au petit bar. Des amitiés naissaient. Des habitudes :

    - On venait dans un club.

    L'amour était la toile de fond d'un monde apaisé et heureux. Les soucis restaient à la porte ou fondaient sur un sourire, l'éclat d'une peau, le pétillement du champagne dans les coupes, la grâce d'un corps.

    Tard dans la nuit ou à l'aube, vous repartiez, mais, remontant la rue de Provence, soudain, vous vous sentiez très seul.

    Et puis voilà, un jour d'octobre 1946 - le ciel devait être très bas et pluvieux -, les lumières s'éteignirent, les rires se cassèrent, les jeunes femmes ne revinrent plus et pour la première fois au 122, rue de Provence, les volets s'ouvrirent. "Cachez ce sein que je ne saurais voir." Des Tartuffes avaient décidé la fermeture des "maisons". Belles âmes sans reproches, incapables de faiblesse humaine...

    Le One Two Two n'existait plus.

    Une époque se terminait. Où pourrions-nous aller ce soir, à Paris ?

    L'immeuble est aujourd'hui le même. Il est occupé par le Syndicat des Cuirs et Peaux de France."

    p. 16-17.

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    Voici donc comment Fabienne Jamet, la "patronne", décrit la maison qu'elle a dirigée et aimée (une main de fer dans un gant de velours ?) pendant sept ans, sept mémorables années qui auraient pu durer bien davantage si Marthe Richard et sa célèbre loi n'étaient venues pour anéantir le commerce officiel des maisons. Les plus malins ouvriront bien vite des clandés, mais ceci est une autre histoire...

     

    sources : http://www.insenses.org

    /chimeres/lieux/one_two_two_4.html

     

    ARTICLE "HISTORIQUE" et ne doit en aucune façon être la cible de commentaires doûteux...

     

     

     

     

     

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