• ONE TWO TWO ( VIII ) après la guerre

      

    Après la guerre

     

    A la Libération, la clientèle change :

    les Allemands ont disparu, remplacés par les Anglais et les Américains. Marcel Jamet est arrêté pour collaboration et libéré huit jours plus tard, avec les honneurs... Il gagne le franc de dommages et intérêts dans son procès en diffamation contre Ce soir et L'Aurore. Viennent ensuite les BOF (Beurre-Oeufs-Fromage). Et aussi les élèves du Lycée Condorcet...

    Il n'y a pas d'amélioration de la vie quotidienne avant 1947... Problèmes de ravitaillement en victuailles, de coupures de gaz et d'électricité.

     

    La fin du One

    Mais en 1945, Marthe Richard propose de fermer les maisons closes. La proposition de loi est votée au conseil municipal de Paris, puis le 13 avril 1946 à la Chambre des Députés (40 présents sur 400 !). Les patronnes ont six mois pour fermer : d'avril à octobre. Le 6 octobre, il faut fermer le One. A regret.

    Le gouvernement crée des centres de reclassement pour les filles. Ces centres, faute de succès, ferment très rapidement.

     



    "Sic transit gloria bordellorum" : voici comment finit le mobilier du One, comme celui du Chabanais et celui de la rue des Moulins...

    "Cette fermeture a été quelque chose d'épouvantable. J'ose le faire imprimer : une monstrueuse erreur. Parlons de ces deux cents bonshommes qui venaient tirer leur petit coup entre 5 et 7 heures de l'après-midi, et qui n'en adoraient pas moins leur femme en rentrant chez eux. Enfin, on ne me contredira pas si je dis qu'on ne peut pas bouffer du bourguignon tous les jours de la semaine. De temps à autre, on est tenté par du caviar ou du cassoulet. C'est fatal et humain. Alors, maintenant, le pauvre type qui a envie de goûter à une autre cuisine, que peut-il faire ? Rien d'autre que de prendre une fille dans la rue au risque d'attraper un sale truc. On leur a échangé des femmes ravissantes, la propreté, l'incognito contre l'obligation de se faire remarquer, des nanas agressives et la promiscuité d'hôtels minables.

    C'est moral, ça ?

    Alors, quoi ? On oblige un homme à baiser la même femme toute son existence ? Quel est le type qui n'a pas une autre idée derrière la tête, une fois ou l'autre, pour des jambes longues ou pour des yeux superbes ? S'il fallair compter les coups de canif dans le contrat ! Aujourd'hui, seuls les Arabes ont le droit d'avoir des espèces de "maisons" pourries. Sinon, ce sont de vrais bouges avec des filles parquées dans les couloirs. Un scandale ! On a l'impression d'entrer dans un coupe-gorge.

    Tout le monde n'a pas vingt ou trente mille francs à donner pour une demi-heure à une fille des Champs-Elysées ou à celle d'un clandé de luxe du style de chez Billy, rue Paul-Valéry. Le gagne-petit, que lui reste-t-il entre le tapin à vingt sacs et la fille à Arabes du boulevard de la Chapelle à deux mille anciens francs ?

    Faut-il châtrer tous les hommes qui n'ont pas envie d'aller faire la queue avec les Bics, ou de débourser tout le pain de leurs gosses parce que ça les tient ? C'est une injustice.

    Et puis, je ne parle pas des malheureux infirmes. Dans nos maisons, les femmes ne les repoussaient pas. Elles avaient choisi ce métier, elles faisaient n'importe quel client dès l'instant qu'il payait."

    p. 196-197.

    Le One est vendu pour 32 millions de francs au Syndicat patronal des cuirs et peaux de France. Les meubles sont vendus aux enchères.

     

     

    sources : http://www.insenses.org/chimeres/lieux/one_two_two_8.html

     

    ARTICLE "HISTORIQUE" et ne doit en aucune façon être la cible de commentaires doûteux...

     

     

     

     

     

     

     

    « ONE TWO TWO ( IX ) ONE TWO TWO - Fabienne ( VII ) »
    Delicious

    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires

    Vous devez être connecté pour commenter