
Le Chabanais était l'une des maisons closes les plus connues et les plus luxueuses de Paris entre 1878 et 1946, date à laquelle les maisons closes devinrent illégales en France.
Ici se trouvait Le Chabanais, une des maisons closes les plus connues et les plus luxueuses de Paris entre 1878 et 1946, date à laquelle les maisons closes devinrent illégales en France.
Aujourd'hui encore, le mot "Chabanais" est synonyme d'orgie bruyante et tumultueuse. Mais, jusqu'à la drôle de guerre, il servit à désigner la plus luxueuse des maisons de tolérance parisienne, le carrefour de l'amour international.
On y conservait pieusement le fauteuil articulé qui permettait au Roi Edouard VII de suivre malgré sa corpulence, avec sa partenaire, les conseils acrobatiques du Kama-soutra...
On y admirait aussi des salons chinois, japonais, hindous, arabes avec plaisirs appropriés, costumes de style et musiques folkloriques...
- L'Amour à Paris par Arrondissement, Jacques Morlaine et Guy de Bellet, 1
Le salon Louis XV du Chabanais. Le bordel était connu pour ses «chambres de fantaisie» satisfaisant tous les goûts. Les clients pouvaient choisir entre la salle Pompéi, la chambre japonaise, le salon Louis XV, la chambre eskimo, la chambre pirate, entre utr. «Dirty Bertie» (le Prince de Galles)
prisait la chambre hindoue.
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©Galerie Au Bonheur du Jour, Paris • Paris pour les pervers
Fondé par Madame Kelly en 1878, le Chabanais était situé dans un immeuble discret au n°12 rue Chabanais, non loin du Palais-Royal. Le personnel de la maison comptait entre 20 et 35 pensionnaires de qualité soigneusement sélectionnées.
Fréquenté par les membres du Jockey Club, il accueillit de nombreuses personnalités, dont le futur roi Edouard VII qui fit construire sur mesure une baignoire en cuivre et un fauteuil à étriers métalliques.
Le Chabanais connaît son heure de gloire le soir du 6 mai 1889, jour de l'inauguration de l'Exposition universelle, accueillant des ministres et ambassadeurs du monde entier. Sur leurs agendas,
cette « virée » était renseignée « visite au président du Sénat ».

De très nombreuses personnalités fréquentèrent le Chabanais.
C'était une étape obligée des hôtes de marque prestigieux qui venaient découvrir Paris à la Belle Époque, hommes d'états, diplomates, ministres, hauts fonctionnaires.
Outre les membres du très sélect Jockey Club qui le fréquentait régulièrement, notons :

En 1880, l’aménagement du Chabanais coûta un million sept cent mille francs. Les décors de ses chambres étaient invraisemblables, et le monde entier se bousculait pour découvrir cette maison de passe de légende.
Le Chabanais reçut un prix pour sa « chambre japonaise » lors de l’Exposition Universelle de 1900. On y trouvait la chambre Louis XV, la Chambre Hindoue, la Directoire, la Médiévale et la Chambre Mauresque.

L'ensemble des décors de l’hôtel furent dépouillés et vendus après sa fermeture en 1946, et à l'occasion d'une vente aux enchères d'anthologie en 1951.
Préservée du bruit de la ville, profitant de l'aura bucolique du Palais Royal tout proche, la petite rue Chabanais a le charme tranquille de ses voisines du quartier Vivienne : Rameau et les Petits-Champs.
Des façades beiges à 5 étages (chambres de bonnes comprises), quelques cafés (dont le plus ancien bar lesbien de la capitale, le Champmeslé, au numéro 2), des restaurants japonais, des passants pressés ou des touristes égarés à la recherche du Musée du Louvre.
Rien qui ne laisse soupçonner que cette voie, ouverte en 1773 par le Marquis de Chabanais, fut l'un des hauts lieux du Paris mondain et nocturne de la Belle Epoque et des Années folles.
Le passage obligé de tout diplomate, artiste, chef d'Etat amateurs de prostitués
« trois étoiles » et de fantasmes exigeants.
Luxe et volupté
Au numéro 12, la petite porte anodine abrite pourtant les rares vestiges de la maison close la plus fréquentée de Paris, l'illustre et fantasque hôtel du Chabanais, fermé en 1946 par la loi Marthe Richard.
Son escalier en fer forgé et ses deux ascenseurs ont résisté au temps, depuis leur création en 1878.

L’escalier à l’entrée du numéro 12 rue Chabanais, autrefois le bordel le plus luxueux d’Europe. Le hall d’entrée fut dessiné comme une grotte magique souterraine, avec une cascade et un panneau où était inscrit:
«WELCOME TO LE CHABANAIS, HOUSE OF ALL NATIONS.»
Il est révélateur que le panneau ait été rédigé en anglais.
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©Galerie Au Bonheur du Jour, Paris • Paris pour les pervers
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L’intérieur du numéro 12 rue Chabanais aujourd’hui. L’escalier est d’origine, ainsi que l’ascenseur. Il y avait deux ascenseurs synchronisés, un qui montait pendant que l’autre descendait, pour éviter que les clients soient embarrassés par des rencontres inopportunes.
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© Tony Perrottet • Paris pour les pervers
À l'époque, ils étaient synchronisés :
l'un pour monter, l'autre pour descendre, afin d'éviter les rencontres gênantes.
Au numéro 12, les belles manières sont de rigueur mais les tabous restent sur le pas de la porte. Pour 100 francs (500 euros actuels), toutes les excentricités sont permises.
En commençant par le décor. Mélange des genres, surenchères d'ornements, marbre, or et stuc,
les salons Louis XV ou pompéien – paré d'une fresque mythologique de Toulouse-Lautrec – rivalisent d'un éclat poli au stupre.
Les chambres portent des noms exotiques:
la « russe » avec sa baignoire en mosaïque,
la « japonaise » au parfum d'encens, primée lors de l'exposition universelle de 1900,
la « pirate », dont les hublots sont régulièrement éclaboussés d'eau pour un dépaysement garanti...
Si le Chabanais avait été aménagé en 2012, il aurait couté 8,7 millions d’euros ! Une extravagance que seule la Belle Epoque pouvait se permettre.
Hôtes de marque :
L'entrée en forme de grotte, type caverne d'Ali Baba, réservait son sésame aux grands de ce monde, comme les membres du prestigieux Jockey Club.
Les secrets d'alcôve racontent que Pierre Louys y trouve son inspiration pour son roman érotique Aphrodite, que Guy de Maupassant vient y soigner ses crises d'inspiration et que le Prince de Galles Edouard VII, habitué des lieux, privilégie la chambre hindoue (et son plafond à miroirs) pour ses rencontres érotiques.
Ce dernier, surnommé Dirty Bernie par ses favorites, fait construire en 1900 une baignoire à champagne en cuivre, ornée d'une sphinge, et une chaise « à volupté », munie d'étriers métalliques pour faciliter les trio amoureux.

On raconte aussi, qu'un soir du 6 mai 1889, pour l'inauguration de l'exposition universelle, le Chabanais accueille tous les ministres et ambassadeurs présents à Paris, sous couvert d'une visite au président du Sénat...
Aujourd'hui, la galerie d'art érotique Au bonheur du jour, installée au numéro 11 de la rue Chabanais, préserve en quelque sorte la mémoire du lieu. Sa propriétaire, auteur d'un ouvrage sur les maisons de tolérance, accumule les curiosités en tout genre.
Et même si la vente aux enchères de 1951 a dispersé le mobilier du Chabanais – la baignoire d'Edouard VII est achetée en seconde main par Dali et sa chaise passe outre-atlantique –, elle pourra vous trouver, à coup sûr, un petit souvenir galant de la Belle Epoque.

Le Chabanais fit partie des cinq maisons closes parisiennes les plus réputées pour leur luxe et le choix de leurs prestataires féminines à Paris.

Marthe Richard, qui mena la campagne pour la fermeture des bordels en 1946.
Se présentant comme une héroïne de la Résistance, elle fut démasquée plus tard comme un imposteur — en fait une ancienne prostituée et collaboratrice qui avait fourni des femmes aux Nazis.
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© Musée de l'Érotisme, Paris • Paris pour les pervers
Elle est donc réquisitionnée pour le plaisir et « l'après-travail » des officiers du Reich en 1940, avec le One-two-two, le Sphinx, « La Rue des moulins » et enfin
« Chez Marguerite ».

Cette vente aux enchère extraordinaire conduite
par Maurice Rheims, le 8 mai 1951, permit au public d’admirer les pièces de mobilier et le matériel du Chabanais.
Par exemple, la fameuse « chaise de volupté » d’Édouard VII, fabriquée par Louis Soubrier, artisan ébéniste de renom de la rue du Faubourg-Saint-Antoine, ou encore sa fameuse baignoire à champagne de cuivre rouge, ornée d’une sphinge.
Cette baignoire fut achetée 110 500 francs par un antiquaire de la rue Jacob, avant de devenir un objet publicitaire d’un fabriquant de meuble du boulevard Montmartre.
Finalement, elle fut acquise en 1972 par des admirateurs de Salvador Dalí, qui lui en firent don et l’installèrent dans sa chambre de l’hôtel Meurice.
Un lupanar, synonyme de maison close, est un établissement offrant le service de prostituées. Plus discret que son synonyme populaire bordel, ce terme est plutôt utilisé par les Européens francophones.


Mademoiselle Margot, une des gloires du Chabanais» par un photographe
anonyme vers 1900. Prise dans le bordel de luxe Le Chabanais.
lien photo :
http://www.slate.fr/portfolio/39883/6
966.


Le Chabanais vers 1940

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http://www.slate.fr/portfolio/39883/8







En savoir plus sur
http://www.paperblog.fr/3366462/le-chabanais-haut-lieu-de-la-galanterie/#2FEGiGFPURdUJEMg.99
Bonjour,
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cher visiteur.. ...
vous qui venez à pas de velours lire mes articles sur Paname..
ces articles Historiques, retracent une certaine "VIE PARISIENNE LEGERE"
et ne doivent en aucune manière, être la cible de propos, commentaires,
doûteux.