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    UNE PROMENADE SUR LES PAS DE CASANOVA

     

     

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    Départ du métro Étienne Marcel :
      
      
    continuer la rue de Turbigo, vers le Forum des Halles.
      
      
      
    Tourner à droite dans la Rue FrançaiseMontorgueil :

      

      

    Revenir et prendre la rue Montorgueil

      

    (< Mont Orgueilleux : butte de gravats, dont le sommet est occupé par la rue Beauregard, où il dépasse le niveau du Bd Bonne-Nouvelle, au débouché des rues de la Lune et de Cléry).

      

      

      

    Cette partie de la rue portait le nom de rue de la Comtesse d’Artois.

     

     

    Casanova y a séjourné en 1759, après un voyage à Amsterdam :

      

    « J’ai pris un beau logement dans la rue Comtesse d’Artois »

      

      

     C’est dans cette rue que se trouvait la première maison de rendez-vous de la Gourdon, qui y employa la future Mme Du Barry.

      

      

    Au n° 15 : hôtel du XVIIIe : façade classée (1729 : architecte Martin Goupy, restauré en 1992)

      

      

      

    Au n° 17 : façade XVIIe : Passage de la reine de Hongrie (Julie Bécheur, qui fut décapitée sous la Révolution)

      

      

      

    Au n° 19 : façade XVIIIe classée.

      

      

      

    Au n° 36, « espace Montorgueil » (cour )

      

      

    Au n° 38, emplacement du parc à huîtres de Paris, depuis la fin du XVIIIe siècle, en partie dur l’emplacement actuel de la rue Étienne Marcel.

      

      

    La rue Montorgueil est prolongée par la rue des Petits-carreaux, puis par la rue Poissonnière (anciennement rue des Poissonniers, nom gravé au numéro 2) :

      

      

    route de la marée, qui arrivait des ports du Nord. La rue Montorgueil s’appelait anciennement rue aux huîtres, et était le centre du marché aux huîtres.

      

      

      

      

    Traverser la rue Étienne Marcel

      

      

      

    (au niveau du 112 rue Saint-Denis, Impasse des peintres,

      

    dont le n° 4 est une très vieille maison du XVIe siècle.

      

      

      

      

    Rue Tiquetonne (copie du blog Père Tanguy) :

      

      

    rue Denis le Coffrier, puis Roger de Quinquentonne, rue du Petit Lion Saint Sauveur jusqu’en 1868.

      

      

      

      

    Il y avait le jardin des arbalétriers qui venaient là faire leurs entraînements. Au numéros 2 et 4, il y a des caves anciennes sous la rue. Au numéro 13, un hôtel du XVIII° siècle dont le premier et le deuxième étage sont classés, la façade sur rue et l'escalier. Aux numéros 15, 25, et 27, maisons anciennes non datées.

      

      

      

      

    Au numéro 10, il y a une enseigne remarquable, L'Arbre à liège. Le nom de Tiquetonne provient d'un propriétaire, Roger de Quiquentonne, riche boulanger qui habitait cette rue sous le règne de Philippe de Valois. Le numéro 16, a été le domicile du héros d'Alexandre Dumas, dans le roman Le Vicomte de Bragelonne, et dans Vingt ans après, D’Artagnan habitait rue Tiquetonne "chez une belle et fraîche flamande de vingt cinq à vingt six ans" à l'Hôtel de la Chevrette.

      

      

      

      

    Le sieur Planchet , lui, demeurait rue des Lombards à l'enseigne du Pilon d'Or.OFR DE QUIQUENTONNE, OU BIEN RUE DU UR,QUETONNE

      

      

      

    À droite, rue Mauconseil (appelée rue Bonconseil de 1792 à 1806 !) :

      

      

    c’est dans cette rue que loge Casanova, à son premier séjour à Paris, en 1750 ; il avait fait connaissance, pendant le voyage, du jeune Balletti, le fils de Silvia. Casanova est présenté à Silvia, venue à la rencontre de son fils, qui lui dit : « J’espère, monsieur, que l’ami de mon fils voudra bien souper avec nous ce soir »

      

      

      

    « À mon arrivée à Paris, je trouve un domestique de Silvia avec un fiacre, qui se chargea de tout, et me conduisit à un logement que j’ai trouvé très propre ». Ce logement se trouvait rue Mauconseil, tout près de la Comédie-Italienne, chez une dame Quinson, tenancière d’une maison meublée qui prit après son départ, en 1753, le nom d’Hôtel d’Aquitaine.

      

      

      

    « Après y avoir placé ma malle et tout ce que j’avais, il me conduisit chez sa maîtresse qui demeurait à cinquante pas de là »

      

      

      

    « Balletti me présenta à son père, qui s’appelait Mario et qui était convalescent. Les noms de Mario et de Silvia étaient ceux qu’ils portaient dans les comédies qu’ils jouaient à canevas. Les Français ne donnèrent jamais aux comédiens italiens autre nom en ville que celui par lequel ils les connurent sur le théâtre. “Bonjour monsieur Arlequin, bonjour monsieur Pantalon“ on disait au Palais-Royal à ceux qui jouaient ces personnages » (Casanova, volume 3 chapitre 7, Tome 1, p. 557).

      

      

      

    C’est donc là que s’ouvrait le théâtre de l’Hôtel de Bourgogne dont le porche s’ouvrait au n° 34. Loué à partir de 1578 à diverses troupes, auxquelles succéda celle des Comédiens du Roi (Gros-Guillaume, Turlupin, Montfleury, Jodelet … Baron père et fils, Floridor, Mlle Du Parc, Champmeslé et sa femme … qui y jouèrent des pièces de Corneille et toutes les pièces de Racine (cf. Cyrano de Bergerac)

      

      

      

    La Comédie-Italienne leur succéda : dès son arrivée au pouvoir, le Régent rappelle les Italiens, qui avaient été chassés de France en 1697 (austérité de la fin du règne de Louis XIV, sous l’influence, notamment, de Mme de Maintenon), et c’est là que, à partir de 1722, furent données les pièces de Marivaux (personnage de Silvia).

      

      

    Louis Riccoboni et sa troupe s’installent à l’hôtel de Bourgogne.

    Louis (Lodovico–Andrea) Riccoboni, dit Lelio (1674 ? – 1753), « premier amoureux ».

      

      

      

    Elena-Virginia Riccoboni (née Balletti), femme de Louis (Ferrare 1686 – Paris 1771), dite Flaminia, « première amoureuse »

      

      

      

    Silvia Balletti (Gianetta Benozzi) (Toulouse 1701 – Paris 1758), actrice au Théâtre-Italien de Paris. Frédéric le grand : « La Silvia, toujours la meilleure actrice du royaume », mais Grimm en dit : « Elle était d’une figure désagréable ; elle avait la voix fausse et un jeu à prétentions tout à fait fatigant ». Casanova en fait l’éloge (tome 1, p. 560) :

      

      

      

    « cette actrice fut l’idole de toute la France, et son talent fut le soutien de toutes les comédies que les plus grands auteurs écrivirent pour elle, et principalement Marivaux. Sans elle, ces comédies ne seraient pas passées à la postérité.

      

      

      

    On n’a jamais pu trouver une actrice capable de la remplacer, et on ne la trouvera jamais, car elle devrait réunir en elle toutes les parties que Silvia possédait dans l’art trop difficile du théâtre, action, voix, physionomie, esprit, maintien, et connaissance du cœur humain. Tout en elle était nature ; l’art qui accompagnait et avait perfectionné tout ne se laissait pas voir. »

      

      

      

    Joseph Balletti, dit Mario, « deuxième amoureux de la Comédie Italienne ». Il tint ce rôle de jeune premier pendant … quarante ans ! Marié en 1720 avec Silvia, ils eurent quatre enfants : Antoine – Étienne, Louis – Joseph, Guillaume – Louis, et Marie – Madeleine (Manon, que Casanova connut à l’âge de 10 ans et qu’il retrouva à 17 ans)

      

      

      

    Arlecchino, personnage de la Commedia dell’Arte, valet effronté qui parlait le patois des paysans bergamasques et en portait le chapeau caractéristique (orné de la queue de lapin).Le plus célèbre Arlequin fut Carlo Bertinazzi, connu sous le nom de Carlin (Turin 1710 – Paris 1783)

      

      

      

    Retour sur la rue Montorgueil

    Voir les n° 47, 49.

      

      

    N° 50 : le chansonnier Béranger (1780 – 1857) y naquit, chez son grand-père Champy, qui y tenait une boutique de tailleur.

      

      

      

    N° 59 : 1er emplacement du restaurant « Le Rocher de Cancale », où eurent lieu, de 1796 à 1846, les « dîners du Caveau », qui avaient été fondés en 1737 rue de Buci. Béranger y chanta Le Roi d’Yvetot.

      

      

      

    Au niveau du n° 60,

      

    tourner à droite, rue Marie Stuart

      

      

      

    Cette rue portait anciennement (XIIIe – XIVe siècles) le nom de Tire-vit (cf. la rue Dussoubs, rue Gratte-cul). Une anecdote raconte comment on a modifié son nom en Tire-boudin, lors de l’entrée à paris de la reine Marie Stuart. À la jeune souveraine qui demandait le nom de cette rue, on n’osa pas donner le nom authentique, et on modifia la fin du nom.

      

      

      

    En 1809, la rue est rebaptisée Marie Stuart, en souvenir sans doute de cette anecdote.

    N° 8 à 16, vielles maisons. Remarquer les mansardes des n° 12 et 14. Escalier au n° 8.

      

      

      

    Retour sur la rue Montorgueil

      

      

      

    N° 61 ou 63 : emplacement du bureau de vente des huîtres d’Etretat, de 1780 jusque vers 1850.

      

      

      

    N° 64 – 72 : emplacement de l’auberge Au compas d’or, jadis tête de ligne des diligences pour Creil et Gisors (maintenant, immeuble moderne)

      

      

    La pâtisserie Stohrer, fondée en 1730, créateur du puits d’amour et du baba au rhum.

      

      

    N° 69, 71, 73 (façade Louis XV, ferronneries)

      

      

      

    Au n° 78, emplacement du second restaurant « Au Rocher de cancale » (après 1846). Au 1er étage, peintures attribuées à Gavarni. Parmi les clients, Balzac, Eugène Sue, Théophile Gautier, Alexandre Dumas père …

      

      

      

      

    La rue Montorgueil se prolonge par la rue des Petits-Carreaux

      

      

    Voir les n° 9, 12 (enseigne du XIXe : « Au Planteur »,

      

    14 (Gibier, Volailles), 11 (Queille, Orfèvre), 37, 40, 45

      

      

    Traverser la rue Réaumur

      

      

    Entre les n° 65 et 87 de la rue Réaumur, ancienne rue Thévenot (inscription au coin de la rue des Petits-Carreaux). Les numéros pairs ont disparu avec la création de la rue Réaumur (1895-1896 pour cette section) ; les numéros impairs font partie de la rue Réaumur.

      

      

    Face au n° 61 (arrêt du bus 20), emplacement de la maison habitée en 1782 par Joséphine de Beauharnais (où naquit le prince Eugène)

      

      

    Rue du Nil(Egyptomania), autrefois rue Neuve Saint-Sauveur : n° 12, 10, 6, 2 = vieilles maisons (fenêtres à guillotine, mansardes à poulie, etc.)

      

      

    La Cour des Miracles

      

      

    Place du Caire, 100 rue Réaumur, rue Damiette (remarquer la maisonnette au n° 3) et rue des Forges.

      

      

    Au carrefour de la rue Damiette et de la rue des Forges, emplacement de l’imprimerie d’Hébert, directeur du journal Le père Duchesne.

      

      

    Au nord, la cour était fermée par le rempart de Charles V ;

      

    à l’est par le mur de clôture du couvent des Filles Dieu.

      

      

    Au XVIIe siècle, les cours des miracles étaient encore nombreuses à Paris : environ une douzaine ; véritables écoles du vol et de la prostitution, où jamais le guet n’osait pénétrer. Celle de la rue neuve Saint-Sauveur fut la dernière en date.

      

      

    Datant du XIIIe siècle, constituée d’une grande cour puante entourée de masures de boue, accessible seulement par un réseau de ruelles tortueuses et enchevêtrées comme un « écheveau de fil brouillé par un chat » (V. Hugo). Appelée aussi « piolle franche », elle servait de refuge à de faux orphelins, faux sinistrés, faux soldats amputés, faux estropiés, faux aveugles, faux malades, qui, de retour le soir dans cette enceinte silencieuse et déserte le jour, reprenaient une vie normale, par l’intervention d’un mystérieux thaumaturge …

      

    Cet important groupement de mendiants et de voleurs avait ses lois, son langage, son chef (appelé sous François 1er « le Ragot » — d’où le mot « argot » —, puis « le Grand Coësre »), à qui on remettait chaque soir un pourcentage sur la recette, le reste étant immédiatement transformé en ripailles, la loi étant de ne rien garder pour le lendemain et de tout boire. Nicolas de la Reynie, premier lieutenant de police de Paris, mit fin, en 1867, à cette Cour des Miracles.

      

      

    Toutes les issues en furent barrées ; une troupe nombreuse s’engouffra dans les ruelles, on fit passer le message que, sur les douze derniers sortis, six seraient pendus et les six autres envoyés aux galères … Tous les occupants abandonnèrent les lieux, paralytiques en tête. Ils furent répartis dans les prisons et les hôpitaux. La cour fut rasée, les ruelles élargies et rectifiées, des maisons neuves construites.

      

      

    Prendre le passage du Caire, construit en 1799 sur l’emplacement du couvent des Filles-Dieu, dont la fondation datée de 1226 (il était alors à l’extérieur de Paris).

      

    Destiné à des pécheresses ayant abusé de leur corps, puis tombées dans la mendicité. Saint Louis y avait fait entrer 200 filles de joie plus ou moins repenties ;

    le nombre tomba à 100, puis 60, faute d’argent pour les nourrir, et elles furent finalement autorisées à aller quêter dans Paris. Le couvent fut supprimé à la Révolution, démoli en 1798.

      

      

    Sortir tout de suite par la rue du Caire > rue Dussoubs. Traverser la rue Réaumur.

    Rue Dussoubs = rue Gratte-cul, puis rue des Deux-Portes (jusqu’en 1881), où demeuraient les Balletti, dans une maison appartenant à la marquise d’Urfé, qui jouera un rôle important dans la vie de Casanova.

      

    En face, habitait la Morfi (Murphy), qui fut la maîtresse de Louis XV.

     
      
      
    N° 21, maison où mourut Goldoni en 1793, à l’âge de 86 ans.
      
    Il s’était fixé à Paris depuis 1761 ; lecteur et professeur d’italien des filles de Louis XV, attaché à la
      
    Cour, il bénéficiait d’une pension que la Révolution lui supprima.

      

      

    Des maisons remarquables aux n° 25bis, 36, 32, 36 (escalier), 28 (escalier), 22 (escalier, dessus de porte, mascarons, façade sur cour classée), 15 (escalier, ferronnerie, imposte de la porte, cour, puits)

      

      

      

    À gauche, prendre la rue Saint-Sauveur

      

      

    Au n° 12, deuxième implantation de la maison de rendez-vous de la Gourdon, après la rue de la comtesse d’Artois. L’entrée se faisait par la rue Dussoubs (alors rue des Deux-Portes), mais une pièce du 1er étage communiquait avec un escalier au 14 rue Saint-Sauveur aboutissant chez un antiquaire, ce qui constituait une entrée discrète pour les visiteurs. Essayer d’entrer dans le vestibule, orné de pilastres ioniques, et voir l’escalier.

      

      

    À l’angle de la rue Saint-Sauveur et de la rue Saint Denis (183 rue Saint-Denis), emplacement de l’église Saint-sauveur, démolie en 1787 pour être reconstruite.

      

    Mais la Révolution ne laissa pas le temps de le faire. C’est dans cette église que fut baptisé Cyrano de Bergerac.

      

      

    Rue Saint-Denis

      

      

    Ce fut longtemps la rue la plus longue, la plus belle et la plus riche de Paris. Au début du XIIe siècle, elle supplanta, parce que, plus courte, la rue Saint-Martin pour aller à la basilique Saint-Denis.

      

    Appelée au XIVe siècle la « grant chaussée de M. Saint Denys », elle devint la voie triomphale suivie par les souverains jusqu’à Notre-Dame lors de leur entrée solennelle dans Paris.

    N° 174-176 : façades à pignons

      

      

    N° 170 : sur la façade, armoiries et « Honni soit qui mal y pense »

      

      

    N° 164-142 : emplacement de l’Hospice des Enfants bleus

      

    (de la couleur de la blouse que portaient les pensionnaires, orphelins de parents pauvres)

      

      

    N° 151 : Maison natale de Léon Blum

      

      

    N° 142 : belle façade XVIIIe, avec, à l’angle, la « fontaine de la Reine »,

      

    datant de Philippe-Auguste, refaite en 1732.

    N° 135 : emplacement de l’ancienne porte Saint-Denis de l’enceinte de Philippe-Auguste, refaite en 1732.

    Rue Greneta(altération de Darnestal)

    Reprendre la rue Dussoubs

      

      

    Place Goldoni (mur peint)

      

      

    Passage du Grand Cerf

      

      

    Percé en 1825 sur l’emplacement de l’hôtellerie du grand Cerf,

      

    d’où partaient, avant la Révolution, les voitures des Messageries.

     

     

    Les Messageries Royales

      

    (diligences, coches d’eau et roulages de France) avaient, en 1779, 4 départements :

    Les provinces du Sud-est (Hôtel de Sens

    2. Les provinces du Centre (auberge du Cheval Blanc, rue Mazet)

    3.Les provinces de l’Est (hôtellerie du Grand Cerf)

    4. Les provinces de l’Anjou, Perche, Bretagne (place Saint-Michel)

    On se retrouve dans la rue Saint-Denis, au niveau de la rue Tiquetonne.

     

    medium_111_eue_Saint_Denis_lion_noir.jpg
      
      
    111 rue Saint Denis maison du XVIème siècle,
      
    autrefois à l'enseigne du Lion Noir

    Traverser le Boulevard de Sébastopol,

      

    prendre la rue du Bourg l’abbé, parallèle à la rue aux Ours), et la rue de Montmorency.

      

    N° 51 : maison de Nicolas Flamel (1407), qui louait le rez-de-chaussée et hébergeait gratuitement dans les étages supérieurs de pauvres gens (maraîchers et laboureurs), sous condition qu’ils disent chaque matin un Pater et un Ave pour les trépassés. Très restaurée (la 2e maison la plus vieille de Paris)

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    Maison de Nicholas Flamel et de dame Pernelle,
      
    avant les multiples transformations rue de Montmorency
      
      
    Nous pouvons remarquer aujourd'hui que le pignon a disparu
      
      
    N° 12 : maison de Mme de Sévigné (avant l’hôtel Carnavalet)

      

    N° 11 : domicile du poète Gresset (« Vert Vert »)

      

    N° 5 : ancien hôtel de Montmorency, où mourut Théophile de Viau.Casanova y séjourna en 1763

      

    Lettres d'amour de Manon Balletti :

      

    manon_baletti_lettres_d_amour.doc

     

     

     

    medium_début_rue_Montorgueuil_vers_1860.jpg
    Début de la rue Montorgueil vers 1860, maison anciennes disparues.
      
      
      
    sources : Chantal Chemla - (qui a écrit l'article )
      
     
     
     
     
     
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     QUARTIER de la PORTE SAINT DENIS

     

     
     
     Origines de PARIS

    Quartier de la Porte Saint-Denis à Paris

    Comment d'un travail d'histoire "locale" mieux comprendre notre espace ? C'est-à-dire, comment est il possible de poser les termes d'une histoire urbaine, ou donner du relief à un espace géographique limité à partir de certains éléments de sa mémoire.
     

     
     
    Nous vous proposons ainsi de retrouver ce qu'aujourd'hui nos yeux ne verront plus, mais que les espaces virtuels et un peu d'imagination peuvent aider à entrevoir ? Pourquoi ce quartier de Paris plus qu'un autre ?
     
    Ce travail est parti simplement autour de l'idée d'un ré-aménagement urbain du bas du faubourg Saint-Denis (entre la porte monumentale et la grande Poste proche du boulevard Magenta). L'objectif était de rendre aux piétons l'espace conquis par l'automobile, et d'engager un dialogue avec les résidents et les commerçants. Pris "au piège"de certaines recherches sur l'historicité des alentours de la Porte Saint-Denis, les découvertes sont devenues si passionnantes, qu'il fut difficile de résister. Les sources furent abondantes, à la limite du trop plein et certaines reposaient sur des données par toujours fiables. Il importait de trouver des travaux mettant en lumière les évolutions urbaines. Il y avait le désir de pouvoir parler de Paris autrement, sortir d'une histoire trop conventionnelle, sans pour autant tomber dans une histoire "localiste". La richesse en mémoire de la capitale est telle que l'histoire d'un lieu peut se subdiviser sur des segments nombreux. Ce qui pouvait sembler limité, est devenu une somme de travail et au fil du temps et des recherches a fini par trouver une certaine cohérence. Et, il reste du travail sur la planche, notamment pour de jeunes historiens en recherche d'un sujet. Ce travail reste partiel, probablement avec son lot d'erreurs, mais attention, il n'est pas le fait d'un historien, ni d'un urbaniste et n'a aucun caractère universitaire. Au mieux son but est pédagogique ou d'ouvrir des pistes à d'autre curieux.
     
     
    La mémoire est un outil complexe, quand l'hypothèse devient un enjeu de recherche, tout à chacun peut ainsi participer et apporter sa contribution. Simplement à titre citoyen, il suffit d'avoir un goût prononcé pour la recherche (même en tant qu'amateur). C'est aussi un moyen de transmission pédagogique adapté pour donner goût à l'observation et aux espaces dans lequel nous vivons ou déambulons de temps à autre. Et l'occasion d'aborder diverses choses, comme l'architecture, la vie artistique plus largement, la vie sociale et économique, et bien d'autres domaines.  

     Origines de PARIS
     

    Si l'histoire en devient un peu trop localiste, il est difficile d'expliquer les influences extérieures, les causes parfois répétitives des conséquences d'un urbanisme qui se dégrade, ou change de propriétaires ou de populations, etc... Ou prenant le pas des marchés spéculatifs, quitte à sacrifier quelques bijoux immobiliers du dix-huitième siècle, comme ce fut il y a encore quelques années (du temps de la main mise du RPR et ses réseaux sur la capitale). Le patrimoine parisien demeure relativement opaque et "Paris Ville Propre" a fait le reste. Si l'on s'attarde à savoir qui sont les grands propriétaires de la capitale, nous trouvons : la Ville de Paris, l'Evêché, l'État ou des entreprises nationales comme la SNCF. Ces institutions sont à la tête d'un patrimoine considérable et au prix du mètre carré à Paris, on reste rêveur devant les ors de la république et du clergé.

      

     
     Origines de PARIS  rue de l'âne rayé
     
     
    Histoire urbaine du Quartier de la Porte Saint-Denis
     
     
     

    Nous vous proposons une visite virtuelle au sein d'un quartier de Paris : le Quartier de la Porte Saint-Denis, dans le dixième arrondissement de la capitale.

    Une promenade sur un petit bout de terre à la loupe des mémoires, pour découvrir comment au fil du temps un petit morceau de la capitale évolua.

    ci-contre : carte fin dix-huitième siècle

     

     
     
    Le Paris d'avant la Renaissance nous laisse en apparence peu d'empreintes. Par exemple de la période du Moyen Âge, le plus vieil immeuble parisien date de 1431 (quartier du grenier Saint Lazare). C'est en soit un des rares vestiges immobiliers de cette époque dans la capitale. On pourrait penser qu'il y a moins de traces qu'au temps de l'antiquité gallo-romaine ? Ce qui est vrai en terme de visibilité, faux si l'on sait que se cache de nombreuses fondations, ou que les matériaux ont été recyclés au service de nouvelles constructions (datant de la Renaissance et des Temps Modernes).
     
    Si certaines villes en France ont pu conserver leurs centres villes médiévaux (Dijon, Le Mans, ...), ce n'est pas vraiment le cas de Paris. Première évidence, cette ville est relativement petite et dense, notamment en rive droite. Sans compter les incendies, les fortifications et les guerres qui ont provoqués des destructions et des reconstructions. Sans omettre la volonté des monarques de marquer à chaque période une évolution architecturale, et de fait urbanistique. Ce qui conduisit cette Ville à changer plusieurs fois de visage et laisser assez peu de place à ce qui est antérieur au 15ème siècle. Il y aura surtout de la part du pouvoir impérial, sous l'égide du baron Haussmann, la volonté de détruire les restants médiévaux. Il fallait que l'armée puisse se déplacer dans la ville et réprimer les foyers révolutionnaires. Et comme Paris ressemblait à un labyrinthe, on peut imaginer l'ampleur des travaux et les nombreuses expulsions que cela provoqua.
     
     
     
     
    Nomenclature du quartier de la Porte Saint-Denis
     
     
    Depuis 1860 et sa dernière délimitation administrative, la superficie du quartier est de 47 hectares. Il commence boulevard de Bonne Nouvelle, en son sud, et prend fin en son nord au boulevard de Magenta. Le faubourg Poissonnière se trouve en son extrémité Est, et le boulevard de Strasbourg à l'Ouest. Il jouxte les 2, 3, et 9ème arrondissement et les quartiers Saint-Martin et Saint-Vincent de Paul au sein de la même localité (le dixième arrondissement de Paris).
     
     
     

    Avant 1860, le quartier Saint-Denis est en quelque sorte un quartier nomade. Sa configuration géographique va plusieurs fois changer, s'étendre au fil du temps du centre vers le nord de la capitale.

    Il a connu pour premier et bref emplacement l'Île de la Cité, sous probablement les mérovingiens. Puis "s'en alla" en rive droite vers l'actuel deuxième arrondissement, progressant sur plus de six siècles jusqu'au sud du quartier actuel de Saint-Vincent de Paul. Le quartier fut rattaché avant 1860 au cinquième arrondissement de Paris, et en tant que neuvième paroisse avant 1789.

    Napoléon III rattacha les villages limitrophes, tous ceux en limite des barrières de l'octroi (construites par Nicolas Ledoux). Il réorganisa ainsi la carte administrative de Paris, et constituera le paysage moderne de la capitale avec ses 20 arrondissements. Le quartier de la Porte Saint-Denis est inclus depuis au dixième arrondissement de Paris.

     

     
     
     
     
    Historique routier, en bref :
     
     
    L'axe principal du quartier Saint-Denis est le faubourg Saint-Denis - cette rue a porté aussi le nom de faubourg Saint-Lazare (en 1793 on le nomma le faubourg Franciade).
    Le faubourg est la continuation de la rue Saint-Denis, qui s'est formée à partir de l'ancienne prison du Châtelet. Ce qui constitua longtemps la route de Saint-Denis et débouchait sur le village de la Chapelle, environ une lieue plus loin, puis vers la Basilique du même nom en Seine Saint-Denis.

     

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    Pour le faubourg Saint-Denis,
    prendre la première à gauche...
     
     
    La route de Saint-Denis fut une ancienne voie royale, elle servit à la fois pour les enterrements royaux, les entrées solonnelles dans Paris. Là où les bourgeois et l'aristocratie venaient accueillir ou faire leurs adieux aux monarques. Le faubourg Saint Martin et le faubourg Saint Denis sont les deux principaux noeuds de communications en rive droite. Le faubourg Saint-Martin fut longtemps considéré l'axe principal de communication, en raison de ses origines qui dateraient de la période gallo-romaine.
     
    Etymologie de "faubourg": les faubourgs sont les rues qui viennent de l'expression "fors le bourg", c'est-à-dire en dehors des remparts de la ville. C'est à Paris le prolongement de rues se trouvant en son centre (Saint-Denis, anciennement Saint Jacques,...),. Les faubourgs sont l'expansion sur plusieurs centaines d'années d'un urbanisme relativement anarchique. Ils se trouvèrent hors des enceintes fortifiés jusqu'à Louis XIV.
     
    Noms des principales rues du quartier de la Porte Saint-Denis : rue de Paradis, rue d'Enghien, rue des petites écuries, rue Martel, rue d'Hauteville, rue de Metz, ... ; et les passages complètes et donnent à ce quartier une atmosphère toute particulière : passage Brady, passage de l'Industrie, passage de Reilhac, passage du Prado et du Désir. Si vous souhaitez connaître rue par rue ou par numéro de rue l'histoire de ces lieux ou d'autres, il existe un très bon dictionnaire en deux volumes sur les Rues de Paris (Chez Larousse), consultable à la BPI (3ème niveau, M°Beaubourg).
     
    Conseils aux visiteurs, si d'aventure il vous prenait d'arpenter ce quartier : un conseil avisé, prenez votre temps et venez respirer, non pas l'air pur, mais découvrir un quartier très vivant et représentatif de ce que le Paris populaire a pu vivre. Subsiste de nos jours un harmonieux mélange culturel (indiens, Turques, Pakistanais, ...)-. Une visite tard en soirée s'impose, la journée "ça grouille" de toute part et l'on ne se rend pas toujours compte de la beauté de ce lieu et de ses méandres. Avec la lumière du soir, vous vous rendrez compte que ce quartier regorge de choses à voir, l'architecture locale va principalement du 17ème siècle, aux immeubles d'après Haussmann. En journée, vous pouvez vous promenez dans ce petit labyrinthe et avoir de belles surprises. À cela un seul geste, poussez les portes cochères, à vous de découvrir des espaces qui échappent au regard et qui valent le détour. Vous pouvez aussi continuer votre promenade vers la gare de l'Est et le Canal Saint-Martin. Il suffit de traverser le canal pour découvrir l'hôpital Saint-Louis et sa splendide cour carrée (ouverte en journée). Par ailleurs attention aux luxation du cou, regarder des immeubles demande de s'arrêter ou de regarder en l'air...
     
     
     Origines de PARIS
     
     
    Les premières fondations du quartier Saint-Denis
     
     
    Il mutera jusqu'en 1860, pour connaître son actuelle configuration au sein du dixième arrondissement de Paris. Lors des invasions barbares du IIIème siècle après Jésus Christ les habitants se réfugieront sur l'île de la Cité, au lieu dit de Saint-Denis, possiblement à proximité de l'ancien Forum gallo-romain. C'est du moins la première mention écrite faisant référence à ce lieu dans les textes anciens. Au cinquième siècle, l'actuel faubourg Saint-Denis n'est qu'un sentier. La première implantation au sein de l'actuel 10ème arrondissement se fait un peu au nord sous les mérovingiens, au sein de la paroisse Saint-Laurent (Gare de l'Est). Où se trouve probablement l'une des plus vieilles maisons de la capitale. Elle est attenante à l'Église Saint Laurent et daterait du 15ème siècle.
     
    Le premier nom toponymique de Saint-Denis prend son départ de nos jours à la hauteur de la rue des Tuileries. C'est à partir de la rue Saint-Denis (au sein du 1er arrondissement) que la route s'organisera vers le nord et sur la rive droite en direction de la Ville de Saint-Denis. Non loin de l'ancien cimetière des Innocents se trouvèrent les premières bases urbaines du quartier, c'est à dire plus exactement une paroisse. Le quartier est une innovation administrative tardive. S'en suivra au début du deuxième millénaire l'édification des portes fortifiées de Saint-Denis et de Saint-Martin. Elles se trouvaient à la hauteur de l'actuelle rue Etienne Marcel (pour repère elles verront le jour sous Philippe Auguste sous ces noms).
     
     
     
     

    A LA GRACE DE DIEU, 119 RUE MONTMARTRE PARIS DISPARU. UNE ENSEIGNE DU DEBUT DU XVIIe SIECLE

    PAR BERNARD VASSOR

      

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    Des historiens du début du XXéme siècle ont cru dater cette enseigne entre 1716 et 1720. Elle portait le même nom que le célèbre cabaret de la Courtille appartenant à Gilles Desnoyers au 129 rue du faubourg du Temple. : "La Cour de la Grâce de Dieu". La rue Montmartre alors était un quartier très riche qui abritait la Compagnie des Indes, rue de Bourbon*, au 116 actuel se trouvait la Compagnie de la Traite des noirs, non loin des Messageries royales, le Bureau du Transport, un des sept bureaux de la loterie nationale inventée et tenue par Casanova lui-même. Des entreprises appelées "chasse-marée", qui étaient des rouliers chargés du transport de poisson de pêche et des huitres qui venaient des côtes de Normandie, des côtes de Normandies. C'est là aussi que s'établissaient les écaillères.
    Atget qui a photographiée cette enseigne vers 1900, la situe au numéro 121 ? Rochegude se contente de signaler une curieuse enseigne au 119.... La maison a été démolie en 1963, l'enseigne se trouve aujourd'hui au musée Carnavalet.
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    Avant la démolition, nous apercevons vers 1920, la grille de l'enseigne dans le fond, derrière le cfond, derrière le comptoir.
    *Aujourd'hui rue d'Aboukir omptoir.
    *Aujourd'hui rue d'Aboukir
     

     

    Au sein de ce qui adviendra le faubourg Saint-Denis, c'est vers 1100 qu'un ordre chevaleresque ouvre ses portes à une léproserie. S'y trouvait quelques aristocrates qui combattirent les "incroyants" et revinrent affectés par le mal de l'époque : la peste.

    C'est ainsi que va se constituer l'un des plus vastes domaines privés parisiens, le lieu dit de Saint-Lazare, à l'origine de Saint-Ladre. Il occupera une surface équivalente à un peu plus de cinquante hectares, soit plus que la superficie du quartier Saint-Denis actuel. La lèpre gagne du terrain, la maladie fait peur et l'on maintien de préférence à bonne distance "les pestiférés" de la cité et des ses murailles.

     

     
     
    Difficile de comprendre l'expansion de cette partie de la capitale sans se plonger dans les communautés religieuses. On découvre ainsi que le quartier de la Porte Saint-Denis est le résultat d'un développement que l'on doit principalement à des ordres non contemplatifs. Ils répondaient à des fonctions charitables ou d'hospitalité. Ils évolueront, changeront de noms ou fusionneront et seront propriétaires jusqu'à la fin dix-huitième siècle d'une grande part des terres du quartier et du domaine disparu de Saint-Lazare. Jusqu'à ce que la révolution de 1789 mette en oeuvre des expulsions et la récupération des terrains. Ces ordres charitables seront actifs et rendront nombres de service aux populations indigentes, malades, sans éducations ou de petite vertu, comme l'on disait en d'autres temps...
     
    C'est un peu "toute la misère du monde", qui se trouva en dehors des murailles et accédait à cette manne charitable. Il n'y a pas à instruire un pour ou contre, mais à suivre les évolutions du pouvoir royal, et l'histoire politique et religieuse de Paris. Au début deuxième millénaire de la chrétienté, on peut parler des prémices de l'humanisme. De l'importance de cette charité pour répondre à une misère chronique (plus ou moins importante selon les époques, mais relativement constante au sein et autour des faubourg du temps des fortifications). Les entrées de Paris ne laissent pas tout le flot humain s'engouffrer dans les enceintes, et une majeure partie des miséreux sont hors la ville.
     
     
     
     
    Le quartier d'origine ne part pas de la même configuration géographique que celle que lui affecta en 1860 Napoléon III . Elle va changer, et aller avec le temps plus au nord, à quelques 2 kilomètres de son point de départ présumé. C'est au sein de l'actuel deuxième arrondissement que la paroisse Saint-Denys vit véritablement jour. Administrativement, elle englobait entre autre la partie nord du quartier Montorgueil. Le quartier évoluera au fil des changements du royaume et surtout en regard des configurations urbanistiques, qui ne cesseront de se transformer et modifier le paysage urbain en raison de l'expansion de la capitale, notamment en rive droite.
     
    Le premier acte connu, qui authentifie la première implantation humaine au sein de l'actuel quartier de la Porte Saint-Denis, date du XIIème siècle. Avec Philippe Auguste, Paris s'élargit sur la rive droite, et une Porte fortifiée de Saint-Denis prend nom et place vers 1180. Elle serait la deuxième enceinte fortifiée en rive droite, la première datant des premiers siècles comme la possible conséquence des invasions venues de l'Est et du Nord de l'Europe. L'oeuvre devait être imposante, des fossés larges protégeaient l'accès à la citadelle, et les passages des marchandises ou individus se faisaient par les portes. Hors des remparts, la route de Saint-Denis se prolongea avec de nouvelles habitations, de même que la route Saint-Martin.
     
     
    Louis IX (mort en 1270) renforça pendant son règne le rôle des processions, et de certains rites au sein du faubourg, le long de la route Saint-Denis. Ce fut aussi le chemin des dépouilles mortuaires des grands du royaume. Sur cette même route les condamnés du gibet de Montfaucon faisaient une dernière halte devant le couvent des Fille-Dieu. Au devant duquel se tenait une croix devant laquelle, les religieuses donnaient "trois morceaux de pain et un coup de vin, avec des paroles de charité".
     
     

    Vers 1370, Charles V fait édifié de nouvelles enceintes, qui repoussent les limites de la rive droite à la hauteur actuelle des grands boulevards.

    Pour protéger la ville il faut aussi absorber son expansion vers le nord. Il mettra en oeuvre un travail considérable, et a du être la cause d'une croissance économique soutenue.

    L'on découvrait deux sorties, deux portes fortifiées, la plus imposante fut probablement celle de Saint-Martin, tout comme celle du Temple voisine, à l'est une Porte plus modeste, celle de Saint-Denis, dite des peintres.

     

     

     
     
    De plus, les effets du développement des biens marchands en Europe font de Paris un axe marchand. Les notables et la cour s'assurent de la protection et aussi de l'accroissement de la ville, plans et marchés ou "conduites à tenir" sont délivrés aux bâtisseurs. C'est sous Charles VI en 1383 que s'achèveront les travaux, sans aucun doute importants puisqu'ils s'étendirent sur 16 années (1367-1383).
     
    En tout début de l'actuel dixième arrondissement de Paris, une entrée fortifiée sera construite sous Charles V (vers 1370), cette enceinte fortifiée préfigure les futurs Grands Boulevards de la Madeleine à la Bastille. De la sortie de la Porte fortifiée de St-Martin, jouxtant la porte de Saint-Denis, La Villette est le premier Village à environ 2 kilomètres. C'est un no man's land qui s'organisa tant bien que mal, et l'entrée sur Paris n'était pas facile d'accès. Surveillances, contrôles, les marginaux se tassent aux entrées des portes. La présence des ordres charitables confortent cet état de fait, et l'on retient les "misères" économiques aux portes de la capitale politique.
     
    Ce qui sera un jour, ou préfigure le quartier de la Porte Saint-Denis, dénombre 200 contribuables et quelques milliers d'habitants autour du faubourg de Saint-Lazare. Le premier recensement fut organisé au 14ème siècle . La campagne avec le temps devient rurbaine, et les deux mêmes voies de communications dominent, l'une allant sur Saint-Denis, ou l'on rend hommage au lieu dit de St-Ladre aux déplacements royaux, l'autre sur les Flandres via le faubourg saint-Martin (la plus vieille voie de communication sur le nord de la france).
     
     Origines de PARIS
      Au quinzième siècle le quartier Saint-Denis est quasiment relié à la capitale, mais pas encore au sein de Paris. 200 ans après Philippe Auguste, on engage à nouveau des travaux d'agrandissement sur la rive droite. Le deuxième et troisième arrondissement (actuel) sont inclus à la ville nouvelle, les faubourgs apparurent à partir du cinquième "Plan de La Ville de Paris". Sur un plan de 1383, quelques bâtiments et terres-pleins, des terres cultivées ou aménagées, des espaces boisés, l'urbanisation reste modeste mais la vie prend forme à grand pas, la banlieue d'autrefois ressemble pas encore à la ville, elle conserve un brin de campagne, les portes sont toujours sous une haute protection et laissent place à l'extérieur aux faubourgs émergent.
     
     
     
     
    Le Neuvième quartier de Saint-Denys
     
     
     

    Au milieu du seizième siècle, le quartier était encore le début de la campagne parisienne avec la présence d'une agriculture maraîchère importante (résultat de l'assèchement des marais).

    Un espace semi-rural, qui voit l'apparition progressivement d'hôtels particuliers par le rachat des emplacements appartenant en grande part aux congrégations religieuses. Ces confréries sont à l'échelle de l'époque des O.N.G. ayant un siège et des activités diverses au sein du faubourg Saint-Denis.
     

     
     
    Il existera aussi des chaumières, il faut loger les ouvriers agricoles... A cette époque des hôtels particuliers sont construits par de riches bourgeois, des maisons de campagne au nom de "folie" pour l'aristocratie, ou sinon des immeubles de rapport que font construire les ordres religieux pour les louer. S'amorce la mutation de ce quartier, en quartier de villégiature, la présence d'arbres fruitiers et de produits maraîchers. voit l'installation d'une population aisée aux milieux de cet espace conquis par les ordres de charité et lieux de prêche.
     
    S'installeront les Petites Ecuries Royales (d'où la rue et la cours des petites écuries attenantes au faubourg). Le nom de Petites Ecuries est du à la présence des accessoires pour les chevaux et calèches de la cour - et des métiers s'affairant à l'entretien et à la production des pièces utiles pour entretenir les attelages. Dans le fb St denis : Les prêtres de la Mission construiront en 1719 et en 1756 de belles maisons dans le faubourg (du numéro 99 au 105) - qu'ils loueront à des aristocrates : les Marquis de Touteville et de Sabrevois (en 1763).
     
    Sous son règne Louis XIV mettra en oeuvre un travail important d'embellissement. Les anciens remparts vont laisser place à une très belle promenade avec de nombreuses rangées d'arbres. De la Bastille à la Madeleine une large allée va sortir de terre, sur ce qui sera le circuit des grands boulevards. C'est l'architecte Blondel qui aura pour commande la porte monumentale de Saint-Denis, consacrant les victoires du roi Soleil. Paris sous Louis XV une nouvelle fois s'agrandit et s'en va pousser ses limites un peu plus loin à ce que l'on nommera la barrière d'octroi. Cela créera une nouvelle ceinture parisienne, une de plus, et toujours avec le même rôle repousser la misère un peu plus loin, de fait le quartier Saint-Denis des grands boulevards à la rue de Paradis vont s'embourgeoiser. Mais c'est le commerce et l'industrie qui prédomineront, et de la nécessité de loger ouvriers et gens de maison.
     
     
     
     

    Avec à la création des Grands Boulevards -cela poussa le 5ème arrondissement à continuer de s'agrandir au dix-huitième siècle. Il commençait au deuxième arrondissement actuel y englobait ce qui en son nord allait au delà des grands boulevards. En raison de l'accentuation de la population et de la nécessité d'accueillir les migrations qui se succéderont et fera de ce quartier ce qu'il est encore aujourd'hui : une mosaïque de culture des régions françaises et aussi de la réalité cosmopolite de Paris.

    Au dix-neuvième siècle l'immigration est principalement d'origine Belge, Allemande, Suisse, en bref venant principalement de l'Est de l'Europe.

     
     
    Il est important de souligner que le faubourg Saint-Denis est une artère importante donnant sur Troyes et l'Est de la France, et de l'Europe. Une voie aussi de transit vers le Ventre de Paris (les Halles) et l'alimentation de tous les parisiens. Le faubourg Poissonnière tient son appellation du passage des marchands de poisson venant eux des ports du nord de La France. Les villages des plus connus, Montmartre pour exemple sont à une bonne lieue de la ville au début du dixième huitième siècle. Ils conservent un air de campagne et formeront la nouvelle banlieue de Paris. que formeront les villages (Villette, Chapelle, Belleville, etc.)
     
    Avec une présence policière forte, Paris restera longtemps une ville suspecte. Le pouvoir royal a toujours vécu la présence du petit peuple comme un danger de soulèvement. Avec l'installation de commerçants, d'artisans, la présence des petits métiers de rue, ces nouvelles artères que sont les faubourgs de la capitale vont engager un processus économique et urbain considérable. En rive droite, l'expansion de Paris se concentre un grand centre industriel, les manufactures vont éclore et engager la future révolution industrielle.
     
    L'urbanisation et la densification du quartier Saint-Denis débute véritablement avec la disparition des murailles. Ce qui appartenu aux congrégations religieuses - lazaristes, filles de la charité - il en demeure toujours quelques réalisations (du 17 et 18ème siècle). Elles sont encore de nos jours visibles pour bonne part dans le bâtît d'origine. Se construiront des hôtels particuliers, des immeubles bourgeois avec des activités artisanales ou commerçantes, des bâtiments militaires et des locaux d'activités - deux casernes, et n'oublions pas les petites écuries du roi.
     
    Ce fut progressivement le compte à rebours de la présence des congrégations religieuses. Elles perdirent du terrain, de plus leurs vocations charitables attirera plutôt les foudres de la bourgeoisie locale, qui cherchait à s'étendre. Qui dit activités, dit aussi gens de maison et ouvriers à loger, et peu à peu la campagne deviendra le poumon économique et industriel de la capitale et des activités nouvelles vont émergées. Plus tardivement, le commerce va y avoir une place importante, en raison de la présence de fabriques, il existera jusqu'à une usine à Gaz servant à l'alimentation des parisiens dans le nord du quartier non loin de la grande poste.
     
    Difficile d'appréhender une évolution véritablement précise, l'état des lieux est encore imprécis. Il faut ne pas oublier que le quartier Saint-Denis actuel dépendait du cinquième arrondissement de Paris. Chaque construction administrative à son importance et porte à certaines erreurs. À partir de Louis XIV une véritable administration va se constituer, son pouvoir absolu favorisera un travail de recensement considérable,jusque dans la surveillance des parisiens (des archives manuscrites à ce sujet se trouvent à la bibliothèque de l'Arsenal).
     
     
    La police et les mouchards vont avoir une place importante dans la vie quotidienne, et l'on ne circule pas dans la ville, si l'on vient de l'extérieur, le plus aisément du monde. Le premier filtre dans le dixième arrondissement s'opérait à la hauteur de la Rotonde de l'architecte Ledoux, (ancienne halles aux blés) . Où se tenait en lieu et place la barrière d'accès, dite d'octroi, pour entrée dans les faubourgs du nord de la capitale. Puis l'on trouvait d'autres arrêts au sein du même arrondissement en raison de la présence des garnisons militaires, notamment au dix-neuvième siècle avec la garde nationale (rue d'Hauteville et Place de la République).  

     
     SOURCES :http://sur-les-toits-de-paris.eklablog.net/paris-c810180#!/paris-quartier-de-la-porte-saint-denis-a-paris-a4367100
     
     
    Suite de la promenade...   Les figures du Quartier St-Denis
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